La vérité sur les élections de mai-juin

Dans l’ouragan de folie qui souffle sur la France politico-médiatique, il est urgent de revenir à l’essentiel. Que va-t-il se jouer lors des élections de l’élection présidentielle du 23 avril et du 7 mai et des élections législatives des 11 et 18 juin 2017, par-delà l’enfumage que nous subissons au quotidien ?

L’hystérie politico-médiatique se polarise sur les présidentielles. L’affrontement entre des personnalités se prête au sensationnel et à la manipulation dès lors que le choix de l’électeur repose sur les sensations qu’inspire chaque candidat. Voilà pourquoi aux yeux du monde médiatique, seule comptent les présidentielles, livrées à son influence. Or, en vérité, le chef de l’Etat de la Ve République n’a guère de pouvoir propre pour conduire une politique. Il n’est pas censé gouverner le pays. Art 5: « Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités. »

Cette vision correspond à la conception gaullienne du chef de l’Etat: il est au-dessus de la mêlée politicienne. Son rôle est de fixer un cap à la nation, notamment sur le plan de la politique internationale et d’intervenir dans les périodes de crise. De Gaulle vivait dans l’obsession de la faiblesse du chef de l’Etat en 1940 lors de la débâcle. Il voulait qu’en de telles circonstances, d’une guerre ou d’une invasion, le président ait les moyens de se comporter en « sauveur » du pays.

Mais la mission de gouverner la France, de conduire sa politique économique, sociale, sécuritaire, incombe au seul Premier ministre et au gouvernement: Art 20: « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. Il dispose de l’administration et de la force armée. Il est responsable devant le Parlement. Art 21:  « Le Premier ministre dirige l’action du Gouvernement. Il est responsable de la défense nationale. Il assure l’exécution des lois  il exerce le pouvoir réglementaire […].

De Gaulle, en 1958, n’a jamais entendu sortir d’une logique de régime parlementaire. Dans l’esprit de sa Constitution, le pouvoir de gouverner le pays incombe au Premier ministre qu’il nomme mais ne peut pas, lui-même, révoquer. Pourquoi? Parce que dans une République démocratique, il ne saurait y avoir de pouvoir de décision sans la responsabilité et la possibilité d’être sanctionné par le Parlement en cas de défaillance ou d’échec. Tous les actes du Président de la République doivent être co-signés par le Premier ministre ou un ministre, à l’exception de quelques-uns: l’appel au référendum (art 11), mais qui n’est possible qu’à la demande du Premier ministre ou conjointe des deux assemblées; la dissolution de l’Assemblée nationale (art 12); l’usage de l’article 16, la « dictature légale », en cas de guerre ou de révolution.

Dans la Constitution de 1958, le Parlement demeure le seul détenteur du pouvoir normatif suprême, celui de voter la loi. Art 24: « Le Parlement vote la loi. Il contrôle l’action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques. Il comprend l’Assemblée nationale et le Sénat.  » Le pouvoir de faire les réformes, de façonner la législation, l’organisation de la société française incombe en temps ordinaire à l’Assemblée nationale et au Sénat. Il se joue principalement au moment des élections législatives. Le Général de Gaulle n’a jamais remis en cause ce principe qui est le fondement de toute démocratie parlementaire.

Alors pourquoi cette belle mécanique mise en place par le général de Gaulle en 1958 a-t-elle sombré dans la dégénérescence?

Toute la vie politique française semble se ramener à la désignation d’un personnage, le président de la République, comme une sorte de gourou national tout puissant. Cette déviance remonte pour l’essentiel à la conquête de l’Elysée par les partis politiques. Le phénomène a débuté dès le départ du général de Gaulle de l’Elysée en 1969. Il s’est gravement accentué en 1981, puis lors des élections suivantes. Le chef de l’Etat n’était dès lors plus un guide de la nation impartial, mais le leader d’un parti politique. Il devenait le patron d’une majorité composée de son parti et de ses alliés.

