Médiocrité, médiocratie

en-politique-comme-dans-les-entreprises-les-mediocres-ont-pris-le-pouvoir,M282116Voici une interview du philosophe Alain Deneault, professeur au Québec, au sujet de son dernier livre, La Médiocratie, éd. Lux (2015). Sa thèse sur l’invasion de la médiocrité dans les cercles dirigeants est impressionnante de lucidité. Il suffit de voir l’escalade de l’horreur politicienne en France, dans cette période où nous entrons, autour des primaires et de futures élections présidentielles, cette entreprise de décervellement national,  autour d’une cinquantaine de figurines médiatiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche, cette idolâtrie du clinquant et du vide narcissique, sans le moindre questionnement sur le fond des sujets, sur l’avenir de la politique, des institutions, de l’Europe, sur le destin du pays, et tout cela dans le climat le plus soumis, le plus servile, le plus uniforme et consensuel qui soit. J’en ai froid dans le dos. Ce triomphe de la médiocrité est le fruit de deux choses: l’obsession d’un système à trancher les têtes qui dépassent et le déclin à long terme de l’Education nationale, la perte des repères historiques, littéraires, philosophiques, d’où l’effondrement de l’esprit critique. La médiocratie triomphe partout dans le monde occidental – voir le déroulement de la campagne américaine – et nous entraîne à l’abîme.

(Télérama 7 décembre 2015)

