Analyse du résultat du premier tour des primaires

xvm6e05672a-afe0-11e6-8924-aaf6bf1e52eaVoici mes contributions au Figaro Vox sur l’analyse de la victoire de François Fillon au premier tour des primaire et à Atlantico, sur les difficultés à venir.

Victoire de Fillon au premier tour des primaires, un séisme historique

La victoire écrasante de François Fillon au premier tour des élections primaires de la droite et du centre, dans le contexte d’une mobilisation historique de l’électorat, constitue un séisme politique, comparable à ceux qui émaillent la vie démocratique dans le monde occidental depuis quelques années: « non » français et néerlandais au référendum sur la Constitution européenne en mai 2005, référendum sur le Brexit en juin dernier, victoire de Donald Trump aux Etats-Unis. Que s’est-il passé? Deux semaines auparavant, personne n’imaginait un tel scénario, la totalité des sondages donnant Fillon bien loin derrière le duo de tête Juppé-Sarkozy. En quinze jours, l’ancien Premier ministre 2007-2012 a pris 30 points. Il y a-t-il, dans l’histoire de la démocratie française, un basculement aussi spectaculaire et massif?
Il serait trompeur d’y voir la prise de conscience soudaine par les Français du programme de François Fillon, connu depuis un an. Non, c’est autre chose, un phénomène qui relève de la psychologie collective. Comme aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, un mouvement de révolte du corps électoral, vient de se produire. Les Français se sont rebellés contre la loi des médias et des sondages, obstinés à leur vendre un scénario, celui de la victoire d’Alain Juppé, candidat de l’apaisement, contre Nicolas Sarkozy l’homme du clivage. Le peuple a voulu démentir un certain matraquage en plébiscitant massivement une troisième option. La notion même de primaires de la droite et du centre s’est trouvée dépassée. Les Français, probablement de différentes sensibilités, ont utilisé cette occasion pour exprimer leur colère. Ce résultat est avant tout celui d’une révolte populaire contre les élites politiques et médiatiques, une réponse de la nation au sentiment qu’une caste médiatisée veut lui imposer sa manière de voir, de penser et de voter.
La victoire de Fillon procède d’un instinct, d’une sensibilité qui a rejailli soudain comme un éclair. Elle n’est pas née du néant. Il faut se souvenir que l’ex Premier ministre de Nicolas Sarkozy fut franchement populaire dans les années 2007 et 2012. Sa cote dépassait constamment de 10 points celle du chef de l’Etat. Certains y voyaient un dérèglement des institutions, une Ve République où d’ordinaire, le Président de la République est plus populaire que son chef de gouvernement. La bataille contre Jean-François Copé pour la conquête de l’UMP en 2012 avait brouillé l’image du député de Paris. C’est cette popularité qui a resurgi soudainement le 20 novembre 2016.
L’événement est de taille. En plébiscitant François Fillon, les Français sont en train d’enterrer la notion « d’hyper présidence ». Ils rejettent l’image du narcissisme présidentiel, un chef de l’Etat qui, depuis une quinzaine d’années, prétend incarner à lui seul le pouvoir politique, omniprésent dans les médias, communicant suprême de la République. Ils refusent le culte de la personnalité, la présidence bavarde qui noie les échecs et l’impuissance dans la logorrhée et les postures.
En effet, la personnalité de François Fillon est essentielle pour comprendre le séisme en cours. Son personnage donne une image de simplicité, de discrétion, voire d’un tempérament silencieux, peu porté sur l’esbroufe. D’où l’impact considérable des trois débats télévisés qui coïncident avec sa montée en puissance. Après des années de gesticulation et de fanfaronnade, les Français ont manifesté leur soif d’accalmie élyséenne, de travail sérieux et collectif pour diriger la politique française. Contre la parole débridée et impuissante, ils ont exprimé l’espoir de l’action efficace. Contre la politique spectacle, ils ont fait le choix d’une certaine image de sobriété et d’autorité modeste que Fillon a su imposer.
Quelques années après les affaires DSK et Cahuzac, ce vertigineux basculement en faveur de l’ex Premier ministre qui n’a jamais été confronté à la justice, marque une volonté assainissement de la vie publique.
En cette période tragique pour le pays, ensanglanté par le terrorisme, dévasté par les six millions de chômeurs, la vertigineuse montée du communautarisme, le déclin industriel, un contexte international tourmenté, François Fillon a trouvé un style gaullien, des paroles qui rassurent et inspirent la confiance. Il s’est exprimé sans ambages en faveur du dialogue avec Moscou et de la priorité absolue à la lutte contre Daesh au Moyen-Orient. Sur ce point, il s’est radicalement différencié de l’idéologie « politiquement correcte » portée par la plupart de ses adversaires.
Mais surtout, les Français électeurs de la primaires ont été convaincus par son engagement répété en faveur des chrétiens d’Orient victimes d’un génocide. Par ces mots, il a su toucher au cœur de la France, de ses valeurs, de l’une de ses traditions les plus profondément ancrées dans son histoire. Tout en évitant le discours identitaire et le danger d’exacerber les déchirures de la société française, son appel répété et insistant en faveur des minorités chrétiennes persécutées dans le monde a eu probablement pour effet de mobiliser en sa faveur l’électorat chrétien de France. Et cela, personne ne l’avait vu venir…

