Réflexions de mi-mandat

imagesA mi-mandat, 2 ans et demi, il me faut reparler de François Hollande. Un sondage Opinion Way le Figaro estime la cote de satisfaction du président de la République à 15% et un taux de rejet de 85%, nouveau record absolu dans l’histoire.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/10/19/97001-20141019FILWWW00181-exclusif-sondage-a-mi-mandat-la-rupture-entre-hollande-et-les-francais.php

 Soyons clair, je n’ai pas l’intention de l’accabler. Rien ne me révulse davantage que toutes ces créatures, ministres, députés, presse, responsables politiques, monde médiatique, simple électeur, qui l’ont adoré, portés aux nues et se joignent aujourd’hui à la curée ou se préparent à l’achever. Je ne joindrai pas ma salive à leurs crachats; jouer la mouche du coche, tirer sur une ambulance, cogner un homme à terre n’est pas dans mon style. La vérité, la voici. Hollande n’est pas pire que la moyenne du politicien français, il en est représentatif et c’est pourquoi il est arrivé si haut. Les aléas de sa vie personnelle qui lui coûtent si cher? Ils sont à l’image de la classe politique nationale dans sa globalité sauf exceptions bien entendu. Les politiciens nationaux (les grands), pour la plupart – pas tous, j’insiste – souffrent d’une maladie de l’esprit, l’hypertrophie de l’ego principal moteur de leur engagement mais qui s’exprime aussi dans les débordements de leur libido et le nihilisme moral. C’est un phénomène banal, non généralisable mais étendu, des plus communs, triste mais observable de tous ceux qui ont approché ce milieu… François Hollande qui en émane et l’incarne si bien est devenu une sorte de bouc émissaire national, haï plus encore par la gauche que par la droite. Pourtant, il n’est rien d’autre que le reflet de la France politique et médiatique actuelle, notamment de celle qui l’a soutenu et s’en détourne lâchement en se lavant les mains avec un air dégoûté.

Bien sûr, le président porte le chapeau de ses erreurs, reculs, annonces démenties par les évènements sur le chômage notamment. Mais voulez-vous parier avec moi? Dans le contexte d’un pays ingouvernable, rongé par une impuissance politique chronique, aucun des prétendants à la magistrature suprême (en incluant bien entendu les extrêmes de droite ou de gauche) ne se porterait mieux après quelque temps à l’Elysée. Au bout de 6 mois, tous seraient cramés, atomisés, déglingués, comme lui. Bien entendu, certains s’y prendraient plus habilement que lui pour faire semblant et détourner l’attention des foules, mais leur répit ne serait que de courte durée. D’ailleurs, depuis l’ère de Gaulle/Pompidou, la cote de popularité des présidents ne cesse de s’effondrer. 70% d’opinions favorables à l’époque. Aujourd’hui 15% de confiance pour un chef de l’Etat dont la mission fondamental est d’incarner et guider le pays: un désastre national. Mais détester Hollande, le moquer, le renier, le lyncher est une attitude désormais banale de lâcheté et lâche de banalité. Nous vivons dans une impasse politique totale, bien au-delà de sa personne. L’obsession des dirigeants est celle de leur image. Dès lors, ils se refusent, les uns après les autres, à engager les vraies réformes de fond douloureuses nécessaires, sachant que l’idée d’un « remède miracle » comme la sortie de l’Europe est une véritable imposture qui ne réglerait strictement rien du drame d’un pays qui, globalement, vit au-dessus de ses moyens et se sclérose, paralysé par les rentes de situation, l’immobilisme, les inégalités dans la répartition du travail et des responsabilités.

Non, cette situation dramatique de la « gouvernance française », qui s’exprime dans la chute sans fin de la cote du chef de l’Etat, pourrait être au contraire l’occasion d’engager un débat de fond, sur l’excès de personnalisation du pouvoir, sur l’avenir de la présidence de la République, des institutions, sur la nécessité de repenser la démocratie, de revenir à une conception plus collective et anonyme du pouvoir – donc moins axée sur l’image – la souveraineté du Parlement, l’efficacité de l’Etat et de l’action publique, la question de savoir pourquoi les politiques quels qu’ils soient, ne parviennent plus à régler les problèmes, le renouvellement de la classe dirigeante, de la représentation nationale. Eh bien non. Circulez, braves gens, il n’y a rien à voir…

Maxime TANDONNET 

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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33 commentaires pour Réflexions de mi-mandat

  1. Coriolan dit :

    @Duff.

