Visions franchouillardes du phénomène Trump

sans-titreBien sûr, une majorité des commentaires et éditoriaux s’interrogent sur l’impact du phénomène Trump dans la vie politique française. Ils seront considérables, sans aucun doute, un peu comme la crevasse d’un tremblement de terre qui déchire tout le monde occidental. Nous assistons à la confirmation du nouveau clivage entre tentation du recours au national et ouverture  planétaire, ou repli et mondialisation. Ce clivage semble l’emporter sur le classique droite/gauche axé sur la question sociale. D’où la sensation de séisme. Pourtant, les exploitations politiciennes franchouillardes sont à mes yeux totalement erronées. Le phénomène Trump en soi est bien d’essence américaine: le milliardaire, nouveau venu sur la scène politique, en guerre contre l’Establishment et surtout, contre son parti, qui réussit son « miracle » par la magie d’une communication. Nous sommes en plein dans le mythe américain, à mille lieues de toute mentalité française. Le matraquage permanent autour de la comparaison avec Mme le Pen est à mes yeux totalement déplacé: sa légitimité est historique, dynastique, établie, tenant au lien de famille avec le  créateur de ce parti, extrêmement puissant électoralement, qui existe depuis près de 50 ans, occupe une place essentielle sur la scène française depuis 30 ans (1986). On est strictement à l’inverse de la logique du rebelle Trump qui surgit soudain en politique, en guerre contre l' »Establisment » de son parti et fracasse tout sur son passage … Idem pour les comparaisons avec le président Sarkozy. Lui a été ministre de l’Intérieur et de l’Economie pendant 5 ans. Puis président de la République pendant 5 ans encore. Il est un homme d’expérience, sans aucun rapport avec le phénomène Trump, une sorte d’éclair qui jaillit du néant. Les commentaires français se fourvoient. Les uns jubilent les autres paniquent. A tort… Il y a dans la victoire de Trump une gigantesque opération de marketing qui est à l’œuvre, un formidable coup de bluff, un fabuleux coup de communication s’appuyant avant tout sur le rejet viscéral du candidat d’en face, Mme Clinton. Si les démocrates avaient mis un candidat tout juste présentable  face à Trump, sans doute l’issue eût été radicalement différente et les commentaires inverses de ce que l’on entend aujourd’hui… Le fond du programme de M. Trump est au repli protectionniste. Or, il est mensonger de faire croire que l’économie américaine peut se refermer sur elle-même comme une huitre et que cette perspective représente une solution économique pour l’Amérique. Le monde réel ne se manipule pas comme les mots et les images. Que sortira-t-il de cet extraordinaire coup de bluff?  Quelques changements peut-être, sur les relations avec la Russie ou la politique au Moyen-Orient. Mais sans doute au final une énorme et magistrale déception et le sentiment toujours plus profond du fossé entre le discours politique et le réel. Voilà, depuis hier, Trump est à la mode, comme Obama il y a huit ans. Dans quelques jours tous les politiciens français se convertiront, ouvertement ou hypocritement, au « style » Trump. Pardon de dire ce que je pense, mais la France d’aujourd’hui n’a absolument pas besoin d’un Trump, clinquant, communiquant, manipulateur. Les grands bavards et les forts en gueule, la France a déjà donné! Au contraire, elle a besoin d’une poignée d’hommes ou femmes d’Etat sérieux, visionnaires, donc cultivés et intelligents, audacieux et courageux pour ne pas avoir peur de dire la vérité, et aussi désintéressés, motivés par l’intérêt du pays, prêt à gouverner plutôt qu’à communiquer. Tout le contraire de la classe dirigeante actuelle, de l’extrême gauche à l’extrême droite. Hélas, à l’avenir, il sera sans doute beaucoup plus facile de trouver une sorte d’avatar francisé de Trump qu’une poignée de véritables hommes d’Etat.