Entretien avec le site Atlantico

Quel(s) effet(s) pourrait-on observer, sur le vainqueur de la primaire de la droite, et sur cette dernière d’une manière plus générale, du processus de désignation du candidat de la gauche à partir de janvier ? L’éclipse médiatique probable pourrait-elle avoir un effet négatif sur le camp LR ? 

C’est vrai qu’à partir de 2017, tout sera infiniment plus compliqué pour le vainqueur. Son état de grâce sera de très courte durée. Les primaires de gauche prendront l’ascendant sur le plan médiatique. Elles seront l’événement politique du début de l’année avec un lot d’incertitude gigantesque. On ne parlera plus que de cela avec pour conséquence une banalisation de la position du vainqueur de la primaire de la droite et du centre. L’émergence d’un candidat charismatique à gauche n’est pas à exclure. Mais les périls ne s’arrêtent pas là. On peut imaginer une prolifération de candidatures de droite ou du centre qui ne sont pas passés par la primaire. Compte tenu de la volatilité de l’électorat, un engouement pour une de ces candidatures n’est pas à exclure. Le poids du parti lepéniste et son score sont une autre inconnue. De même une autre inconnue tient à la confirmation ou non du phénomène Macron. La victoire aux primaires de droite n’est pas forcément l’assurance d’une victoire facile aux présidentielles de mai 2017. Et ne parlons pas de la suite qui peut être extrêmement chaotique. Le nouveau président aura-t-il une majorité présidentielle ? Rien n’est moins sûr si le tripartisme devait se confirmer aux législatives. Quelle sera l’attitude des syndicats face aux réformes libérales que proposent les candidats ? Le pays peut-il être bloqué ? Le nouveau président sera-t-il en position de tenir ses promesses ? 2017 sera quoi qu’il arrive, une période d’incertitude intense.

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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80 commentaires pour Analyse du résultat du premier tour des primaires

  1. Dalain dit :

    En fait Alain Juppé a montré son vrai visage et sa personnalité en poursuivant le combat comme il a dit. Ce qu’il ne souhaite pas c’est que F. Fillon soit le candidat pour l’élection présidentielle.

    C’est un jaloux, un vaniteux avec un orgueil mal placé.

    Peu lui importe la France. Seule l’ambition de la fonction le meut. Il sera prêt à tout pour faire battre Fillon et donc les électeurs qui ont voté pour lui et qui représentent la Renaissance de la France.

  2. Kadoc Le Vannetais dit :

    @Roland Si c’est ça, je vous accorde que ça serait effectivement très médiocre.

  3. Duff dit :

    Bonsoir,

    J’ai voté pour lui pour les raisons citées dans l’article. Calme tempérance et sincérité pour nommer les choses. Comme par hasard François Fillon enregistre ses meilleurs résultats (>50%) dans l’ouest encore catholique et traditionnelle mais modérée et pragmatique.

    Il a certes vitupéré contre les médias mais ce mouvement est général et partagé par la population. Puisqu’Alain Juppé s’enferme dans sa stratégie d’apparaître comme le plus compatible avec le politiquement correct, il prend le risque de perdre avec un écart très conséquent, voire humiliant.

    La pensée de gauche en déroute jette désormais toutes ses maigres forces restantes inaudibles aux oreilles des français. Sans présager de la suite, la droite conduit sa révolution, la gauche devra s’interroger sérieusement en mai prochain.