    Vous avez raison, car les premières lois anti-trusts sont originaires des Etats-Unis, en 1890 et 1914, et ce développement tentaculaire va encore s’étendre avec le prochain accord TAFTA, suivant celui de l’ALENA. Ce traité prévoyant que les litiges devront être tranchées par des tribunaux arbitraux privés, ce qui est déjà une source potentielle de conflits en devenir.

    L’UPR et ATTAC ont lancés deux pétitions en ligne, avec un collectif StopTafta à travers le pays. On peut aussi consulter la présentation du livre de Raoul-Marc JENNAR: Le grand marché transatlantique. La menace sur les peuples d’Europe. Cap Bear, sur MAVERITESUR.COM, avec interventions possibles. Le 11 novembre va sortir l’ouvrage de l’économiste Thomas PORCHER: Tafta, l’accord du plus fort. Max Milo

    La régulation doit tempérer les excès de la mondialisation capitaliste qui dévore la planète. Les Etats sont dans leur rôle en préservant les digues et les barrages indispensables à la protection des populations, notamment des plus faibles, que l’on doit préserver de la prédation financière.

  2. Duff dit :

    @coriolan

    Merci de votre réponse, j’avais ces éléments en tête et je dirais qu’il suffit de voir les incohérences de la construction européenne pour mesurer la difficulté de concilier libéralisme et état..

    S’agissant du mouvement de concentration des grandes entreprises, il y avait une loi aux USA pour luter contre cette tendance monopolistique, la loi anti-trust que les socialistes convertis au capitalisme (de connivence) se refusent d’appliquer. Au moment de la rupture forcée par les banques du Glass Steagall Act, sous Clinton donc, les banques les plus systémiques auraient du être découpées. Il n’en a rien été, pire, on connait la suite entre la politique des taux bas de la FED après le 11 septembre 2001 et l’encouragement gouvernemental pour l’accession à la propriété à n’importe quel prix..

    La nouvelle menace s’appelle Google qui rachète à des prix exorbitants des startups tuant ainsi dans l’œuf toute forme de concurrence.

    Il est urgent que les états reprennent leurs vrais pouvoirs et cessent de se mêler du reste car le souci n’est pas que chaque activité humaine soit soumise au marché et à un impératif de rentabilité : Aujourd’hui les gouvernements sont soumis à des monopoles privés qui font les règles évidemment au profit exclusif de la petite caste à leur tête.

    Cordialement

  3. Coriolan dit :

    @DUFF. Comme la majorité des médias, ARTE est de gauche, donc les commentaires sont orientés, mais la description linéaire du système économique capitalistique décrit précisément l’évolution de son emprise sur les esprits et les pays.

    C’est une série documentaire permettant de comprendre l’avènement de ce dogme à travers son
    histoire et ses applications dans le monde. Cette remise en perspective démontrant que cette construction n’est pas innée, mais le produit d’une démarche volontaire d’intérêts financiers convergents débouchant sur un maillage du marché mondial, acquérant des positions privilégiées dominantes.

    Jean-Paul DUPUY dénonce le phénomène corrélatif du catéchisme Néo-Libéral, qui va de pair avec le Néo-Capitalisme favorisant le mouvement de concentration dans les secteurs principaux, qui impose le modèle unique de l’Economisme. A savoir la sujétion de toute activité humaine à l’impératif de rentabilité, devenant une fin en soi. Il n’est pas le premier intellectuel à le faire, déjà la scission du Club de l’Horloge du GRECE, dans la sphère de la Nouvelle Droite, caractérisait le débat entre Henry de Lesquen défendant une position Nationale-Libérale face à Alain de Benoist, auteur de: Au bord du gouffre. La faillite annoncée du système de l’argent. KRISIS

    Le site Contrepoints essaye aussi de prôner cette combinaison Nationale-Libérale, mais force est de constater que la liberté de circulation totale accordée aux biens, aux capitaux et aux personnes s’oppose à une conception Nationaliste d’un Etat-souverain, qui est réduit à sa portion congrue d’Etat-croupion dénué de prérogatives régaliennes, base idéologique du souverainisme. Ce mariage de la carpe et du lapin se résumant à une aporie conceptuelle. Le Souverainisme est un Nationalisme qui ne peut par définition qu’etre Identitaire. Alain MADELIN, venant d’Occident, avait souligné la contradiction, pour expliquer pourquoi le Libéralisme est antinomique du Nationalisme, on ne peut que constater la justesse de son analyse. Dans ces conditions, il faut oser choisir son camp entre Mammon et la Nation.