Maxime TANDONNET

 

 

 

Publicités

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

32 commentaires pour Visions franchouillardes du phénomène Trump

  1. cyril dit :

    bonjour,
    pour ma part, H.CLINTON est bien moins pire que D.TRUMP.
    Cet individu est méprisant, notamment à l’égard des femmes, n’a jamais été élu. Les affaires commerciales qu’il a géré n’ont rien à voir avec les affaires publiques et la « chose publique », avec des enjeux relatifs à la paix dans le monde, au réchauffement climatique et ses conséquences sur la survie des espèces vivantes et de l’humanité.
    cyril

  2. G. dit :

    On a l’impression que quoi que l’Amérique fasse, la France essaie de l’imiter plus ou moins gauchement.
    Je vois un parallèle entre le mouvement populaire qui a porté Trump au pouvoir et le mouvement boulangiste…

  3. noop dit :

    Bonjour Maxime.
    Nous avons déjà eu notre Trump. Tapie. Il visait lui aussi un électorat assez similaire à celui que Trump a su convaincre au Etats-Unis (mais pas avec le même projet). Tapie sans l’affaire du foot aurait peut être atteint son but. Peut être car en France être riche est un handicap énorme. Ne pas aimer les riches un atout…

  4. PG93 dit :

    Je ne partage pas votre analyse sur ce qui vient de se passer aux États-Unis et sur ce qui nous attend dans les prochains mois.
    Une période historique est en train de se clore dans les démocraties libérales qui a commencé dans les années 1980 avec l’explosion de la mondialisation. Sans que l’on sans rende immédiatement compte, celle-ci a profondément fracturé les sociétés. Certains ont évoqué la fracture sociale pour se faire élire, mais sans en titrer de conclusion dans leur pratique gouvernementale.
    Aujourd’hui, les laissés pour compte de ce cycle se sentent suffisamment forts pour signifier dans les urnes le rejet d’un monde dont ils se sentent profondément étrangers. Beaucoup qui ne votaient pas, voire qui n’ont jamais voté, se déplacent pour accomplir leur devoir électoral. Dans le camp adverse, au contraire beaucoup doutent et renoncent à participer aux élections.
    Le Brexit et l’élection de Trump, qui ne constituent une surprise que pour les laudateurs de la société mondialisée, s’inscrivent dans l’expression de ce rejet. Et ce n’est pas fini.
    J’ai eu l’occasion d’écrire il y a quelques mois qu’en cas où le 2ème tour de l’élection présidentielle française opposant Le Pen à Hollande, ce dernier serait irrémédiablement battu, tant est puissant le rejet qu’il suscite. Aujourd’hui, à la lumière, de ce qui se passe chez nos voisins et de ce que j’entends autour de moi, dans notre beau pays, je me sens autorisé à écrire qu’en cas de duel entre Alain Juppé et l’héritière, celle-ci a au moins 80% de chances de l’emporter. Juppé est à peine mieux – ou devras-je plutôt dire à peine moins mal – perçu que Clinton.
    Dans ce phénomène de rejet de l’ordre mondialiste, ce n’est pas la personnalité du candidat qui compte, ce qui importe c’est qu’il soit perçu comme l’expression de ce rejet. Oui, tout ce que vous écrivez au sujet de l’héritière est parfaitement juste et je le partage pleinement, mais là n’est pas l’enjeu de l’élection, ce qui compte c’est l’expression du rejet.
    Seul Sarkozy pourrait peut être l’emporter, mais je n’en suis pas franchement convaincu. Il a en tout cas très bien compris le danger mortel que représenterait pour le candidat de la droite républicaine le fait de se lier avec Bayrou. Si on se donne la peine d’écouter ce qui est reproché à Juppé – et ce qui va le plomber inexorablement au printemps prochain -, on entend régulièrement deux choses : son recul devant la rue en 1995 et, surtout, la dissolution dont il a été un grand partisan, dissolution qui a entraîné la victoire de la gauche. Or, la gauche qui est de nouveau au pouvoir est rejetée comme jamais elle ne l’a été et dans la tête de beaucoup de nos concitoyens, Bayrou est censé avoir permis la victoire de cette dernière en 2012. (Je pense personnellement qu’on surestime l’importance de l’impact de son appel à voter Hollande, mais ce qui compte, c’est ce qui est perçu par l’opinion.). Le problème, si Sarkozy finissait pas remporter les primaires, c’est que tout sera fait pour le faire chuter d’ici le printemps prochain, la Justice se rappelant à son bon souvenir au moment opportun, sans compter les médias…
    Je n’ai pas de solution à proposer. Je suis très pessimiste sur ce qui va arriver au printemps prochain. Je pense que la dynastie est non seulement très dangereuse sur le plan des valeurs humanistes, mais que sa gestion socio-économique du pays sera désastreuse et qu’elle nous préparera un retour triomphal de la gauche montebourienne en 2022, sur le modèle Syriza en Grèce. Trump, dont le modèle européen le plus proche me semble être Berlusconi, aura lui au moins la sagesse de faire appel à des conseillers beaucoup plus expérimentés et moins portés sur l’idéologie.

