La morale publique, comment faire?

588945Le scandale du jour n’a rien d’un événement isolé. Il s’est fait pincer et les médias cartonnent pour des raisons qui nous échappent, liées à des affrontements souterrains de courants socialistes et d’individus. Nous ne sommes pas vraiment dans une logique de corruption, de détournement de grandes sommes d’argent. Mais tout un état d’esprit se révèle dans cet événement. Il faut y voir le sentiment, banalisé, répandu, dans une partie de la classe dirigeante, que tout est possible, tout est permis, rien n’est trop beau. Des personnes sans grande envergure parvenues au sommet,  par leur réseau clanique, familial, leurs manoeuvres, parfois sans avoir jamais travaillé, sans grande moralité, culture, ni intelligence, aveuglées par la lumière de leur mégalomanie, ont le sentiment que tout leur est dû. Elles ont conquis l’Etat et celui-ci leur appartient, comme une petite entreprise individuelle. Les exemples sont nombreux, même sans généraliser. Une soixantaine de députés et sénateurs emploient sur des fonds publics, en toute bonne conscience, leur femme, leur maîtresse ou leurs enfants. Dans la haute fonction publique, certains comportements ont récemment défrayé la chronique…L’usage des Palais, des logements de fonctions, des véhicules avec chauffeur, des avions gouvernementaux, les millions d’euros qui circulent, les maîtresses entretenues sur l’argent des contribuables, les petites faveurs de tous les jours. Certains se sentent au dessus du commun des mortels. « Tiens, pourquoi déclarer mes impôts? ne suis-je pas ministre? » Quand ils se font prendre, ils ne comprennent pas ce qui leur arrive, pensent être victimes d’un complot. Le fond du problème tient à la disparition du bon sens commun qui sépare l’intérêt public de l’intérêt privé. L’effacement du sens du bien commun au profit des satisfactions d‘ego est la source de tous les maux. Et tout cela se déroule dans la plus parfaite impunité. Il suffit d’attendre que passe la polémique…  Même si ces comportements sont marginaux, les conséquences en sont désastreuses car elles renforcent la fracture entre la classe dirigeante et le peuple, confronté à ces malheurs quotidiens, contribuent au rejet du politique, à la crise de confiance qui paralyse le pays et l’empêche d’avancer. Au Royaume-Uni, ce n’est pas pareil. Je me souviens de ce ministre important, Intérieur je crois, ayant dû démissionner à la suite d’une intervention en faveur d’un visa pour sa femme de ménage. En France,  le Général de Gaulle exigeait que ses factures d’électricité à l’Elysée fussent mises sur son compte. Raymond Poincaré, en 1913, refusait l’usage des salons du Palais présidentiel pour son mariage. Je propose le vote d’une loi sur la moralité publique qui commencerait ainsi. Article 1: « l’argent des contribuables est sacré. Article 2: toute utilisation d’un moyen public à des fins privées et toute faveur destinée à un proche est sanctionnée d’une interdiction définitive d’occuper un mandat ou une fonction publique… » Cette loi ne passera hélas jamais. Devinez pourquoi?

Maxime TANDONNET

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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40 commentaires pour La morale publique, comment faire?

  1. Mildred dit :

    Vous occultez le fait que notre République est une République bananière qui prouve tous les jours que la « morale publique » est le cadet de ses soucis, sa devise étant incontestablement : « jouir sans entraves » !

  2. Tracy LA ROSIÈRE dit :

    Réponse à PhD.
    J’entends tres bien ce que vous dites et je connais aussi ces pratiques qui n’ont rien contre la probité. Ce qui choque, à juste titre me semble-t-il, est relatif à l’honneteté morale, voire intellectuelle. On ne peut pas être à la tête d’un Etat, demander des efforts au plus grand nombre et vivre la belle vie (déplacement en Falcon pour voir un match de foot, finale de tennis…), tout ça sans vergogne et aux frais des cons assujettis à l’impôt. Ces gens n’ont plus du tout le sens des réalités et se foutent complètement du rôle d’exemplarité qu’ils devraient tenir.
    Il me semble qu’il conviendrait d’exiger que l’intégralité des avantages en nature dont bénéficient ces prétendus responsables soient rendus publics et puissent être connus de tous.

