Impact politique de la victoire de M. Fillon aux primaires

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Ci-joint mon entretien de ce matin avec le site Atlantico, concernant les suites de la victoire de M. François Fillon aux primaires.

Le volet économique et social du programme de François Fillon est souvent critiqué car il serait incompatible avec les intérêts des classes populaires et moyennes. Dans quelle mesure cette analyse réduit-elle les personnes défavorisées à leur seule condition sociale ? L’économie est-elle vraiment la dimension qui détermine en priorité le vote de ces catégories ?

Il faut s’attendre bien sûr à ce que le programme économique et social de François Fillon soit caricaturé par ses adversaires et présenté comme « défavorable » à la classe moyenne et populaire. Le chiffon rouge qui sera agité à ce propos sera par exemple la suppression de l’ISF. Or, tout le projet du vainqueur de la primaire est axé sur une volonté de lutte contre le chômage et la relance de l’initiative privée et des créations d’emplois. Dès lors, il est bien dans l’intérêt des classes moyennes et populaires les plus touchées par ce fléau, en particulier les jeunes et les femmes. Pourtant, on ne peut pas nier que le projet économique et social de M. Fillon suscite des inquiétudes dans le pays, notamment sur les retraites, la sécurité sociale, la fonction publique. Le rejet du pouvoir socialiste est infiniment plus fort que cette inquiétude aujourd’hui. Mais jusqu’à quand ? Il ne faut jamais oublier que l’opinion est versatile. Dès lors, ce serait s’aveugler que d’ignorer cette inquiétude et de ne pas la prendre en compte. Qu’est-ce qui motive le vote des catégories populaires ? C’est l’attitude de l’Etat face à leurs situations personnelles ou familiales. Elles votent en fonction de leur perception de la manière dont l’Etat prend en compte leurs difficultés quotidiennes, leurs préoccupations et notamment leur angoisse sur l’avenir de leurs enfants. Elles attendent un Etat qui assume ses responsabilités en matière d’emploi, d’éducation, de retraites, de santé, de pouvoir d’achat, de logement, de sécurité, de cohésion nationale, de maîtrise des frontières. A l’inverse, elles condamnent des dirigeants qui à leurs yeux, faillissent à cette mission de protection. Elles votent en fonction de leurs attentes à cet égard.

Au regard de la sociologie électorale du référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, du référendum sur le Brexit et de l’élection de Donald Trump, peut-on considérer que les catégories les plus défavorisées, considérant qu’elles n’ont plus rien à perdre, optent pour la solution la plus radicale ?

Oui, tous ces événements ont un point commun. Et on pourrait aussi parler, auparavant, du non à la Constitution européenne par la France et les Pays Bas en 2005. Il faut y voir un geste de défiance envers le discours dominant des milieux dirigeants, une vision qui prône l’ouverture des frontières, la mondialisation, la société multiculturelle, la valorisation des minorités, l’individu roi, interchangeable, la table rase, et l’argent comme une valeur dominante. Il est clair que nous assistons dans le monde occidental à une réaction des milieux populaires, exclus des bienfaits de la mondialisation, contre ce mode de pensée dominant. Le drame du monde occidental tient au fait que les milieux dirigeants n’ont pas voulu entendre cette détresse. Cette indifférence ou cet aveuglement ont donc favorisé des expressions extrêmes dominées par les provocations, un discours de haine ou de fuite dans la démagogie ou le nationalisme de repli. Nicolas Sarkozy, en 2007, a tenté d’y apporter une autre réponse. Aujourd’hui, le succès de François Fillon correspond de toute évidence à l’espérance d’un discours et d’une politique qui tiennent compte du malaise populaire, à travers notamment la réhabilitation de l’Etat, des frontières, de l’autorité, de la nation, une nation à la fois ouverte sur le monde et protectrice. Le défi est immense car il n’a pas le droit de décevoir.

Quelles leçons pourrait-on en tirer pour la France ? Alors que le Front national semble désormais défendre le modèle existant, François Fillon peut-il, d’une certaine manière, paraître aux yeux de l’électorat populaire plus radical que Marine Le Pen ?

