Un bel exemple

ob_c52f94_2014-assemblee-nationale-depute-laurenUn député de la Côte d’Or, M. Grandguillaume, a décidé de ne pas solliciter le renouvellement de son mandat et de reprendre son travail. Le sectarisme, comme le culte de la personnalité et la démagogie sont les trois fléaux de la politique. Il se trouve parfois des gestes nobles, qui méritent d’être salués, par delà les divergences d’opinion ou d’engagement. La politique est une mission de représentation de la Nation. Elle ne devrait pas être une situation à laquelle on s’accroche toute sa vie. Une profession est l’exercice d’une compétence que l’on a acquise par une formation, des examens ou concours, une expérience. Etre élu est tout autre chose qu’une profession me semble-t-il. Représenter les Français suppose d’être un Français comme les autres, de continuer à appartenir au commun des mortels, d’être capable de reprendre un travail normal, avec des responsabilités concrètes dans une entreprise privée ou publique, des résultats à obtenir, s’insérer dans une hiérarchie. Si la vie politique est monopolisée par un milieu dans lequel on entre pour ne plus en sortir, elle se coupe de la vie réelle. Pour faire vivre la démocratie, le brassage est nécessaire, le renouvellement permanent. Les rentes de situation politicienne de toute une vie sont intolérables. La politique est un milieu où l’on entre par cooptation, relation partisane, personnelle, amicale. Sans doute est-ce là inévitable et normal. Encore ne faut-il pas en abuser, en s’y éternisant, du fait de l’habitude des électeurs, des avantages en termes électoraux que donne l’occupation d’un mandat ou d’une fonction, ou de l’ancrage partisan qui se traduit par une perpétuation de l’investiture. Les dynasties politiciennes (fils, filles, nièces, époux, petits-enfants) sont le paroxysme de la corruption d’une démocratie. Je les trouve personnellement odieuses, d’où qu’elles viennent. Voilà, je voulais saluer ce beau geste exemplaire d’un homme politique que je ne connais pas mais qui n’a visiblement pas pris la grosse tête et donne une image de ce qu’il y a de meilleur dans la vie politique: le désintéressement personnel.

Maxime TANDONNET

Publicités

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

32 commentaires pour Un bel exemple

  1. Citoyen dit :

    «  »Un bel exemple » » ? … Vraiment ? …. Vous croyez ?
    Je vous invite cher MT, à parcourir le pédigrée de Grandguillaume sur Wikipedia, c’est édifiant :
    Entré au PS à 18 ans, avec un passage par l’UNEF évidement … il fait un passage éclair dans le commerce la distribution et la finance, et atterrit chez son mentor Rebsamen à 23 ans…. Depuis, de postes en postes, il suit le cursus habituel, jusqu’à ce jour où il décide de revenir …à la vie civile ….
    Comme beaucoup de vos commentateurs l’ont suggéré, je dirais qu’à l’image de son mentor Rebsamen, qui à quitté prématurément le pédalo, pour rejoindre le rivage à la nage, …. Grandguillaume a compris qu’il avait peu de chances de remettre le couvert, et donc prend les devants, pour ne pas se prendre une déculotté !

  2. goupil dit :

    Je retire mon bémol, M. Grandguillaume n’est pas parmi les 153 députés qui ont voté contre la fermeture des mosquées salafistes, cet été après le 14 juillet.

  3. Georges dit :

    Ce brave homme ne représente pas le stéréotype prôné par l’union européenne vu les scandales qui secouent la maison mère .Au fait ,le Brexit n’a pas eu l’effet cata annoncé par les ayatollahs de la haute finance.

  4. michel43 dit :

    je démissionne , avant que l » on me vire , dans les urnes , Qui me connaissait ? peu de gens , avant , désormais, la FRANCE me connait ,beau coup de PUB..de l .ex de la MEF et ce cachetier a t »il démissionner de la SCI habitat bourgogne , dont il est le président..?

