Faut-il voter aux primaires?

sans-titreNous sommes nombreux à nous poser la question, ici même, au boulot, sur le marché du samedi matin, ou les dîners entre amis. La réponse n’est pas simple. Sur le principe, je suis un adversaire, que dis-je, un ennemi des primaires pour des raisons déjà mille fois exposées:

  • Elles mettent l’accent que la bataille d’ego et de visages plutôt que sur le débat d’idées, donc favorisent la personnalisation de la politique au détriment de l’intérêt général;
  • Elles renforcent le pouvoir médiatique à travers le façonnement de l’image des candidats ;
  • Elles  trahissent l’esprit de la Ve République en faisant du chef de l’Etat l’homme d’un camp politique contre un autre et non l’élu de la Nation dans son unité;
  • Elles entraînent une désintégration de la politique en poussant à l’individualisation des enjeux plutôt qu’au rassemblement;
  • Elles contribuent au délitement de la vie publique en allongeant de plusieurs mois la campagne électorale alors que la France a besoin de travailler plutôt que de se déchirer dans les polémiques;
  • Elles poussent la vie politique à la médiocrité en favorisant la démagogie, les scoops  médiatiques et les pires coups bas pour l’emporter;
  • Elles bloquent le renouvellement de la politique en favorisant les notables des partis;
  • Elles comportent un risque de manipulation avéré (participation en masse d’adversaires de manière à faire pencher le vote dans un sens qui leur est favorable);
  • Elles expriment la déliquescence du sens du bien commun, quand des individus sont incapables de s’entendre et de se mettre d’accord pour l’intérêt de la France.
  • Elles encouragent le sectarisme à travers la notion de « valeurs de droite » et de « valeurs de gauche ».

J’y vois donc un poison pour la démocratie et la vie la politique françaises, pour l’avenir de notre pays, pour la république. Et pourtant, peut-on en faire abstraction, les boycotter? L’enjeu des scrutins de 2017 est considérable. Tout peut arriver, y compris le pire, c’est-à-dire un deuxième tour des présidentielles entre le parti lepéniste et le parti socialiste qui signifierait la réélection inéluctable de l’actuel chef de l’Etat et peut-être, dans la foulée – même si rien n’est certain – une nouvelle majorité socialiste à l’Assemblée. Tous leurs calculs et tous leurs espoirs vont en ce sens. Dès lors, malgré l’aversion que suscite le système des primaires, il nous faut être pragmatiques, accepter la réalité telle qu’elle est, aussi désolante soit-elle. Parfois, les compromis empoisonnés sont inévitables car un poison peut servir de contrepoison à un poison encore pire. Donc, il faut aller voter aux primaires mais sans illusion, sans naïveté, sans puérilité d’imaginer élire un sauveur ou un homme providentiel. Le seul et unique enjeu de ces primaires est tout bêtement de sélectionner le candidat qui aura le plus de chance  d’éviter la tragédie nihiliste d’un deuxième tour des présidentielles 2017  entre le parti lepéniste et le parti socialiste. Lequel est-il le mieux placé? je n’en sais strictement rien aujourd’hui. Ensuite, pour l’espérance, il faudra attendre autre chose, les législatives,  la perspective d’une recomposition politique, de l’émergence d’une avant-garde déterminée à sortir la France de l’impasse, un événement historique majeur, ou que sais-je?

Maxime TANDONNET

 

 

 

Advertisements

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

56 commentaires pour Faut-il voter aux primaires?

  1. ann dit :

    Les primaires devant avoir lieu après les élections américaines pour lesquelles un des deux candidats est traité par nos « consciences » autorisées ( et pas seulement les médias…) comme un paria qui ne « pourrait pas gagner  » ( analogie, Marine le Pen contre Hollande qui devrait obligatoirement perdre… ), si nos amis américains outrepassent les oukases et se prennent le droit d’envoyer Donald à la Maison Blanche, tous les Peuples européens pourraient comprendre ce qu’il faut retenir des intox à effet auto-réalisateur. Et là, non seulement Marine Le Pen battrait Hollande sans difficulté, mais il ne serait pas sûr qu’un candidat LR qui lui serait opposé serait sûr de l’emporter….
    C’est pourquoi il faut voter à la primaire si vous ne voulez pas de madame le Pen…A moins, qu’à l’instar ce ce que fut l’URSS moribond, on voit une vieille femme grimaçante élue sur une civière à force de propagande financée par les plus immondes sbires de la finance parmi lesquels les suppôts de satan qu’on voit à l’oeuvre au Moyen Orient…. Je crois les Américains capables de nous sauver une fois de plus, cette fois-ci en montrant l’exemple, pacifiquement… comme l’ont fait leurs pères britanniques il y a deux mois…

  2. patr. perdue dit :

    J’ai eu l’occasion aujourd’hui de lire une partie de votre livre de 2006 (immigration, pour sortir du chaos) en bibliothèque. Il est, naturellement, plus détaillé que vos articles.