La difficulté de l’expérience Fillon, tient au fait qu’elle doit répondre à deux exigences d’apparence contradictoire: la libéralisation de l’économie française, pouvant être ressentie comme une variante de la mondialisation et la défense des valeurs traditionnelles, y compris autour de l’identité de la France. Il me semble dangereux, pour cette raison, de vouloir imposer soudain par le haut des réformes économiques et sociales nécessaires mais difficiles. Leur réussite passe par l’explication, la communication, le dialogue et surtout le respect du travail parlementaire, donc forcément la prise en compte des réalités de terrain et de la sensibilité populaire. Le recours au « 49-3 » ou à des formules expéditives serait suicidaire. En voulant trop bien faire, trop vite, le risque est d’aboutir à l’effet inverse recherché, de gigantesques mouvements sociaux, une succession de reculs dans une situation de chaos, un désastre politique entre 2017 et 2022, débouchant sur l’arrivée au pouvoir d’une forme ou d’une autre d’extrémisme démagogique en 2022, c’est-à-dire la destruction de toute l’œuvre accomplie. Attention : cinq années passent si vite…

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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35 commentaires pour Impact politique de la victoire de M. Fillon aux primaires

  1. colibri dit :

    C’est un détail mais comme nous allons avoir bientôt quatre présidents de la République à la retraite voici une bonne nouvelle: nous savons encore être bons et généreux et pas radins du tout: http://justice.blogs.la-croix.com/nos-tres-chers-ex/2016/11/29/

    Question accessoire: un pays peut-il fonctionner sans fonctionnaires?

  2. ultimateway dit :

    Au lieu de s’attaquer aux salariés et à la durée du travail (qui de toute façon ne concerne quasi que la fonction publique et les grandes entreprises, les salariés de PME travaillant plutôt 45h payées 35) il ferait mieux de s’attaquer au gaspillage d’argent public, à la complexité administrative , à la fraude sociale et à l’absenteisme chez les fonctionnaires, notamment dans le territorial.
    Une fois cette purge nécessaire pour assainir les finances et les mentalités, les efforts à consentir par les éternelles vaches à lait du système seraient sans doute bien mieux perçus. En l’état, je n’adhère pas à son programme;

    • michel43 dit :

      comme souvent , ses politiciens, mette la charrue avant les bœufs ,pour L’EUROPE ce fut pareil ,il fallait harmoniser , les taxes ,charges ,TVA ; pour FILLON vous avez Raison ,je dénonce le pillage de L’ETAT pars des Magouilles illégales

    • ultimateway, très juste!
      MT

  3. Frederic_N dit :

    Bonjour maxime,
    Tout d’abord et ne vous vexez pas, mais j’espère rétrospectivement que vous avez voté pour Sarkozy, car vous touchez au cœur de sa divergence avec Fillon. C’est d’abord dire que la position que vous défendez est sérieuse. Mais je me permettrai d’argumenter contre elle autour de trois idées.
    1. Tout d’abord nous savons tous que Fillon ne passera pas son programme en 100 jours . Il sera obligé de faire certains compromis. Mais justement un compromis c’est le résultat d’un affrontement au moins avec la gauche organisée ( syndicats). Et c’est le problème de votre post : vous refusez par principe cet affrontement. Donc vous acceptez de le perdre . Alors je vais vous le dire avec les mots de gauche
    2. Pour la gauche nous vivons de facto sur le « pacte de la résistance » entre de Gaulle et les communistes. Elle a raison. Cela veut dire que nous ne sommes pas une démocratie libérale ni même sociale démocrate, mais que l’ETAT intègre depuis longtemps des dimensions « anti-capitalistes ». Ainsi dans vos études à l’ENA avez vous du apprendre que l’Etat .considère qu’il est de son ressort de rééquilibrer la relation salariale. C’est ainsi qu’il abrite des milliers ( oui, des milliers) de fonctionnaires – permanents politiques de fait , qu’il finance les syndicats, y compris avec des centaines de permanents qu’il entretient toute une population favorisée qui apparaît comme une clientèle pour la gauche. C’est ainsi que le CSA trouve normal que la radio publique soit ouvertement de la gauche radicale etc.. C’est cela le compromis issu de la résistance.
    3. Imaginer que cet appareil va se laisser faire parce qu’il a perdu une élection , oublier les liens de pouvoir qu’il tissé dans la société : c’est être aveugle. Toute l’histoire – et le dernier épisode de la loi travail – montre qu’il résistera systématiquement et avec la même virulence à une égratignure , comme à une attaque en règle
    Aussi la seule solution est elle d’afficher la couleur avant ( si Fillon est battu ce veut dire simplement que la France n’est pas prête), et de cibler ses attaques et ses compromis de façon suffisamment forte pour créer la confiance des gens les plus importants, ceux qui vont créer les emplois à court terme – c’est à dire les patrons et les riches. Que cela plaise ou non, c’est eux qui décideront du sort de Fillon
    Dans cette affaire la seule pédagogie possible c’est celle qui oppose ceux qui sont victimes du chômage ( le privé) à ceux qui ne le sont pas. Car seuls les premiers sont susceptibles d’accepter les efforts s’ils voient que « cela commence à marcher » ; c’est d’ailleurs ce qui s’est passé en Espagne
    Mais croire que par la pédagogie rationnelle, par l’appel à l’intérêt national on va convaincre la population favorisée, et de facto cliente du PS c’est un leurre absolu