Un tel scénario était celui du pire au regard de la conception gaullienne qui voulait justement préserver l’Elysée du « régime des partis ». Il a été gravement accentué par le quinquennat adopté en 2000, banalisant la fonction présidentielle. La coïncidence dans le temps entre le mandat du chef de l’Etat et la mandature de l’Assemblée nationale (élue juste après lui) a eu pour effet de transformer celui-ci en un « super député » dont la circonscription est l’ensemble du territoire national, leader naturel de la majorité des députés. Dès lors, il ne pouvait plus prétendre au statut de sage de la nation, de visionnaire et de garant de l’unité nationale. L’œuvre de destruction de la Constitution gaullienne atteignait son paroxysme.  La sur médiatisation de ce personnage a ensuite achevé de pervertir la Ve République  en renforçant son image de gourou.

Toutes les conditions d’une catastrophe politique était dès lors réunies. La France politique se voyait emportée dans le culte de la personnalité, le mirage d’un leader national tout puissant détenteur du pouvoir suprême sur le destin du pays. Or, de fait, ce gourou national, Ceaucescu ou Kim-Il-Un français,  ne détient aucune baguette magique pour régler les difficultés de la nation. Tenu pour bouc émissaire du pays, il passe naturellement en peu de temps du statut de sauveur providentiel à celui de maudit, coupable de tous les maux de la création. Pour tenter de sauver son image, il sombre dans la logorrhée permanente et la gesticulation stérile, entraînant la classe politique médiatisée au loin du monde réel,  dans une logique de narcissisme, de communication à outrance et d’impuissance.

En 2017, au paroxysme de la crise politique, il est vraisemblable que ce schéma atteint ses limites. Nous entrons sans doute dans une ère radicalement nouvelle qui n’a plus de rapport avec le fonctionnement classique des institutions.  Quel que soit le vainqueur des élections présidentielles, il est très improbable qu’il bénéficiera d’une majorité politique stable, cohérente et durable à l’Assemblée nationale. Seule l’hypothèse Fillon permettrait sans doute de se rapprocher du modèle qui prévalait jusqu’à maintenant. Mais élu dans la douleur, rien n’indique qu’il bénéficierait d’une assise parlementaire soumise et obéissante comme ce fut le cas la plupart du temps des précédents chef de l’Etat. M. Macron, en candidat droite-gauche, sans parti, ne pourrait en aucun cas s’appuyer sur un socle de députés dominant l’Assemblée nationale.

De l’épouvantable crise politique que subit la France peut sortir un chaos durable de cinq années en cas d’explosion politique de l’Assemblée nationale. Mais nous sommes en droit d’afficher une espérance, celle de la recomposition politique autour d’une majorité  d’hommes et de femmes fermement déterminés à sauver ce pays et de l’émergence d’un véritable homme d’Etat au poste de Premier ministre, en tout cas un retour à l’essence même de la Ve République e 1958. Je ne dis pas que cela va se produire mais que nous sommes en droit de l’espérer. Autant que des élections présidentielles, l’avenir politique de la France dépend désormais des élections législatives de juin. C’est là où je voulais en venir.  

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

 

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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30 commentaires pour La vérité sur les élections de mai-juin

  1. Florian Cherré dit :

    il y a déjà fort longtemps que le costume du général est devenu trop grand pour ses prédécesseurs. Maintenant le général, il est américain, le lieutenant il est allemand et le français, un simple soldat. Nous vivons dans un quatrième Reich reconstituée

  2. Monsieur TANDONNET,

    Je loue votre optimisme (qui n’est pourtant pas la plus grande de vos qualités). Mais je réitère mon commentaire laissé sur votre blog à la suite de l’article du 29 mars 2017 – « L’inévitable changement de régime » : « Oui, nous assistons à la fin de la Vème République.
    Il faut renouveler ces institutions créées pour un monde bipolaire : droite-gauche en politique intérieure, est-ouest en politique internationale et nord-sud en politique économique. Aucune majorité ne peut sortir de la coalition macroniste qui ressemble à un « sauve-qui-peut-général » !
    Je partage votre avis sur le front républicain. Mais ne croyez-vous pas qu’il y a peut-être plus grave que Marine LE PEN présidente, il y a Marine LE PEN premier ministre (en cas de victoire aux
    législatives). »

  3. Citoyen dit :

    Franchement, cher MT, mettre la tronche du Miteux en couverture d’un bouquin, c’est une faute de gout …

  4. prosper dit :

    Puisque vous vous référez à De Gaule, il a dit aussi :  » “Comme un homme politique ne croit jamais ce qu’il dit, il est étonné quand il est cru sur parole.”
    Tous ceux qui se réclament du gaullisme outragent sa mémoire. Le gaullisme a disparu avec le général.
    Aujourd’hui, ce sont les « Grandes Orientations de Politique Économique » (GOPE) fixées par la Commission européenne qui priment. Qu’importe le candidat !

