Le destruction de l’intelligence

sans-titreIl n’est pas inutile de se pencher sur les programmes de l’Education nationale, y compris du primaires et du collège. Ce qu’on y trouve est surprenant: sur des pages et des pages, une jacasserie verbeuse, inconsistante, moralisante, prétentieuse, sans queue ni tête. L’école pour apprendre à lire, à écrire et à calculer? Quelle ringardise! Quelle plaisanterie!  Beaucoup parler pour ne rien dire, fuir le monde des réalités, le regard des élèves, noyer l’essentiel dans un jargon aux connotations idéologiques dignes d’un régime totalitaire. Le principe est celui du nivellement par le bas. L’Education nationale ne semble pas avoir pour objectif de fixer un objectif à atteindre, un horizon identique de savoir, de connaissance, mais au contraire, de s’aligner sur le plus petit commun dénominateur, renoncer à toute idée d’exigence collective, d’effort, d’élévation par l’acquisition du savoir. L’égalitarisme se substitue au principe d’égalité des chances. Morceau d’anthologie: Les enfants qui arrivent au cycle 2 sont très différents entre eux. Ils ont grandi et ont appris dans des contextes familiaux et scolaires divers qui influencent fortement les apprentissages et leur rythme. La classe s’organise donc autour de reprises constantes des connaissances en cours d’acquisition et si les élèves apprennent ensemble, c’est de façon progressive et chacun à son rythme. Il s’agit de prendre en compte les besoins éducatifs particuliers de certains élèves (élèves allophones nouvellement arrivés, en situation de handicap, éprouvant des difficultés importantes à entrer dans l’écrit, entrant nouvellement à l’école, etc.) qui nécessitent des aménagements pédagogiques appropriés. Voici formulés le culte de la médiocrité et du renoncement, l’abandon du principe de la réussite par  le travail, l’intelligence, la méritocratie républicaine, comme on disait jadis… Nulle part ce programme ne parle de l’acquisition des savoirs fondamentaux. On sent bien l’idée, consciente ou inconsciente, qui se profile derrière cette mélasse pseudo-intellectuelle, cet écoulement nihiliste de mots pompeux : abêtir une génération, la priver des outils intellectuels de résistance  de manière à la livrer pieds et poings liés à toutes les manipulations commerciales et idéologiques.

Maxime TANDONNET

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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29 commentaires pour Le destruction de l’intelligence

  1. Joelle Sinet dit :

    je souscris entiérement à votre analyse pertinente et à ce diagnostic de bilan calamiteux de la faillite du ministère de l’éducation nationale au nom d’un égalitarisme démagogique racoleur favorisant le nivellement par le bas et de pédagogies absconces mises en place par des cuistres pédagogues et autres docteurs diafoirus qui président hélas aux destinées de notre éducation à l’idéologie mortifére et nauséabonde

  2. Georges dit :

    LYLY,effectivement et ce fut Mitterand qui élabora sa politique de victimisation ,électorat oblige,en créant les « touche pas à mon pote » , »SOS racisme « et autres groupuscules commandités .Le monde artistique ne se fit pas prier ,participer à cette machiavélique sauterie pouvait rapporter gros ,et cela se confirma.Les événements actuels sentent la manipulation ,les intérêts pétroliers et l’influence nauséabonde des pays du golfe et bien sûr de la Turquie sont peut-être fomentés par le camp occidental .

  3. Robert Marchenoir dit :

    Bien sûr que j’ai été censuré chez Eric Verhaeghe, Yoananda. Sur un commentaire factuel et cherchant à concilier les points de vue opposés. La haine des faits est l’une des caractéristiques de l’abêtissement généralisé dont nous parlons ici.

    Ce qui est plus caractéristique, c’est qu’étant censuré à gauche (naturellement), je suis aussi censuré à droite, dans mon propre camp, et cela sur tous les sujets et par toutes les tendances. Les braves gens n’aiment pas qu’on suive une autre route qu’eux. Les Français n’aiment ni la liberté, ni la vérité.

    Cela dit, il faut être juste : Eric Verhaeghe est un énarque déchu, il a une carrière à reconstruire, il y a certaines vérités dont il ne peut pas tolérer le voisinage sur son blog. Il faut bien payer les courses et le loyer.

  4. lyly dit :

    J’ai grandi dans un quartier « mixte ». Les enfants qui venaient d’arriver en France passaient un mois maximum dans une classe spéciale pour apprendre le français et n’avaient aucun problème pour rejoindre une classe normale ensuite. Mais ils étaient effectivement autonomes et connaissaient la valeur du travail et de leur chance – soit parce qu’ils devaient aller chercher à 5 ans l’eau à 5km du village soit parce qu’ils venaient de pays où l’enfant n’est pas roi dans le sens où on leur a appris la frustration. (d’ailleurs les statistiques de réussite scolaire montrent clairement cette réussite chez les enfants nés à l’étranger)
    La différence était frappante avec leurs frères et soeurs qui étaient nés en France, abbétissement pourri gaté croyant sincèrement être des martyrs de ne pas avoir les derniers nike et que rien n’est de leur faute et maitrisant à peine 300 mots de vocabulaire. Il y avait le même phénomène chez les kevin et sabrina. Sauf que pour les descendants d’immigrés, on leur a dit et redit que tout est de la faute de la société raciste, et pour les autres on se contente de les mépriser en beauf.
    Les pédagogues maitrisent une contradiction que je ne comprends pas – ils sont à fond derrière Bourdieu qui a démontré l’importance du contexte familiale pour l’apprentissage et l’autonomie, le goût de l’effort scolaire, et que les catégories socio-professionnelles populaires sont très impactées négativement, et en même temps ils appliquent des principes d’autonomie qui ne peuvent que réussir sur les rejetons des catégories supérieures qui ont déjà les clés.
    Même l’effort et l’ennui sont des principes rejetés, mais pour préparer l’ens ou polytechnique, leurs rejetons ont bien dû l’apprendre. Mais d’un autre côté, on fustige que l’école n’est pas assez ludique, que les enfants s’ennuient, et ceux-ci ne savent même plus apprécier un moment de récréation, d’éprouver un soulagement après un effort, ils sont frustrés tout le temps, en colère ils ne comprennent pas.