    • peine perdue dit :

      Vous me semblez avoir une vision fortement idéologisée de la situation en France…

      Pour information, dire que l’audiovisuel public est de gauche est un grand classique de tous les pays, par exemple ici en Angleterre post-thatchérienne :

      http://www.telegraph.co.uk/finance/autumn-statement/11274243/Once-again-the-BBC-shows-its-true-colours.html

      et même aux Etats-Unis, l’Etat se mêle des relations employeur employé :

      https://www.nlrb.gov/nlrb-introduction

      Je ne peux que vous redire ce que j’ai déjà signalé : en gros, les dépenses de fonction publique ne sont pas aussi éloignées qu’on peut le dire entre les différents pays. Il y a un mode de comptabilité différent qui fait qu’on peut afficher, si on le souhaite, des différences pharamineuses, mais si on tient compte de tous les éléments ce n’est en fait pas le cas.
      Voyez par exemple ces deux vidéos de 4 mn sur la dépense publique :

      http://www.xerficanal-economie.com/emission/Olivier-Passet-L-Etat-est-il-demesure-et-inefficace-la-verite-des-chiffres_3740.html

      http://www.xerficanal-economie.com/emission/Olivier-Passet-Incurie-budgetaire-francaise-vertu-allemande-les-statistiques-tronquees_3591.html

      donc il faut arrêter de se monter le bourrichon. Améliorer le fonctionnement de l’Etat est une chose, tout casser par idéologie en est une autre…

    • FredericN, tout le monde est d’accord sur la nécessité de profondes réformes, mais il faut éviter un blocage du pays comme en novembre/décembre 1995 qui serait dévastateur et ruinerait tous nos espoirs en une nouvelle majorité.
      MT

    • peine perdue dit :

      Pour ma part je suis opposé à de profondes réformes, dans la mesure où depuis 40 ans réforme rime avec dégradation et augmentation du désordre.
      Je suis pour un conservatisme cohérent avec lui-même, qui sache que l’esprit d’un pays procède avant tout de ses structures et qu’il ne faut donc pas les changer à la légère.

      La plupart des législateurs ont été des hommes bornés, que le hasard a mis à la tête des autres, et qui n’ont presque consulté que leurs préjugés et leurs fantaisies.
      Ils ont souvent aboli sans nécessité celles [les lois] qu’ils ont trouvées établies ; c’est-à-dire qu’ils ont jeté les peuples dans les désordres inséparables des changements.
      Il est vrai que, par une bizarrerie qui vient plutôt de la nature que de l’esprit des hommes, il est quelquefois nécessaire de changer certaines lois. Mais le cas est rare, et, lorsqu’il arrive, il n’y faut toucher que d’une main tremblante : on y doit observer tant de solennités et apporter tant de précautions que le peuple en conclue naturellement que les lois sont bien saintes, puisqu’il faut tant de formalités pour les abroger

      L’exemple même de la réforme à la mode depuis 40 ans, c’est l’éducation nationale, et c’est un échec manifeste. On est passé d’une institution qui marchait bien à une institution moyenne, à coup de réformes idéologiques. Je n’ai aucun doute sur le fait qu’une poursuite vers « l’autonomie des établissements » achèverait le malade, or c’est bien ce qui est annoncé.

    • peine perdue dit :

      Récemment, il y avait sur Figaro vox ou sur le Figaro lui-même un certain nombre d’articles qui voulaient promouvoir le conservatisme, en donnant pour modèle…le conservatisme anglais.
      Cela n’a naturellement aucun sens : les Anglais sont les Anglais, et on voit mal en quoi leur tradition devrait être conservée par des Français.