– Qu’entendez-vous par « médiocratie » ?
– En français, il n’existe pas d’autre mot que celui de « médiocrité » pour désigner ce qui est « moyen ». « Supériorité » renvoie à ce qui est supérieur, « infériorité » à ce qui est inférieur, mais « moyenneté » ne se dit pas. Il y a pourtant une distinction sémantique entre la moyenne et la médiocrité, car la moyenne relève le plus souvent d’une abstraction : revenu moyen, compétence moyenne, c’est-à-dire une place au milieu d’une échelle de valeurs. La médiocrité, en revanche, est la moyenne en acte.
La médiocratie désigne ainsi un régime où la moyenne devient une norme impérieuse qu’il s’agit d’incarner. C’est l’ordre médiocre érigé en modèle. Il ne s’agit donc pas pour moi de stigmatiser qui que ce soit, mais plutôt de comprendre la nature de cette injonction à être médiocre qui pèse aujourd’hui sur des gens qui ne sont pas forcément enclins à l’être.
– Quelle est cette injonction ? D’où vient-elle ?
– La médiocratie vient d’abord de la division et de l’industrialisation du travail qui ont transformé les métiers en emplois. Marx l’a décrit dès 1849. En réduisant le travail à une force puis à un coût, le capitalisme l’a dévitalisé, le taylorisme en a poussé la standardisation jusqu’à ses dernières logiques. Les métiers se sont ainsi progressivement perdus, le travail est devenu une prestation moyenne désincarnée.
Aux yeux d’un grand nombre de salariés, qui passent de manière indifférente d’un travail à un autre, celui-ci se réduit à un moyen de subsistance. Prestation moyenne, résultat moyen, l’objectif est de rendre les gens interchangeables au sein de grands ensembles de production qui échappent à la conscience d’à peu près tout le monde, à l’exception de ceux qui en sont les architectes et les bénéficiaires.
– A l’origine de la médiocratie, vous insistez également sur la montée en puissance de la « gouvernance »…
– C’est le versant politique de la genèse de la médiocratie. D’apparence inoffensive, le terme de gouvernance a été introduit par Margaret Thatcher et ses collaborateurs dans les années 80. Sous couvert de saine gestion des institutions publiques, il s’agissait d’appliquer à l’Etat les méthodes de gestion des entreprises privées supposées plus efficaces. La gouvernance, qui depuis a fait florès, est une forme de gestion néolibérale de l’Etat caractérisée par la déréglementation et la privatisation des services publics et l’adaptation des institutions aux besoins des entreprises. De la politique, nous sommes ainsi passés à la gouvernance que l’on tend à confondre avec la démocratie alors qu’elle en est l’opposé. Dans un régime de gouvernance, l’action politique est réduite à la gestion, à ce que les manuels de management appellent le « problem solving » : la recherche d’une solution immédiate à un problème immédiat, ce qui exclut toute réflexion de long terme, fondée sur des principes, toute vision politique du monde publiquement débattue. Dans le régime de la gouvernance, nous sommes invités à devenir des petits partenaires obéissants, incarnant à l’identique une vision moyenne du monde, dans une perspective unique, celle du libéralisme.
– Etre médiocre, ce n’est donc pas être incompétent ?
– Non. Le système encourage l’ascension des acteurs moyennement compétents au détriment des super compétents ou des parfaits incompétents. Ces derniers parce qu’ils ne font pas l’affaire et les premiers parce qu’ils risquent de remettre en cause le système et ses conventions. Le médiocre doit avoir une connaissance utile qui n’enseigne toutefois pas à remettre en cause ses fondements idéologiques. L’esprit critique est ainsi redouté car il s’exerce à tout moment envers toute chose, il est ouvert au doute, toujours soumis à sa propre exigence. Le médiocre doit « jouer le jeu ».
– Que voulez-vous dire ?
– « Jouer le jeu » est une expression pauvre qui contient deux fois le même mot relié par un article, c’est dire son caractère tautologique. C’est une expression souriante, d’apparence banale et même ludique. Jouer le jeu veut pourtant dire accepter des pratiques officieuses qui servent des intérêts à courte vue, se soumettre à des règles en détournant les yeux du non-dit, de l’impensé qui les sous-tendent. Jouer le jeu, c’est accepter de ne pas citer tel nom dans tel rapport, faire abstraction de ceci, ne pas mentionner cela, permettre à l’arbitraire de prendre le dessus. Au bout du compte, jouer le jeu consiste, à force de tricher, à générer des institutions corrompues.La corruption arrive ainsi à son terme lorsque les acteurs ne savent même plus qu’ils sont corrompus. Quand des sociétés pharmaceutiques s’assurent que l’on guérisse à grands frais des cancers de la prostate pourtant voués à ne se développer de manière alarmante que le jour où ceux qui en sont atteints auront 130 ans. Quand l’université forme des étudiants pour en faire non pas des esprits autonomes mais des experts prêts à être instrumentalisés.
Le recteur de l’Université de Montréal l’a affirmé sur le ton de l’évidence à l’automne 2011 : « Les cerveaux doivent correspondre aux besoins des entreprises. » Des entreprises qui justement siègent au conseil d’administration de l’université, même si celle-ci demeure largement financée par l’Etat. Le recteur de notre principale université francophone rejoignait ainsi, presque mot pour mot, les propos de Patrick Le Lay, alors PDG de TF1, affirmant en 2004 que sa chaîne vendait « du temps de cerveau disponible » à Coca-Cola.Jouer le jeu, c’est aussi, où que l’on soit, adopter le langage de l’entreprise privée… Dans l’ordre de la gouvernance, le service public disparaît et sa terminologie avec. Le patient d’un hôpital, l’usager du train ou du métro, le spectateur d’une salle de concert, l’abonné d’un musée, tous deviennent des « clients ». A la radio d’Etat, au Québec, un journaliste culturel m’a récemment demandé si j’étais « consommateur de théâtre ». Et la bibliothèque nationale, quand je suis en retard pour rendre les livres que j’ai empruntés, m’envoie un courriel qui commence par « Cher client ». Ces mots ne sont pas anodins. Ils sont révélateurs. Ils en disent long sur la révolution anesthésiante que nous vivons aujourd’hui.
– Vous placez l’expert au centre de la médiocratie. Pourquoi ?
L’expert est souvent médiocre, au sens où je l’ai défini. Il n’est pas incompétent, mais il formate sa pensée en fonction des intérêts de ceux qui l’emploient. Il fournit les données pratiques ou théoriques dont ont besoin ceux qui le rétribuent pour se légitimer. Pour le pouvoir, il est l’être moyen par lequel imposer son ordre.
– L’expert s’enferme ainsi dans les paramètres souhaités par telle entreprise, telle industrie, tel intérêt privé. Il ne citera pas Coca-Cola dans une étude sur l’obésité parce que la marque a financé l’étude. Il affirmera que les variations climatiques ne sont pas liées à l’activité industrielle parce que Exxon Mobil subventionne ses recherches. Il nous faudrait un nouveau Molière pour faire subir aux experts le sort que l’auteur du Malade imaginaire a réservé aux médecins de son temps.
– La médiocratie ne pousse-t-elle pas aussi à l’affadissement du discours politique ?
– Sans surprise, c’est le milieu, le centre, le moyen qui dominent la pensée politique. Les différences entre les discours des uns et des autres sont minimes, les symboles plus que les fondements divergent, dans une apparence de discorde. Les « mesures équilibrées », « juste milieu », ou « compromis » sont érigées en notions fétiches. C’est l’ordre politique de l’extrême centre dont la position correspond moins à un point sur l’axe gauche-droite qu’à la disparition de cet axe au profit d’une seule approche et d’une seule logique.
Dans ce contexte médiocre, règne la combine. Les gouvernants se font élire sur une ligne politique et en appliquent une autre une fois élus, les électeurs profitent des municipales pour protester contre la politique nationale, votent Front national pour exprimer leur colère, les médias favorisent ces dérapages en ne s’intéressant qu’aux stratégies des acteurs. Aucune vision d’avenir, tout le jeu politique est à courte vue, dans le bricolage permanent.
– Comment résister à la médiocratie
– Résister d’abord au buffet auquel on vous invite, aux petites tentations par lesquelles vous allez entrer dans le jeu. Dire non. Non, je n’occuperai pas cette fonction, non, je n’accepterai pas cette promotion, je renonce à cet avantage ou à cette reconnaissance, parce qu’elle est empoisonnée. Résister, en ce sens, est une ascèse, ce n’est pas facile.
Revenir à la culture et aux références intellectuelles est également une nécessité. Si on se remet à lire, à penser, à affirmer la valeur de concepts aujourd’hui balayés comme s’ils étaient insignifiants, si on réinjecte du sens là où il n’y en a plus, quitte à être marginal, on avance politiquement. Ce n’est pas un hasard si le langage lui même est aujourd’hui attaqué. Rétablissons-le.