  4. Annick dit :

    Bonjour Maxime,

    Le sport va commencer, ça sent le roussi; Hollande et son gouvernement ne vaontplus pouvoir noyer le poisson :

    David Einhorn, PDG du fonds activiste Greenlight, recommande de spéculer à la baisse sur les obligations françaises.

    Pariez sur les banques grecques, et contre la France ! Tel est le conseil prodigué lundi par l’une des grandes stars de Wall Street, David Einhorm, lors d’une conférence d’investisseurs à New York. Le PDG du fonds activiste Greenlight Capital, à qui l’on doit plusieurs coups de maître (dont l’anticipation de la faillite de Lehman Brothers dès 2007) a dressé un tableau dramatique de la situation en France : «Les marchés obligataires considèrent la France comme l’Allemagne, alors qu’elle ressemble bien davantage à la Grèce», indiquait-il dans sa présentation . Il voit d’ailleurs Athènes dans une meilleure situation que Paris : «La Grèce a bu la potion amère, elle a restructuré ses obligations et son économie. Elle a cessé de vivre au-dessus de ses moyens. La France, elle, semble trop fière pour se réformer», indique-t-il en dénonçant en vrac la taxe à 75%, les 35 heures et les tensions avec la Commission européenne autour du dernier budget «anti-austérité». Chiffres à l’appui, il montre que la charge de la dette payée par la Grèce est désormais inférieure à celle de la France (en pourcentage de leur croissance).
    Et pourtant : la dette à 10 ans se négocie à 1,3% en France et à 9% en Grèce. «Si les marchés révisent le risque souverain français à sa juste valeur, le service de la dette française va devenir insupportable. C’est pourquoi nous recommandons de vendre (à découvert) la dette française», conclut-il. Il recommande, à l’inverse, d’acheter des obligations de banques grecques (Alpha, Piraeus, NBG,Eurobank, etc.). «Les investisseurs s’inquiètent tous de la Grèce, mais ils devraient s’inquiéter davantage de la France. Le rendement des obligations françaises, tel qu’on le connaît aujourd’hui, ne devrait pas exister.»

    La suite sur Les Echos : http://www.lesechos.fr/monde/etats-unis/0203881169485-le-buzz-des-etats-unis-une-star-de-wall-street-parie-sur-leffondrement-de-la-france-1056681.php

    Amicalement,

  5. koufra dit :

    Il faut des siècles pour construire et bien peu de temps pour détruire…

    Visiblement, la blessure d’égo est aujourd’hui une plaie mortelle.

    On ne tire pas de leçon de ce type de blessure comme autrefois, on ne se dit pas qu’on a peut être mal fait, mal compris,

    La France et le village global sont devenus les pays des droits sans contraintes.

    Tout le monde à le droit d’être une rock star, un dieu humain, toute contradiction est une infamie une atteinte insupportable aux droits de l’être humain qui se prend pour Dieu.

    Le monde semble gouverner ou même peuplé d’éternels adolescents qui n’ont pour seul but que de « jouir sans entrave ».

    http://www.lepoint.fr/invites-du-point/idriss-j-aberkane/aberkane-oui-il-faut-abolir-les-notes-a-l-ecole-23-10-2014-1874962_2308.php#xtor=CS3-191

    Koufra

  6. Duff dit :

    Bonsoir à tous,

    Coriolant, de ce que j’ai aperçu et lu sur twitter, le biais idéologique de la série d’Arté – clairement anticapitaliste avec essaim de poncifs qui méritent qu’on leur torde le cou – n’est pas à mettre sur le même plan sur la pensée libérale de Charles Gave… Pour saisir votre propos, je serais curieux d’en savoir plus sur « l’éconmythification ».

    Gave fait partie, en gros, d’un courant plutôt souverainiste qui considère que la liberté ne peut être garantie que par un régime politique attaché à un peuple, une nation. D’autres libéraux tel le philosophe Alain Laurent sont hostiles au souverainisme à cause de la tentation perpétuelle au repli identitaire.

    A titre personnel, pour des raisons liées au principe de subsidiarité, je pense que puisque l’UE ne s’occupe pas de sujets essentiels avec un mandat clair et démocratique pour le faire mais s’occupe de tout et n’importe quoi au nom d’une très bureaucratique et planificatrice « harmonisation ». C’est comme cela que j’explique le sentiment de défiance en progression face à l’UE : Le peuple, ignare et votant mal – c’est bien connu – sent que la marché forcée suivie actuellement vers un fédéralisme aux contours flous et orchestré par une élite bruxelloise déconnectée du réel aux avantages indécents présente un risque réel d’élever un nouveau totalitarisme.