  5. Droopyx dit :

    Bonsoir Maxime,
    Je ne comprends plus très bien.
    Tout le monde en France nous a expliqué que Trump ne pouvait pas être élu (sauf Bercoff et Rioufol). L’Élysée avait d’ailleurs préparé une lettre de félicitation pour H. Clinton mais pas pour D. Trump.

    C’est comme pour le Brexit où nous avions appris qu’il avait fallu convoquer une réunion de crise, ce qui aurait pu être un aveu d’impréparation totale face à une situation très plausible.

    « Gouverner c’est prévoir » ! Vu le degré de prévision, nous pouvons avoir quelques très très légers menus doutes sur les compétences de nos hauts conseillers qui semblent de plus en plus se limiter aux prévisions de B.H.L. d’Attali. et aux analyses de Libé.
    Il faut dire que si nos réseaux d’information et diplomatiques sont du niveau de notre ambassadeur aux USA qui, au milieu de toutes ses leçons sur twitter, a réussi à traiter le futur président U.S. de « vautour »…

    Bon, en même temps, nous sommes sans doute le seul pays où le président explique à des journalistes comment, lui, aurait mené une opération spéciale : à l’arme blanche. (tout rire à la pensée de ce vaillant combattant rampant le couteau entre les dents est anticonstitutionnel !).

    Serions nous dans un système où seules les hypothèses et avis favorables à l’idée de nos dirigeants seraient (et encore !) pris en compte et toute autre opinion écartée ?
    Je n’ose le croire compte tenu de l’excellence de la formation de notre haute fonction publique et de la recherche des meilleurs pour les nominations « externes » sur la seule base de leur mérite.

    Ou alors tout a été, prévu, évalué, maîtrisé… mais on n’ose pas nous le dire par respect du secret d’État et pour mieux désinformer les autres pays et nos ennemis.
    C’est pourquoi on convoque des réunions de crise, d’urgence etc. pour mieux camoufler notre extrême degré de compétence et de préparation à toute situation.

    J’ai lu Sun Tzu, Musashi, Machiavel… (même du Napoléon !).
    Je reste ébahi devant la subtilité de nos gouvernants actuels qui ont inventé une nouvelle stratégie, tant nationale qu’internationale, que nous pourrions appeler « des mille nuées évanescentes agressives et régressives » basée sur la fameuse chanson « quand j’avance, tu recules, comment veux-tu, comment veux-tu…).

  6. Philippe dit :

    Bonsoir Maxime,

    Je partage entièrement votre point de vue.
    Aujourd’hui je suis en colère, en colère après nos journaleux d’opérette qui attisent la haine et la peur. Plusieurs fois, sur différentes radios et chaines de télé j’ai entendu des mots qui m’ont blessés. Des journalistes avec un mépris non dissimulé éructaient : « les blancs ont voté Trump » ou encore « des blancs sans diplômes ont voté Trump » Je ne savais pas qu’être blanc était une tare et blanc sans diplôme une tare profonde.
    Mon père était sans diplôme, mais il avait une grande culture car il lisait énormément; il possédait plus de 1200 livres que j’ai chez moi. Je connais des chefs d’entreprises sans diplômes à la tête de PME de plus de 100 employés.
    Je méprise ces journalistes qui pour la plupart sont incultes et dangereux. Dangereux par leur propos d’intolérance qui divisent plutôt que de fédérer.
    Une de mes nièces vivant aux US à Tallahassee en Floride me disaient aujourd’hui que beaucoup de noirs, de porto ricains, d’hispaniques ont voté Trump, car déçus par Obama.
    Pourquoi dire les blancs, à savoir que ces journalistes sont blancs comme des aspirines.
    Mais nos politicards ne sont pas en reste car à entendre les propos de certains,c ‘est du niveau basse fosse septique.
    De faire passer Trump pour un idiot, un fasciste et un clown est un schéma réducteur.
    Nos donneurs de leçon sont véritablement incultes et excellent dans la crétinerie.