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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19 commentaires pour Médiocrité, médiocratie

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  2. Angst dit :

    La médiocratie devrait évoluer, se concentrer sur ce qui est médiocre dans un monde médiocre, et conduire normalement à l’idiocratie.

    • michel43 dit :

      voyez la télé , radio , journaux , tous on leurs experts , conseillés , toujours les mêmes, qui vous explique ,tout et sur n’importe quoi ? ,on t »il vu venir les crises ;NON résoudre ,le social NON , pourtant, n’importe quelle couillons , sait que lorsque, tu a des millions de CHOMEURS et pas de logements , tu ne laisse pas entrer UN MILLION d’étrangers en 5 ANS ,pas vrais N.Sarko

  3. Curmudgeon dit :

    Le philosophe Alain Deneault reprend un scénario trop classique. Il juge le monde autour de lui médiocre.

    Un jugement est comparatif.

    Il compare d’abord la situation à un passé considéré comme supérieur, mais sur lequel il ne fournit aucun détail. S’ il s’agit d’un passé sans division du travail, il va lui falloir remonter au moins avant le néolithique.

    Il compare ensuite implicutemebt la situation actuelle à un avenir idéal sur lequel nous n’avons pas plus de détail. Il faudrait « revenir à la culture »…

  4. hugues dit :

    Bien sûr je suis d’accord pour juger plus que médiocre nos élites politiques, et en particulier la présidence Hollande.

    Par contre je suis très surpris de cette pub pour un livre plus que médiocre écrit par un auto-proclamé pseudo philosophe comme en produit la sphère gauchiste depuis quelques années (il se présente aussi comme sociologue, essayiste et enseignant à Sciences Po Quebec). Maxime, avez-vous vraiment lu ce livre ?