    Vous décrivez notamment, ce qui me semble exact, les présupposés repentants (Vichy et période coloniale) qui pèsent sur le débat public et fournissent des arguments aux partisans d’une absence de contrôle. (je ne suis pas sûr, cependant, que ceux qui utilisent ces arguments agissent tous par culpabilité ; ils le font parce que c’est efficace pour imposer leurs idées préconçues, pour certains).

    Mais justement, lorsque vous prétendez clore toute discussion sur le FN au motif du supposé rattachement de ce parti à ces périodes, vous entrez exactement dans cette logique, donc vous vous liez vous-même les mains.

    Vichy (et l’Algérie) font partie de l’histoire de France, et tant qu’on ne pourra pas en discuter de manière rationnelle et dépassionnée, la difficulté que vous soulignez dans votre livre subsistera elle aussi.

    Il me semble qu’une discussion rationnelle et dépassionnée de cette période est possible, et qu’elle donnerait sans doute de Vichy une image un peu moins sombre que celle qui transparait actuellement dans la presse. Je dis ceci après la lecture d’une bonne trentaine de livres d’historiens sérieux de différents pays sur la question des persécutions, et même si je n’ai pas encore lu tout ce que je souhaite lire à ce sujet.

    Pour en revenir aux deux reproches précis que vous adressez à Le Pen père dans votre livre :
    – la thèse de Philippe Cohen et Pierre Péan, dans leur biographie, est qu’il n’avait pas l’intention de choquer sur le « détail ». Si vous regardez la vidéo de cette interview sur internet, vous verrez en effet que s’il comptait sans doute choquer, ce n’était pas sur ce point (cela se voit à son expression).
    Dire que le génocide est une partie de la seconde guerre mondiale et que ce n’est pas la seconde guerre mondiale qui est une partie du génocide, comme il l’a déclaré récemment, me semble exact. Et inversement, dire le contraire (ou s’offusquer qu’il puisse dire cela) me semble conduire tôt ou tard aux difficultés que vous mentionnez dans votre livre.
    Naturellement, je ne le défend pas directement, et je ne me solidarise ni de son parti, pour lequel je n’ai jamais voté, ni de ses divers propos.
    – le point sur l’inégalité des races est absurde. Mais on ne peut que constater que l’Asie s’en sort à peu près, et pas l’Afrique : peut-être la culture confucéenne est-elle plus adaptée que d’autres à notre époque. Là aussi, si on ne laisse pas des trublions s’exprimer librement, on en vient de fil en aiguille à pratiquer le « déni des cultures ».

    • pat, non, ce n’est pas seulement cela, le passé du fn, c’est-à-dire son essence, qui me révulse, c’est aussi la gigantesque imposture médiatique qu’il recouvre, ce néant absolu d’intelligence, de compétence, de bon sens politique, ce culte grotesque de la personnalité, ou d’une famille, cette apothéose de la démagogie mis en avant par le système médiatique pour verrouiller toute évolution de notre vie politique. En gros il me semble que le fn est un immense attrape-nigaud.
      MT

  3. Yves Doran dit :

    Encore un texte à lire et à méditer pour qui souhaite comprendre ce qui se passe en France et dans quel piège est tombé le pays . Puisque que vous parlez de votes aux primaires de la « droite « , ce texte est essentiel pour bien appréhender les candidats de la droite morale et humaniste adoubés par la gauche ..
    Texte également important qui souligne le combat identitaire que vous ne voulez absolument pas comprendre et reconnaître , de crainte d’avoir à vous poser des questions de fond que vous refusez , par aversion pour ceux qui les ont posées au préalable .

    Que m’importe de ne plus voir mes messages et questionnements publiés! Je sais que vous les lisez et les jetez à la poubelle . N’empêche , votre attitude de simple gestionnaire ne pourra perdurer car il s’agit de la SURVIE du pays, de la Nation française qui est en train de se jouer . je vous crois un homme honnête, sincère, profondément épris de son pays pour que vous ne réagissiez pas devant le danger mortel . Encore un fois, je ne suis inféodé à aucun parti, à aucun mouvement et les quelques contacts que j’ai pu avoir avec des politiciens m’ont dégoutté de poursuivre ce genre de commerce. mais je sais reconnaître ceux qui ont averti du danger et ceux qui l’ont ignoré en toute connaissance de cause par pur intérêt personnel ou par lâcheté.