  7. Sergio dit :

    Bonsoir a tous.

    Eh bien moi je suis MDR..!!
    Quand je vois tous ces crétins se bousculer pour faire des gateries a Trump,alors qu’ils
    le vomissaient hier encore.
    C’en est vraiment pathétique.!
    La vérité,c’est que les Américains avaient le choix entre une momie et un clown,les deux
    sans aucune envergure.
    Ils ont eut peut-etre juste envie de rire un peu 🙂
    Apres tout,Reagan faisait du cinéma et Bush fils était alcoolo.
    Tout espoir est permis…

    Sergio

  8. Mildred dit :

    Que pensez-vous de notre démocratie où seul le premier tour de l’élection présidentielle comptera, puisque le second tour ne servira qu’à éliminer Marine Le Pen, peu importe par qui ?
    Mais poser des questions sur le fonctionnement de notre démocratie doit sans doute vous sembler franchouillard aussi.

  9. Georges dit :

    Heureusement, chez nous il y a un con seil d’état qui s’autorise de permettre ou pas les crèches et et sapins dans les lieux publics comme à une époque tristement récente ,aux alentours des années 40…

  10. colibri dit :

    C’est un pas de plus vers la fin complète du monde dessiné par les accords de Yalta. Je perçois toujours les USA comme la première puissance militaire, économique, culturelle du monde et qui est et reste à la fois la première puissance mondiale sans plus l’être tout à fait cependant. L’Arabie saoudite, la Turquie, la Russie, Israël, le Pakistan, la Chine et d’autres sans doute n’en font qu’à leur tête.

    • Kadoc Le Vannetais dit :

      Oui et non. Le monde de Yalta est en train de mourir. Ça veut dire que nous allons vers un monde multipolaire d’alliances largement pragmatiques et temporaires plutôt qu’idéologiques et quasi-permanentes comme nous les avons connus avec la Guerre Froide, des alliances vraisemblablement très fluides et changeantes dans certains cas.
      .
      Superbe exemple, les relations entre la Russie et la Turquie ces dernières années, autour de la Syrie, et plus généralement le conflit syrien qui est sans la première véritable guerre post-Yalta, une imbrication vertigineuse d’alliances inconfortables et contre-natures, une guerre où les amis de ses amis peuvent très bien être des ennemis, et les ennemis de ses ennemis des amis.

    • colibri dit :

      @Kadoc Le Vannetais, oui vous avez raison et vous exprimez mieux que moi ce que je ressens vaguement sans être capable de bien le définir.

  11. Michelet jean louis dit :

    La Caravane de l ‘ histoire.
    Encore une fois, les chiens aboient et la caravane passe…
    La nôtre est prévue pour les élections législatives de 2017…
    Préparez vos commentaires.

  12. H. dit :

    Bonjour Maxime,

    Je partage votre point de vue sur la mauvaise comparaison faite entre Donald Trump et Marine le Pen. Elle traduit une méconnaissance profonde de ce qu’est l’Amérique profonde qui ressemble entre autre à ça; https://www.youtube.com/watch?v=MMKFIHRpe7I&feature=youtu.be (Attention, ça décoiffe) et dont Trump est un parfait représentant (au passage, notre président a intérêt à avoir un bon coiffeur s’il rencontre le nouvel élu). Comme dit l’adage, comparaison n’est pas raison.
    Pour autant, il convient de ne pas négliger ce qui vient de se passer outre-atlantique. Un, Trump a acquis ses galons sur le terrain du business pas pour avoir réussi une grande école à 20 ans (cf l’interview de Charles Gave sur ce point: http://institutdeslibertes.org/les-cretins-surdiplomes-cest-toute-cette-classe-politique-qui-a-un-mepris-profond-pour-le-peuple/). Deux, c’est avant tout un pragmatique, pas un idéologue car business is business. Je le crois d’ailleurs bien plus subtil qu’il ne le laisse croire. Trois, attention à l’effet de contagion. On a eu le Brexit en juin, deux élections majeures ont lieu le 4 décembre: le référendum italien (mal engagé à ce que j’en sais) et l’élection présidentielle en Autriche. Et en mai, nous avons notre concours Lépine. Les résultats en GB et aux USA risquent de donner des idées au corps électoral. A force de leur recommander de ne pas voter pour le « ma »l incarné et de voir leurs préoccupations traiter par dessus la jambe, les citoyens peuvent avoir des idées curieuse. Je m’étonne de voir les Oints du Seigneur, comme les appelle Charles Gave, persister dans leur approche des problèmes, approche jusqu’à présent synonyme d’échecs tant sur le point politique (le FN à plus de 30%) que sur le plan économique (je ne cite pas de chiffres volontairement). Bref, je serai aux affaires, je me poserai quelques questions utiles.