  5. Baloo dit :

    Bonjour Monsieur Tandonnet

    L’Horreur absolue n’aurait-elle pas été atteinte avec ces monstres constitutionnels que furent les cohabitations? Un Président chef de parti comme vous l’avez signalé, en particulier depuis 1981, face à un premier ministre que tout lui oppose. On peut légitimement se demander si dans de telles occurrences la politique de la France a été conduite dans l’intérêt supérieur de la nation ou dans des visées plus prosaïquesprosaïque du genre.. … »la prochaine fois c’est moi qui passe ». On se souviendra d’un certain débat au cours duquel Mr Mitterrand rappela sèchement Mr Chirac à son titre de Premier Ministre…

    Mais celui dont vous fûtes l’un des conseillers n’a pas ete mal non plus en terme de désacralisation de la fonction.

    Salutations

  6. Q dit :

    Le probleme n’est pas la presidentialisation de la Veme, mais sa de-parlementisation de fait de l’inutilite de ceux ci, a force de cumul de mandats, nos parlementaires sont devenu incompetents et absents.

    l’interdiction de tout cumul de mandat, quelqu’il soit, remettrait la Veme sur les rails.

    vous voulez le retour d’un parlement fort donc :

    1/ election de Lepen pour reduir le FN a moins de 5% des votes en cas d’echec (probable) et assurer une future majorite stable de droite.l’extreme gauche souffrirait aussi.

    2/ Interdir tout cumuls

    Un troisieme parti comme le FN avec des resultats si haut comdamne le systeme.

    Le FN continura de monter car les seul les vieux souhaitent le ce nefaste statuquo

    Ce post passera t il la censure ? 😉

  7. hugues dit :

    Une interview intéressante de Henri Guaino dans Atlantico:

    http://www.atlantico.fr/decryptage/henri-guaino-second-tour-macron-pen-serait-dramatique-car-aurait-plus-place-pour-moindre-pensee-qui-prenne-en-compte-complexite-3013865.html

    Ca a pris du temps mais il semble avoir enfin compris que le clivage déterminant dans la France actuelle n’est plus « droite-gauche » mais « ouvert-fermé ».

    A propos de Mélenchon il dit:

    « Il fait de la politique comme tout le monde devrait en faire. C’est le seul aujourd’hui à mobiliser intelligence et culture. Et il est frappant que les français lorsqu’on les interroge, disent qu’ils le comprennent mieux que les autres. »

    Un autre clivage devient de plus en plus déterminant dans notre France actuelle (qu’il semble ne pas avoir encore compris): celui du clivage entre raison et passion, ou entre rêve et réalité, entre technophiles et littéraires. Manifestement pour lui, la passion, le rêve, la littérature relèvent de l’intelligence et de la culture par contre le pragmatisme, la réalité et les technologies n’en sont pas digne.

    Toujours un train de retard ce Henri Guaino…

  8. Ghislain dit :

    Est-il vraiment possible à un président d’être tel que vous le décrivez, lévitant au-dessus de la mêlée, complètement étranger à la politique politicienne et à ce qu’il est convenu d’appeler le « régime des partis », s’il n’est pas retraité ou s’il n’a pas évolué dans d’autres sphères (je pense à l’actuel président irlandais, ou à l’ex-président allemand) ?… Le président doit avoir une dimension monarchique. Le général de Gaulle ne tenait pas sa légitimité du suffrage universel. Celui-ci est venu tout au plus consacrer formellement la légitimité qu’il s’était forgée en incarnant la France libre pendant la guerre.
    J’en reviens au premier commentaire que j’avais laissé sur votre blogue. Un président selon votre conception (dont il n’y a dans l’histoire qu’un exemple unique : le général de Gaulle), ne peut pas procéder uniquement du monde politique.

