Le « caractère »

LA_BRU~1La Bruyère, au début du tome II des Caractères (chapitre « du souverain ou de la république) s’efforce de définir ce qu’est pour lui un grand homme d’Etat. Celui-ci doit concilier dans sa personne de multiples qualités :

  • * la noblesse du comportement et de la tenue, puisque son premier devoir est de donner l’exemple et de représenter la nation, l’incarner dans son unité ;
  • * la force de caractère pour décider et assumer des mesures à la fois impopulaires et nécessaires au bien commun ;
  • * la vision de l’histoire et la raison qui guident sa politique ;
  • * la lucidité, la clairvoyance grâce auxquelles il saura s’entourer de personnalités compétentes et loyales.

« Il est vrai qu’il est rare de les voir réunies dans un même sujet ; il faut que trop de choses concourent à la fois : l’esprit, le cœur, les dehors, le tempérament ; et il me semble qu’un monarque qui les rassemble toutes en sa personne est digne du nom  de GRAND ».

Les idéologies et les programmes sont affaire de circonstance, ne valant que pour une époque donnée. Les institutions et les normes juridiques elles-mêmes correspondent à l’état d’une société, de ses valeurs et de ses technologies. Elles doivent évoluer avec le temps.

En revanche le sort d’une nation dépend bien davantage du caractère, de la personnalité de celui ou celle qui est à sa tête. Les qualités attendues d’un homme d’Etat, telles que La Bruyère les définit, ne changent pas d’une époque à l’autre. Elles sont  précieuses puisque rarissimes. Au-delà de l’écume médiatique, de l’inconsistance et de la volatilité de certains débats, le grand enjeu des années à venir est bel et bien d’identifier et de faire surgir  « l’homme de caractère » qui aura à prendre en main la destinée du pays.

Maxime TANDONNET

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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32 commentaires pour Le « caractère »

  1. Courat Michel dit :

    Suite à votre article  » comment rénover la politique  » , il est certain que ce n’est pas les politiques qui vont le mettre en place, il tiennent trop à leur pactole. Par contre c’est le peuple qui peut imposer ces mesures, pourquoi ne pas établir une pétition sur change.org pour que les Français s’expriment sur ces mesures ?
    cordialement
    Michel

  2. Annick dit :

    Bonsoir Maxime, bonsoir tous,

    Maxime, rien ne vous oblige à répondre et votre convivialité vous excuse largement, à mes yeux, de tout retard ou omission.

    Vous soulevez une question qui me taraude : le rapport de l’homme de caractère et des institutions. Je m’explique: nous avons un système institutionnel extrêmement lourd et paralysant, lié à Bruxelles, mais pas seulement. Le caractère et l’intelligence d’un homme d’exception peuvent ils suffire à soulever le couvercle, à rompre le carcan…

    Figures-vous que moi aussi elle me taraude, cette question.
    Quelle réaction de la fonction publique ? des syndicats qui la mènent et peuvent bloquer tout le pays sur un mot d’ordre ? Avec l’informatique, il suffit d’un seul individu dans chaque administration pour tout arrêter. Sans compter les piquets de grève aux portes des usines, les routes bloquées par les routiers…bref on connaît le cinéma français. Et là, nous sommes tous cuits : particuliers et entreprises.
    J’ai toujours trouvé aberrant des syndicats dans la fonction publique. Or, c’est là qu’ils grouillent. Dans le privé ils sont quasiment inexistants.
    Contre qui ont-ils à se défendre ? Des chefs de service terrifiants ? Des conditions de travail inhumaines ? Même en usine l’ouvrier d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celui d’hier, alors, le fonctionnaire indéboulonnable et qui n’a pas de souci de chômage…

    Quant à Bruxelles… big question ! Jusqu’où s’étend le pouvoir de la commission, du parlement ? J’avoue que je n’en sais fichtre rien.

    Autre chose aussi qui me pose question : le projet de loi que nous prépare le PS sur la transparence de la vie politique (pour s’exonérer de la responsabilité dans l’affaire Cahuzac.)
    D’après ce que j’en ai retenu, tous les élus devront se soumettre à l’examen d’une haute autorité de la transparence de la vie publique (rien que l’énoncé me fait tousser à cause de ma petite voix intérieure qui répète en boucle « URSS 🙂
    Késako ce machin ? Si un élu du peuple ne leur convient pas, la haute autorité le vire et s’assoit sur la souveraineté ? ça sent mauvais ce projet.