    Bonne journée

    • Stéphane B dit :

      Merci M. J’ai lu l’institut et on peut extrapoler pour dire que les ricains n’ont pas voté pour « la prédominance du crétin ». L’explication de Gaves nous éclaire sur le choix de Trump

  13. Timeli dit :

    C’est au pied du mur qu’on juge le maçon.
    Eh bien, nous allons voir comment D. Trump va gérer son pays avant de le juger.
    Je n’ai aucun a priori, par conséquent, mais je ferai certes un premier bilan dans quelques mois, c’est sûr ! Il me semble qu’il ne va pas pouvoir mettre en œuvre tout ce qu’il a dit ou promis.

    • Christophe dit :

      Diantre!
      Timéli,vous sentez vous capable de juger les actions de monsieur Trump?
      Vous êtes americain?

  14. Roland dit :

    Le rejet de Clinton est à l’aune de celui de Sarkozy en 2012, on mesure en France tous les jours les résultats désastreux de ce vote de rejet. Trump a bénéficié de ce phénomène auquel il a ajouté tous les éléments de marketing et autres pour remporter la victoire. Mais à mon avis, le phénomène TRUMP n’est pas seulement un miracle de la communication. Pour que les électeurs votent en faveur d’un tel bateleur de foire il faut vraiment en avoir plus que ras le bol de la famille Clinton, Obama, … Trump n’a pas surgi du néant, il fait de la politique depuis les années 1980. En fin observateur il a trouvé les thèmes qui ont fait pencher la balance en sa faveur. Le comparer à Tapie est tentant, mais restons objectif, Trump lui a réussi dans les affaires et n’a jamais été ministre d’un parti de gauche.

    Même si je suis d’accord en grande partie avec votre point de vue celui-ci m’interpelle quand même ! Les électeurs américains de ce produit marketing seraient-ils des personnes « pitoyables » comme Mme Clinton l’avait déclaré ? Ces électeurs ont-ils sali la République comme le disait Macron au sujet du FN en France ? Je ne le crois pas.

    Que sera, sera !

    • Stéphane B dit :

      Pas d’accord mais alors pas du tout avec votre comparaison: Trump – Hollande
      Qu’avait fait Hollande comme réalisation en tant que PR (et même pendant) ? Rien ! Investir, il ne connait pas. Prendre des risques, il ne connait pas.
      Maintenant Trump a transformé des millions en milliards. Il s’est planté quelques fois mais a toujours rebondi. Trump est un chez d’entreprise et non pas un bateleur type Hollande ou Juppé.

      Maintenant, je doute fort que la gestion que fera Trump des USA soit la même que nous avons aujourd’hui. L’expérience n’est pas la même, le pragmatisme non plus.

  15. Q dit :

    Vos posts ont repris du poil de la bete avec Trump, ils devenait un peu plats 😉

    « lle a besoin d’une poignée d’hommes ou femmes d’Etat sérieux, visionnaires, donc cultivés et intelligents, audacieux et courageux pour ne pas avoir peur de dire la vérité, et aussi désintéressés, motivés par l’intérêt du pays, prêt à gouverner plutôt qu’à communiquer »

    Je doute que la France soit prette a plus de technocrates bien polis quit savent mieux que les Francais ce qui est bon pour eux.