    Outre que ce livre est un majoritairement copier-coller d’autres écrits (il a fait aussi un livre sur la « gouvernance »), c’est avant tout une analyse marxiste de notre société. Il s’amuse à jouer sur la sémantique des mots, à en changer le sens, pour finalement dénoncer les grands méchants que sont le libéralisme, les multinationales, les paradis fiscaux et autres financiers…

    Cet interview à Telerama (ce qui en dit déjà long sur ce pseudo philosophe) n’est rien d’autre qu’une pub pour ses deux bouquins.

    – Contrairement à ce qu’il dit, « médiocrité », en langage courant, ne désigne pas ce qui est « moyen ». Dire qu’un acte ou qu’une personne est médiocre c’est avant tout emmètre un jugement de valeur péjoratif sur une acte ou une personne que l’on juge moyen.

    – comparer le terme « médiocrité » à « supériorité » ou « infériorité » est ambiguë. Soit, « supériorité » ou « infériorité » peuvent aussi être utilisés comme jugement de valeur: c’est très clair dans les expressions « infériorité de la race noire » ou « supériorité de la race aryenne » mais ils sont aussi être utilisés dans des expression neutre, sans jugement de valeur, comme « supériorité/infériorité numérique » par exemple. Dans ce dernier contexte pour désigner sans jugement de valeur quelque chose ou quelqu’un de moyen, « médiocrité » n’est jamais utilisé mais on pourrait utiliser « moyenneté » qui est un mot Français même s’il est très peu utilisé. Dans la pratique, on utilise l’adjectif « moyen » accolé à un substantif: par exemple, ce qui correspond à l’expression « supériorité/infériorité numérique » pourrait être « nombre/effectif moyen » mais en aucun cas « nombre/effectif médiocre » et encore moins « médiocrité numérique » !!

    -« La médiocratie désigne ainsi un régime où la moyenne devient une norme impérieuse qu’il s’agit d’incarner »: Pas du tout!! La médiocratie c’est simplement le pouvoir détenu par les médiocres. Dire d’un système que c’est une médiocratie, c’est simplement juger les gouvernants de ce système comme médiocres. Jamais un système va s’auto proclamer comme « médiocratie » et encore moins revendiquer que « la moyenne devient une norme impérieuse ». Une médiocratie est avant tout un échec et non pas une ambition revendiquée !!

    – Idem avec la définition du terme très neutre de « gouvernance »: La gouvernance désigne l’ensemble des mesures, des règles, des organes de décision, d’information et de surveillance qui permettent d’assurer le bon fonctionnement et le contrôle d’un Etat, d’une institution ou d’une organisation qu’elle soit publique ou privée, régionale, nationale ou internationale. Ce terme vient de l’anglais, governance (gouvernement), venant du latin gubernare, diriger un navire. Il est ridicule de rattacher ce terme à Mme Tatcher ou une quelconque pseudo politique néo-libérale. Une gouvernance peut être socialiste, communiste ou que sais-je encore.

    je vais m’arrêter là même si je pourrais continuer avec ce qu’il appelle « expert » ou l’expression « jouer le jeu ».

    Et en plus il a le culot de terminer son interview par cette phrase « Ce n’est pas un hasard si le langage lui même est aujourd’hui attaqué. Rétablissons-le. »

    Son livre est une arnaque et lui un vrai escroc !!

    • Danjou annick dit :

      Mais si Hugues, continuez, j’ai bien aimé votre analyse et c’est important de nous le dire. Je ne connaissais ni le livre, ni l’auteur et je ne lis pas télérama. Merci à Maxime d’avoir mis votre réponse sur le blog car j’avais été surprise par ce terme de médiocrité comparé à supériorité ou infériorité, mais comme j’avais bien autre chose à faire, je ne m’y suis pas attardée, même si je trouvais que ce terme convenait bien à Hollande et que je l’aurais placé dans ce cas après infériorité.