    Lisez ce que dit Mathieu Bock Coté. Après jetez moi à la poubelle puisque telle est ma destination chez vous !!!! Yves

    Mathieu Bock-Côté : «Pour la gauche française Christiane Taubira a un rôle quasi-prophétique»
    Par Alexandre Devecchio Mis à jour le 13/09/2016 à 19:44 Publié le 13/09/2016 à 11:55
    Crédits Photo: Jean-Christophe MARMARA/LE FIGARO

    FIGAROVOX/ENTRETIEN – L’ancienne Garde des Sceaux a accordé un entretien à Libération dans lequel elle donne sa vision du pays. Pour Mathieu Bock-Côté, Christiane Taubira est l’égérie de la gauche multiculturelle et progressiste.
    Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l’auteur d’ Exercices politiques(VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois(Boréal, 2012) et de La dénationalisation tranquille (Boréal, 2007). Son dernier livre, Le multiculturalisme comme religion politique, vient de paraître aux éditions du Cerf.
    FIGAROVOX. – Christiane Taubira fait la couverture de Libération. L’ancienne garde des Sceaux est présentée comme une égérie et une autorité morale. Existe-t-il une gauche Taubira? Comment la définissez-vous? Que représente-t-elle dans le pays?
    Mathieu BOCK-COTE. – Posons la question autrement: la gauche peut-elle aujourd’hui ne pas être taubirienne? J’entends par là que dans les pays occidentaux, la gauche idéologique, celle qui domine dans les universités, dans les médias, dans les tribunaux, est globalement acquise à l’idéologie diversitaire. Ces dernières années, on a vu des francs-tireurs émerger dans la vie publique et ils ont fait grand bruit. Ils transgressaient les codes du politiquement correct et on a fait sonner contre eux les sirènes d’alarme fêlés de l’antiracisme. On ne doit pas oublier, néanmoins, que ces dissidents sont très peu nombreux.
    La gauche multiculturaliste n’en finit plus d’accuser les uns et les autres de faute morale.
    Le principal atout de cette gauche est moins politique qu’idéologique: elle maîtrise encore aujourd’hui les codes de la respectabilité médiatique. C’est elle qui décide si un commentateur est un homme éclairé ou si c’est un dangereux polémiste. C’est elle qui décide si un parti est républicain ou s’il est populiste: c’est elle aussi qui juge si un parti républicain dérive vers le populisme. En gros, elle a encore le pouvoir de tracer le périmètre de la respectabilité démocratique et fait tout ce qu’elle peut pour chasser ceux qu’elle considère comme des intrus: on le voit avec le mauvais sort réservé à Éric Zemmour ou à Alain Finkielkraut. La présence de Zemmour dans l’espace public est considérée comme un scandale. Il en allait de même de celle de Finkielkraut à l’Académie française. Et quand Macron va rencontrer Philippe de Villiers, on l’accuse d’avoir commis une faute de goût: on lui pardonnera peut-être, mais on lui reprochera de s’être sali. La gauche multiculturaliste n’en finit plus d’accuser les uns et les autres de faute morale. Elle distribue de telles accusations très généreusement.
    Ceux qui veulent être à gauche sont pris avec un gros problème : ils trouveront toujours plus à gauche qu’eux dans leur famille politique pour les accuser en fait d’être de droite.
    Évidemment, on en trouve à gauche pour défendre la nation, l’autorité, l’héritage, la civilisation française: on parle de la gauche républicaine ou chevènementiste. Par ailleurs, c’est d’un politologue marqué à gauche, Laurent Bouvet, que nous vient l’analyse très fine de l’insécurité culturelle. Mais ceux qui assument cette position à gauche sont accusés de dériver à droite – la gauche n’est jamais parvenue à accepter la légitimité de la droite, elle la croit toujours en défaut d’humanité. Ceux qui veulent absolument être à gauche sont pris avec un gros problème: ils trouveront toujours plus à gauche qu’eux dans leur famille politique pour les accuser en fait d’être de droite. Il y a toujours de nouvelles réalités à déconstruire: celui qui ne veut pas suivre le mouvement passe à droite malgré lui. Pour rester à gauche, il faut donner régulièrement des gages. Manuel Valls en a fait l’expérience ces temps-ci avec la question du burkini: il est diabolisé dans son propre camp.