  5. goupil dit :

    De « beaux exemples », il y en a eu plein par le passé. Je ne ferai pas l’affront de les citer ici. Et puis, cela a fini par des flops pour la plupart. Aussi, je resterai sur une prudente réserve sur ce coup là.
    Salutations,

  6. Frederic_N dit :

    Bonjour
    J’ai trouvé cela dans ma messagerie. Je suis sûr que cela va vous passionner

    Bruno Lemaitre, à Lausanne (Suisse), le 23 août.
    FRANÇOIS WAVRE/LUNDI 13 POUR  » LE MONDE  »
    Spécialiste des réponses immunitaires aux infections chez les insectes, l’immunologiste Bruno Lemaitre a débuté sa carrière dans le laboratoire du professeur Jules Hoffmann, Prix Nobel de médecine en 2011. Il dirige aujourd’hui un laboratoire de recherche à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL, Suisse). Au fil de sa vie professionnelle, il s’est pris de passion pour un tout autre sujet : l’influence des traits de personnalité des chercheurs, et en particulier du narcissisme, sur la science. Une thématique méconnue qu’il décortique dans un ouvrage étonnant : An Essay on Science and Narcissism (Essai sur la science et le narcissisme, autoédition, non traduit, disponible sur Internet et dans certaines librairies, 270 pages, 18 euros).

    Pourquoi s’intéresser au narcissisme en science ?
    Les personnalités narcissiques, et l’augmentation  » épidémique  » de ce trait de personnalité ces dernières décennies ont été très étudiées dans les pays anglo-saxons, mais beaucoup moins en France. C’est un prisme très intéressant pour comprendre le monde contemporain, et notamment celui de la recherche.
    La science, comme la société, traverse une crise de valeurs avec une augmentation de la fraude, une montée des inégalités, une -emphase excessive sur la communication. La forte compétition qui y prévaut est sans nul doute pour quelque chose. Une autre explication est de lier cette crise à la prévalence des narcissiques. Ces individus, souvent séduisants au premier abord, se caractérisent par leur obsession pour le statut, et se focalisent sur les bénéfices à court terme.
    Ainsi, un chercheur narcissique élaborera -facilement, à partir de données modestes, un article provocateur et brillantissime, qui lui permettra d’obtenir un poste à l’université et de nouveaux financements. Lorsque, dix ans après, la communauté se rend compte de la -supercherie, il est trop tard ! La multiplication de tels actes entraîne une perte de confiance au sein du monde scientifique.
    Les chercheurs américains avaient déjà -remarqué qu’une grande majorité des acteurs de la crise financière de 2008 étaient narcissiques, obsédés par leur classement, le pouvoir et le sexe. Le narcissisme est aussi très prévalent dans le monde politique, de l’art et du show-business. Mais retrouver de telles personnalités en science est plus inattendu. Les scientifiques sont censés être plus objectifs, travailler dans un esprit communautaire, altruiste.
    Réaliser que des comportements apparemment  » stratégiques  » sont liés à des traits de personnalité et fonctionnent à un niveau largement inconscient a été un choc pour moi, cela amène à raisonner autrement. Il est -important de souligner que l’ego a aussi des -aspects très positifs. Il en faut une certaine dose pour poursuivre ses passions, et en science l’originalité est recherchée.
    (…)
    comme quoi…

    • lugardon dit :

      @Frédéric_ N. C’est intéressant. Je n’avais jamais pensé à cet aspect là jusqu’à vous lire.

    • FrédéricN merci pour cet article intéressant, on trouve des mégalo dans tous les milieux, mais c’et particulièrement grave en politique car cela se traduit par un détournement de l’intérêt général au profit de l’image d’un homme ou femme.
      MT

  7. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Si j’ai bien compris, un député qui se préparait à une déculottée en 2017, décide de prendre les devants et de retourner à la vie civile ?
    Mais des héros de cet acabit, il y en a des dizaines qui, nous dit-on, ont déjà quitté les ministères et autres allées du pouvoir !
    Et c’est ce que vous appelez « un bel exemple » ? Exemple qui pour ma part, comme dirait Chirac, m’en touche une sans faire bouger l’autre !

    • Mildred, oui, je trouve que c’est bien car cela montre la politique non comme un but en soi (carriérisme) mais comme un moment de dévouement au bien commun avant de passer à autre chose.
      MT

  8. drazig dit :

    Bof! Il s’agit d’un député PS: il prévoit une déculotté aux prochaines élections. Peut-être faut-il lui reconnaître un semblant d’honneur… Sans intérêt.

  9. H. dit :

    Bonjour,

    L’intéressé est actuellement l’invité de Stéphane Soumier sur BFM Business.