    • michel43 dit :

      Beaucoup de la droite ,la plus bête du monde, se la FERMAIT , lorsque JOYANDE JER PRIVER A 116 000 euros et ESTROSI 138 000 euros , AU FRAIS DU CONTRIBUABLE ? mais un PS..se serais un scandale, sont SEUL TORT, nous mentir , de GRÂCE, arrêter votre cirque sur VALLS le FILON, payait ses voyages, dans la SARTHE , PRÈS de 9000 euros ON voie la paille, dans L..OEIL du SOCIALISTE? pas la poutre, dans L..OEIL des ministres de L.UMP

    • michel43, l’un n’excuse pas l’autre, je ne vois pas où est le problème…MT

    • michel43 dit :

      le problème est simple , Bertrand et ses collègues de droite, ferait mieux de se la FERMER…Heureusement, L’UNION de la Gauche , qui se déchire après VALLS , semblent oublier les voyages en jets , sous SARKO ;on se doit D’ajouter le FN.. qui e, se moment a D’AUTRES soucis…….

  3. PhD dit :

    Bonsoir Maxime
    Outre le fait que votre proposition de loi mériterait quelques corrections orthographiques, le 1er point du deuxième article me paraît dangereux :
    Quand j’étais chef, j’ai autorisé mes collaborateurs a emprunter du matériel du service pour des besoins privés à domicile ou a utiliser parfois le matériel en place à des fins personnelles, à conditions que cela ne gêne en rien le fonctionnement du service et que le coût en soit minime et que le matériel soit rendu en parfait état.
    Autre exemple, quand un collaborateur était convoqué à une réunion de travail à 9H00 à 250 km de distance, je l’autorisais à renter la veille chez lui avec la voiture de service.

    Si les abus manifestes, comme ceux de Valls ou d’Agnès Saal doivent être dénoncés, il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse
    Il ne me gêne nullement qu’un ministre ou un haut responsable ne soit pas obligé de faire la queue au guichet ratp pour acheter ses tickets de métro, même les siens perso : il a autre chose à faire, des dossiers à travailler, des décisions à prendre, si possibles les bonnes. Si on peut lui faciliter la vie pour lui permettre de se consacrer plus efficacement à sa fonction (j’allais écrire sacerdoce), je suis d’accord
    Dans l’armée, j’entendais souvent : « Un chef, c’est fait pour cheffer »

    Le problème que vous évoquez ne se poserait pas si tous ces branquignols avaient le sens du bien commun.

    D’accord avec vous sur les faveurs accordées indûment aux proches, mais vous n’aurez personne pour vous suivre, car c’est ainsi que se construit le clientélisme loco-régional : le président du conseil général qui fait embaucher le bon à rien de fils par une assoce bidon grassement subventionnée.
    Oui à l’interdiction d’embaucher sa femme, ses enfants et ses collatéraux.comme collaborateur. Mais si un député embauche comme assistant le fils d’un de ces copains députés tout simplement parce qu’il le connaît et qu’il sait que ce garçon est très bon ?

  4. wiki1000 dit :

    Sans vouloir être désagréable, il me semble bien que l’auteur du couac majuscule, le mystère 50 supporteur du Barça (avec une cédille, comme le mur du çon), fut à un moment ( il y a à peine quelques mois) respecté par notre hôte. Cela changea et il le fit savoir à demi mots.
    Désespérée par la totalité de l’élite, il doit donc maintenant désespérer totalement du premier des ministres, leur chef.
    Rassurez vous, il part après les régionales ! (je veux dire le glutamaltèque, bien sur).
    Les gens de l’h… l’ont bien décrit : un petit chat apeuré et hargneux, ou hargneux et apeuré, je ne sais plus. Hollande n’a vraiment pas de chance, casqué rue du Cirque, déconsidéré par les ministres de Zéro, humilié par la météo et les merdes de pigeon, trahi par ses maîtresses, il doit donc maintenant gérer en les excusant les couacs de son premier ministre.
    Se plaindre des élites Françaises me parait ainsi hors de propos: légiférer pour empêcher cela semble excessif, non ? Pourquoi alors ne pas modifier la constitution pour obliger les boulangers à rendre la monnaie exactement ?

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