La crise de l’autorité

XVMde2178d0-3300-11e6-b83c-3bf6a2dbaabfLa situation chaotique à laquelle nous assistons est le fruit d’une crise de l’autorité sans précédent. La banalisation de la violence, des destructions, du terrorisme sanglant, du sabotage est le signe d’un pays qui sombre dans l’anarchie. L’extrême impopularité des dirigeants du pays débouche sur le chaos social. La France ne se sent plus gouvernée. Le poisson pourrit par la tête et la déliquescence au sommet de l’Etat se diffuse au corps social.  Un changement d’homme à la tête de l’Etat et de majorité en 2017 suffira-t-il à résoudre la crise? Rien n’est moins certain. Compter sur le changement de personnalité à l’Elysée, à Matignon et dans les ministères, peut paraître superficiel et trompeur. C’est tout le système politique français qui est en cause. D’ailleurs, la France est le seul pays en Europe qui sombre dans un tel climat de quasi guerre civile. Accuser « l’Europe » ou la « mondialisation » d’une tragédie franco-française est la dernière des manipulations. Bien sûr, on s’habitue à tout, mais le régime français tel qu’il est devenu est foncièrement pervers et nuisible. C’est un système qui est en cause, plus qu’une personne. Un seul homme, le chef de l’Etat, est censé incarner à lui seul le pouvoir politique. Or, il est irresponsable pendant cinq ans. Son image cumule tous les échecs et les déceptions, mais elle est intouchable, hors de portée.  Il est à la fois encensé par les médias et profondément haï en bouc émissaire suprême. Impuissant à agir, il est conduit à parler, gesticuler, fanfaronner, démultiplier les coups médiatiques, nonobstant les incohérences, les contradictions et les absurdités, chaque initiative tournant au fiasco. Il sombre ainsi dans le culte de lui-même, entraîne la vie politique dans un tourbillon de folie mégalomane. L’obsession de prendre sa place se substitue au sens du bien commun.  Dans la France d’en haut, en proie à la démence, plus personne ne distingue la parole et l’action, le rêve et la réalité, les chimères et les faits. Et ce spectacle misérable laisse le pays sans repère, sans direction, sans modèle, ouvrant la voie au chaos sanglant qui s’est emparé de la France. Or, il n’existe pas d’homme providentiel, de dieu vivant, de sauveur qui prendra la place de M. Hollande pour rétablir l’ordre. Le prochain fera mieux pendant trois mois, puis il s’enfoncera à son tour dans l’abîme, suivant la même logique, et le pays, toujours plus profondément avec lui. L’unique commencement de réponse au désastre actuel est une refondation de la démocratie française autour d’un Peuple et d’un Parlement souverains, d’un Premier ministre, chef de gouvernement et responsable de sa politique devant le Parlement, de ministres puissants, décideurs et non plus communicants, d’un chef de l’Etat impartial, qui soit le « guide de la France », incarnation de la sagesse et de l’autorité morale, et non plus un illusionniste égaré. De fait, il suffirait d’appliquer la Constitution de la Cinquième République. Mais comme par hasard, cela n’intéresse absolument personne… Dans une France plongée dans la démence, qui pourrait songer, même cinq minutes, à appliquer la Constitution?

Maxime TANDONNET

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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44 commentaires pour La crise de l’autorité

  1. hugues dit :

    Aucune volonté de ma part de caricaturer votre propos. Je l’ai bien compris et ne fait pas d’amalgame.

    C’est juste un warning, car dans la bouche d’un homme politique, ce serait, AMHA, jouer avec le feu. Vous qui avez participez à la rédaction de discours, vous le savez mieux que moi…

  2. hugues dit :

    chef de l’Etat impartial, qui soit le « guide de la France »:

    j’ai toujours eu du mal avec le terme « guide ». Au moins deux hurluberlus de l’Histoire s’en sont attitrés au siècle dernier, un en Allemagne (führer) et un autre en Italie (duce)

    • hugues, en français, Vincent Auriol président de la République (1947-1954) a utilisé l’expression (voir mon livre « histoire des PR » Perrin 2013) et de Gaulle en a fait un usage abondant (Mémoires d’Espoir). Attention au « point Godwin »! MT

  3. Georges dit :

    Le soixante-huitard nouveau est arrivé ,le grand défouloir des petits Bourges opportunistes et jouisseurs.

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