Gambetta et le désespoir politique

Leon_Gambetta[1]J’ai fait récemment une belle découverte dans un carton familial oublié depuis des lustres, un vieux livre jauni des années 1930, rongé par l’humidité et les souris, les « lettres de Gambetta (1868-1882) », publiées par Grasset. En le feuilletant, je tombe sur ces paroles du héros de la « guerre à outrance » en 1870, éphémère président du Conseil de Jules Grévy en 1881, adressées à son amie Léonie Léon, qui expriment si bien notre accablement et notre désarroi face à l’impasse politique actuelle, une plongée dans l’abîme et la médiocrité qui s’amplifie de semaine en semaine: « Il ne s’agit plus, en effet, en présence de cette explosion de haine et de sottise, de politique, de textes et de droit public ou électoral, mais d’un intérêt suprême : y aura-t-il, oui ou non, un gouvernement digne de ce nom ? » (19 janvier 1882). « Il ne me restera plus qu’à abandonner à eux-mêmes ces aimables énergumènes, et à aller attendre l’heure, hélas ! trop prochaine, où il faudra réparer leurs fautes, peut-être leurs crimes contre la République et la France » (21 janvier 1882). Hier soir, j’ai eu les prémices de la vengeance, bien que ce met délicat doit se manger froid » (27 janvier 1882). Gambetta, l’un de nos grands hommes d’Etat, a terminé sa carrière  sans être jamais rappelé au pouvoir,  sous les insultes, surnommé le « dictateur« , dans la solitude, le désespoir et la maladie.

Maxime TANDONNET

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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16 commentaires pour Gambetta et le désespoir politique

  1. MICHAUD Alex dit :

    La France Socialiste, pourquoi l’est-elle toujours? Quelques indications pour y réfléchir de façon approfondie et rationnellement:

    – Didier DUFAU est l’auteur d’une rétrospective sur le blog du Cercle des Economistes E-TOILE.FR: La France: un pays socialiste? le 26 Février 2013. Il est intervenu aussi dans l’article du Monde-Idées sur: Populismes, le mot qui fache, le 17 Février 2012.
    – Bertrand ROTHE. De l’abandon au mépris. Comment le PS a tourné le dos à la classe ouvrière. (Les sociaux-traitres). Le Seuil.
    – Joel BREE. Le comportement du consommateur. Que-Sais-Je? P.U.F.
    – Nicolas HERPIN. Sociologie de la consommation. Repères/La Découverte.

    Sachant que sous la Troisième République de Léon GAMBETTA, un livre certifiait déjà que La France est Socialiste, par Gabriel TERRAIL, en 1886. Et meme si Alain BERGOUNIOUX et Daniel COHEN, dirige un ouvrage collectif de synthèse, son titre évoque la difficile alchimie économique avec: Le socialisme à l’épreuve du capitalisme. FAYARD.
    -Philippe NEMO confirmant en 2011 que la France est toujours aveuglé par le socialisme. BOURIN. CONTREPOINTS.ORG

  2. Freddie dit :

    Merci Duff, votre remarque et le lien sont très intéressants.

  3. Anonyme dit :

    Bonsoir Maxime,

    “Ce n’est pas le critique qui est digne d’estime, ni celui qui montre comment l’homme fort a trébuché ou comment l’homme d’action aurait pu mieux faire. Tout le mérite appartient à celui qui descend vraiment dans l’arène, dont le visage est couvert de sueur, de poussière et de sang, qui se bat vaillamment, qui se trompe, qui échoue encore et encore – car il n’y a pas d’effort sans erreur et échec -, mais qui fait son maximum pour progresser, qui est très enthousiaste, qui se consacre à une noble cause, qui au mieux connaîtra in fine le triomphe d’une grande réalisation et qui, s’il échoue après avoir tout osé, saura que sa place n’a jamais été parmi les âmes froides et timorées qui ne connaissent ni la victoire ni l’échec”.

    Il est regrettable que cette citation soit devenue l’ultime bouée de sauvetage des hommes politiques qui connaissent un échec cuisant. Mais gardons-en l’éloge de la prise de risques faite par Theodore Roosevelt, un maître en la matière durant toute sa carrière.

    Bien à vous

    Willy

  4. Duff dit :

    Bonsoir,

    Freddie : Ne sombrez pas dans le fantasme malthusien de la finitude des ressources énergétiques agricoles etc. Le simple fait que ces idées soient aussi anciennes qu’invalidées par le temps n’interdit pas de rester vigilent mais rien ne doit faire penser qu’elles se vérifieront bientôt…

    Dans la période actuelle ou il est plus commode de trouver un responsable étranger à nos malheurs que nous mêmes qui, bien aidés par le travail appliqué des médias pour atrophier les esprits, on sent s’établir un mouvement de masse suivant une direction avec au bout du chemin des conséquences funestes. Des historiens et des économistes passionnés par les cycles économiques et de civilisation en sont même à bâtir des modèles bien plus sophistiqués et prédictifs que l’irrationalité de l’être humain ne devrait pas laisser possibles :

    http://yoananda.wordpress.com/2013/10/12/revue-la-cliodynamique-pour-anticiper-les-cycles-historiques-long-et-les-effondrements/

    L’effondrement de Rome a laissé de jolis vestiges et bien qu’on se presse pour les visiter, pas grand monde ne se demande comment cette civilisation aussi avancée a pu s’effondrer et encore moins si sur quelques points clés, le monde occidental ne serait-il pas en train de faire un cheminement semblable…

    vaste discussion, n’étant pas spécialiste, je m’arrête là.

    Bonne soirée
    Cordialement

  5. Koufra dit :

    Je dois dire que Léon Gambetta fut un peu comme ce docteur dans la peste, ne trouvant son utilité quand dans les heures les plus sombres.