    L’offense pour la gauche, c’est de ne pas se rallier au grand récit de la culpabilité occidentale, qui justifie toutes les déconstructions. Tu ne discrimineras point, tel est le grand commandement.
    Permettez-moi d’insister: la véritable offense pour la gauche, aujourd’hui, c’est de ne pas se rallier au grand récit de la culpabilité occidentale, qui justifie toutes les déconstructions. Tu ne discrimineras point, tel est le grand commandement de l’époque: on voudrait bien s’y rallier mais on comprend vite que la défense de la moindre différence passe désormais pour une discrimination. Et ceux qui refusent de réduire la France à un espace juridique et administratif neutre, historiquement désincarné et culturellement asséché, sont soupçonnés des pires sentiments et des nostalgies les plus inavouables. Assimiler les immigrés à la nation? On y verra du néocolonialisme à l’endroit des banlieues. Soyons attentifs au choix des mots: doit-on comprendre que la décolonisation ne s’achèvera que lorsque la France sera complètement dénationalisée? En fait, toutes les normes collectives sont passées dans le tordeur d’un nouvel anticolonialisme: c’est aussi le cas de la laïcité, soit dit en passant.
    Pour la gauche taubirienne, la diversité est l’horizon indépassable de notre temps. C’est en s’y convertissant que l’Occident trouvera enfin sa rédemption.
    La gauche taubirenne prétend piloter un grand changement de civilisation. Pour la gauche taubirienne, la diversité est l’horizon indépassable de notre temps. C’est en s’y convertissant que l’Occident trouvera enfin sa rédemption, en se délivrant d’un héritage toxique, allergique à l’altérité, incapable de s’ouvrir positivement à la différence. Celui qui ne se reconnaît pas dans ce programme est accusé d’entraver la marche de l’histoire – au sens propre, c’est un réactionnaire. C’est le bois mort de l’humanité. On ne lui accordera pas trop d’égards.
    Alors pour répondre directement à votre question, je dirais que la gauche taubirienne, qui est une gauche multiculturaliste convertie au fondamentalisme des droits de l’homme aura le haut du pavé dans les prochains temps: c’est en adoptant cette posture que la gauche française croit pouvoir maintenir ses acquis et reconquérir le terrain perdu. C’est en dramatisant les enjeux qu’elle croit pouvoir renverser une situation historique qui semble d’abord condamner la gauche à une véritable éclipse politique.
    Plus la France semblera au bord d’un basculement vers une forme ou une autre de fascisme, plus la gauche taubirienne se présentera comme la seule capable de la sauver d’un aussi funeste destin. On entendra beaucoup parler, dans les prochains mois, des années 1930: ou voudra nous faire croire qu’elles reviennent. Encore une fois.
    La garde des Sceaux dénonce la «violence» et le racisme, selon elle, sous-jacent de la droite et de la presse de droite à son égard. Une telle stratégie de victimisation peut-elle fonctionner?
    Le paradoxe de l’antiracisme, c’est qu’il racialise les rapports sociaux et pousse à la traduction du désaccord dans le langage du racisme.
    Paul Yonnet l’avait noté dès le début des années 1990: le paradoxe de l’antiracisme, c’est qu’il racialise les rapports sociaux et pousse à la traduction du désaccord dans le langage du racisme. C’est ainsi que dans un monde occidental, si on veut disqualifier moralement quelqu’un et le condamner à un ostracisme médiatico-politique, il faut l’accuser de racisme. On notera, soit dit en passant, que la définition du racisme ne cesse de s’étendre au rythme où le véritable racisme s’éteint: la mouvance antiraciste ne voudrait pas être mise au chômage.
    Quand vous vous prenez pour le Bien et le Juste majusculaires, vous ne pouvez pas comprendre qu’on ne soit pas d’accord avec vous.
    Par ailleurs, Christiane Taubira incarne bien ce qu’on pourrait appeler l’agressivité victimaire. Elle multiplie les invectives, elle écrase ses adversaires de son mépris, mais s’offusque d’être simplement combattue politiquement. Comment ose-t-on ne pas s’incliner devant une conscience aussi majestueuse? S’attendait-elle à ce que ses adversaires la remercie de les avoir corrigés? Quand on lui riposte, elle s’étonne et se demande de quel droit on la confronte aussi ouvertement. Quand vous vous prenez pour le Bien et le Juste majusculaires, vous ne pouvez pas comprendre qu’on ne soit pas d’accord avec vous. Évidemment, Christiane Taubira a subi des attaques odieuses. Mais elle n’est pas en droit de réduire l’hostilité qu’elle suscite aux quelques propos racistes dont elle a été victime.
    Vous demandez si une telle stratégie peut fonctionner? Elle fonctionne déjà à gauche. Le grand entretien dans Libération confirme Christiane Taubira dans un rôle presque prophétique. C’est elle qui est invitée à donner le ton à la gauche de demain: la gauche a erré, elle saura, elle, la remettre sur le bon chemin, parce qu’elle n’aurait jamais trahi ses idéaux.
    Christiane Taubira met en garde contre les divisions de la gauche qu’elle présente comme le dernier rempart contre l’extrême droite… Que cela vous inspire-t-il?
    Des forces obscures hanteraient les couches profondes de notre civilisation, et la droite voudrait les réveiller.
    Quand on lit Christiane Taubira, on en arrive rapidement à la conclusion suivante: la droite, c’est le parti des salauds. Je la cite dans son entretien à Libération : «La droite fait commerce de l’anxiété, de l’angoisse, de la désespérance, c’est-à-dire d’un désespoir dynamique qui se renouvelle, s’entretient. La droite en fait commerce lucidement et cyniquement». Elle a manifestement perdu son art de la nuance lors de cet entretien. Des forces obscures hanteraient les couches profondes de notre civilisation, et la droite voudrait les réveiller. Parlons-nous toujours de politique, ou décrivons-nous un film d’horreur?
    La gauche a psychologiquement besoin d’affronter l’extrême-droite Pour se donner un supplément d’âme, elle a besoin d’un monstre à terrasser.