    Quant à l’euro, je déplore l’absence de débat à l’UMP par exemple : Il n’est pourtant pas difficile d’expliquer aux 65% de français qui y sont attaché qu’il va donc falloir au moins revenir dans la moyenne de la zone euro en termes de prélèvements obligatoires. C’est bien beau d’avoir une monnaie surévaluée offrant du pouvoir d’achat par rapport à la force réelle de notre économie mais relativement inutile quand on est au chômage et que l’état est en faillite et va devoir saigner tôt ou tard dans la redistribution… Il faudrait baisser d’au moins 10% de PIB la dépense pour revenir sous les 48%. Soit 200 milliards, un peu moins si entre temps la croissance daigne bien revenir… Donc les propositions des Juppé, Fillon, Sarkozy jugées « ultra-libérales » par les médias, une vraie course à l’échalote etc. ne suffiront pas pour renouer avec la croissance en gardant l’euro…

    Je veux bien garder l’euro mais il faut dire la vérité sur les efforts auxquels les français doivent consentir. Et puis… l’arrimage avec un pays vieillissant qui investit bien plus en Turquie qu’en France ne me paraît pas constituer une perspective si judicieuse à long terme, peu ambitieuse au fond, surtout si c’est pour insulter l’efficacité des allemands qui ont fait les réformes nécessaire il y a une grosse dizaine d’année.

    Cordialement

  7. Coriolan dit :

    @Annick a raison de citer Charles GAVE et l’Institut des Libertés, et on peut le mettre en parallèle avec la série sur le Capitalisme et son histoire qui est diffusée actuellement sur ARTE, en six parties. L’avenir apparaît sombre, selon le géographe Christophe GUILLUY, dans son dernier livre: La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires. Flammarion

     » Le système tourne, crée de la richesse, mais n’intègre pas les plus modestes. De quoi vont vivre les catégories populaires? Quel est le modèle économique complémentaire pour la France périphérique? On ne fera pas revenir les gens fragilisés dans les zones d’emploi actives des métropoles, car, à la vérité on n’a plus besoin d’eux pour faire tourner la boutique. Pour l’instant, il n’y a pas de contre-modèle dans un monde qui bouge. »

    C’est pourquoi le philosophe Jean-Pierre DUPUY dénonce ces faux-semblants posturaux dans son dernier ouvrage: L’avenir de l’économie. Sortir de l’économystification. Flammarion

  8. michel43 dit :

    REFLEXION apres MANDAT ? il a du lire le programme de LA :LE PEN.. Nice : Immigration :elle menace ,notre façons de VIVRE..les Francais ,veulent rester en FRANCE ? nous ne voulons pas ,changer notre pays NOS VALEURS DOIVENT ETRE? defendu face a l » islamisme fanatisé la REFORME de SHENGEN.. L « AME sera Remise en cause.. VOILA que la droite la plus béte du MONDE ouvre les YEUX.. donc j » avais RAISON ..un simple accord avec LE F.N sur c »est point LA…il restait PRESIDENT. les conseillers et le premiers cercle d » hypocrites ; l »on obliger a ne pas franchir le pas..les BOBOS DE droite DEVRONT EN TIRER LA LE9ONS / LA volonte DU PEUPLE SE trouve DANS LES URNES ;pas dans les salons .Pour avoir laisser la place a l »UNION des GAUCHES, c »est gens doivent étre ECARTER..Malheureusement, il retourne leurs VESTES; et SARKOZY qui AIME ;les flatteries, tombe dans le PANNEAUX;;IL EST COMME chirac;; mAIS 2017 est encore LOIN ?

  9. Annick dit :

    Bonsoir Maxime,

    Il me semble que les questions fondamentales, posées par Duff, sont en effet qui ? quoi ? auxquelles il faut ajouter : où ? pourquoi ? et comment ?

    Souris grise, comme moi et d’autres lecteurs, a trouvé dans votre dernier ouvrage de nombreuses pistes pour répondre à ces questions. On ne saurait en effet recommander de le lire pour mieux saisir les obstacles qui annihilent et la gouvernance, et la démocratie, en captant la souveraineté nationale pour des bénéfices divers et variés qui, tous, peuvent se résumer en préservation de situations et de rentes, tant à Bruxelles, qu’à l’intérieur de notre pays.
    Ce ne sont plus des responsables politiques, industriels, syndicaux, etc, que nous avons mais une mafia qui s’est organisée pour régner à son avantage.

