La Nation « Arc-en-ciel »

images1IE2XUUDAvec le décès de Nelson Mandela a disparu le dernier géant du XXème siècle. La présentation de cet évènement manifeste, une fois de plus, le décalage entre l’image médiatique, l’unanimisme de façade, le message officiel d’une part et la réalité de l’Afrique du Sud d’autre part. Bien sûr, il est normal et heureux de rendre un vibrant hommage à l’homme qui personnifie l’abolition de l’Apartheid. Mais encore faudrait-il dire de temps en temps la vérité sur la fameuse Nation « Arc-en-ciel », image d’Epinal, admise dans le plus fervent consensus, d’une société d’harmonie et de paix. 43% de la population vit dans les townships et touchée par une extrême pauvreté, avec moins de 260 euros par an ; le taux de chômage du pays atteint 30% et 51% des jeunes; le SIDA frappe 19% de la population ; une violence extrême dans ce pays qui compte 500 000 viols par an et l’un des plus criminogène au monde avec 16 000 homicides commis chaque année; en mai 2009, une sorte de pogrom anti-immigrés dans les quartiers pauvres de Johannesburg provoque une cinquantaine de morts ; depuis la fin de l’Apartheid, plus de 3000 fermiers ont été massacrés;  dans ce pays, une femme sur trois aurait été victime de viol et selon un sondage de l’ONU, une femme aurait plus de probabilité d’être violée que d’apprendre à lire. Je ne cherche en aucun cas à réduire le mérite d’un personnage que le monde entier, à juste titre, vénère, mais simplement à suggérer, voilà , qu’un peu d’honnêteté intellectuelle et de sens de la réalité, par delà le mythe,  ne ferait pas de mal…

Maxime TANDONNET

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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43 commentaires pour La Nation « Arc-en-ciel »

  1. Paul-Henri dit :

    Sur Mandela, vous pourrez lire le nouveau livre de Jean-Claude Rolinat « La faillite de Mandela » publié aux Bouquins de Synthèse nationale. Bilan édifiant d’un système porté aux nus par les tenants de la pensée unique.
    http://synthesediffusion.weebly.com/magasin.html

  2. Mich dit :

    je vous suis d’ailleurs tributaire d’avoir identifié le premier et dans un billet très lointain l’aspect anthropocentrique de l’homme de gauche.

  3. Mich dit :

    il faut bien sûre noter que de nombreux gauchistes ne sont pas des vrais gauchistes au sens anthropologique. Ils se foutent tout simplement de leur pays et veulent les prébendes. Ils sont cependant eux aussi un symptôme de nos sociétés modernes par leur hyper individualisme

  4. Mich dit :

    Exactement Maxime. c’est du religieux dégénéré!
    La vraie question est de savoir pourquoi cela se reporte sur des figures comme Mandela. Le phénomène est complexe à expliquer.
    mais si je devais donner une piste je dirai que cela est caractéristique de la mentalité de l’homme de gauche. L’homme de gauche à une vision extrêmement anthropocentrique héritée de notre société où plus aucun danger traditionnel n’existe de manière massive (guerre, famine, maladie). Il se pense donc inatteignable. il n’y a pas de danger qui puisse l’atteindre. Ni pour lui ni donc pour sa société. l’immigration, la dette: il ne peut conceptualiser cela comme dangereux. La France est pour lui un pays développé et le restera fatalement. Pour lui l’homme blanc étant inatteignable, la seule source de danger ne peut qu’émaner de lui. D’où la lutte écologique, anti-raciste. Voilà pourquoi le gauchiste est sur le terrain moral. et nulle part ailleurs. il ne peut raisonner autrement dans le débat politique. soit on est bien, soit on est mal. soit dans le camp du bien soit dans le camp du mal. Il ignore le réalisme factuel de droite. Car le seul problème de nos sociétés ne peut que provenir de l’homme blanc (puisqu’il ne peut pas être extérieur à lui même).donc il ne peut que être moral. Il est donc paniqué à l’idée d’être dans le mauvais camps. d’être le méchant, c’est à dire la cause des problèmes de notre société à ses yeux (bon bien sûr je caricature mais les grandes tendances sont là).

    Donc en sacralisant un individu comme Mandela, les journaleux gauchistes obéissent à un double phénomène logique de surenchère et de spirale du silence. Paniqués ou tout au moins perturbés à l’idée d’être raciste , il se sentent obliger de surenchérir ou tout au moins d’acquiescer dès que l’on fait les louanges de Mandela. ils ne peuvent faire usage de leur esprit critique. ceux qui le voudraient se taisent à l’idée d’être perçus ou de s’auto-perçevoir comme racistes. donc le phénomène se renforce de lui même (spirale du silence de Tocqueville). mais surtout le phénomène de déification est initialement créé par celui de la surenchère. dès qu’un individu loue les qualités de Mandela, l’individu de gauche, perturbé par le fait qu’il n’a pas perçu lui même ces qualités s’imagine comme peut être imprégné de préjugé raciste. il va donc faire acte de contrition pour se rassurer en renforçant cette éloge. jusqu’à ce que, par la suite de ce double mécanisme de contrition et de spirale du silence, (qui interagit d’ailleurs), on aille vers la pente de la déification totale et ridicule.

    Voilà ce que je livre là est un long travail de réflexion sur la mentalité du gauchiste mêlant des éléments psychologiques, anthropologiques et sociologiques. mais je ne prétend pas que mon explication est exhaustive. loin de là. Je serai d’ailleurs curieux de savoir ce que vous pensez de cela.

  5. MICHAUD Alex dit :

    Voir le livre de Jean-Claude ROLINAT: La République Sud-Africaine. La faillite de Nelson MANDELA. Editions Synthèse Nationale.

  6. Ping : Plutôt la vuvuzela que la minute de silence | Noix Vomique

  7. noop dit :

    Bonjour Maxime,
    Mandela, je pense que c’est difficile de le nier, c’est un destin exceptionnel, le bon bonhomme, au bon endroit, au bon moment. Sans lui l’histoire de son pays eut été différente, c’est certain. On peut dire de lui, il a fait l’histoire, là où d’autres l’aurait ou surfée ou subie.
    Ceci étant dit, première remarque, l’absence de Frederik de Klerk a ces célébrations me dérange. Sans de Klerk pas de Mandela. Beaucoup l’oubli trop vite.
    Ensuite comment ne pas voir que la présentation, l’angle adopté par les médias et les politiques pour parler de l’homme, quasi dieu défunt, et de son pays « arc-en-ceil » en version souvent trop bisounoursique, n’a de raison d’être que le fait que nous nous dirigeons à marche forcée vers une société, multiethnique, multiconfessionnelle, multiculturelle… et cette société là sera, à l’image de l’Afrique du Sud et d’autres pays aux populations similaires, très violente et très inégalitaire. Le partage se fera entre la finance au libéraux et la société à la gauche. Un marché avec un dupe, le peuple précisément, et donc la démocratie évidemment. L’hommage rendu à Mandela est l’occasion immanquable de faire une opération de promotion publicitaire qui est la pour masquer la réalité et les faiblesses du produit multiculti.

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