    Bonne semaine,
    cdlt

  4. Ysengrin dit :

    Je garderai plutôt la tête froide face aux résultats de cette première primaire de la droite. Quelques chiffres nous aideront à le faire : 4.272.800 personnes ont voté. Lors de la dernière élection présidentielle, en mai 2012, 37.046.000 personnes ont voté, soit neuf fois plus. De ce fait, les résultats ne sont pas significatifs, et n’augurent pas forcément d’une victoire large de F. Fillon. Pour qui voteront les 33.000.000 de Français, qui n’ont pas voté à cette primaire, en mai 2017?

    Ce que l’on peut dire, c’est que les électeurs de la droite classique penchent pour un programme plus musclé que ce que les sondages annonçaient, le programme d’une droite molle, soumise sans ambiguïtés aux grandes lignes de la doctrine socialiste, porté par Alain Juppé, ayant été clairement rejeté.

    Pour le reste, wait and see…

  5. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet a pris une part non négligeable de responsabilité, en laissant passer ce commentaire fort peu élégant, mais au contraire, tout à fait méprisable, quoiqu’en pense son auteur.

  6. colibri dit :

    Je trouve intéressant aussi le point de vue de Koz et les commentaires qui lui sont faits sur son blog: http://www.koztoujours.fr/tapis-rouge

  7. Marie lo dit :

    Hier, Isabelle Juppé pathétique et absolument pas crédible vantant les qualités supposées de son mari avec un regard rasant et une conviction absente. Discours de Juppé décousu, ratissant dans tous les coins, pas convainquant pour moi.
    Fillon, clair, offensif. Pour moi c’est l’incarnation de l’alternance. J’ai voté pour lui sans conviction dimanche dernier. Dimanche prochain je vote pour lui en pleine conscience.

  8. Bernderoan dit :

    Maxime, bonne analyse de ce vote.
    Pour ma part, et vous conforter, je suis allé d’abord voter contre. Honnêtement 2€ pour se débarrasser de Carlito, ce n’est pas cher !
    Ensuite, j’ai fait le choix de Fillon pour la raison majeure de son positionnement sur la politique internationale. On en parle peu, mais c’est tellement important… À cet endroit, Juppé a totalement oublié qu’il a fait partie, lui aussi, du gouvernement Sarkozy !
    Par ailleurs, et ce n’est pas une affaire religieuse, j’ai été particulièrement sensible à son attention aux chrétiens d’Orient. Cela démontre qu’il situe clairement notre civilisation.
    Enfin, après deux présidences qui m’ont fait honte, et je pèse mes mots, je crois que, si Fillon venait à être élu, nous aurions là un président avec une certaine tenue.

  9. Roland dit :

    La calomnie c’est comme le charbon même quand il ne brûle pas il laisse toujours des traces.
    Sous entendre une similitude avec DSK sans apporter de preuves et vraiment d’une bassesse sans nom.

  10. Jean-Louis Michelet dit :

    En filigrane.
    Alain Juppé : Le Légitimiste à la candidature.
    François Fillon : L’usurpateur à la candidature.

  11. hugues dit :

    J’ai aussi voté Fillon au premier tour de cette primaire. Mais contrairement à la plupart d’entre vous, c’était clairement pour les trois raisons suivantes:

    1) son programme économique clairement affiché liberal (reduction drastiques des dépenses publiques autres que régaliennes)
    2) sa manière de faire de la politique: sérieux, clair et sans bling-bling
    3) un vote de ras le bol du style Sarkosy (qui ne correspond pas à la droite telle que je la conçois)
    4) sa (relative) jeunesse

    J’ai des réserves sur la partie sociétale de sa politique et sa vision souverainiste affichée: j’ai misé sur le fait que c’était plus une posture pour les primaires de la droite et qu’il devra mettre de l’eau dans son vin, sinon lors de la campagne présidentielle, mais surtout lorsqu’il exercera le mandat présidentiel.

    Pour ce second tour, je veux que Fillon soit élu mais je veux éviter qu’il l’emporte trop largement, un score 55-45 serait parfait pour moi: la droite doit rassembler au plus large si elle veut gagner en 2017 et surtout si elle veut pouvoir gouverner.

    Mon vote Juppé du second tour devra donc être interprété comme un message à Fillon, ma volonté que la droite gouverne de manière très libérale et ouverte, non seulement sur les questions économiques mais aussi sur les questions sociétales et internationales.