      Similairement, le programme de Fillon me semble être un parfait attrape couillon, dans lequel on annonce une volonté de conserver ce qu’on va pourtant en réalité chambouler : transferts de nouveaux pouvoirs à l’UE en dépit d’un discours s’affichant souverainiste, quotas qui ne porteront pas sur l’essentiel des flux d’entrée depuis l’Afrique, et réformes libérales qui pour certaines semblent conduire vers un fonctionnement différent du pays. Et, naturellement, l’inévitable couplet sur les femmes, qui montre qu’il y aura aussi de la démagogie sociétale à l’ordre du jour.

      Tout ça se fera (ou pas) sans mon concours, en tout cas. Quelle époque !

  4. colibri dit :

    Je suppose qu’il faut mettre la phrase de François Fillon « J’ai envie de casser la baraque » sur l’ivresse du meeting politique devant une foule enthousiaste qui vous porte et vous exalte. Je suis grand-père. Je fais partie des nantis. J’ai pas envie qu’il casse la baraque. En 1989 la chute du communisme nous a été présentée comme la fin de l’Histoire, le triomphe du bien sur le mal, la victoire de la démocratie, la promesse d’un avenir radieux dans la prospérité, la paix et le bien-être. En fait très vite nous sommes passés de la fin de la guerre froide à la guerre chaude. La multiplication des conflits dans lesquels nous sommes désormais engagés coûtent à mon avis bien plus chers que les fonctionnaires et les immigrés. Ils ont bon dos et sont les nouveaux boucs émissaires des temps modernes. Désormais nul ne sait vraiment de quoi sera fait notre futur. Probablement d’imprévus sur le plan intérieur et extérieur. Si je considère que le progrès est une bonne chose en soi je m’interroge souvent sur l’usage qui en est fait. Et sur l’usage qui pourrait en être fait à l’avenir. Je n’ai pas peur de l’avenir mais je le sens tendu et imprévisible. J’aimerais qu’il soit plus apaisé qu’actuellement.

  5. peine perdue dit :

    Il me semble que les réformes du programme de Fillon répondent bien mal aux besoins de la France. Et ses supporters ci-dessous ne semblent même pas envisager que ses réformes puissent être inadaptées, et qu’elles pourraient donc être rejetées à juste titre.

    Si Fillon pense qu’il y a un problème de coût du travail en France, qu’il le dise et qu’il demande une baisse des salaires (…et des retraites) de 5%, au lieu d’essayer de nous faire croire qu’il faut augmenter le temps de travail (public ou privé) dans un pays en plein chômage de masse.

    Alternativement, on peut rappeler que la livre anglaise a baissé de 20% au moment de la crise de 2008-2010 par rapport à l’euro. La France ne peut pas le faire puisqu’elle est dans l’euro, grâce à 51% des votants. Etait-ce une si bonne idée ?

    • michel43 dit :

      sait t » il seulement ,que de plus en plus , les usines se robotise de plus en plus ? et emploie de moins en moins de gens , la société continue de changer , pas EUX

  6. lugardon dit :

    En complément de la partie de votre texte où vous évoquez le Brexit et Trump voici une réaction sur le lien suivant: http://monde.blogs.la-croix.com/brexit-trump-la-fin-de-lordre-anglo-americain/2016/11/30/

    • Anonyme dit :

      Article écrit par N Gauthier

      Les grands électeurs se réuniront le 19 décembre pour l’élection du nouveau président. Simple formalité, a priori, mais qui sait ?

      Durant la tumultueuse campagne ayant vu s’affronter Hillary Clinton et Donald Trump, ce dernier menaçait de contester le résultat de la candidate démocrate en cas de victoire de cette dernière. Advint ce que l’on sait et Hillary Clinton, fût-ce de mauvaise grâce, dut féliciter son turbulent challenger.

      On pouvait donc tenir le sujet pour clos. Mais c’était sans compter avec Jill Stein, candidate écologiste (1 % des suffrages), qui est parvenue à recueillir les cinq millions nécessaires à financer le recomptage des voix dans le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie, trois États dans lesquels il y aurait suspicion quant au bon déroulement du vote, surtout quand il était électronique.

      D’abord réticente, l’équipe de Hillary Clinton a décidé de s’associer à cette démarche. Il est compréhensible qu’elle puisse l’avoir mauvaise, ayant devancé son adversaire de plus de deux millions de voix : 66.905.979 contre 64.688.451, pour être plus précis.