    Lepen est loin d’etre ideale mais c’est celle qui represent le mieux le peuple, elle l’incarne, un peu brut, trait pas fins, parle simplement, a ete mere isolee avec 3 gamins, divorcee, elle bouche pas mal del la bouteille, et c’est une femme.Elle demande au politique de s’occupper des Francais, d’arreter de s’immicer en Afrique, de reduire la concurrence deloyale et l’immigration qui pese sur les salaires.Comme Trump, meme problemes, meme solutions.

    Trump n’est pas que marketing.

    • Q j’ai parlé « d’hommes d’Etat », pas de « technocrates »; quant à votre idole, elle est surtout une héritière parricide, c’est son seul « mérite » et unique explication de pourquoi elle est là; cela n’a strictement aucun rapport avec le peuple.
      MT

    • Q dit :

      Vous ne decrivez pas des hommes d’etat mais des technocrates qui vous ressemblent etrangement.Ce ne sont pas eux qui traceront une nouvelle voie.

      oui heritiere, l’argument ne va pas loin et ne change pas ses prises de positions.Vous tombez dans les travers que vous denoncez.

    • Q, ce n’est pas un argument, c’est un constat.
      MT

  16. Gérard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    D.Trump fera ce qu’ont fait tous les présidents élus sur un programme depuis des siècles, il ne respectera qu’une partie de ses engagements et expliquera que ce sont les autres ou l’actualité qui l’auront empêché de le respecter dans sa totalité.
    Je pense qu’il sera obligé de respecter pour partie, son engagement fort concernant le protectionnisme et même si « l’économie américaine ne peut se refermer sur elle-même comme une huitre » nos industriels risquent d’en faire les frais en matière d’exportation (Airbus, Alstom, Vinci, Renault, Total, etc.) ce qui ne va pas faciliter notre faible reprise.
    C’est sans doute l’un de ses engagements les plus problématiques pour notre économie et nos emplois.
    Pour ce qui concerne l’aspect politique, nous ne devons pas nous moquer des Etats-Unis et de D.Trump ! Nous avons eu chez nous un petit clone de ce personnage en la personne de B. Tapie qui a un moment a voulu lui aussi prendre le pouvoir et devenir calife à la place du calife. Il aura été vite recadré et manipulé par le Machiavel Mitterrand puis à moindre envergure par Sarkozy pour finir comme on le voit aujourd’hui sur les bancs des tribunaux.
    Nous n’avons en effet pas besoin de ce genre de personnage, nous avons bien assez de notre pléthore « d’élites politiciennes » avec leurs solutions abracadabrantesques ou ringardes en attendant de dénicher l’homme ou la femme providentiel(le). Mais on verra cela peut-être en 2022.

  17. Florence dit :

    Je partage votre point de vue. Le phénomène Trump est purement américain et tous ceux qui veulent récupérer la tendance sont d’autant plus ridicules qu’ils sont complètement dans le système et que tout le monde le sait. A la limite, Le Pen père aurait pu avoir quelques ressemblances mais pas la fille qui se plie depuis quelques années au politiquement correct afin de se diaboliser et faire partie intégrante du système. Ce qui, d’ailleurs, démontre son manque de vision politique.

    L’équivalent français de Trump pourrait, à mon sens, venir de l’armée. Quelqu’un qui aurait donc une expérience de chef. C’est un peu notre tradition. Mais nos armées ont-elles encore des généraux dignes de ce nom ?
    Mais ce n’est que mon avis.

  18. Frederic_N dit :

    Bonjour Maxime
    Je fais suite à votre mail et poste ici l’article que je vous propose . Amitiés
    .
    Le 20 Novembre : voter pour un programme et non pour un homme ( Frederic_N)