  9. Curmudgeon dit :

    La présentation de la période de Gaulle est quelque peu idéalisée car
    (1) de Gaulle s’était taillé un « domaine réservé » qui n’est pas prévu dans la constitution (sauf erreur)
    (2) de Gaulle veillait à faire placer à la radio et à la télévision des journalistes considérés comme sûrs. Les journaux télévisés de l’époque étaient d’une complaisance et d’une insipidité telles qu’on serait stupéfaits en les regardant aujourd’hui.

    • Curmudgeon, non, pas idéalisée, ce que vous dites est vrai mais je rappelle seulement ce que dit la Constitution.
      MT

    • Colibri dit :

      De Gaulle appelait le journal « Le Monde » l’immonde. Il savait que la presse écrite ne lui était pas favorable. Il voulait que la radio et la télé soient la voix de la France c’est à dire la sienne. En 1981 j’ai participé à la création d’une radio libre qui existe toujours. Je voulais faire de la radio autrement. Au fil des ans je me suis aperçu que ce n’était pas facile. Et qu’une radio libre pouvait être critiquable aussi. Aujourd’hui l’espace de liberté est sur internet avec beaucoup de mais…

  10. Gérard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Certes les élections législatives sont importantes et détermineront pour cette mandature l’ampleur et le point de départ du chaos à venir. Quel que soit le candidat élu en mai prochain, il est peu probable qu’il dispose d’une majorité suffisante pour gouverner pendant 5 ans.
    En attendant, nous allons élire un Président, non sur le fait qu’il ne dispose que de peu de pouvoir pour conduire une politique mais sur la base d’un programme et de promesses que bien évidemment il ne pourra pas tenir. Depuis 1981, Mitterrand et ses successeurs, pourtant élus à chaque fois avec une chambre des députés à leur botte n’ont pas été en mesure, pour différentes raisons, de tenir et respecter leurs engagements. Alors cette fois, le futur Président devra très certainement « manger son chapeau » dès le 19 juin prochain et renoncer à la plupart de ses engagements puisqu’il ne disposera d’aucun soutien parlementaire. Même en cas d’élection de Fillon à laquelle je continue de croire, je pressens que sa majorité parlementaire ressemblera étrangement à celle de Hollande et qu’il devra oublier ses promesses fortes qui auraient permis de redresser notre pays dans les 5 ans à venir.
    Dès lors, à quoi sert d’élire un Président de la République et d’avoir subi plus de 6 mois de campagne électorale pourrie pour un tel résultat ?

  11. Jean-louis Michelet dit :

    Nolens , volens.
    Maxime , mille fois d’accord sur votre diagnostic politique.
    Aujourd’hui, il est grand temps de fermer la parenthèse gaullienne.
    Une véritable ambition nationale digne de ce nom est toujours à la hauteur de ce que chacun veut bien donner pour son pays.
    Bref , j’essaie , comme beaucoup , de voir un soupçon d’ambition pour la France dans cette campagne présidentielle.
    Cette élection ressemble comme deux gouttes d’eau à un référendum pour ou contre la Mondialisation avec un crochet par l’Europe.
    Nous sommes à des années lumière du gaullisme.

    • JL Michelet, oui, nous sommes sur le même longueur! Même culture politique et historique, même références, même sensibilité!
      MT

    • peine perdue.... dit :

      Non, ce n’est pas un referendum sur l’Europe et la mondialisation, vu la gamme des sujets en jeu et les questions de personnes.
      D’ailleurs, un tel referendum a eu lieu en 2005, et il a été perdu.

      Le gaullisme consiste justement à savoir si on souhaite que la France reste ou non un Etat souverain, comme il l’explique dans ses Mémoires d’espoir.

      Cette question n’a rien de saugrenu, et le Japon, la Corée, les ex dominions britanniques et à présent le Royaume-Uni lui-même sont des Etats souverains aux dimensions de la France, quoiqu’ils aient eu initialement beaucoup moins d’atouts que la France pour le rester (je pense à l’Etat et à sa propriété de grands groupes stratégiques notamment).

      Donc le gaullisme est une question qui garde toute son actualité, même si le changement d’orientation de Chirac en 1992 en complique l’expression politique, par inertie des habitudes de vote et effet de tactique électorale (la neutralisation du FN, qui a privé les Seguin et autres d’une part de leur électorat possible).