      Il n’empêche que, le 8 novembre dernier – système américain oblige -, Donald Trump obtenait 306 grands électeurs, contre seulement 232 pour Hillary Clinton. Au-delà d’une triche éventuelle, d’autres acteurs de la politique d’outre-Atlantique réclament la réforme d’un système des plus complexes, voire rigoureusement incompréhensible en nos contrées.

      Déjà, en 2000, l’élection présidentielle suscitait pareille polémique. Avec 50.456.002 voix, le républicain George W.

      Bush recueillait moins de voix que le démocrate Al Gore (50.999.897), mais s’assurait le soutien de 271 grands électeurs, pour seulement 266 à son rival malheureux. Là, les soupçons de fraude, en Floride surtout, étaient déjà amplement plus avérés, tout comme en 1960, quand Richard Nixon estimait, non sans raison, que John Fitzgerald Kennedy lui avait volé la victoire ; il est un fait, aujourd’hui de notoriété publique, que la Mafia avait été des plus actives dans l’Illinois pour donner un petit coup de pouce à l’élection.
      Mais à ces deux occasions, aucune action publique n’avait été diligentée pour tenter de refaire le match : si tel était le cas dans les jours à venir, il s’agirait donc d’une grande première. Ainsi, ces fameux grands électeurs se réuniront-ils le 19 décembre pour officialiser l’élection du nouveau président. Simple formalité, a priori, mais qui sait ?

      Après, il est toujours possible de gloser sur les bizarreries du processus électoral américain. On remarquera, pourtant, qu’en plus de deux siècles, jamais il ne fut remis en cause, stabilité constitutionnelle qui devrait nous amener à plus de modestie, nous qui, dans le même laps de temps, avons connu cinq Républiques (six en comptant celle de Vichy), deux Empires et le retour de trois rois…

      Au fait, lors des élections législatives de 2012, avec 9.420.889 voix, le Parti socialiste obtenait 258 élus, alors que le Front national, lui, même fort de 3.528.633 bulletins de vote, ne décrochait que… deux députés. Ceux qui, en France, évoquent un déni de démocratie aux USA seraient peut-être bien inspirés de prendre un peu repos. Car, après tout, il n’y a pas que la politique dans la vie. Tenez… Jacques Chirac et les arts premiers, Dominique Strauss-Kahn et la pêche aux moules, pour ne citer que ces deux exemples.

    • colibri dit :

      Merci Anonyme de votre commentaire intéressant.

  7. ADB dit :

    Il est incompréhensible, tellement choquant à l’égard du bon sens, qu’il n’y ait pas un consensus largement majoritaire pour la suppression de l’ISF, cet impôt qui est à la fois idiot et immoral. Idiot car il coûte plus qu’il ne rapporte à l’Etat. Immoral car il pénalise de façon confiscatoire ceux qui entreprennent, pour avoir réussi et qui ont déjà payé au pro rata de leurs gains tous leurs impôts directs. Serait-ce à croire qu’une majorité de Français ne trouvent d’intérêt et de joie malsaine qu’en extériorisant les plus bas instincts de jalousie ?

    • ADB, entièrement d’accord!
      MT

    • Anonyme dit :

      Ah ADB vous découvrez cela seulement maintenant?? Mais c’est typiquement français, et les socialistes font tout pour puisqu’il ne faut pas que la tête dépasse sinon on vous la coupe! Les enseignants socialos font la même chose: tous pareils, tous au même niveau. Cela finit donc par entrer dans les gènes… Un article français a montré la nouvelle maison qu’habiteront les Obama l’an prochain, allez donc voir les commentaires, cela en dit long sur la belle mentalité française.

  8. drazig dit :

    Avec toutes les erreurs de pronostique et de diagnostique de ces derniers temps: Clinton devant vaincre, itou pour Sarkozy (ou plutôt Juppé), de même si l’on mentionne les sondages (remplis d’erreurs face au réel) dont on nous abreuve et sur lesquels on fonde tout raisonnement, tout en observant cette débâcle, j’observerais « de Conrart, le silence prudent ».