    Je remercie M Tandonnet de me laisser la parole en cette vieille de primaires pour essayer de vous convaincre d’y participer, malgré les doutes qui sont émis sur ce blog, et de le faire dans un sens très précis. Comme il ne s’agit pas de se raconter des histoires, je le ferai autour de quatre questions
    – Ces primaires servent-elles à quelque chose ?
    S’il y a un consensus sur ce blog, c’est bien pour s’inquiéter des menaces qui pèsent sur l’avenir de notre pays, emblématiques d’ailleurs des menaces qui pèsent sur l’Europe. De même nous nous accordons pour mesurer l’impuissance de l’Etat français et de ses dirigeants politiques. Mais quelle est la responsabilité des dirigeants de la droite dans cette affaire ? Elle n’en est que partiellement responsable. L’honnêteté, au contraire, oblige à reconnaître que cette droite a vécu pendant plus de 50 ans sous le magistère de la gauche et que c’est d’abord là, dans cette soumission volontaire, que se situe sa faiblesse. C’est cette dépendance que lui reproche enfin – car c’est elle la vraie coupable ! – une partie de sa base électorale.
    Or qu’on le veuille ou non la primaire (celle de cette année au moins) est un début de réponse à cette situation. C’est ce qu’a montré le déroulement des débats télévisés et il faut être bien aveugle pour parler de simples conflits d’égo. Ce qu’ont vu au contraire des millions de téléspectateurs c’est un débat sur des programmes là où ils n’avaient en mémoire que coups tordus – jurisprudence Chirac – mise en scène – jurisprudence Giscard – et bling bling – jurisprudence Sarkozy. Dans notre histoire récente c’est la première fois que cela arrive : la droite a non seulement discuté sur le fond mais elle l’a fait devant son électorat. D’ailleurs je cite Luc Ferry ce matin sur Radio classique « ce qui me convainc d’aller votre c’est la comparaison avec le débat américain : on a en France un débat de grande qualité »
    – Dans quelle mesure ces primaires auront-elles un effet ?
    Evidemment il ne faut pas être dupe, non seulement les couteaux sont tirés, mais surtout ils cachent le même strabisme vers la gauche que celui qu’on a vu à l’oeuvre depuis tant d’années. L’utilisation de Bayrou par Juppé va dans ce sens, Sarkozy a raison. Mais hélàs, la nomination de Baroin aussi. Non pas que Juppé et Sarkozy soient de « sournois comploteurs à la solde de l’oligarchie » comme on l’entend ici et là. Mais tout simplement du fait de la résistance prévisible qu’entraînera toute tentative de décision de leur part. Non seulement elle se heurtera, et contre l’esprit même de la démocratie, à la « résistance » de la gauche et des médias. Mais surtout, elle se heurtera au fait que l’administration penche à gauche de toutes ses pores : sans légitimité claire, sans soutien politique et sans programme d’action efficace il est illusoire de faire une politique de droite en France. Et sur le denier point on en est très loin, Juppé et Sarkozy ne font qu’en prendre acte. C’est d’ailleurs ce que voudront nous expliquer les médias: que la gauche devra être aussi au gouvernement et tout bloquer puisque c’est grâce à elle que Juppé ou Sarkozy battront Marine le Pen.
    Mais justement, la primaire participe de la nécessité de cette « contre légitimité » dont le futur président aura besoin. A la fois par l’intérêt qu’elle suscite et à la fois par son contenu programmatique, elle pèse dans le sens contraire aux intérêts de la gauche. Plus il y aura de votants, et plus le futur élu aura la légitimité de la combattre. Plus il sera clair et plus il se heurtera avant les présidentielles à la gauche. Et plus sa victoire sur elle au premier tour sera considérée comme une victoire de ses idées.
    Aller à la primaire c’est simplement contribuer à cette légitimité du futur président Républicain.
    – Mais pour qui voter alors ?
    A cette primaire – et même s’il n’est pas favori – je suggère aux lecteurs de ce blog de voter pour Fillon. Pour une raison simple. Malgré les médias, cette primaire a parlé de programme politique. Or Fillon est le candidat qui s’est le plus assimilé à l’idée d’un programme cohérent, au moins un minimum. Bien sûr on pourrait en discuter tous les points. Beaucoup ici semblent notamment revenir à cette vieille tradition de la droite gaulliste de s’en prendre au libéralisme. Mais je leur pose cette question : vous pensez, pour la plupart d’entre vous, que le problème de la Nation est de lutter contre sa désintégration, voire à la menace islamique. Mais pensez-vous que la France puisse résister à ces démons si elle n’est pas puissante économiquement ? Soyons sérieux. Beaucoup de gouvernements se sont essayés à faire de l’antilibéralisme que ce soit en Grèce, au Brésil ou au Vénézuela. Pensez-vous que ces pays se sont renforcés ou affaiblis ? A contrario pensez-vous sérieusement que le (socio) libéralisme ait affaibli nos voisins allemands ?
    Poser de telles questions c’est y répondre.
    – Doit-on s’en remettre à un homme quel qu’il soit ?
    Disant cela je ne veux surtout pas entretenir d’illusions. Il y a de nombreux trous dans le programme Fillon. Notamment sur sa mise en œuvre. Pour ne prendre que cet exemple, Il ne nous explique pas comment il fera pour redresser un appareil d’Etat tenu par la gauche. Il ne dit rien là où il faudrait prendre le problème à bras le corps, par exemple en délogeant la gauche des positions qu’elle occupe dans tous les lieux de formation des cadres de l’état (et pas seulement à l’ENA, sans doute la moins mauvaise de ces écoles, qu’on la compare par exemple à Sciences Po ! ). Ce faisant il s’expose à de cruelles désillusions quand on s’apercevra qu’un sabotage subtil annihilera la plupart des mesures qu’il croira prendre.
    Mais justement, quel que soit le futur président un tel affrontement est inéluctable. En fait, il a déjà commencé dans le cas de l’école, de la police, voire de la magistrature. Et la question qui se posera – brutalement – sera celle du rapport de force. Comme dans le cas de la SNCF et de Juppé.
    Or qu’on le veuille ou non , ce rapport de force sera indexé sur le nombre de gens qui auront voté, non pas tant pour un homme, que pour un programme politique.
    Et surtout pour sa mise en œuvre.