  12. Fredi M. dit :

    Sinon je tiens à vous signaler une fenêtre pop up avec la tête d’un vieux président au début de votre billet.

  13. Colibri dit :

    Je me risque à une explication: le bonapartisme sans Napoléon ça ne marche pas, le gaullisme sans De Gaulle ça ne marche pas, ça ne marche plus.

    • Colibri, tout à fait!
      MT

    • Ghislain dit :

      (Naturellement, mais le gaullisme, le bonapartisme ne sont que des avatars du désir de monarchie…)

    • Colibri dit :

      @Gislhain, je l’ai déjà écrit sur le blog de Maxime Tandonnet mais la restauration de la monarchie en France n’est pas une chose qui me choquerait en soi. Je l’aimerais monarchie constitutionnelle accordant une large autonomie aux régions et en leur demandant par référendum si elles veulent rester au sein du royaume ou non. Une royauté ouverte au monde d’aujourd’hui et de demain avec un projet de société basé sur une écologie humaine. Il m’est arrivé de lire une fois ou deux Louis XXI, ce qu’il écrivait tenait la route. Mais il est absent de la vie politique de notre pays comme le sont les monarchistes en général. Et totalement invisible médiatiquement parlant aussi.

  14. Frederic_N dit :

    Bonjour Maxime
    Je vous adresse ce message , car je crois qu’il y a une chose que vous ne voyez pas.
    En effet, pour la nième fois, vous faites un long, très long plaidoyer pour nous expliquer ce que nous voyons déjà, ce que nous savons déjà. Et vous ressassez sans pouvoir aller plus loin : et sans pouvoir être désormais efficace ne serait-ce que dans le cercle de ceux qui vous écoutent. Car depuis longtemps la messe est dite et nous le savons. Depuis que Fillon a été touché, presqu’abattu, les lecteurs de votre forum savent tous que quelque chose ne tourne plus rond dans la vie politique française. Ils savent que la Présidentielle ne règlera plus rien, car ils ont vu avec quelle puissance Fillon a pu être attaqué, et ils ont tous noté l’impuissance de son parti. Ils savent tous qu’il y a un PARTI des MEDIAS qui fait le vide à chaque occasion – c’est un remake de la montée de SOS racisme qu’on nous joue. Imaginez que nombre de vos lecteurs ont été des électeurs du Front National, qui quoi qu’on puisse en penser a été la première victime de ce parti . Imaginez que l’élection de Chirac contre Le Pen aurait du en toute rigueur être annulée du fait de son comportement : ils ont payé pour savoir, et ils savent mieux que nous.. Alors en rajouter sans rien EXPLIQUER ne sert à rien
    . Vous nous le répétez à longueur de colonnes : la vie politique est déboussolée
    Ok mais pas la peine d’en faire des tonnes. Elle est déboussolée parce que le PS explose. Or le PS était le seul régulateur de la vie politique ; c’etait de facto le PARTI UNIQUE de la France post mittérrandienne : vous le savez autant que moi, LR de même que l’ex UMP n’ont jamais été que des « partis satellites  » du Parti unique socialiste ; car ils n’ont jamais eu de doctrine alternative, aucun intellectuel autour d’eux ( c’est fatigant d’en chercher, c’est surtout contraignant) Ils n’ont jamais pu qu’ obéir à chaque fois qu’il y a avait un enjeu et modifier à la marge la politique fiscale.
    Alors constater que la vie politique explose est une banalité depuis que le PS a explosé. Rappeler que la feuille de papier rédigée par M Debré et qu’on appelle « constitution » donne un pouvoir formel au Parlement, ne nous amène à rien. Sinon qu’à ce constat : c’est en dehors des pouvoirs institués que les choses vont se jouer. Et il faut désormais s’y préparer
    Comment allons nous faire dès l’été quand les minorités agissantes vont se remettre en mouvement ? Comment allons nous faire si daventure un politicien écoute ces véritables ennemis de la Nation qui veulent nous livrer à la spéculation internationale au nom de « la lutte contre la rigueur » ? Comment allons nous faire quand un deml-fou proposera de radicaliser les lois pro salafistes et que l’Etat se portera accusateur public des Benssoussan et Finkelkraut ? Comment allons nous faire quand une université décidera de suivre les injonctions des universités américaines et de normer ce qu’on doit dire au nom de la non véxation des minorités. Comment allons nous faire quand on proposera de surtaxer encore les « riches » : c’est à dire d’appauvrir les retraités? Comment allons nous faire si demain un zigotto propose de revenir à la retraite à 60 ans
    Devrons nous attendre les élections ?
    Et surtout comment allons nous faire quand une chape de plomb tombera sur le seul véritable partir d’opposition en France sur le thème . Bon désormais, silence dans les rangs, on ne fait plus rien jusqu’aux prochaines élections.
    Allons nous passer notre temps à pleurer sur feu la 5ème ?
    Si De gaulle existait il vous dirait  » oubliez moi, Maxime, oubliez un moment les anciens présidents de la République. Vous allez vers des grands affrontements : et désormais, je ne peux rien pour vous ! « 