    Il y a une psychologie du progressisme qu’il faudrait prendre la peine d’étudier. La gauche a psychologiquement besoin d’affronter l’extrême-droite ou ceux qu’elle imagine hypnotisée par ses sorciers pour exister. La gestion prosaïque des affaires courantes ne la satisfait pas moralement, ce qui peut se comprendre puisque la politique est une activité existentielle. Alors pour se donner un supplément d’âme, elle a besoin d’un monstre à terrasser. Le camp du bien a besoin d’avoir en face de lui le camp du mal. La gauche taubirienne a besoin de cette surexcitation morale pour agir politiquement. Elle n’est pas étrangère au fanatisme: c’est souvent ce qui arrive quand on croit avoir le monopole de la vertu.
    C’est l’éternel retour de l’antifascisme, qui n’a plus besoin de fascisme à combattre pour se lancer en croisade.
    C’est l’éternel retour de l’antifascisme, qui depuis longtemps, n’a plus besoin de fascisme à combattre pour se lancer en croisade. Évidemment, le vocabulaire évolue (on parle moins de fascisme, aujourd’hui, que du populisme, ou d’un esprit réactionnaire, qu’on accable de phobies) mais l’ennemi à abattre demeure mentalement le même. Il faudra faire un jour l’histoire des personnalités politiques et des intellectuels qui ont été fascisés d’une manière ou d’une autre par la gauche idéologique: on y trouverait bien des hommes comme le général de Gaulle, Winston Churchill, Raymond Aron ou Soljenitsyne qui ont pourtant incarné admirablement la défense des plus hautes vertus de la civilisation. On en trouverait bien d’autres.
    Elle accuse également la droite de s’identifier à l’extrême droite…
    Dans l’esprit d’une certaine gauche, la division entre la droite et l’extrême-droite est artificielle : la première avancerait masquée, la deuxième n’aurait même pas honte de ses passions hideuses.
    Dans l’esprit d’une certaine gauche, la division entre la droite et l’extrême-droite est artificielle: la première avancerait masquée, la deuxième n’aurait même pas honte de ses passions hideuses. Et toujours, la première serait tentée de céder à la seconde, d’aller la rejoindre sur ses terres, de se soumettre à ses obsessions. Il y aurait un continuum de l’horreur: la droite y serait simplement un peu moins avancée que l’extrême-droite. Mais fondamentalement, la droite serait occupée à exploiter cyniquement ou avec conviction la moins belle part de l’être humain: elle mènerait une politique régressive, à laquelle il faudrait faire barrage par tous les moyens. La droite déshumaniserait l’homme.
    Notez une autre formule couramment utilisée: on dénonce souvent la droite décomplexée. Qu’est-ce à dire? Que la droite ne serait admissible dans la cité qu’à condition d’être complexée? Qu’une droite décomplexée serait une droite décivilisée? Ou encore, qu’une droite décomplexée ne serait rien d’autre que l’extrême-droite? La droite n’est-elle que l’extrême-droite avec un corset? Et d’où doit donc venir ce complexe qui contiendrait la moins belle part, sinon de la gauche, à qui on confie une mission civilisatrice? Et quand on dit d’un homme qu’il est très à droite, c’est une manière de dire qu’il est trop à droite – c’est-à-dire trop éloigné de la gauche. C’est seulement dans la mesure où la droite sera sous la tutelle morale et philosophique de la gauche qu’elle sera admissible dans la cité. Sans cela, il faudrait la refouler dans ses marges.
    La gauche ou la droite ne devraient pas être connotés positivement ou négativement, mais devraient seulement désigner des traditions politiques reconnaissant mutuellement leur légitimité.
    La seule droite moralement admissible dans la cité est celle qui a renoncé à toute forme de conservatisme. C’est celle qui a intériorisé les prescriptions morales de la gauche et qui leur adjoint une préoccupation comptable: l’homme qui occupe ce créneau, la gauche dira qu’il représente la droite humaniste, celle qui devrait donner des leçons à son propre camp. Je vous laisse décider qui on peut entrer ou non dans cette case.
    Mais j’y reviens: on voit encore ici à quel point le débat politique est piégé dans les catégories sémantiques venues de la gauche. On ne voit pas trop comment en sortir. Théoriquement, la gauche ou la droite ne devraient pas être connotés positivement ou négativement, mais devraient seulement désigner des traditions politiques reconnaissant mutuellement leur légitimité. Il n’en est pas ainsi dans la réalité.
    Mais une chose me semble certaine: la droite, si on veut à tout prix l’appeler ainsi, pour exister, doit cesser de quêter à la gauche un certificat de respectabilité et assumer sa propre tradition intellectuelle: c’est-à-dire qu’elle devrait assumer une anthropologie des limites, un désir de transmission culturelle et un attachement à l’héritage historique d’un peuple. Elle devrait aussi témoigner d’une conception tragique de l’histoire et renouer avec un certain sens de la verticalité sans lequel la souveraineté est condamnée à l’impuissance. Au fondement de tout, elle définit l’homme comme un hériter, et refuse cette étrange idée selon laquelle il devrait se désincarner pour s’émanciper. La droite sans le conservatisme historique n’est rien d’autre qu’une gauche qui prétend mieux savoir compter que les socialistes.
    Il y a une semaine Julien Dray déclarait que François Hollande doit être «le candidat de la France métissée» face au «bloc réactionnaire». La gauche est-elle en train de réactiver sa stratégie des années 80 qui reposait sur deux piliers: antiracisme et diabolisation de l’adversaire. Cela peut-il fonctionner?
    Pour détourner une formule de Cioran, on dira de la droite qu’elle a souvent l’allure d’un frondeur paralytique.
    Cela peut fonctionner, car la conversion conservatrice de la droite n’est pas profonde: elle peut encore se laisser intimider facilement. Je devine qu’ils sont nombreux, à droite, à apprécier les discours musclés de Nicolas Sarkozy, mais combien croient vraiment l’ancien président de la République? Sont-ils nombreux à le croire sincère? La droite, à plusieurs reprises depuis cinquante ans, a capitulé devant l’hégémonie idéologique du progressisme. Et même quand elle se permet quelques audaces rhétoriques, elle s’empresse de les neutraliser dès qu’elle entre aux affaires. Pour détourner une formule de Cioran, on dira de la droite qu’elle a souvent l’allure d’un frondeur paralytique.
    La seule stratégie pour la gauche multiculturaliste, terranoviste, c’est d’hystériser le débat public.