  9. François Martin dit :

    Plusieurs mois, peut-être un an, de préparation, d’écoute, de dialogue et de travail seront nécessaires pour ne pas, en effet, chercher à imposer une réforme bâclée qui serait le fait du prince; cela serait déjà une rupture majeure par rapport à la pratique du quinquennat Hollande. Et quand j’écris « une réforme », c’est évidemment réducteur, il y a tant à faire dans tous les domaines! Ensuite, il faudra encore plusieurs mois pour mettre en œuvre. Sur le plan économique, on connaît assez bien l’impact des réformes libérales dans les pays qui les ont menées (et réussies): ce sont des courbes en J: dans l’immédiat, forte récession et montée du chômage, puis reprise de l’activité, de la croissance et de l’emploi; autrement dit, au moins trois ans pour voir les effets bénéfiques. Si on fait le compte, on arrive pratiquement au terme du quinquennat (du quadriennat, faudrait-il dire, avec l’année électorale consacrée aux primaires…). Et encore, sans prendre en compte les mois de chaos, qui surviendront inévitablement, même avec la meilleure des méthodes et des pédagogies: il y a dans ce pays trop de facteurs de blocage, de conservatismes, de privilèges, rarement contestés, jamais réformés, qui n’ont cure de l’intérêt général et tenteront l’épreuve de force. Il faudra donc un Gouvernement très déterminé, soutenu par des parlementaires qui ne soient pas uniquement obsédés par leur réélection… j’aimerais y croire.
    Accessoirement, ce scénario démontre, s’il en était besoin, les ravages du passage au quinquennat.

  10. Bernard dit :

    Oui il me semble malheureux que le Président Chirac ait eu cette idée de limiter à cinq années le mandat présidentiel. L’expérience nous montre – comme vous l’écrivez – que cela passe trop vite et que l’on saute très vite dans la campagne pour la nouvelle période. Est ce qu’un seul mandat comme le proposait A.J. compte tenu de son âge peut être était la solution ? Là on risquait le passage en force.
    La force tranquille – oui cela a déjà été utilisé par François Mitterrand – de François Fillon, du travail fait depuis 2012 en allant au plus près des Français me semble être la meilleure approche pour arriver à concilier la nécessité de réformer au plus vite mais en expliquant dans des termes très clairs aux Français quelles seront les impacts.
    Je regrette cette mise en avant des 500.000 emplois de fonctionnaires dont les postes seraient supprimés en cinq ans. Mais j’ai compris qu’il s’agissait des fonctionnaires d’Etat et des Fonctionnaires Territoriaux. Une étude publiée dans la presse ce matin indique que 9% des fonctionnaires territoriaux sont absents. Certains pour d’excellentes raisons montre cette étude SOFAXIS. Mais 9 % de près de 2 millions de fonctionnaires territoriaux cela représente en gros 180.000 postes Ce n’est pas un jugement de valeur de ma part car lorsque ces agents ne sont pas en poste c’est l’Usager qui en fait les frais. Cela étant 180 / 500 c’est déjà 36 % du total.

    • peine perdue dit :

      Eh bien non, car l’absentéisme dans le privé est de 4,5%.

    • peine perdue dit :

      Le Figaro du 21/11 fournissait quelques chiffres sur l’absentéisme, que je cite de mémoire : ensemble de la fonction publique 4,7% ; salariés du privé en CDI 4,5% ; salariés du privé en CDD 3,9% (ou quelque chose de ce genre).

      Il ne faut pas en déduire qu’il faut mettre tous les salariés du privé en CDD : ce sont des gens plus jeunes…

    • Bernard, il faudra en tout cas dire quels postes seront supprimés.
      MT

    • Bernderoan dit :

      Pour avoir été fonctionnaire d’État et fonctionnaire territorial, la façon abrupte de présenter le problème ne m’apparaît pas la plus judicieuse.
      Évidemment que le nombre des fonctionnaires territoriaux augmente puisque l’État se désengage. Le meilleur exemple est les ex-DDE basculant dans le giron départemental, sans pour autant que le transfert des ressources suive. Donc, augmentation des impôts locaux…
      La diminution du nombre peut s’expliquer au public. Diminuons le nombre des politiques, qui n’existent que s’ils ont beaucoup de fonctionnaires pour réaliser toutes leurs élucubrations, allant au devant de la demande du public et le déresponsabilisant, par souci électoraliste. Diminuons les parlementaires, supprimons au moins une couche du millefeuille, on supprimera des servies redondants.
      Une anecdote: un conseiller municipal, en charge d’un projet à caractère social, m’a avoué un jour s’être adressé à sept services, oui sept, pour obtenir des subventions.
      Cela situe l’obésité du système français.
      Dégageons tous les emplois fictifs, bidons, les colleurs d’affiches, les emplois de complaisance, etc…
      Remettons le jour de carence en vigueur. Sa suppression par une gauche démagogique a conduit au doublement de l’absentéisme. Mettons tout le monde à 35 heures pour le moins.
      Réfléchissons aux tâches inutiles d’une administration tatillonne et supprimons-les.
      Voilà quelques mesures qui ne toucheraient pas à la qualité du service et réduiraient sérieusement les coûts.
      Cela éviterait le non-remplacement systématique absurde des départs à la retraite.
      Ne prenons pas la conséquence pour une cause M. Fillon.