    Bonne journée

  10. Timéli dit :

    J’ai répondu à Infraniouzes il y a quelques instants que je n’avais jamais entendu parler jusqu’à maintenant (c’est-à-dire avant le post de M.T.) de Mr Laurent Grandguillaume et me demandais si c’était bon ou mauvais signe, même s’il est impossible de connaître tout de nos 547 députés.
    Or, à l’instant, je viens de lire dans l’hebdo L’EXPRESS n°3401, page 26, quelques lignes qui parlent en bien, précisément, de Mr Laurent Grandguillaume : (je cite) « 15 millions d’euros, c’est le montant dont a été doté le Fonds d’expérimentation territoriale contre le chômage de longue durée. La structure a été créée cet été, à la suite du vote de la proposition de loi du député PS de Côte-d’Or, Laurent Grandguillaume, en février dernier. »
    Bravo pour cette belle initiative ! Vous méritez mes applaudissements et mon respect.

  11. hugues dit :

    Je suis bien d’accord.

    Mais je ne pense pas que les Français soient encore mûrs pour cela.

    Ils aiment les dynasties, les partis et leur affrontement pseudo-idéologique, ils sont fans de leur candidat comme les midinettes de Patrick Bruel et haïssent au plus haut point ceux qui le contestent. Ils veulent croire en un sauveur qui leur montre le chemin, cela leur permet ensuite de se laver les mains de toute responsabilité, d’avoir été abusé, allant jusqu’à renier celui qu’ils avaient adorer.

    Leurs choix sont plus affectifs que raisonnables, basés sur la croyance, l’espérance, la loyauté du fanatique, le rejet et la haine que sur l’analyse rationnelle. C’est ce qui fait le charme des Français pour les étrangers (plus particulièrement les anglo-saxons) mais c’est aussi pour cela qu’ils font des choix dont ils se mordent les doigts quelque temps après. Certains sont encore plus fanatiques et sont prêts à re-commettre la même erreur en se persuadant que le même choix mènera à un résultat différent.

    • Christophe dit :

      Le dernier paragraphe indique bien la mentalité française.J’ai toujours pensé que les français sont des gens inconséquents et névropathes.Un peuple perclus de tabous et d’hypocrisie,parfois des malotrus,si si!

    • hugues, ne prenez pas trop les Français pour des cons quand même… Moi je les trouve plutôt intelligents au regard de la bouillie qu’on leur sert…
      MT

  12. patrouille perdue dit :

    « Etre élu est tout autre chose qu’une profession me semble-t-il. »

    Enfin, l’expérience est sans doute importante aussi dans ce type de poste. Mais il serait dommage qu’elle ne soit centrée que sur la gestion de sondages et médias.

    Peut-être faut-il mettre un âge minimum pour être élu, assez élevé pour garantir une expérience non politique préalable (encore faudrait-il exclure le reste du militantisme, ONG, think-tanks voire presse…).

    Mais par ailleurs il faut aussi ne pas trop charger la barque. Si les gens risquent de se retrouver coincés à la cinquantaine, qui voudra encore s’y engager ? Quelques despérados, et les professions déjà surreprésentées : fonctionnaires (dont on parle beaucoup) ; professions libérales et gros agriculteurs (dont on parle beaucoup moins).

    De même, si les élus ne se préoccupent pas de poursuivre leur carrière en tant que politiciens, ils se préoccuperont de la poursuivre dans le secteur privé, et cela risque de donner lieu à corruption et trafic d’influence.

    Vous voulez affaiblir les politiciens, pour qu’ils écoutent plus les hauts fonctionnaires ; mais une fois les politiciens affaiblis, il restera les médias et les organismes militants (institut montaigne et compagnie) donc la situation sera-t-elle améliorée ?

  13. Anne-Marie dit :

    Pour ponctuer les commentaires qui précèdent, je dirais que pour être crédible il serait sage que l’élu ait déjà fait l’expérience d’un travail en entreprise, ce qui lui permettrait de comprendre la situation que traversent nos concitoyens.