    Mais allons plus loin: la seule stratégie pour la gauche multiculturaliste, terranoviste, c’est d’hystériser le débat public. L’État de droit est en danger, les libertés publiques sont compromises, les immigrés sont persécutés: seule la gauche peut sauver la France de la déchéance morale. Il s’agit de polariser à l’extrême la société en la divisant en deux blocs irréconciliables: celui de la lumière contre celui de la noirceur, celui du vivre-ensemble contre celui du rejet de l’autre, celui de la diversité heureuse contre celui de l’homogénéité forcée. Reste à voir dans quelle mesure le système médiatique a encore une emprise sur les mentalités et les comportements politiques. On devine qu’elle est encore grande.
    Les attentats en série qui touche la France depuis deux ans ont-ils bouleversé la donne? En quoi?
    Il n’est plus possible de faire croire que l’islamisme ne menace pas la France, ou que l’immigration massive est une chance formidable qu’il s’agit simplement de saisir.
    Il n’est plus possible de faire croire que l’islamisme ne menace pas la France, ou que l’immigration massive est une chance formidable qu’il s’agit simplement de saisir. Ceux qui s’entêtent à tenir néanmoins un tel discours sont méprisés par le peuple – le discrédit des médias en témoigne. Ceux qui refusent de nommer la guerre dans laquelle nous sommes collectivement engagés comme civilisation voient leur crédibilité fondre très rapidement. Le déni de réel a ses limites et il existe encore dans notre monde des hommes non-réformés, qui voient ce qu’ils voient et qui ne reconnaissent pas dans l’aveuglement une vertu. La France est attaquée, elle est le théâtre d’un affrontement qui engage tout l’Occident. Elle cherche, péniblement, à se défendre. Elle renoue avec la part la plus tragique du politique.
    Qu’est-ce qui a changé? Les passions fondamentales irriguent à nouveau la cité. Ceux qui s’imaginent gagner une crédibilité politique en misant tout sur les questions économiques et sociales se discréditent sans même s’en rendre compte. Il y a des limites à se montrer étranger au contexte historique. Les Français sentent leur pays menacé par la guerre civile, leur civilisation compromise et pendant ce temps, on en trouve pour les traiter de paranoïaques, pour les traiter de fous. On chantera peut-être leurs louanges dans les journaux bien réputés: ils échouent le test de l’histoire. Ceux qui s’entêtent à pratiquer une politique strictement gestionnaire et refusant d’embrasser la question identitaire se rendent coupables d’une faillite morale. La question identitaire n’a rien d’une illusion entretenue par des démagogues: à travers elle, c’est la question des fondements d’un pays qui se pose. Que faire d’un peuple français qui ne se croit pas interchangeable avec un autre pays et qui entend conserver son mode de vie, sa culture, et qui entend poursuivre son histoire?
    En 2012, La stratégie Terra Nova qui préconisait au PS de privilégier les jeunes, les femmes et surtout les minorités au détriment des ouvriers avait réussi à Hollande. Peut-il reproduire cette stratégie aujourd’hui?
    Une bonne stratégie électorale suppose d’abord et avant tout une certaine acuité sociologique.
    Une autre stratégie est-elle possible pour la gauche? Une bonne stratégie électorale suppose d’abord et avant tout une certaine acuité sociologique. Et le fait est que les classes populaires ont largué la gauche, et à quelques exceptions près, la gauche s’en fiche – rares sont ceux qui sont encore sensibles à la mythologie ouvriériste. Le monde ouvrier n’est plus sa base sociale depuis longtemps: depuis la fin des années 1960, en fait, elle a constaté la défection des classes populaires, qui demeurent accrochées à une conception protectrice de la politique. Elle n’hésite pas à pratiquer le mépris de classe, d’ailleurs. Le peuple serait rongé par des passions noires. Mieux vaut le voir se perdre dans la protestation populiste: il se condamne ainsi aux marges de la cité et à l’impuissance politique. Sur le fond des choses, la France périphérique espère une restauration de la nation et des cadres civilisateurs abandonnés depuis trop longtemps: elle réclame une politique conservatrice mais personne ne veut vraiment lui offrir. Pour reprendre l’analyse de Vincent Coussedière, le peuple est en dissidence.
    La France périphérique réclame une politique conservatrice mais personne ne veut vraiment lui offrir. Pour reprendre l’analyse de Vincent Coussedière, le peuple est en dissidence.
    Mais je le redemande: la gauche peut-elle faire autrement? François Hollande se convertirait demain à la critique féroce du multiculturalisme, qui le croirait vraiment? S’il disait comprendre que la souveraineté nationale est indispensable et qu’il veut conséquemment suivre à sa manière l’exemple du Brexit, il susciterait l’hilarité générale. Ne soyons pas de mauvaise foi: François Hollande, bon tacticien politique, croit au primat du socio-économique sur l’historico-identitaire. Peut-il mener une autre stratégie? Et puisque la question identitaire s’impose malgré tout, il en revient donc à l’imaginaire fondateur du progressisme: la défense de la démocratie contre la vague réactionnaire qui toujours, menacerait ses acquis et la défense de l’avenir contre la nostalgie du passé. François Hollande aurait peut-être été un honorable président de temps de paix. Les circonstances ont voulu qu’un homme avec son tempérament et ses convictions ne cadrait pas avec les exigences de l’époque. Il faut moins le maudire, je devine, que s’en désoler.
    Assiste-t-on au retour ou au contraire au crépuscule de l’idéologie multiculturelle?
    L’idéologie multiculturaliste est aujourd’hui contestée médiatiquement par quelques francs-tireurs, mais elle demeure dominante, ne nous faisons pas d’illusion. Elle ne revient pas sur la scène: elle ne l’a jamais quittée. Néanmoins, malgré ses contradictions, la France résiste au multiculturalisme: cela, le monde entier le comprend. Certains s’en réjouissent, d’autres s’en désolent, mais on sent bien que la France est le théâtre principal d’un grand affrontement qui porte sur la définition même du monde occidental. La France demeure la nation politique par excellence.

