Repenser la Révolution française

imagesSi je parle aujourd’hui de la Révolution, c’est au simple hasard de mes lectures: hier soir, n-ième relecture de la Révolution française de François Furet et Denis Richet (Hachette, 1965). Bien sûr, la Révolution a fait naître la Nation moderne et démocratique: la fin des privilèges, l’égalité devant l’impôt, les droits de l’homme, l’égalité des droits à la naissance, les libertés publiques et privées. Pourtant, si la France était capable de faire la lumière sur son histoire, son passé, il faudrait aussi s’intéresser aux aspects les plus obscurs de la Révolution, y compris sa responsabilité dans la mesquinerie que nous voyons aujourd’hui à l’oeuvre au quotidien. J’ai par exemple trouvé cet intéressant passage dans l’ouvrage mentionné ci-dessus: « La délation, jugée infamante sous l’ancien Régime, devient une vertu et un devoir parce qu’on est en république. Surtout, la guillotine exalte l’imagination. Beaucoup de ces petits bourgeois qui, dans leur vie privée, se montrent d’un tempérament doux et calme, se sentent vibrer devant l’échafaud » (collection pluriel, page 212). Je m’étais souvent interrogé sur les origines de certains comportements sans doute plus marqués en France qu’ailleurs: la calomnie, la diffamation, la petitesse jalouse, la haine de la réussite, la banalisation des lynchages médiatiques, la délation, inséparable de l’histoire de France contemporaine, notamment dans ses périodes les plus sombres. Le mystère est donc à moitié levé… En finir une fois pour toute avec l’opposition révolution/contre-révolution et simplement, tenter de regarder la vérité en face, sans dogme, ni tabou, ni passion. En sommes nous seulement capables?

Maxime TANDONNET

 

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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38 commentaires pour Repenser la Révolution française

  1. Cher M. Tandonnet,

    Oui, malheureusement, il faut le reconnaître lorsqu’on recherche la vérité historique, c’est par l’intermédiaire de de Gaulle que le PCF a étendu son emprise sur les esprits des français et a détruit, sans doute pour toujours, l’âme de ce pays, ce que la Révolution n’avait pas réussi à faire.

    Cela s’est fait par la main mise des communistes sur l’Ecole, sur la haute fonction publique et sur les entreprises par le truchement de syndicats soi-disant représentatifs et soi-disant résistants…

    De Gaulle a vendu ce pouvoir spirituel au PC en échange d’un pouvoir politique illusoire dont on découvre aujourd’hui l’inanité…Finalement, nous voyons enfin ce qu’est véritablement la Ve République : une fausse démocratie représentative permettant à des syndicats non représentatifs de faire régner la lutte des classes à tous les niveaux de la société.

  2. willy dit :

    Bonjour Maxime,

    La révolution en France n’a pas été faite par le peuple français, mais contre lui, à ses dépends, à ses frais et en le massacrant allègrement. Quand on dit qu’une une révolution est un événement positif menant vers le bonheur, le progrès et le règne de la raison, je reste dubitatif.
    Ce qui caractérise le phénomène de révolution, à tout moment dans l’histoire et de quelle que soit la révolution dont on parle, c’est :
    – la destruction humaine à vaste échelle
    – une crise économique et financière sciemment provoquée
    – la destruction patrimoniale
    – la surveillance de la pensée et l’élaboration juridique de nouvelles séries de crimes et délits
    – la volonté de remodeler l’homme et la mise en place d’outils de manipulation et de coercition à cet effet
    – la mise en place d’un code juridique et réglementaire établi en fonction d’intérêts privés détenteurs de biens spoliés
    – la constitution d’un État qui se retourne contre le peuple qu’il est censé gouverner.
    – l’institution d’une forte dépendance étatique, soit à des puissances financières, soit à des intérêts étatiques étrangers.

    Il n’y a pas UNE révolution qui ne soit caractérisée par la totalité des éléments concrets listés ci-dessus (la liste est probablement non exhaustive d’ailleurs).