    La guerre de 1870 fut un affront. La France puissante et prestigieuse, impérieuse, battu à plat de couture par les prussiens, permettant l’unification du grand rival allemand… La manière de chuter fut non moins terrible… Trahison de généraux … Guerre civile… Et profonde division du pays, néanmoins malgré des tribus colossaux à payer à l’Allemagne, la relève fut rapide.

    Ceux qui empêchèrent le pays de sombrer, certes par la force, restèrent des paria de l’histoire mais certes leur action fut essentiel.

    Est ce la le sens de votre billet?

    Cordialement

    Koufra

  6. Sceptique dit :

    @Jacques de Guise
    La constatation est accessible à tout français tant soit peu critique. L’écrivain Daninos a fait dire par un des ses personnages que nous étions « des italiens de mauvaise humeur ». Comme notre peuple est comme ça depuis mille ans, bon poids, il a toutes les capacités d’en survivre. Mais il lui faut des institutions solides, que d’aucuns trouvent trop rigides, mais ils ont tort.

  7. michel43 dit :

    Attendez cher AMIS? un responsable, politique ou un chef d’entreprises, n’est pas LA… pour se faire aimer ? il est la, pour trouver des solutions, dans l’intérêt de TOUS? que voyons depuis plus de 40 ans….des lâches, OUI, je le répète: des lâches ,qui on peur de mécontenter, une partie de la populations. Voyez SARKO et la réforme des retraites, désormais; il va falloir passer pars des référendum, si ,vous le pouvez… regarder ce film; c’est Messieurs:les ronds de cuirs, après, cela? voyez les mêmes en 2013?

  8. UneVoix dit :

    @Jacques de Guise
    Un homme fort doit piloter. Il en faudra un, c’est certain. Toutefois sans guidon ça va être dur. Cela ne se fera pas sans démonter des choses et donc mécaniquement sortir de l’UE (sans forcement abandonner l’Euro). Et puis en reste-t-il de ces trempes ?

  9. Freddie dit :

    Palsambleu, il y a des souris chez vous, Maxime 😉 !? Pour répondre à Jacques de Guise, le message est peut-être le suivant : la nature humaine ne change pas et nous ne sommes pas mieux (hélas, vu ce qu’on a observé par le passé), mais pas moins bien lotis que nos ancêtres. Donc, continuons notre travail quotidien en faisant de notre mieux. Toutefois, je crois qu’il y a un changement majeur depuis l’époque de Gambetta : les progrès technologiques permettant à beaucoup plus de monde de survivre, nous sommes beaucoup plus nombreux. Je pense que c’est le problème majeur de notre époque. Il est évident que la croissance exponentielle n’est pas vivable. Cela va donc se réguler. Comment ? C’est là le problème. Probablement pas de manière très belle (épidémies, guerres pour les ressources…). A mon avis, l’immigration galopante dont on parle beaucoup ici et et sujet de laquelle, Maxime, vous avez essayé de faire de votre mieux, n’est que le signe avant-coureur de cette lutte pour la survie qui jette les humains dans le chaos non pas par centaines de milliers ou même par millions comme avant, mais par milliards. On est trop nombreux. C’est l’enfer si on est en économie sous-développée (famines) et si on est en économie développée (surexploitation des ressources, pollution, concurrence pour l’emploi et le logement). Or, le surnombre, c’est le sujet tabou dont les politiques ne parlent jamais.

    • @Freddie. Excellent message a mon sens. Ce que vous dites me confirme que l’Europe doit pouvoir se doter d’une armée forte hors en ce moment, nous n’avons pas les capacités de vraiment nous défendre. Penser que des envahisseurs vont s’arrêter car nous possedon l’arme nucléaire est une lueur. C’est des combat de rues, dans les villes et dans les campagnes dont nous devons nous attendre…les bandits du 21eme siècle.
      J’hallucine en écrivant ces mots.. je pense aux scénarios de Orwell de Huxley, des futuristes bien conscient des dangers.

    • Freddie, oui, il y a des souris, mais il y a un chat aussi …

  10. Sceptique dit :

    Y a-t-il eu, dans notre histoire un monarque ou un chef d’état aimé, ou au moins estimé, sinon par l’unanimité, au moins par une forte majorité? Le « bien aimé » ne l’est pas resté longtemps, et Henri IV a été assassiné par un fanatique, qui haïssait ce que tous beaucoup d’autres aimaient. À notre époque, où le niveau du droit à critiquer s’est élevé, le sondage qui a accompagné le succès d’un élu, s’est déjà inversé quinze jour après. Justement, nos institutions, fondées sur l’expérience de notre ingratitude, de notre versatilité, corrigent, au grand dam de quelques esprits chagrins, ce point faible de notre démocratie. Les grincheux doivent attendre.

    • @SCEPTIQUE.
      Vous savez qu’il est dit à l’étranger que le Français est éternellement mécontent, rouspéteur… et ne veut pas être gouverné. Souvent, je me le demande aussi.
      Cela dit, je n’aimerai pas tomber dans le pessimisme complet et dire que le pays est foutu…

  11. Bonjour Maxime,
    La vie nous amène des messages. Le problème c’est de pouvoir déterminer si votre découverte est un message ou non, et si vous l’acceptez, il faut ensuite le déchiffrer. A mon sens, c’est un message votre découverte.
    Le prochain homme qui dirigera le pays devra obligatoirement être un homme fort ce qui veut dire que certaines personnes devrons être mis a l’écart. Le prochain dirigeant du pays devra, et c’est seulement ma conviction et nul autre, être un généralissime et utiliser la maniéré forte. Ceci va rendre beaucoup de monde très mécontent.

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