    Je cite C. Gave (qui n’a pas son pareil non plus pour regarder les choses en face) :

    Qu’est que le capitalisme de connivence ?

    Tout simplement un système de défense et de création de rentes appuyé sur la capture de l’Etat par ceux qui bénéficient ou bénéficieront de ces rentes.

    Dans la rente, on gagne de l’argent parce que l’on a capturé l’Etat, tandis que le profit est la contrepartie d’un risque pris. Une rente ne disparait jamais, un profit peut s’évaporer du jour au lendemain. Le profit est légitime, la rente ne l’est pas.

    Les riches et les puissants veulent TOUJOURS transformer leurs profits, incertains, en rentes, certaines par destruction de la concurrence. Pour cela le plus simple est de prendre le contrôle de l’Etat et de mettre le monopole de la violence légitime qui est sa caractéristique à leur service exclusif.

    Le but essentiel pour les rentiers est non seulement de défendre leur rente mais aussi de faire croire que cette rente est MORALE et que toute attaque contre elle est de ce fait immorale.

    Toute attaque contre une rente étant intellectuellement fondée sur le libéralisme, le plus simple est donc de convaincre le public que le libéralisme est immoral et donc que toute attaque contre les rentes est immorale aussi. Comme le disait Boudon, les intellectuels en France détestent le Libéralisme parce que dans un système Liberal, ils seraient payés à leur vrai prix.

    CQFD

    Et c’est ce qui s’est passe en France depuis des lustres.

    Commençons par la capture de l’Etat.

    – Le système bancaire a capturé l’Etat et sert des rentes fort consequentes à ses dirigeants, qui tous viennent des plus hautes sphères du même Etat, au point qu’en France on ne sait plus très bien ou commence l’Etat et où finit la Banque, ce qui facilite la conservation de la rente. Le haut personnel de ces banques s’attache ensuite à traire la Nation à son profit exclusif et l’excuse donnée est toujours que c’est ce qu’exigent les nécessités de la « concurrence internationale », ce qui est un gros, un très gros mensonge. En fait, ce qu’exigerait le Libéralisme serait que l’on casse les grandes banques qui sont devenues beaucoup trop grosses en entités plus petites, que l’on sépare les banques d’affaires et les banques de dépôts, que l’on interdise aux banques d’affaires de faire appel à l’épargne publique et que les banques de dépôts se voient interdire d’acheter des obligations émises par le gouvernement. Car bien sur, c’est par l‘achat des obligations publiques qui permettent le financement des déficits budgétaires par les dépôts que la classe dirigeante des banques maintient son contrôle sur le monde politique. Le deal est simple : je continue à financer votre politique imbécile, qui préservera votre rente à vous, hommes politiques, à condition bien sur que vous préserviez et développiez ma rente à moi…

    – Les politiques / fonctionnaires quant à eux ont bâti un système où des rentes sont servies à ceux qui savent exploiter au mieux le système (voir mon article sur le chauffeur de monsieur Ayrault par exemple) et entendent bien que rien ne change. Et comme les fonctionnaires gèrent l’Etat et son système politique, leur intérêt bien compris est d’empêcher toute réforme, ce qui dans le fond n’a comme but ultime que la préservation de leurs rentes à eux.
    Une excroissance de cette classe politique s’est même constituée en groupe autonome à Bruxelles, pour expliquer aux citoyens que le maintien des rentes bancaires, financières, éducatrices ou syndicales était la plus grande conquête sociale de la Sociale – Démocratie Européenne. Elle explique donc aux populations ébahies que toute attaque contre les rentes est une attaque contre l’Europe des Pères fondateurs et que l’étape suivante d’une telle dérive serait le retour de la Guerre entre la France et l’Allemagne. Si vous êtes contre les rentes, c’est que vous êtes contre la Paix et pour la guerre. La défense des rentes comme facteur déterminant de la Paix, voila une idée neuve en Europe

    – Les syndicats, organisés en monopole depuis 1945 et qui ne représentent qu’environ 5 % des salariés Français et ont un financement complètement opaque, ont pris le contrôle d’un certain nombre de secteurs tous nationalisés (énergie, transports, éducation, santé) dont le blocage suffit à mettre l’économie Française par terre à chaque fois. Que le lecteur songe à la SNCM, à Air France, à l’éducation Nationale ou à la Sécurité Sociale où toute tentative de déréglementer les rentes est immédiatement assimilée à une attaque de l’Hyper Libéralisme contre la classe des « travailleurs». Dans le monde des rentiers, le client n’existe pas et est remplacé par l’usager dont le rôle principal est d’être pris en otage des que leur rente est menacée, c’est-à-dire des que la notion de concurrence fait son apparition.