    Alors? la révolte pourrait elle rétablir la souveraineté des peuples?
    Pour en revenir a la révolution française, ce fut un gigantesque merdier pendant 26 ans.
    La révolution française n’avait pas d’autre choix pour survivre que de s’exporter. Malheureusement les armées révolutionnaires du début de la révolution était mal organisées et ce fut d’un cheveu que la France ne fut pas envahie lamentablement (et donc la révolution écrasée au bout de trois ans…) par les alliés grâce à l’étrange victoire de Valmy en septembre 1792 (il n’y eu que 400 morts et les Prussiens battirent en retraite car ils avaient attrapé la tourista et la dysenterie en ravageant la Champagne et ses vignes).
    A partir de là, l’Europe tombe comme des dominos aux mains des français, tous les pays deviennent des ‘républiques sœurs’ et la France annexe à qui mieux mieux.
    La conséquence logique de 10 ans de semi anarchie en France est l’arrivée au pouvoir des militaires, c’est à dire de Bonaparte. Et comme toujours lorsque les militaires sont au pouvoir, on continue à envahir les voisins, nouvelle déferlante sur l’Europe. Tous les états à part la Russie y laissent des plumes et partout le pouvoir vacille.
    Mais finalement à part quelques rectifications de frontières (et l’indépendance des colonies d’Amérique latine), tout rentrera dans l’ordre à la chute de Napoléon et au Traité de Vienne.
    C’est en fait la révolution de 1848 qui a ammené les démocrates au pouvoir partout en Europe, mettant en place des constitutions partout et sonnant le glas des monarchies absolues et le reveil des nationalités.
    Demandez à un Anglais: il vous expliquera que la monarchie parlementaire était compatible avec les idées de libertés bien avant que le Français ne décapite leur roi…
    Je conclus en rappelant que la république française est le système le plus monarchique d’Europe: c’est le seul à mélanger à ce point les rôles de chef de l’état (protocolaire) et chef du gouvernement (politique)… C’est un étrange héritage d’une révolution qui a décapité son roi…

    Napoléon Bonaparte a dit:
    Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, se sont ces derniers et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation puisque la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit.
    L’argent n’a pas de patrie ; les financiers n’ont pas de patriotisme et n’ont pas décence ; leur unique objectif est le gain.

    Bien a vous

  3. Hurluberlu dit :

    Je partage l’opinion de theotimedesavoie, à savoir que le politicien rusé du 13 Mai 1958 revenu au pouvoir à l’occasion d’une insurrection algéroise téléguidée par les gaullistes, n’avait plus grand-chose à voir avec le jeune général à titre provisoire animé d’un souffle patriotique qui lui avait dicté l’appel du 18 Juin 1940. Entre ces 2 dates, l’officier supérieur avait muté dans le sens de l’ambition forcenée et sans scrupule. . . !

  4. Alexandre dit :

    Condorcet disait : (ibid)

    “Mandataire du peuple, je ferai ce que je croirai le plus conforme à ses
    intérêts. Il m’a envoyé pour exposer mes idées, non les siennes;
    l’indépendance absolue de mes opinions est le premier de mes devoirs
    envers lui”

  5. MICHAUD Alex dit :

    @théotimedesavoie. Veut parler des livres traitant de ces accointances décrites dans les ouvrages de Stéphane COURTOIS et Marc LAZAR: 50 ans d’une passion française. De Gaulle et les communistes. Balland et celui d’Henri-Christian GIRAUD: De Gaulle et les communistes, en dux tomes, Albin Michel. Voir aussi de-gaulle.info.

  6. Koufra dit :

    Tout à fait Maxime, c’est bien ce que dit M. Weil ( ancien conseiller de Lionel Jospin, tout un programme).

    Il est à l’évidence intelligent et pourtant complètement dans l’erreur par une vision totalement doctrinale.

    L’argumentation fait clairement le trie dans les faits historiques et donne le sens que le conférencier veut leur donner…

    Une vision positive de la révolution française, ça consiste à faire le tri pour ne retenir que les éléments convergents et conforme à sa doctrine! Bref cela revient à justifier l’utilisation de l’Histoire pour faire de la propagande.

    La conférence est intéressante car l’argumentation socialiste y apparaît pleinement sans ambage. Il va au fonds de ce que veut dire son argumentation et quelque part, met à nue la vacuité de son argumentation.

    Oui, une vision doctrinale aveugle, fait persévérer dans l’erreur, et conduit dans une bêtise dangereuse, le célèbre philosophe tintinophile le capitaine Haddock avait un mot pour désigner cela : « Un analphabète diplômé »!

    Koufra

  7. koufra dit :

    Conférence de M. Patrick Weil

    Sa conférence est intéressante même si je suis en totale opposition avec ses positions.

    Koufra

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