Une belle citation

imagesAu fil de mes lectures nocturnes, je suis tombé sur une jolie citation, une pépite qui se dispense de tout commentaire. Elle est du professeur Henri Bergson, cité par André Tardieu, dans La profession parlementaire (Flammarion, 1938). Je ne résiste pas à l’envie de la faire partager, tant elle exprime, sans avoir pris une ride en près d’un siècle, l’enjeu crucial de la politique contemporaine : « Le principe de la vraie démocratie est la communauté d’obéissance librement consentie à une supériorité d’intelligence et de vertu. Comment se recrutera, comment se constituera en classe dirigeante et en conseil de gouvernement cette aristocratie  nouvelle, toujours à renouveler, du talent, de la compétence, et surtout du caractère. Tout le problème de la démocratie est là ». Nul n’a encore trouvé la solution, faut-il le préciser; et jamais sans doute nous n’avons été aussi éloignés de cet idéal bergsonien de la démocratie. D’où le marécage dans lequel nous pataugeons…

Maxime TANDONNET

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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28 commentaires pour Une belle citation

  1. Patrice dit :

    La (vraie) fin de la citation de Bergson est:
    Comment se recruterait, comment se constituerait en classe dirigeante et en conseil de gouvernement cette aristocratie nouvelle, toujours à renouveler, du talent, de la compétence, et surtout du caractère ? Tout le problème de l’ORGANISATION de la démocratie est là ; NOUS NE L’AVONS PAS RESOLU.

    Pourquoi cette « aristocratie »: il ne s’agit pas de noblesse, de domination, ou de pouvoir, il s’agit de l’élite, au sens « les meilleurs », pour gouverner. Voir la définition du Larousse, et l’étymologie.
    (en grec : aristoi : les meilleurs, et kratos : pouvoir, autorité, gouvernement) … Comment sélectionner les meilleurs pour gouverner? c’est cela le problème de l’organisation de la démocratie. Selon Bergson et selon beaucoup d’autres…. Apparemment, nous ne l’avons toujours pas résolu!

    Les Républicains de l’époque, dans la lignée des Saint-Simoniens, des socialistes utopiques, étaient francs, eux, et beaucoup ne croyaient pas au suffrage universel: « Les ouvriers sont trop abrutis par leur travail pour réfléchir » (de ???).

    Il fallait donc bien une élite, vertueuse, intègre, dégagée de « l’abrutissement » lié au travail. Bergson dit bien qu’elle doit être « toujours à renouveler » c’est à dire PAS une caste ou classe, mais comment ORGANISER ce renouvellement, sélectionner quelles VERTUS ?

    Par exemple, on peut effectivement l’élire (election = choix des meilleurs) via un suffrage non universel (cf. les ouvriers abrutis par leur travail), on rejoint ainsi partiellement Aristote (un citoyen c’est quelqu’un qui peut gouverner et être gouverné), ainsi que l’idée de la nation des encyclopédistes « NATION une quantité considérable de peuple, qui habite une certaine étendue de pays, renfermée dans de certaines limites, et qui obeit au même gouvernement. » Et c’est tout, des gens quelque part qui obéissent au gouvernement. Et voilà l’obéissance consentie (celle de Rousseau aussi) qui est bien in fine le principe d’unification, le seul qui caractérise cette définition de la nation des Lumières (par rapport à la définition idéologique – culturelle, religieuse, ethnique…).

    Bergson ne dit rien ici, sauf qu’on n’a pas résolu le problème de l’organisation de la sélection des meilleurs pour gouverner en démocratie. Le reste est reformulation.

    Il est allé plus loin dans « Les deux sources de la morale et de la religion » en résolvant la contradiction liberté/égalité via le trosième terme de la devise Républicaine:
    Liberté Egalité Fraternité. Ce qui ne résoud toujours pas les problèmes d’organisation, mais illustre cruellement les défaillances actuelles de nos ploutocraties (USA) oligarchie (France) crétino-bureaucratie (Bruxelles en mode « rouleau compresseur lancé ») où intégrité comme vertu semblent bien faire trop souvent défaut….

    Comme à la fin du XIXème, les travailleurs sont aujourd’hui trop abrutis par leur travail et leurs difficultés. Par contre « on » leur fait croire qu’ils sont réellement informés et peuvent décider, alors que toute l’organisation de la vie politique les éloigne précisément de leur rôle de citoyen (gouverner, être gouverné).

    Peut-être Bergson a-t-il raison, et nous devrions choisir, élire, nos dirigeants selon leurs qualités HUMAINES. Leur capacité à la fraternité envers les gouvernés. On rejoindrait alors l’idéal des Républicains, ceux de la IIIème, les socialiste utopiques, les francs-maçons (tiens, des « frères » aussi), bref ces fameuses « valeurs républicaines » dont on nous bassine à longueur de propagande sans jamais en expliciter les racines – car trop oubliées par notre oligarchie et si faciles à invoquer?

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