    Et il est bien sur tout à fait normal que tous ces détenteurs de rente s’associent les uns avec les autres pour la défense de leurs avantages acquis. « Rentiers de chaque pays » unissez vous, tel est leur cri de guerre. Dans le fond, dans ou pays où prédomine la recherche de la rente, la séparation des pouvoirs ne PEUT pas exister et donc la Démocratie n’est qu’un théâtre d’ombres où le but n’est pas la gestion de l’intérêt général mais la défense égoïste d’intérêts catégoriels non justifiés, dont la somme se constitue en majorité de gouvernement…
    La suite : http://institutdeslibertes.org/

    Vous voyez que parler de mafia n’est pas outrancier mais tout à fait adapté à ce système qui défend son territoire en s’asseyant sur toutes les règles d’une société véritablement démocratique.

    La responsabilité est partagée par tous ces acteurs, mais pas par les Français, remisés à la plus simple expression de « pourvoyeurs de postes politiques », une fois tous les 5 ans.
    Le référendum est dans les oubliettes de l’histoire, et seuls, ces zélites corrompues décident de notre sort et de notre avenir.
    Ne pas tirer sur l’ambulance, certes, mais montrer du doigt et imposer un retournement à ces nuisibles, est non seulement indispensable, mais salutaire.
    Je voudrais faire remarquer aussi que les Français sont bien plus responsables que leurs élites ; pas de révolte, ni d’effusion de sang pour l’instant. Il ne faudrait pas trop abuser de leur patience, ni de leur faculté à encaisser plus longtemps.
    La clairvoyance et la lucidité ne sont plus les attributs des responsables, mais bien ceux des Français, et je crois de plus en plus que c’est de là que viendront tous les changements nécessaires.

    @Enfant de la Patrie

    Premièrement personne ne veut sortir la France de l’Europe, c’est purement impossible, l’Europe est un continent non une entité.
    Deuxièmement sortir de l’UE n’est pas « une solution-miracle »

    Vous jouez sur les mots, sortir de l’Europe est possible (impossible n’est pas français !) la preuve : la grande-Bretagne l’envisage pour 2017.
    Ce n’est peut-être pas désirable, ce qui est différent.
    Je vous rappelle au passage que la France s’est très bien portée, très longtemps, sans l’Europe. Et qu’elle va de plus en plus mal depuis l’Europe.
    Ceci dit, je suis pour l’Europe, mais pas comme ça.

    Vous dites, dans un des liens que vous donnez :
    La crise économique et politique actuelle n’est pas spécifique à notre pays. Tous les grands pays développés sont dans une position difficile, ne parvenant pas à retrouver une croissance soutenue, ce qui maintient une part importante de la population dans la difficulté…

    Ce n’est que partiellement vrai. Non ! tous les pays ne sont pas au bord de la faillite comme nous.

    Vous ajoutez :

    Cette généralisation de la crise dans des pays qui ont des institutions très différentes de la nôtre, tend à disculper la Cinquième République.

    Les autres pays sont en train de s’en sortir, et, curieusement, seuls les pays de la zone euro vont de plus en plus mal. Ceux qui, tout en faisant partie de l’Europe, n’ont pas adopté l’euro, s’en sortent très bien : Suède, Danemark, Angleterre…
    Pas de quoi se poser des questions ?

    Effectivement, la Vème n’est pas en cause sur ce point de la crise, mais la monnaie unique pour des pays aussi différents que la Grèce et l’Allemagne par exemple ?

    Amicalement,

  10. spermufle dit :

    Et si l’on parlait, comme facteur d’immobilisme politique, de la composition sociologique de l’Assemblée Nationale (et d’une manière générale toute institution représentative) ? L’absence criante de certaines catégories de population m’interpelle. Nous sommes concrètement dans une situation de ploutocratie, et je doute fort que ce constat, qui se généralise, amènera l’électorat à se tourner inlassablement vers des individus qui la représentent ou favorisent ses intérêts. Pour résumer j’ai pas le sentiment que le peuple aspire à un Thatcher français.

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