    @Freddie
    @Annick. Je ne pense pas que le peuple soit, de fait, souverain. Les agissements du gouvernement à l’occasion de la loi Taubira en sont le symptôme.

    Il ne l’est plus du tout ! Et depuis belle lurette. Il n’y a pas seulement les lois qu’ils nous « fabriquent » tous pour marquer leur territoire comme les chiens contre les poteaux éclectiques,
    mais aussi tout ce que j’évoque ci-dessus à Maxime.
    Qui tient réellement les rênes du pouvoir dans ce pays ? Combien de gouvernants, de ministres, se sont cassés les dents contre les fonctionnaires et les syndicats ?

    @Jacques de Guise
    Vous devriez avoir votre propre blog…..
    Je ne suis pas un petit génie du clavier, je crains de ne pas être à la hauteur technique.

    Je vous invite au mien…http://www.realitedeguisee.com quand vous voulez
    Je ne saurais refuser une si gentille invitation et c’est avec joie que je vais y répondre.

    Vous pensez qu’un parti Beppé Grillo en France serait possible et même désirable?
    Ouille ! Il ne me semble pas que ça ait arrangé grand chose en Italie, mais avec les Italiens on peut s’attendre à tout : ma grand-mère maternelle était Lombarde pur sucre ; c’était une magnifique maîtresse femme 😉

    Bien à vous tous,

  3. koufra dit :

    Jacques,

    Oui, ce personnage doit avoir une vision de soi même allié dans la destinée de la nation, ce qui en soit si on echoue peut apparaitre comme de la folie et de la grandeur si on réussit.

    Oui, les circonstances doivent permettre de remettre tout un système à plat. c’est ce que Bonaparte fit notammant avec le code civile, allié en cela de Cambaceres. Mais les circonstances qui ont permis à Napoléon sont totalement hors normes.

    A quoi pouvait bien penser Bonaparte, en cette journée du 10 aout 1792 lorsqu’il contemplait la fin de la mornarchie dans le bain de sang des gardes suisses sans y participer?

    Ce n’était qu’un simple lieutemant, hors du système.

  4. noop dit :

    Bonjour Maxime,
    vous vous en êtes peut être aperçu, je place la démocratie au centre de la vie politique. Et bien je pense aussi, sans remettre en cause le principe démocratique, que nous devrions aussi réfléchir au mode de sélection des élites politiques, surtout en temps de paix. Pourquoi ?
    N’avez vous pas le sentiment, l’intuition, que dans notre ère du tout communication, le profil de ceux qui arrivent à émerger est antinomique des caractères que l’on est en droit d’attendre d’une personne responsable et que vous rapportez ici ? Il n’y a chez nos élites plus rien de sincère, tout est faux, comme sur une affiche de pub. Les mots mêmes qu’ils emploient pour parvenir à « séduire » l’électorat ne les engagent pas.
    Je crois que l’on y arrivera pas sans changement, ou adaptation profonde de nos institutions à notre époque si différente que celle qui a prévalu à la mise en place de la Ve république. Peut-être même devrions nous envisager une véritable « révolution culturelle » (expression qui contient beaucoup de violence et qui personnellement n’est pas en adéquation avec ce qui me conduit quand je réfléchis à la politique et à la démocratie).

    • Noop, je suis 100% d’accord avec vous! La société hyper médiatique fait émerger une catégorie de leaders sur des critères d’apparence qui n’ont guère de rapport avec les qualités qu’on est en droit d’attendre de chefs responsables. C’est pourquoi de grands hommes comme Raymond Poincaré ou Alexandre Millerand n’auraient sans doute aucune chance aujourd’hui… Quant aux solutions… Elles ne peuvent venir en effet que d’une révolution des consciences mais, bon, une fois que j’ai dit cela…
      Maxime

  5. stauder jean denis dit :

    La Bruyère ne doit pas cacher la forêt.