    • michel43 dit :

      ne soyez pas trop ,violent, envers Maxime , NOUS..on peu dire se que l » .on pense , sans retenue, mais LUI..il ne peu tout dire , le droit de réserve ,d »un haut fonctionnaire ,qui a été au coté d »un caractérielle , entourer d » hypocrites et faux culs ,

  4. Duff dit :

    Bonjour,

    Voter? Vraie question! Mais les dérives mentionnées, encouragées par les primaires étaient là bien avant.. Il n’y a pas beaucoup de meilleurs système pour départager une classe politique de plus en plus médiocre. Alors je voterai.

    Cordialement

  5. Anonyme dit :

    Il me semble que ces primaires, quelque soit le mal que l’on puisse en penser au plan des principes , offrent une occasion unique de secouer le cocotier en faisant émerger une personnalité autour de laquelle , ou avec laquelle, la droite pourrait enfin se reconstruire .

    J’irai pour ma part, en exprimant mes convictions, voter POISSON . L’arithmétique élémentaire ( pas plus de 2 à 3 millions de votants attendus à la primaire) fait qu’avec 1 million de vois au premier tour , POISSON est au second, e qu’avec 1,5 million de voix au second tour ( 2 millions si la mobilisation augmente ) , il la gagne. Quand on voit la mobilisation autour de LMPT , est-ce hors de portée ? Sans doute pas ….
    Et à la clé, peut-être le coup de tonnerre politique capable de sortir enfin la France de son découragement ?
    A contrario, Imaginons MARINE , HOLLANDE, JUPPE , FILLON ou SARKOZY élu(e) à l’ Elysée . Même si cela fera de la peine à Maxime de l’admettre pour SARKOZY , le rejet viscéral ( peut-être parfois irraisonné, mais c’est ainsi…) vis-à-vis de ces personnes par une part importante de l’opinion est tel qu’une cohabitation ou une  » chambre introuvable » sont à peu près assurés dans la foulée. Pour aller vers quelle impuissance ou vers quel chaos ? ….