    • Frédéric N, vous dites cela parce que vous me lisez depuis très longtemps et connaissez tout cela par cœur, mais ce billet est destiné à apporter un éclairage à des personnes qui n’ont pas forcément tous ses paramètres à l’esprit dans la perspectives des élections à venir.
      MT

    • hugues dit :

      @Freredic_N et @Maxime

      J’ai le même sentiment que Frederic_N car je suis un lecteur régulier de ce blog que j’ai tendance à suivre comme un feuilleton. Mais Maxime a raison de rappeler que ce blog n’en est pas un.

      Par contre vous avez tous les deux une vision très pessimistes: je crois vraiment aux institutions de la VIème République et je suis persuadé que nos institutions nous feront passer l’interlude éventuel (auquel je ne crois absolument pas pour cette élection) d’une MLP ou d’un Mélenchon président.

      Certes, cet interlude ne ferait que discréditer et affaiblir un peu plus encore notre pays vis à vis du Monde mais ce dernier n’a aucune raison de changer radicalement sa trajectoire: nous perdrons encore un peu plus de notre influence, nous nous affaiblirons économiquement, mais le Monde continuera sa marche en avant, sans nous, en attendant l’alternance inévitable.

      Le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire (notre Etat de Droit) empêcheront tout délire du pouvoir exécutif dont le président n’est qu’une des deux têtes. Certes le président aura un pouvoir de nuisance mais nos institutions pourront résister dans la tempête. La sortie de l’UE et de l’Euro d’un coté et une Constituante pour une VIème République de l’autre sont des délires qui ne mèneront à rien: ca occupera la galerie, les médias, mais le réel viendra rapidement leur remettre les pieds sur terre (à la manière de Trump aux USA, Tsipras en Grèce, de Mitterrand en 1983): nos institutions nous permettrons de ne pas nous laisser entrainer trop loin, dans le sens du Venezuela de Chavez/Maduro, de l’Argentine de Kirschner, du Zimbabwe de Mugabe, etc.

      Quant aux partis LR et PS, pour aller dans le sens de Frederic_N, je ferais la comparaison avec une entreprise qui, au lieu de se moderniser, d’innover, d’investir, d’élargir sa clientèle, de s’adapter à la demande, se serait contentée de vivre sur ses lauriers, de servir sa clientèle traditionnelle qu’elle croyait captive sans s’apercevoir qu’elle se laisse de plus en plus tenter (à tord ou à raison) par des services qu’elle juge plus conforme à ses besoins.

      Le principe de destruction créative cher à Schumpeter est en train de s’appliquer aux partis politiques, le phénomène affectant tout type d’organisations mêmes les plus importantes ou celles censées jouir jusque là d’une position apparemment forte ou dominante.

    • hugues dit :

      Désolé pour les fautes d’orthographe.
      Dans le second paragraphe, il s’agit de la 5ième République et non de la 6ième.

  15. Vanco dit :

    Excellente analyse de l état présidentiel , par contre, personne ne pouvant plus incarner la stature du Général de Gaule ne faudrait il pas se rapprocher de la gouvernance allemande ou anglaise?
    Mais alors, c est le chef du gouvernement qui dirige, et il faut un chef consensuel qui accepte les bonnes résolutions de gauche comme de droite….

  16. Fredi M. dit :

    En Marche ! donc vers une nouvelle cohabitation et un président potiche.

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