    • Jean dit :

      En votant Juppé au second tour ne risquez-vous pas contribuer à le faire élire ?
      Il y a un risque de raz de marée de la gauche sur Juppé. Il mise là-dessus, sinon il se serait retiré. Ce qui démontre une fois de plus que ce type est prêt à tout pour gagné et n’a aucune moralité.
      Si Fillon passe cette étape le chemin jusqu’à l’Elysée sera encore très très long.

    • Mildred dit :

      Je note que Sarkozy est présent sur la place politique depuis quarante ans. Qu’il a dominé la droite française pendant quinze ans. Qu’il a présidé la France pendant cinq ans. Et au moment où il quitte la vie politique, certains n’ont toujours pas encore appris à écrire son nom correctement : Nicolas SARKOZY !

    • Florence dit :

      Si vous voulez que Fillon soit élu, votez pour lui.
      Je n’ai jamais compris les gens qui imaginent faire des coups de billard à trois bandes. Cela tourne toujours très mal. Laissez aux autres les coups tordus. Soyez droit.

    • Marie lo dit :

      Honnêtement je ne comprends pas votre position. Si tout le monde s’érige en donneur de leçon il y aura forcément de la casse. Vous voulez que Fillon soit élu ? Alors votez pour lui au lieu de vouloir lui donner une fessée.

    • hugues dit :

      Juppé n’a plus aucune chance de gagner cette primaire. Fillon la gagnera largement. Ce second tour est surtout une machine à cash pour les caisses du parti.

      Je veux que Fillon soit élu pour son programme économique. Je veux aussi qu’il mette de l’eau dans son vin sur les questions sociétales et internationales pour qu’il rassemble au maximum au centre: une candidature de Bayrou serait une cata car Fillon arriverait alors loin derriere MLP au premier tour de la présidentielle. Ce serait un boulevard pour MLP qui pourrait être élue avec les voix de la gauche: après tout son programme économique est un copier-coller de celui de Mélenchon: il faut laisser aux électeurs de gauche quelques arguments de type « front républicain » pour voter Fillon au second tour, sinon…

      Dans une primaire il ne faut surtout pas humilier ses concurrents et surtout leurs électeurs, il faut qu’ils puissent s’en sortir la tête haute et avoir été entendus. Il est necessaire que Juppé/NKM s’en sortent honorablement et que Fillon puisse ainsi justifier devant ses électeurs quelques adaptations de son programme.

      @Florence: je ne suis pas militant, je n’ai aucune haine ni fanatisme pour une personne ou d’une autre. Quand je vote, je vote avant tout pour un programme et une méthode et non pour une personne. Mon vote est motivé pour qu’un programme économique liberal soit enfin mis en place avec un rassemblement au centre pour éviter le risque MLP. Je suis désolé si cela ne vous plaît pas mais je suis libre de donner le sens que je veux à mon vote: mon vote est plus subtile qu’un simple plebiscite.

      @Jean: vous fantasmez sur l’impact de la participation des électeurs de gauche à cette primaire. Si cela était le cas, Juppé serait devant Fillon.

    • Florence dit :

      Hugues,
      vous êtes dans la tactique que vous croyez subtile et que je pense dangereuse. Imaginez que tout le monde ait le même raisonnement que vous ! Et Juppé passe à 100 %.
      Moi, je suis bien plus simple : je vote pour le moins mauvais candidat. Et je m’y tiens. Au moins, avec des votes comme le mien, les choses sont claires.
      Qui va comprendre le sens d’un vote comme le vôtre ? Personne.
      Mais vous faites comme vous le voulez .

      Pour ma part, je souhaite que Fillon soit élu très largement, pour écarter Juppé qui ne saura que mettre lui mettre des bâtons dans les roues par dépit.
      Je me souviens très bien de Juppé en 1995, ce souvenir cuisant me suffit pour ne pas renouveler l’expérience.

    • Eric dit :

      J’imagine que ce qui a attiré un grand nombre de voix pour FF est le fait qu’il a donné l’impression de ne pas vouloir entrer dans les jeux de « politicaillerie ».
      Votre « stratégie » de second tour nous ramène à ces combinaisons qui ont, je l’espère, fait leur temps.
      Votez Macron, ce sera plus simple et il est plus en phase avec vos idées.
      Au contraire, j’aimerais qu’il se rappelle ses liens avec Philippe Seguin et qu’il adoucisse son programme économique.
      Quant à la menace du maire de Pau, quelle force représentent-ils, lui et son mouvement ?
      Les électeurs potentiels de Bayrou et de Macron sont probablement issus d’un même pot commun.
      A chacun son analyse, le positionnement actuel de FF me semble au contraire de nature à attirer dès le premier tour des électeurs potentiels de MLP.
      Bonne soirée et bon vote.

