La longue montée de l’ignorance, par Dimitri Casali (éditions First, 2017)

Chers amis,

Sommes-nous entrés dans l’ère de l’ignorance de masse ? Ces élections en seraient-elles la démonstration ? Aucune hiérarchisation des enjeux, manipulation des esprits, aucun recul politique tant nous sommes aveuglés par l’immédiateté de l’information… relativisme des valeurs, perte de crédibilité de la parole journalistique.

Sortie de mon livre « La Longue Montée de l’Ignorance » (Editions First).

Chaque jour la science nous épate de ses découvertes et pourtant nous sentons monter autour de nous la vague de l’ignorance: effondrement de l’Ecole, illettrisme, obscurantisme, fanatisme, complotisme, conspirationnisme, tout s’accélère… -46 % des Américains croient que la Terre a été créé il y a 10 000 ans… -Le monde arabe compte un quart d’analphabètes… Un prédicateur saoudien explique à ses étudiants de l’université Charjah (Dubaï) : « la Terre ne tourne pas, elle est immobile… ». -7% des Français soit plus de 3 millions de personnes sont illettrées. Si l’on ajoute ceux ayant des difficultés à lire et écrire = 6 millions… Nous avons perdu 4 points de QI entre 1999 et 2009… -Notre école: 27e rang au classement PISA, bonne dernière européenne en maths.

Dans notre monde hyperconnecté et surinformé, nous nous trouvons aujourd’hui face à un paradoxe gigantesque, les exemples d’obscurantismes se multiplient. Grâce à Internet, les théories du complot les plus farfelues se propagent avec une facilité déconcertante sur Google, Facebook, Tweeter et Wikipédia. Le succès du conspirationnisme est dû à la perte de confiance dans les professionnels de la connaissance (savants, experts enseignants).L’impartialité des médias est à remettre en cause. Enfin, le djihadisme est le dernier avatar de cette ignorance de masse. L’Europe est abasourdie de découvrir la destruction des cités de Palmyre, Nimroud et Hatra. Ces djihadistes, prêts à payer de leur vie pour répandre la haine, ont souvent été élevés sur son sol, éduqués dans ses écoles. Tous ces phénomènes révèlent quelque chose d’un processus profond, global, que jusqu’ici nous avons refusé de regarder en face : la longue montée de l’ignorance…

Amitiés

Dimitri Casali

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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36 commentaires pour La longue montée de l’ignorance, par Dimitri Casali (éditions First, 2017)

  1. Georges dit :

    Le lit de l’ignorance a été fait depuis fort longtemps.

  2. Annick dit :

    Bonjour Maxime,

    D Casali nous parle de l’ignorance de masse. Certes, l’instruction est importante en tant qu’apports d’outils, qu’ils soient techniques ou intellectuels.

    Mais j’ai connu trop de gens, pourtant analphabètes, dont l’intelligence, l’expérience de la vie et la connaissance de leur intériorité leur faisaient irradier une sagesse véritable, celle que l’on ne trouve pas dans les livres, ou si peu.
    Si bien que je ne pense pas que l’ignorance soit la seule cause, mais bien un état d’esprit, une déconnexion de « son chemin de vie » due à la manipulation ambiante de ceux qui veulent « imposer », parce qu’ils savent mieux que les autres pensent-ils, et parce qu’ils veulent une population de consommateurs compulsifs.
    C’est bien le but de la communication à outrance ; elle veut nous « débrancher », nous étourdir, nous cloner. Le rythme que nous avons donné à la vie, partagée entre travail, sport, et autres activités multiples rendues quasiment obligatoires, y participe aussi grandement. Plus aucun instant, ou si peu, dédié à la méditation, à la résonance avec la nature, pourtant si porteuse de leçons et de connaissance. Entre « l’Avoir » et l’Être », nous avons fait le plus mauvais choix, dès lors nous ne pouvons plus nous verticaliser. Nous sommes des hommes couchés.

    @lost labour, dans le lien intéressant que vous donnez sur Atlantico, il y a une chose à ajouter, bien cachée derrière le scénario qui est en train de se jouer :

    Une fois les classes ouvrières, paysannes, moyennes, terrassées, la disparition des politiques est inévitable ; leur utilité n’étant plus nécessaire à la finance qui, seule, aura le pouvoir.
    C’est ce qui arrive quand le financement des États dépend directement des banquiers. Il n’y a plus de leviers, plus de limites, à l’expansion de ceux qui détiennent la monnaie.

    Amicalement,

    • de Cydelah dit :

      Bien analysé !
      La conséquence de tout çà, nous nous doutons bien, ou elle va mener le monde. Une fois de plus.
      Les dinosaures ont bien disparus; pourquoi pas l’humain demain. La grosse boule pourra enfin faire une longue pose.

  3. Jean-louis Michelet dit :

    Non multa, sed multum.
    Parmi les livres et autres lectures, il y a aussi de faux amis , et il est bon de savoir les discerner pour s’en préserver.
    Peu de lectures , mais simples et fortes , qui laissent des traces.