    • hugues dit :

      Merci Annick. Moi aussi j’ai hésité à argumenter car cela prend du temps. Mais la manipulation du langage est une constante de tous les régimes totalitaires (relisez 1984) et il faut intervenir très en amont sinon on est très vite dépassé. C’est ainsi que « dictature du prolétariat » est devenue « démocratie populaire »…

      « Lorsque les mots perdent leurs sens, les gens perdent leur liberté »…CONFUCIUS

  5. Timéli dit :

    Les médias jouent un rôle essentiel dans la diffusion des informations. Ils peuvent déformer, amplifier, manipuler comme ils veulent. Alors, quand ils sont à la « botte du pouvoir », ils endorment leurs lecteurs comme ils le veulent. Si le sommet de l’Etat est dirigé par des médiocres, le peuple finit par s’habituer à cette petitesse ainsi banalisée.
    Aujourd’hui, en France, nous vivons à fond cette situation, et c’est ainsi que, d’une élection à une autre, nous renouvelons les mêmes erreurs, en votant pour des gens qu’on nous a décrits comme des lions alors qu’ils ne sont, en réalité, que des ânes.

  6. ann dit :

    Quel bonheur de lire ces quelques lignes….L' »extrême centre », expression jadis entendue dans la bouche d’un intellectuel insolent et désopilant, blacklisté pour ne pas être « de gauche » et en même temps supérieurement intelligent….(BHL ou Attali n’auraient pas tenu trois minutes en face… ).
    Il est dommage que ce monsieur n’ait pas appuyé davantage de façon plus « concrète » (partisane ?) à savoir que ce qu’il appelle la « médiocratie » est en fait la finalité même de l’idéologie de gauche, et qu’elle s’est imposée parce qu’elle sert les intérêt de la caste capitaliste dominante.

    Je ne parle pas du socialisme qui est une doctrine de redistribution économique ne remettant pas en cause les fondements traditionnels de la civilisation, qui avait érigé la méritocratie républicaine ( qui entendait donner une chance aux enfants pauvres mais doués, rien à voir avec la discrimination positive), et qui ne remettait pas en cause la Nation (le seul bien des pauvres, leur héritage à protéger), mais l’égalitarisme qui entend niveler par le bas afin de satisfaire les frustrations des plus nuls.
    L’idée qu’il existe une inégalité de fait entre les êtres (ou plutôt des inégalités, certains être étant supérieurs dans certains domaines et inférieurs dans d’autres), inégalité que corrige l’égalité en droit dans la société est « le » problème central d’un certain nombre d’individus, suppôts de cette gauche qui est devenue aujourd’hui la meilleure alliée du capital…..C’est chez certains êtres une maladie dont les symptômes sont assez visibles à l’oeil nu…. Abordez donc avec certains la question -apparemment banale- de la date de naissance d’un gosse dans les petites classes et ses chances de réussite. J’ai vu des personnes s’énerver de façon presque hystérique sur le fait que je défendais l’idée que même dans les petites classes où les différences d’âges ont plus d’impact, les gosses nés en décembre n’avaient pas forcément plus de difficultés à suivre les cours que ceux nés en janvier, que ça dépendait de leur potentiel propre…. Que n’avais-je dit ! Naaaan, tout le monde il est égaux et le gosse né en décembre ne doit pas aussi bien réussir que ceux de sa classe qui ont onze mois de plus….les multiples exemples qui le démentent étant balayés d’un revers rageur, presque la bave aux lèvres… La bave…

    Des malades ont pris le contrôle du pays, des malades pervers d’ailleurs puisque tous les opposants sont taxés de « fous » (comme aux temps joyeux du stalinisme, les mêmes causes produisant les mêmes effets), c’est bien que des personnes ayant quelque notoriété puissent le dénoncer, maintenant il va falloir dégommer de leurs positions les fous aux commandes et là ce n’est pas de la tarte car rien de tels que les imposteurs pour s’accrocher à ce qu’ils ont usurpés.