    Oui, hier est déjà un autre temps . Un temps empli d’autres espérances. Notre époque, au fil de ce même temps a mis au monde des individualistes consommateurs par excellence. Puisque Cicéron a été cité face au sujet, gardons l’esprit des meilleurs Stoïciens, l’Homme est pour faire simple une combinaison de désir, d’impulsion à agir et de raison (jugement) ; la société est un ensemble de ces Hommes attachés à elle par un contrat social. Au sein de l’ensemble formé par la société, se débattent les hommes pour y vivre un bonheur possible, mais la société n’est pas la somme de ses individualités, elle est une entité en propre (sui generis).
    Jusqu’à présent dans une société comme la France, l’Homme était attaché à elle. En effet, la France lui donnait la vie, le pain, un gîte. Elle était du point de vue anthropologique une mère et une mère même patrie, confirme quelle n’est point la somme de ses enfants . Avec la mondialisation et l’individualisme de consommation, l’homme estime qu’il est client. La France est donc une grande surface où ses désir doivent être satisfait, ses impulsions à agir sont celles d’un acheteur avec comme blason le dessin d’un euro et une devise « le client est roi », et pour la raison, dernier rempart pouvant faire surgir la vérité, elle a été pervertie par des lustres d’éclairage d’abrutissement.
    Ce que, certains nomment caractère, il devrait être mû par la « proairésis », beaucoup traduise se terme sous la forme de choix volontaire, mais après des années d’analyse sur les stoïciens et en particulier Epictète, le terme est à traduire sous la forme de signifié « volonté en puissance », ce que plus tard, les scolastiques appelleront « le libre arbitre ».
    Epictète, dans son manuel, nous donne une méthode pour aller vers le bien. Le bien à soi et au monde. Le chef que vous attendez, doit ne pas être un égo-cogito, uniquement centré sur lui-même, mais un être ayant une volonté en puissance de bien agir pour l’ensemble. Donc son jugement, ne doit pas être altérer par un égo en recherche d’honneur ou de richesse, d’ailleurs une des premières phases de formation du stoïcien était d’apprendre à ne pas les désirer . Ensuite à se connaître soi-même, et ce n’est pas Montaigne qui va me contredire. Et la plus grande leçon est qu’on ne peut changer que ce qui est à notre portée.
    Cette connaissance, doit permettre pour ceux qui veulent évoluer, de ce changer avant de changer la société.
    Comme je l’ai déjà dit dans un de mes billets précédents, je suis en pleine préparation des élections municipales de 2014, alors beaucoup d’éléments qui ressortent dans vos billets comme dans les commentaires qui sont réalisés, vous en doutez trouvent écho dans ma réalité.
    Dans ma recherche de colistier, j’ai rencontré nombre de personnes criant au grand diable sur la gestion actuellement en action, qui par de nombreux côtés ressemble à la gestion mise en œuvre par nos amis au gouvernement actuellement, mais lorsque vous leur proposez de vous rejoindre dans votre quête de changements, la fuite verbale pour ne pas dire physique est leur unique réponse. Le caractère c’est bien le courage, le courage de sortir de l’ombre est de dire haut est fort que cela suffit. Mais le caractère ne peut exister seul, il doit être accompagné de travail et d’acceptation du sacrifice. La fuite du plus grand nombre est la marque du refus de sacrifice, même le plus petit, car ils cherchent la récompense, réponse primaire au désir à satisfaire.
    Dans ma jeunesse, j’ai rencontré, alors que je cherchais à m’élever de ma condition première, des hommes dont le langage traduisait, je m’en suis rendu compte bien après, le manque de noblesse et la faiblesse de caractère, par ces mots « il faut mieux être grand chez les petits, que petit chez les grands ». C’est le refus de ces mots qui m’a permis d’être autre.
    Ainsi est né, mon refus de l’acceptation des choses, alors que l’on peut les changer, certes en prenant des risques, mais aurait-on découvert l’Amérique à l’abri dans son fauteuil à la maison devant sa boîte à troubadours ? Oui, cher ami, nous partageons le dédain du risque, puisque sans nous cacher, nous disons ce que nous pensons, librement.
    Le deuxième trait, du caractère, c’est ce dédain du risque, le troisième l’amour de la liberté.
    Oui, le caractère est bien cette proairésis portée au service du bien. Je vous rassure, on peut, encore aujourd’hui, réveiller le caractère de certains, je trouve donc des personnes de courage pour accepter de se donner sans attendre de récompenses.
    Pour conclure, car je vois que le temps m’oblige, notre président actuel est enfant d’une formation dont l’intersubjectivité et l’habitus l’ont transformé en un être acceptant. Sa volonté en puissance est bien celle d’une pâtisserie dont certains l’ont baptisé. Mais, il a cherché, et souhaite conserver les honneurs, avec l’opiniâtreté de l’obscur comptable fiscaliste. D’ailleurs le socialisme a de commun avec le fiscaliste pur et dur que son existence ne dure que jusqu’à se termine l’argent des autres ; ils ne savent pas créer de richesses, juste les consommer.