  4. Via dit :

    Globalement nous sommes mieux formés, informés et très critiques que lorsque l’instruction était réservée à l’élite. La scolarité obligatoire a permis l’alphabétisation et la culture morale et civique du plus grand nombre ainsi qu’un niveau d’instruction très élevé attesté par le certificat d’étude, jusque dans les années Soixante-dix parallèlement à l’évolution sans précédent des sciences et des techniques. Ce qui est incompréhensible et choquant aujourd’hui, c’est que bien que l’éventail des outils d’apprentissage actuels se soit puissamment élargi, les savoirs et des connaissances des individus semblent avoir régressé. Pourquoi apprendre tables de multiplication et division puisqu’on peut utiliser la calculatrice ? Pourquoi apprendre à lire un plan puisqu’il suffit d’écrire une adresse sur son GPS. Tenir ses comptes ? La banque le fait pour vous. La monnaie ? Plus d’argent dans les poches mais une carte. Un dictionnaire ? Le sens, l’orthographe ou l’étymologie d’un mot en trois secondes ! Des recherches pour un exposé ou une dissertation, simulation de prêt et modèles de lettres : internet ! Mémoriser ? A quoi bon ? Il suffit de cliquer. Partir à l’aventure en voyage ? Heureusement qu’il nous reste les sensations sur place et le ressenti spatial sinon on sait déjà tout. Penser ? Anticiper ? Inutile, les médias le font pour vous. Apprendre à s’exprimer oralement ? Pour parler à qui ? etc. En revanche, jamais on n’a eu autant besoin de lire et d’écrire car le temps passé quotidiennement à ces deux activités a augmenté de façon exponentielle en 20 ans. Il serait intéressant de savoir combien de temps en moyenne on consacre à la lecture et à l’écriture dans une journée. La belle culture classique, enseignée de façon magistrale, n’a jamais été accessible à tous, contrairement au réflexe technologique. Le seul danger de nos jours est de rester un analphabète technologique. Combien sommes-nous à l’être et à quel degré ?

    • Colibri dit :

      Je trouve votre point de vue intéressant. M’autorisez-vous à le partager dans mon entourage?

    • Via dit :

      Oui, bien volontiers

    • Colibri dit :

      Merci Via.

    • de Cydelah dit :

      Ce qui me sidère, c’est que nous avons des outils technologiques (ordi, tablettes, téléphone multimédia), aussi dans les mains des plus jeunes; et qu’en font-ils ?
      Mais pourquoi donc les adultes n’ont-ils pas exigé, imposé un concept qui obligerait à recevoir de l’instruction et de la culture en doses journalières même homéopathique avant de pouvoir être absorbé par tant d’applications abêtissantes.
      Le but recherché semble de plus en plus clair. Transformer le plus grand nombre en esclaves dépendants. Et ce n’est pas fini !

  5. lost labour dit :

    Cette montée de l’ignorance, concerne-t-elle les seules classes laborieuses (classes dangereuses) ? Ce n’est pas ce que nous dit Guilluy ici :

    http://www.atlantico.fr/decryptage/christophe-guilluy-posture-anti-fasciste-superiorite-morale-france-en-haut-permet-en-realite-disqualifier-tout-diagnostic-social-3031677.html
    « Plus personne n’y croit et c’est cela l’immense problème de la classe politique, des journalistes etc. et plus généralement de la France d’en haut. Ces gens-là considèrent que le diagnostic des gens d’en bas n’est pas légitime. Ce qui est appelé « populisme ». Et cela est hyper fort dans les milieux académiques, et cela pèse énormément. On ne prend pas au sérieux ce que disent les gens. Et là, toute la machinerie se met en place. Parce que l’aveuglement face aux revendications des classes populaires se double d’une volonté de se protéger en ostracisant ces mêmes classes populaires. »

    Par ailleurs, dans votre intervention sur Atlantico vous critiquez à juste titre la décision du CSA (je m’étais dit la même chose, de quoi se mêlent-ils ?), mais je suis plus sceptique sur les prétendues inégalités de salaires hommes femmes.

    C’est largement de la propagande :

    ici : http://www.inegalites.fr/spip.php?article972

    l’écart se dégonfle de 25 à 12% sur des critères simples ; et ces critères n’incluent pas le diplôme (y compris sa qualité), l’implication, l’efficacité.

    Ces deux derniers critères sont subjectifs, mais on peut noter qu’ils sont évalués par le marché (le patron) et que les mêmes libéraux qui nous disent que le marché détecte et récompense merveilleusement les capacités de tout un chacun nous disent aussi que ce n’est plus vrai dès lors qu’ils leur prend la fantaisie de se coiffer de leur casquette libertaire…

    En tout cas, dans la fonction publique le salaire n’est (pour l’instant) pas à la tête du client et pourtant les femmes y sont moins bien rémunérées que les hommes, parce qu’elles choisissent des métiers laissant (pour l’instant) du temps libre, comme l’enseignement ; et à des niveaux différents (le primaire plutôt que le secondaire post-bac par exemple).

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