  11. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Pourquoi vous fatiguer puisque sur Atlantico, Fillon est déjà annoncé vainqueur de la présidentielle ?

  12. Jean-Louis Michelet dit :

    Évidemment, évidemment.
    Évidemment, tous les esprits chagrins, dans un premier temps, et tous les « pisseurs de fiel et de vinaigre » dans un second temps, nous feront la démonstration que la victoire de François Fillon à la Primaire de la Droite et du Centre est marquée du sceau du diable …

    L’aveuglement permanent.
    Beaucoup nous rappelleront que la victoire de François Fillon ne correspond qu’à une petite partie de l’électorat et qu’elle ne représente absolument pas le corps électoral français dans toutes ses composantes. Ce qui est une réalité incontestable. Mais peu, très peu verront que cette victoire n’est pas la victoire d’une minorité qui s’est exprimée à travers cette primaire mais que celle-ci se fait le porte-parole d’une attente d’un très grand nombre de français du fond de leur conscience et qui dépasse, pour beaucoup, les clivages politiques actuels.

    Un journaliste reste un journaliste.
    Le travail de beaucoup de journalistes consiste à apercevoir les faits, à en rechercher la ou les causes mais souvent, trop près d’eux.
    Spectateurs des tempêtes qui agitent la société, du flux et du reflux des évènements dont se compose son histoire, ils expliquent chaque vague par la vague qui la presse immédiatement, au lieu de remonter d’abord à l’impulsion qui les produit toutes.
    Comme trop souvent, ils confondent l’ordre des choses et l’ordre des valeurs.

    Une inquiétude bien réelle des français.
    Tout changement, de quelque nature qu’il soit, prévu ou imprévu, engendre des inquiétudes tout à fait légitimes et bien compréhensibles.
    Dans les prochains mois, François Fillon devra expliquer, démontrer le bien-fondé de ses réformes, rassurer et surtout convaincre en priorité les forces vives de la Nation et tous ceux et celles qui se sentent exclus.
    Convaincre les français que si on laisse les choses en l’état, et bien, pour eux comme pour leurs enfants, l’avenir est bien compromis.
    Convaincre les français que sans leur soutien, sans leur confiance, sans leur engagement il ne pourra rien réformer. Il sera un homme seul, isolé et sans moyen d’agir.
    Les référendums prévus devront servir à consolider, à enraciner sa politique, même si en tant que Président élu avec une majorité parlementaire, il en a la légitimité.
    Les français doivent s’engager ! Ils ne peuvent plus reculer encore une fois.

    La pusillanimité est la religion de nos hommes politiques depuis trop longtemps.
    En politique comme ailleurs, le courage est la première des qualités humaines, c’est elle qui garantit toutes les autres et en cela, mille difficultés ne font pas un doute.
    Il est parfois difficile de se délester de ses appréhensions, de ses craintes voir de ses peurs mais faut- il redouter « les maux » qui ne sont encore pas là ?

    Attendons encore un peu et restons optimistes !

    Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque.
    A te regarder, ils finiront par s’habituer (René Char)

    • michel43 dit :

      NON..Fillon ne peut imposer ses sois distantes ,réformes , sans l’aval du peuple ,comment faire comprendre a 10 Millions de travailleur ,pauvres moins de 1300 euro et a c’est 9 millions de retraiter a 800 euro , que l » avenir c’est FILLION; comment il va expliquer les 500 000 suppressions de Fonctionnaires , il ferait mieux de dire ; on va réorienter ,des fonctionnaires ,LA. .ou on en a besoin ,Rien sur l’outre mer , sur Mayotte , sur les travailleur détacher, sur l’apprentissage, retour a 14 ans et contrôle des chefs d’apprentissage ,avec des usines totalement robotiser , informatiser , et des millions de CHOMEURS ,plus des centaines de milliers TOUT les ANS , il va faire ,le plein emploie ,MENSONGE ,supprimer L..ISF , très bien , puisque les socialistes Espagnol ,l’on fait depuis longtemps , vue la dette ,il faut prendre des mesures exceptionnelle ,Anonymat sur l’or , retour des bons anonymes, retour de l’argent ,planquer a l’étranger , sans pénalité ,si c’est investie dans les TPE PME PMI les Français ne sont pas idiots ,,si il explique, vu la faillite du pays , la guerre finie, il devront OBLIGATOIREMENT ,retourner chez EUX ,c’est cela que le peuple attend , et non pas la TVA ;la SS et le reste

  13. michel43 dit :

    comme toujours Maxime ,n’envisage PAS , que Mme LE PEN peut l » emporter , je pense vraiment , que si Fillon , n’explique pas, correctement ses réformes, il est cuit, cars deux point de TVA. Augmentations assurer et nombreux vont mal digérer cela.. comme toujours, leurs solutions AUGMENTATIONS , c’est tellement facile ,Gérer autrement en faisant des économies, EUX ,ne savent pas faire, demander au patrons du priver, on peut leurs donner des leçons , Comme je l’annonçais depuis des années, se sera bien ,la droite molle, contre la droite nationale , se sera passionans

  14. Gérard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    La fin de votre entretien de ce jour me laisse dubitatif car vous indiquez (sans doute à juste titre) que toute réforme rapide serait vouée à l’échec sans une période d’explication, de communication et de dialogue. Soit.
    Mais s’il est élu en mai prochain, F. Fillon s’est engagé à mettre en œuvre plusieurs mesures importantes de son programme avant la fin du mois de septembre. S’il a pris cet engagement, c’est en espérant disposer d’une majorité forte et sans état d’âme (ce qui n’est pas gagné d’avance) et normalement en parfaite connaissance des calendriers et délais de l’Assemblée Nationale et du Sénat, à moins qu’il ait déjà envisagé une session extraordinaire en juillet 2017 ?
    Cela signifie que l’exercice d’explication de communication et de dialogue avec les parlementaires et le peuple via les médias, risque d’être très réduit et en partie inaudible par la population en raison des congés d’été.
    Vous évoquez très justement, le risque de conflits sociaux et donc de reculades comme nous en avons tant connues. F. Fillon n’ignore bien évidemment pas ce sujet, mais là encore la bonne stratégie pour mettre en place ces premières mesures n’est-elle pas de profiter de la période estivale peu propice aux grandes manifestations et blocages divers et variés ? Certes cela peut ressembler à un « passage en force » et sera d’ailleurs traduit par l’opposition comme « un coup d’Etat » mais comme vous le dites : 5 ans c’est cours et nous n’avons plus de temps à perdre en tergiversations.
    Dans la mesure où ces mesures seraient discutées et votées même hâtivement par le Parlement, (sans usage du 49.3) ce risque est-il si inenvisageable ? Personnellement j’y serais favorable.

  15. René de Sévérac dit :

    Moi aussi, je suis pessimiste :
    « un désastre politique entre 2017 et 2022, débouchant sur l’arrivée au pouvoir d’une forme ou d’une autre d’extrémisme démagogique en 2022 ».
    Le modèle thatchérien en 2017 ne peut résoudre les problèmes auxquels il fit face hier !
    Le Nouvel Ordre Mondial (dont l’UE est le prototype) lui succédera !

  16. Q dit :

    J’ai un peu de mal a lire le succes (chez les retraites et prof protegees) de FF comme tenir compte du malaise populaire.

    Ces reformes ne sont que de la devaluation interne (merci l’Euro !!), il y aura tres tres peu de gagnants et beaucoup de perdants, Cela ne va pas voler loin 😉

    Il y a enormement de reformes a faire mais sans quitter prealablement l’euro, c’est peine perdue, la depression assuree (donc le ratio gdp/dette va empirer)

    Il va falloir qu’il mette beaucoup d’eau dans son vin pour convaincre la France qui travaille et atteindre la presidence.

  17. Michel Bont dit :

    Excellent article Sent from my WIKO PULP 4G

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