    Incidemment, et sans vouloir faire nécessairement du billard à trois bandes et de la cuisine électorale interne au FN , et si j’étais électeur FN de la ligne Marion, j’irais voter POISSON afin d’avoir un  » vrai » second tour et obliger Marine à mettre au congélateur la ligne Philipot .

  6. Ping : Damned ! Mais pourquoi donc ai-je voté pour les primaires … | Je suis stupide, j'ai voté Hollande

  7. Danjou annick dit :

    http://www.europe-israel.org/2016/09/les-obscurantistes-disent-avoir-vu-la-lumiere-et-les-enfants-des-lumieres-accueillent-avec-joie-lage-des-tenebres/
    Quand un candidat aura un discours autoritaire et crédible qui ira dans ce sens, j’irai voter. Ce n’est donc pas demain ni après demain.

  8. Annick dit :

    Bonsoir Colibri,

    Merci pour le lien que je viens de lire. Croiser nos ressentis et nos opinions permet d’élargir le champ de réflexion, ce qui est évidemment fort intéressant, car nous sommes tous perplexes.

    Le premier post (et seul, sauf le vôtre en réponse) dessine le schéma que beaucoup perçoivent dans la pratique des primaires où les médias vont s’en donner à cœur joie en essayant de faire la pluie et le beau temps, pour « garder le pouvoir » (dixit Ruquier) en instituant un tour « virtuel supplémentaire.
    L’égalité de temps de parole, battue en brèche par une nouvelle règle, ne risque pas d’attirer l’attention sur les petits candidats, moins connus du public, mais, c’est-on jamais… Les Français ne me semblent plus aussi dupes ni malléables.

    L’article quant à lui donne une tonalité tout à fait différente de celle de Frédéric-N qui nous dit être convaincu que les candidats de droite seront obligés à un débat d’idées. Je le suis moins que lui et crois, au contraire, que tout sera trop formaté.

    Enfin, une chose est certaine ; tous « les petits chevaux » en lice, ne sont que des canassons qui, tous, et d’une manière ou d’une autre, ont participé à la ruine de notre pays.
    Par quel sortilège secret pourraient-ils avoir les solutions pour le remettre sur ses rails ?
    Qu’ont-ils appris de leurs échecs ?
    Sarkosy n’est-il pas convaincu d’avoir « sauvé » la Grèce et l’Euro ?
    Mais la Grèce n’est pas sauvée, ni l’euro, cette monnaie Frankenstein, comme dit l’économiste (indépendant) Charles Gave, que j’approuve. Et tout le système ne tient que grâce à des rustines superposées qui, lorsqu’elles cèderont, causeront un cataclysme que nous devrons subir par la faute de ces politiques ignorants en économie, et encore plus en monétarisme.

    Fillon, et peut-être Mariton (je ne connais pas son programme, mais l’ai entendu plusieurs fois déclarer ses convictions très intéressantes, et intelligentes quant à l’économie) me paraissent les plus en phase avec ce qu’il conviendrait de faire.

    Le seul hic, c’est que Fillon n’a jamais démontré qu’il avait la poigne nécessaire.
    Comme tous les « chats français », je suis échaudée et les paroles, les discours passent, tandis que les actes restent le plus souvent en suspens. Depuis 40 ans c’est ainsi que fonctionnent les élus.
    Si les impétrants continuent de jouer, de mentir, la colère des Français explosera et tout peut arriver.

    Maxime, je sais bien que vous êtes complètement contre, vous aussi.
    Pour l’instant je fais ma mauvaise tête, je n’ai nulle envie d’être pragmatique. Le sont-ils, eux ?

    Mais bon ! laisser les gauchos décider à ma place, ça, ça m’embête. Ce pourrait être le déclencheur, avec la moutarde qui monte au nez 🙂 Quoi que, la colère est déjà bien présente.

    Amicalement,

    • colibri dit :

      Annick, merci de votre réponse sincère et vraie et en ce qui me concerne ce que vous écrivez concernant votre camp je pourrai l’écrire concernant le mien puisque vous avez déjà compris que je suis en principe « de gauche ». Et que je ne suis pas plus satisfait de ce qui se passe à gauche que vous ne l’êtes de ce qui se passe à droite. Je vous ferai juste une remarque : les « gauchos » ne vont pas décider à votre place. Ils sont en crise eux-aussi car ils représentent moins de 5% du corps électoral. Je suis d’accord aussi avec ce que vous écrivez des Français: ils ne sont pas dupes et pas si malléables que ça. Nous sommes en train de changer d’époque. Les temps changent. Pour ce qui est de la colère vous savez ce qu’on en dit? Elle fait surtout du mal à celui qui se met en colère. Même si parfois il peut y avoir de saines colères. La politique c’est compliqué mais les êtres humains sont compliqués et « partout où il y a de l’homme il y a de l’hommerie » (Saint François de Salles). 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s