    • hugues dit :

      @Florence

      moi je ne pense pas que Fillon ou Juppé soit des mauvais candidats. Je pense au contraire que ce sont deux très bons candidats.

    • hugues dit :

      @eric

      « le positionnement actuel de FF me semble au contraire de nature à attirer dès le premier tour des électeurs potentiels de MLP. »

      c’est justement mon problème…

    • hugues, vous êtes bien alambiqué…
      MT

    • hugues dit :

      Maxime,

      en effet c’est un peu alambiqué. Je vais donc confirmer mon vote pour Fillon au second tour. Après tout je peux laisser libre cours à ma passion du libéralisme économique même si ma raison me laisse penser que les Français sont très réticents (ce qui augmente le risque MLP).

      Juppé, de mon point de vue, n’aurait pas du attaquer Fillon sur son programme économique: il aurait plutôt dû dire que les deux programmes sont semblables. Le débat entre les 500000 et 300000 emplois de la fonction publique est purement rhétoriques car les deux candidats ne parlent pas de la même chose. Je partage le point de vue de Fillon que le modèle social Français doit être revu de fond en comble et pas seulement rafistoler.

      J’ai regardé plus en détail les 2 programmes économiques et malgré quelques petites différences, elles ne sont pas vraiment significatives. Juppé va plus loin sur la réduction de la fiscalité des ménages tandis que Fillon va un peu plus loin sur celle des entreprises et du patrimoine: je pense que Fillon a raison.

      Juppé est plus âgé et cela hélas se voit. Fillon semble être celui qui restera « droit dans ses bottes »: j’espère sincèrement que la droite française ira cette fois-ci jusqu’au bout, que les députés le suivront contre vents et marées car cela risque de secouer fort.

      Cependant je trouve Fillon (comme Juppé) assez timide:

      – 500000 emplois de fonctionnaires n’est pas assez. Quid de la privatisation de certains services publiques ? Quid de la reduction du millefeuille territorial ? Quid de la réduction du nombre de parlementaires ? Quid de la privatisation complète de la SNCF/RATP, EDF/AREVA, Renault/PSA etc.

      – Quid des subventions aux médias (Journaux, TV, etc. )?

      – Quid de la retraite à la carte ? de la retraite par capitalisation ? Quid de la création de fonds de pension ?

      – J’en ai ras le bol de voir mes impôts financer la natalité par les allocs et autre QF. Avoir des enfants c’est avant tout une responsabilité de chacun qui depend de la capacité à les élever, capacité financière mais aussi intellectuelle et culturelle. Avoir des enfants n’est pas un droit !! Plutôt que les allocs pour tous ou la hausse du QF, il devrait proposer l’augmentation des subventions aux crèches (qui favorise le travail), les bourses au mérite, etc.

      – Quid de la recherche sur les cellules souches, les biotechnologies, etc. Sa pensée tradi me laisse penser que tout devra continuer à se faire à l’étranger à cause de nos lois éthiques trop contraignantes.

      Bref, Fillon ne va pas assez loin dans son ouverture libérale. Je comprends qu’il ne puisse pas pousser le bouchon trop loin. Il laisse cependant quelques messages subliminaux qui me laissent penser qu’il est très ouvert aux progrès technologiques et qu’il ne fermera pas trop de portes à la recherche.

      Hugues

  12. Christophe dit :

    En ce qui me concerne je ne suis pas allé voter.Je ne compte pas participer au second tour de cette primaire.On prétend qu’il y eu 4 millions de personnes qui se sont déplacés:il faut le dire cela n’est en rien représentatif du corps électoral en France métropolitaine et outre-mer!!
    Ce qui m’a particulièrement agacé c’est les commentaires venant de toutes parts au sujet de monsieur Sarkozy,cela manquait d’esprit chevaleresque et de bienveillance.Les français ont la particularité d’aimer les guerres civiles et puis il est dans leurs gènes de s’acharner sur un adversaire même à terre.Nicolas Sarkozy n’a pas démérité.

    Sur bien des points la démocratie américaine est plus mature que la démocratie française.Aux Etats Unis un adversaire qui a perdu une élection est respecté et est considéré.

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