  5. Timéli dit :

    Au risque de déplaire, je dirai, sans la moindre animosité ni arrière-pensée, qu’aujourd’hui l’Education Nationale cherche avant tout à favoriser l’intégration des « communautés » dont les racines ne sont pas françaises. De ce fait, l’enseignement qu’elle dispense tire vers le bas le niveau scolaire qui n’est plus sa priorité.

  6. Freederic_N dit :

    Bonjour
    Ce qui se passe dans l’éducation nationale est un cas d’école, et enfin quelqu’un à droite qui s’y intéresse ! . Mais pour connaître un peu le milieu, on a beaucoup d’idées erronées à ce sujet. Cela n’a rien à voir avec des manipulations, encore moins avec le patronat , ni avec le marché
    Cette idéologie qui sévit à l’Education Nationale, s’appelle le pédagogisme. Elle est le produit d’un courant de pensée philosophique américain ( le pragmatisme de Dewey) et des courants de formation continue ( dits aussi « pédagogie pour adultes ») . Il n’y a rien de libéral là dedans, Dewey est d’extrême gauche pour un américain. Mais ce qui fonde ce courant c’est un a priori qui est au coeur de la bien pensance : l’enfant est un adulte qui s’ignore et donc on doit lui appliquer ce qui marche pour les adultes. C’est l’origine du thème selon lequel l’enfant doit construire ses savoirs : cela veut dire que l’on ne transmet plus un savoir de base, mais on considère que l’enfant est capable de le retrouver par le biais de pédagogies innovantes ( ce qui marche effectivement pour l’élite de l’élite quand elle a passé les 18 ans ) .Voilà, ajoutez à cela la volonté bien française – et même franchouillarde – de considérer que l’opprimé est toujours bon par essence et donc que l’enfant ne doit pas être opprimé par le « sachant » vous avez le cocktail de ce qui s’appelle une science sociale française , avec pignon sur rue dans l’université, mais qui comme toutes les sciences sociales refuse le recours à l’expérience ( ne pas oublier qu’au XXème siècle, dans l’Université française, ce sont « les pairs » et non pas « les faits » qui décident si un discours est ou n’est pas scientifique) . C’est cela ( et ce n’est que cela) ce qui fait le pédagogisme
    Mais ce qui est grave et qui est spécifique à notre pays, c’est la puissance politique de ce courant de pensée. C’est même une leçon de chose : si le pédagogisme fait tant de dégâts en France c’est qu’il a de facto le monopole du pouvoir au sein de l’Administration. C’est simple comme bonjour. En France c’est l’administration qui décide de tout, elle recrute ses membres sur concours et sur diplômes. Tous les fonctionnaires s’accrochent à ce principe au nom de la neutralité. Donc ne sont recrutés au Ministère que ceux que les diplômés es sciences de l’éducation qui sont formés dans cette idéologie. Ajoutez à cela que quand on est « de gauche » on fait barrage à tout intrus, vous avez un Ministère de l’éducation nationale véritable bunker , aux mains de vrais idéologues qui font la loi littéralement quelque soit le gouvernement. Ils se pensent presque tous les porteurs de la bonne parole que l’on ne peut plus contester sous peine d’être marginalisé. Et surtout, ils n’ont de comptes à rendre qu’à eux mêmes et surtout pas au Ministre ( qui n’est pas un « scientifique » ) quelle soit son étiquette. .
    Et M Tandonnet, vous m’excuserez : mais , merci les gaullistes d’avoir enfanté cela !
    Maintenant , une fois que l’on sait cela , la question est : qu’est-ce qu’on fait ? On continue à tirer sur les politiques, en caressant les hauts fonctionnaires dans le sens du poil, ou en prend le taureau par les cornes ?

  7. yoananda dit :

    Robert Marchenoir avait donné une explication très complète sur le déclin de l’éducation nationale sur le blog d’Eric Verhaeghe, mais impossible de le retrouver.
    http://www.eric-verhaeghe.fr/leffondrement-educatif-francais-premiere-cause-de-declin

    @Robert Marchenoir
    avez vous été censuré ??? votre post était pourtant purement factuel !

  8. yoananda dit :

    c’est juste l’école publique qui s’adapte à la population immigrée…
    mais sshhtttt, il ne faut pas le dire, et vous avez réussi à éviter le sujet politiquement incorrect dans votre post.
    vous êtes certifié sansamalgam, vous pouvez continuer à faire semblant de dénoncer le système.

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