    • Dalain dit :

      Votre développement mérite toute l’attention nécessaire. Mais je voudrais vous dire ce qui m’est parvenu confidentiellement et qui porte le nom de collusion. Les membres politiques élus du département se sont mis d’accord pour voter comme un seul homme. Il ne s’agit pas du nom que vous avez cité dans votre commentaire.
      On peut imaginer que d’autres équipes feront de même dans d’autres départements.
      Cela laisse pantois et plein d’interrogations sur le mot démocratie, offres politiques et diversités des propositions.
      Que cela n’affecte pas la décision d’aller voter mais surtout contre eux car contre leur choix.

  19. Stéphane B dit :

    Bonjour à toutes et tous,

    Maxime, je vous invite à lire ces deux billets de h16:
    http://h16free.com/2016/11/09/56254-election-americaine-trump-est-elu-et-maintenant/comment-page-1#comment-583384
    http://h16free.com/2016/11/10/56312-donald-trump-contre-le-prurit-democratique/comment-page-1#comment-583386

    Maintenant ma pensée.
    Trump élu, il faudrait être naïf pour croire que ce qu’il a présenté, comme il s’est mis en scène, va être la même chose dans la vie réelle. Ce n’est quand même pas à vous qu’on va apprendre que pour gagner une élection, il faut prendre une posture, un discours, une façon de plaire. Il faut se dégager du lot !

    L’élection représente la théorie de la politique. Place maintenant à la pratique. Or, je doute fort que Trump soit idiot, sinon il n’aurait pas eu tant de réussites (oui il a eu des échecs comme nous tous mais n’est ce pas cela qui forge l’expérience ?). Je pense donc qu’il sait donc pertinemment les combats qu’il va devoir mener, contre lui en premier car on ne dirige pas une pays comme une entreprise, il faut trouver plus de compromis.
    Je préfère donc largement un chef d’entreprise à une politicienne de métier, prise dans des forfaitures qui vont des du faites ce que je dis mais ne faites pas des emails comme je fais à sa fondation, et si on en croit des courriels à la pédophilie.
    Résumer Trump à frimeur, clinquant, communiquant, manipulateur est très restrictif. Il s’agit uniquement d’une image qui nous est montré hormis sur le coté manipulateur, mais pas au sens péjoratif pour moi, uniquement au sens calculateur. Sinon, comment peut on réussir à la hauteur de ses réalisations ?

    Effectivement, sur le fond, aucune comparaison possible avec n’importe qui en fRance. Personne n’a le pédigrée de Trump ici. Il n’y a que des politiciens. Mais, si on prend le brexit ou Trump, reste ce qui se dégage de la base et des sondages. Bref, une surprise à la présidentielle est possible, comme par exemple, MLP élue dès le premier tour. Cela parait tordu mais le ras le bol des gens est tel que cette éventualité n’est pas à écarter.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s