  7. Infraniouzes dit :

    Ce pétillant intellectuel est la quintessence de ce qu’il faut fuir: un docteur ès-morale qui voit la société et le monde par le bout de sa lorgnette laquelle grossit uniquement les faits qui l’intéressent et qu’il va étudier « scientifiquement ». Il ré-invente l’eau tiède comme si, au cours des siècles, il n’y avait jamais eu de médiocres !
    A ce genre d’individu, dont les propos sont – pour moi – quasiment incompréhensibles, je préfère l’homme pragmatique qui dit: on a 7 milliards d’humains sur la planète, comment faire pour donner à tous l’électricité, l’eau potable et des toilettes décentes qui ne polluent pas l’environnement ?
    Se torturer l’esprit n’a jamais fait avancer l’humanité dont on sait que les progrès ne viennent que de la science et de la technique. Mais il n’est pas interdit de vénérer les civilisations antiques qui ont fait du surplace pendant des millénaires et dans le même temps cracher sur la révolution industrielle comme étant l’abomination des abominations. Ce genre de coupeur de cheveux en quatre ou d’enc… de mouches ne me dit rien qui vaille. Mais c’est mon choix.

  8. michel43 dit :

    dans un ETAT -socialo – communiste ,la France , tout est entre les mains ,des politiciens ,des hauts fonctionnaires ,des fonctionnaires , syndicats ,associations ,des entreprises d » ETAT ,de la presse, radio , télévisions ,Ratp Sncf hôpitaux TOUS sont en faillite ,sans parler des emprunts , pour financer les retraites , le social ,et la dette 2200 milliard n50 M d’intérêt ,on doit cela , a la dictature ,médiocratie d irresponsables de gauche ,comme de droite , qui impose leurs lois au PRIVER et ce dans tout les domaines , pourtant , sans EUX.. plus d’argent ,a force de nous ponctionner ,ses ..braves médiocre , vont tuer la poule au œufs d » OR.. Comment résister a cette médiocratie ? en FRANCE , impossible , on le sait tous ,si on y ajoute BRUXELLES autre fonctionnaires ,issues de la médiocratie , avec leurs normes Ruineuses ,pour le priver ,vous , aurez tout compris ,,cars l’invasion ,d » étrangers ,depuis de nombreuses ,années ,a 99% de religions Musulmanes ,les attentats ,la provocations des femmes islamiques , sur nos plages ,on changer la donne , et la MERCKEL , un millions de Musulmans , les violes , ,font que les droites National , se rapproche du pouvoir , se n « est pas en supprimant ,la proportionnelle de Mitterrand , pour éliminer le FN.. cela n « a servie a RIEN , cars la médiocratie ETATIQUE ,a toujours pas compris , qu’il faut cesser d » en merdé ,ceux qui leurs assure la paye Trop c’est trop , et le TSUNAMI est proche , dans les URNES

  9. ADB dit :

    Ce billet me met mal à l’aise, je le ressens comme une sorte de réécriture du Capital de Karl Marx ….

  10. Marc dit :

    Très impressionnant en effet. Il a bien raison de citer Marx pour la dimension sociale. Pour la dimension politique, il aurait aussi pu citer Lénine car j’ai relu récemment « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme », c’est édifiant. L’atlantisme a dévitalisé la France, en la réduisant à une simple province parmi 28 autres, à gérer par l’Allemagne, par délégation des USA. On croyait la grisaille réservée au communisme mais on a réussi a faire encore pire! Si Marx et Lénine se sont bien trompés dans leur « solution » communiste, ils avaient raison au moins dans leur critique du capitalisme, porteur en lui des germes de sa propre destruction. La France du Général de Gaulle c’était autre chose, bien sur il a surtout travaillé la dimension politique (« la grandeur ») mais je crois qu’il était aussi très conscient de la dimension sociale et qu’il rêvait d’un socialisme à la française (« la participation ») bien loin des vues actuelles, à « gauche » comme à « droite ».
    Sur le plan sociétal, on pourrait ajouter des familles décomposées, des individus asexués au sexe indéfini voire interchangeable, la marchandisation de la procréation. De Gaulle disait « une femme est une lignée », bientôt ce ne sera plus vrai, quelle misère…

  11. La thèse est séduisante et vraie.
    Mais le discours d’essence marxiste et anti-libérale qui l’accompagne est aussi médiocre que la médiocrité qu’il dénonce.