  14. Ping : Un bel exemple | Maxime Tandonnet – Mon blog personnel | Raimanet

  15. Infraniouzes dit :

    Un héros sur 577 ? C’est maigre…

    • Timéli dit :

      … et dire qu’il va s’arrêter, alors que ce sont des personnes de sa trempe dont le pays a besoin !!! Dommage ! Je n’avais jamais entendu parler de ce Mr Grandguillaume avant le post de M.T. : est-ce bon ou mauvais signe quand un politique reste inconnu du grand public ?

  16. rasdubitume dit :

    J’ai pris soin de lire attentivement les explications fournies par ce député et je ne peux qu’adhérer à ses propos
    Bravo pour cette démarche

  17. René de Sévérac dit :

    Cher Maxime,
    « Une profession est l’exercice d’une compétence que l’on a acquise par une formation, (…) une expérience ». En effet, et notre problème (en France) tient au fait que nous croulons sous les politiques de type fonctionnaire (sans formation effective, ni expérience) :
    le maire de ma ville (PS battue aux dernières municipales) m’a confié sa difficulté à 45 ans de retrouver du travail, je lui ai fait la confidence que mon cas eût été plus difficile encore, un ingénieur ne peut se permettre d’abandonner l’exercice de la technologie qui en fait la valeur …
    quel patron voudrait m’embaucher après cinq ans de « distraction » ?

  18. Philippe Dubois dit :

    Mouais, bof !

    Il risque surtout de se prendre une tôle en juin 2017 et il laisse un quidam se la prendre.

    Pendant ce temps, il va retrouver son poste d’attaché territorial, qui devrait lui parmettre de consacrer pas mal de temps à instiller le poison socialiste dans la Cité au sein d’assoces aussi nuisibles que subventionnées.

    Joli coup de pub

    • patrouille perdue dit :

      En effet, sa circonscription était à 55% à droite en 2007 (et il n’a gagné qu’à 52% en 2012) donc il avait peu de chance d’être réélu.

      C’est de l’esbroufe, mais qui n’atteint pas le niveau des quelques ténors de droite qui ont démissionné à grand renfort de publicité de leur poste dans la haute fonction publique, alors qu’ils sont d’ores et déjà sûrs d’être réélus en 2017, et par là même d’avoir droit à une retraite de député en cas de gros pépin par la suite.

    • Tracy LA ROSIÈRE dit :

      C’est tout à fait cela.
      Oublions le « héros ». C’était trop beau pour être vrai.
      J’en suis encore tout ému…

    • Dalain dit :

      Car effectivement, il dit reprendre un poste; il a occupé un job dans la banque et il fut attaché territorial et semble-t-il dans une (ou des) association(s). Alors que va-t-il retrouvé? Dans cette liste, il y a du privé et du public et ce n’est pas la même chose.
      Alors attendons la réponse?

  19. Gérard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    L.Grandguillaume, jeune député PS, a déclaré qu’il voulait retrouver le secteur privé après 10 ans de mandats nationaux et locaux. C’est en effet un fait si rare pour un politicien qu’il convient de le saluer et même de le féliciter
    Son expérience d’élu de la nation lui sera sans doute très utile dans son prochain métier, ne serait-ce que pour retrouver dans un premier temps un emploi, mais sans doute a-t-il déjà, et je l’espère pour lui, anticipé cette démission.
    Il convient quand même de constater que cet élu quitte ses fonctions à 38 ans, c’est à dire à un âge où il peut encore envisager une belle et assez longue carrière professionnelle.
    Mais ce qui est possible à 38 ans ne l’est plus dès que l’on a 10 ans de plus et c’est le drame de nos politiques blanchis sous les ors de la République et qui passent leur temps à magouiller, fayoter pour obtenir un nouveau mandat ou un nouveau poste plus honorifique, plus rémunérateur, toujours plus…
    On devrait s’appuyer sur le bel exemple de L. Grandguillaume pour exiger de nos élus qu’ils limitent leurs mandats publics à 10 ans et qu’ils aillent ensuite faire profiter de leur expérience nos entreprises privées et vérifier dans la vraie vie les conséquences des décisions et des lois qu’ils ont votées.
    L. Grandguillaume est ainsi le contre-exemple du cinéma fait par Montebourg qui n’aspire lui qu’à une seule chose : continuer sa carrière politique et devenir calife à la place du calife en donnant l’illusion que l’on peut passer en permanence du « travail » dans le privé à la politique.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s