  6. Koufra dit :

    Les événements offrent aussi des opportunités qui forcent le destin.

    Fouche n’était qu’un simple professeur de mathématiques d’un collège catholique de province.

    de Gaulle n’aurait jamais accédé a la présidence si la seconde guerre mondiale eut lieu.

    Il faut donc:
    1) une vision cohérente et en rupture avec le système existant mais en adéquation avec celui a venir.
    2) du courage et de la ténacité
    3) un reniement de soi même au profit de l’état, on est grand que parce qu’on incarne l’état
    4) de la chance dans une situation historique
    5) on doit être saubre dans sa mise en scène, montrer que notre moteur c’est l’histoire et non l’argent ( la Talleyrand ou danton, ou Fouche pêche un peu… Comme un ancien premier ministre qui l’avait pris pour modèle d’ailleurs).
    6) l’homme doit disposer autour de lui d’une minorité active et déterminée

    Peu d’hommes ont de tels qualités et peu de situations produisent de tels hommes, la rencontre ne se produit pas toujours …

    Nul doute que cette situation historique arrivera prochainement.

    Cordialement

    koufra

    • J’ose vous répondre KOUFRA…a vous dire que vous avez 100% raison cependant cet homme ou femme doit être un peu fou aussi…chose que l’Histoire nous montre au niveau des « grands hommes »..
      Je soulignerais aussi que le personnage qui devrait saisir sa chance devrait arriver en dehors du système..et la complexité de la structure du pays aujourd’hui qu’il doit pouvoir avec discernement faire un nettoyage des uses et coutumes de la gestion du pays. Pas facile, ça.

    • Koufra, « nul doute », vous le croyez vraiment? Moi je suis plus interrogatif, car rien n’est jamais écrit d’avance, mais l’avenir vous donnera peut-être raison; en tout cas, il faut y croire…
      Maxime

  7. Bernard06 dit :

    Les 2 pages sont là :

