Syrisias, triomphe ou désastre?

téléchargementLa victoire de la gauche radicale grecque, hier aux élections législative, me semble dramatique pour les Grecs. Elle consacre des décennies de gestion désastreuse de l’économie de ce pays, de gouvernement en gouvernement: endettements monstrueux, déficits gigantesques, fonction publique pléthorique, Etat inefficace, assistanat, Etat de droit bafoué. Je suis désolé de le dire, mais c’est ainsi. Une fuite en avant gauchisante n’aura pas d’autre effet que d’amplifier encore le marasme grec.  Ils ne veulent pas payer leur dette. Qu’est-ce que cela signifie? Que d’autres vont payer à leur place? Aucun pays au monde ne peut vivre au-dessus de ses moyens, consommer plus que ce qu’il a produit de son travail. Sinon, il sombre dans la dépendance aux autres et la dette, fardeau transmis aux autres générations, puis l’effondrement. Mais pourtant, ce résultat catastrophique a une autre signification. Il résulte aussi de l’aveuglement bruxellois et des classes dirigeantes européennes. La volonté de vouloir maintenir à tout prix la Grèce dans la zone euro, envers et contre tout réalisme, au prix de mille contorsions et dizaines de milliards d’euro gaspillés, comme une sorte de ligne Maginot idéologique, destinée à empêcher une soi-disant « nouvelle guerre en Europe », a aussi contribué au désastre actuel. De même, Bruxelles, me semble-t-il, a oublié une variable essentielle: la fierté des peuples. Les propos maladroits des dirigeants allemands envers les Grecs y sont sans doute largement contribué.  Il faut aussi voir dans cet évènement le fruit d’une logique eurocratique qui s’est emparée des dirigeants de l’Europe depuis quelques décennies. C’est un peuple humilié, dans la souffrance qui a voté hier. Mais allez faire comprendre cela à un eurocrate… La situation rappelle fortement les non français et hollandais de 2005. En principe, il ne devrait y avoir qu’une seule leçon à en tirer: l’urgence d’une réforme, transformation radicale de l’Europe, conçue comme l’unité politique des peuples européens, sinon,  sa disparition avant une dizaine d’années est sans doute inéluctable. L’enjeu est ni plus ni moins de sauver l’Europe, l’amitié, la solidarité, l’union politique étroite des nations et des citoyens de notre continent, en la tirant de sa logique bureaucratique pour la reconstruire sur des bases démocratiques. Mais comment faire admettre cette évidence aux dirigeants et hauts responsables européens?

Maxime TANDONNET

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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31 commentaires pour Syrisias, triomphe ou désastre?

  1. Ping : En Résumé (5) |

  2. francoiscarmignola dit :

    @BalooFromNoWhere
    Merci de relayer quelque chose d’absolument honteux.
    Les revendications en question (les dommages de guerre de l’Allemagne, plus la réduction de dette de 1953) avancée par le régulièrement élu Grec, sont hors de propos, insultantes et injustes.
    Tout ce que peut produire l’estomac surchargé de résiné du crétin qui devra longuement macérer le chapeau qu’il se prépare et qu’il devra manger. A moins que viril, le porteur de jupette et de pantoufles à ponpons ne se décide à retourner aux danses rituelles que pratiquent les tribus isolées des clairières lointaines: nu, fier et glorieux de penser le sabir des crétins. Un communiste.

  3. georges dit :

    L’Islande a refusé de douiller donc pourquoi pas la Grèce . Les States sont responsables de la crise ainsi que les membres des gouvernements européens qui ont empruntés auprès du privé au lieu de leurs banques nationales.

  4. BalooFromNoWhere dit :

    Bonjour

    Pas si bête le garçon.
    http://www.informaction.info/iframe-notre-solution-pour-leurope

    Bonne journée

  5. Koufra dit :

    Ma compréhension de loin des choses est assez brute certainement mais un partie d’extrême gauche promettant les frais de santé gratuit pour tous… Etc … Etc …

    Ça n’est pas compatible avec un redressement économique.

    Renégocier la dette grecque ? Mais alors que faire de la dette italienne, espagnole, française ? Le leader grec dit vouloir renégocier la dette pour que la décision de faire sortir la Grèce de l’euro vienne de l’Europe et non de lui…

    La Grèce ne produisant rien ou presque, sans ressource énergétique, avec une immigration illégale colossale va vite avoir un problème technique…

    Cette politique va immanquablement échouer et la seule alternative sera alors aube dorée….

    La seule solution globale était de mener la politique monétaire menée par les USA et de faire parallèlement une politique de rigueur.

    Pour la Grèce, il est probablement trop tard, pour le reste de l’Europe, si les taux augmentent, ça ne durera pas longtemps non plus. La France râle mais n’a pourtant pas réussi à réduire sa dette, ni même à la faire stagner…

    Amitiés

    Koufra

    • michel43 dit :

      ET la FRANCE I Milliards d-Euros pour CMU AME ? pour redresser un pays; il faut en priorité ;s’occuper des FRANCAIS que se sois pour le travail le logement ;

  6. A reblogué ceci sur EschatoNiouzeet a ajouté:
    Ça reste à voir! On ne doit pas croire que l’UE va simplement lâcher le morceau… À mon sens, ça ne fait que commencer, et à grande pompe, de plus…

  7. michel santo dit :

    L’Europe est-elle prête à danser le sirtaki? Mon commentaire ici Maxime! : http://contre-regard.com/leurope-est-elle-prete-a-danser-le-sirtaki/

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