    Je reviens sur votre billet du 15 août. Je ne souhaite pas dire exactement ce que je pense, je risquerais d’être très désagréable.
    Oui, prier pour la France, pour sa famille, pour ses collègues, pour que Dieu agisse dans le monde est un des actes les plus essentiels que l’homme puisse poser.
    Quant à votre refus d’envisager un homme providentiel, il consiste in fine à refuser l’action de Dieu dans le monde qui est, par nature, providentielle.
    Dieu agit par événement signifiant, par rupture et séparation. C’est ce qu’on appelle justement un événement historique.

    Voilà, je constate que vous ne m’avez rien répondu sur les dérives des administrations françaises, bien plus préoccupantes que l’effondrement de la classe politique.

    Bien à vous, je prierai pour vous.

  12. Curmudgeon dit :

    Très moyennement convaincant. L’exécration de la division du travail, de la rationalisation du travail, et, inévitablement, du capitalisme, implique l’existence d’un temps béni où la médiocrité ne régnait pas avec la force que l’auteur pense voir aujourd’hui. Est-ce bien crédible ?

    De même, est-il judicieux de s’en prendre à l’idée que gouverner consiste, pour une part, à s’efforcer de résoudre des problèmes précis ? Et Mme Thatcher qui est une vilaine, c’est tout de même un refrain connu. Les lecteurs de Télérama seront enchantés.

    Que propose Alain Deneault ?

  13. jfsadys dit :

    Est-ce transposable en politique ?

    « Jusqu’au début du XX e siècle, la création artistique fut placée sous le signe du beau. Les canons de la beauté pouvaient se modifier suivant les époques, le propos de l’art demeurait le même : célébrer la beauté, la révéler, créer du beau. Vers la fin du XIX e siècle déjà, et tout au long du XX e siècle, plusieurs facteurs se sont conjugués pour changer cette donne : la laideur des grandes villes, résultat de l’industrialisation forcenée, la conscience d’une « modernité » basée sur l’idée de « la mort de Dieu », l’effondrement de l’humanisme provoqué par les successives tragédies au niveau planétaire. Tous ces éléments ont bouleversé la conception traditionnelle de l’art, lequel ne se limite plus à l’exaltation du beau comme tel. Par une sorte d’expressionnisme généralisé, la création artistique, à l’instar de la littérature qui a connu un éveil plus tôt, entend avoir affaire à toute la réalité des vivants et à tout l’imaginaire de l’homme. »

    François Cheng dans « Cinq méditations sur la beauté ». Page 93 dans la collection Livre de Poche.

    Une politique belle et bonne pour tout le monde peut-elle encore naître de notre imaginaire ?

  14. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    « L’ENA n’est-elle pas l’école, par excellence, où nos « élites » apprennent essentiellement à « jouer le jeu », tel que décrit dans cet excellent article : « Au bout du compte, jouer le jeu consiste, à force de tricher, à générer des institutions corrompues. La corruption arrive ainsi à son terme lorsque les acteurs ne savent même plus qu’ils sont corrompus » ?

  15. Gérard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    L’analyse de la médiocratie est en effet pertinente mais la fin de l’interview ci-dessus me laisse sur ma faim.
    Résister c’est bien idéologiquement mais dans les faits cela ne me parait plus être la solution. Je prends volontairement comme exemple par ce qu’il me parait être le plus important : l’Education Nationale complètement sinistrée depuis des décennies, du CP à l’Université et noyautée par des politiques, des enseignants idéologues et pour certains incompétents, des fonctionnaires bureaucrates, des associations et des syndicats dont le seul objectif est de tout faire pour que rien ne change et surtout que rien n’évolue dans le bon sens, sans parler des médias qui ne sont pas étrangers à l’effondrement généralisé de la culture et de notre langue . Expliquez-moi comment résister à une telle « machine à broyer » où le petit parent d’élève qui ose s’opposer ou émettre une idée nouvelle est rudoyé, marginalisé et quelquefois exclu ou privé de parole.
    Non la solution n’est probablement plus la résistance, même de masse, parce qu’elle n’est plus possible et qu’elle est vouée à l’échec; il faut un véritable coup de balai du ministre jusqu’aux associations que nous finançons et qui détruisent notre jeunesse.

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