    LE CARACTERE
    Face à l’événement, c’est à soi-même que recourt l’homme de caractère. Son mouvement est d’imposer à l’action sa marque, de la prendre à son compte, d’en faire son affaire. Et loin de s’abriter sous la hiérarchie, de se cacher dans les textes, de se couvrir des comptes rendus, le voilà qui se dresse, se campe et fait front. Non qu’il veuille ignorer les ordres ou négliger les conseils, mais il a la passion de vouloir, la jalousie de décider. Non qu’il soit inconscient du risque ou dédaigneux des conséquences, mais il les mesure de bonne foi et les accepte sans ruse. Bien mieux, il embrasse l’action avec l’orgueil du maître, car s’il s’en mêle, elle est à lui ; jouissant du succès pourvu qu’il lui soit dû et lors même qu’il n’en tire pas profit, supportant tout le poids du revers non sans quelque amère satisfaction. Bref, lutteur qui trouve au-dedans son ardeur et son point d’appui, joueur qui cherche moins le gain que la réussite et paie ses dettes de son propre argent, l’homme de caractère confère à l’action la noblesse ; sans lui morne tâche d’esclave, grâce à lui jeu divin du héros.
    Ce n’est point dire, certes, qu’il la réalise seul. D’autres y participent qui ne sont pas sans mérite d’abnégation ou d’obéissance et prodiguent leurs peines à faire ce qu’on leur dit. Certains contribuent à tracer le plan : théoriciens ou conseillers. Mais c’est du caractère que procèdent l’élément suprême, la part créatrice, le point divin, à savoir le fait d’entreprendre. De même que le talent marque l’ceuvre d’art d’un cachet particulier de compréhension et d’expression, ainsi le caractère imprime son dynamisme propre aux éléments de l’action. De là, le tour personnel que prend celle-ci du moment qu’il y participe. Moralement, il l’anime, il lui donne la vie, comme le talent fait de la matière dans le domaine de l’art.
    Cette propriété de vivifier l’entreprise implique l’énergie d’en assumer les conséquences. La difficulté attire l’homme de caractère, car c’est en l’étreignant qu’il se réalise lui-même. Mais qu’il l’ait ou non vaincue, c’est affaire entre elle et lui. Amant jaloux, il ne partage rien de ce qu’elle lui donne, ni de ce qu’elle lui coûte. Il y cherche, quoi qu’il arrive, l’âpre joie d’être responsable.
    La passion d’agir par soi-même s’accompagne, évidemment, de quelque rudesse dans les procédés. L’homme de caractère incorpore à sa personne la rigueur propre à l’effort. Les subordonnés l’éprouvent et, parfois, ils en gémissent. D’ailleurs, un tel chef est distant, car l’autorité ne va pas sans prestige ni le prestige sans éloignement. Au-dessous de lui, l’on murmure tout bas de sa hauteur et de ses exigences. Mais, dans l’action, plus de censeurs ! Les volontés, les espoirs s’orientent vers lui comme le fer vers l’aimant. Vienne la crise, c’est lui que l’on suit, qui lève le fardeau de ses propres bras, dussent-ils s’y rompre, et le porte sur ses reins, quand même ils en seraient brisés. Réciproquement, la confiance des petits exalte l’homme de caractère. Il se sent obligé par cette humble justice qu’on lui rend. Sa fermeté croît à mesure, mais aussi sa bienveillance, car il est né protecteur. Que l’affaire réussisse, il en distribue largement l’avantage et, dans le cas d’un revers, il n’admet pas que le reproche descende plus bas que lui. On lui rend en estime ce qu’il offre en sécurité.
    Vis-à-vis des supérieurs, le train ordinaire des choses le favorise mal. Assuré dans ses jugements et conscient de sa force, il ne concède rien au désir de plaire. Le fait qu’il tire de lui-même et non point d’un ordre sa décision et sa fermeté l’éloigne souvent de l’obéissance passive. Il prétend qu’on lui donne sa tâche et qu’on le laisse maître à son bord, exigence insupportable à beaucoup de chefs qui, faute d’embrasser les ensembles, cultivent les détails et se nourrissent de formalités. Enfin, l’on redoute son audace qui ne ménage les routines ni les quiétudes. « Orgueilleux, indiscipliné », disent de lui les médiocres, traitant le pur-sang dont la bouche est sensible comme la bourrique qui refuse d’avancer, ne discernant point que l’âpreté est le revers ordinaire des puissantes natures, qu’on s’appuie seulement sur ce qui résiste et qu’il faut préférer les cœurs fermes et incommodes aux âmes faciles et sans ressort.
    Mais, que les événements deviennent graves, le péril pressant, que le salut commun exige tout à coup l’initiative, le goût du risque, solidité, aussitôt change la perspective et la justice se fait jour. Une sorte de lame de fond pousse au premier plan l’homme de caractère. On prend son conseil, on loue son talent, on s’en remet à sa valeur. A lui, naturellement, la tâche difficile, l’effort principal, la mission décisive. Tout ce qu’il propose est pris en considération, tout ce qu’il demande, accordé. Au reste, il n’abuse pas et se montre bon prince, du moment qu’on l’invoque. A peine goûte-t-il la saveur de sa revanche car l’action l’absorbe tout entier.
    Ce recours unanime au caractère, quand l’événement l’impose, manifeste l’instinct des hommes. Tous éprouvent, au fond, la valeur suprême d’une pareille puissance. Tous ont le sentiment qu’elle constitue l’élément capital de l’action. Car enfin, s’il faut, suivant Cicéron, « étudier chaque chose dans les exemplaires les plus achevés qu’on en possède », où voit- on qu’une grande œuvre humaine ait jamais été réalisée sans que se soit fait jour la passion d’agir par soi-même d’un homme de caractère ? Alexandre n’eût point conquis l’Asie, Galilée démontré le mouvement de la terre, ni Colomb découvert l’Amérique, ni Richelieu restauré l’autorité royale, ni Boileau posé les règles du goût classique, ni Napoléon fondé l’empire, ni Lesseps percé l’isthme, ni Bismarck réalisé l’unité allemande, ni Clemenceau sauvé la patrie, s’ils avaient cédé aux conseils d’une basse prudence ou aux suggestions d’une lâche modestie. Bien plus, ceux qui accomplirent quelque chose de grand durent souvent passer outre aux apparences d’une fausse discipline. Ainsi Pélissier à Sébastopol, empochant les dépêches comminatoires de l’Empereur, pour les lire seulement quand l’affaire serait terminée. Ainsi Lanrezac, sauvant son armée après Charleroi en rompant le combat malgré les ordres reçus. Ainsi Lyautey, conservant tout le Maroc en 1914 en dépit des instructions supérieures. Après la bataille navale du Jutland et l’occasion manquée par les Anglais de détruire la flotte allemande, Lord Fisher, premier Lord de l’Amirauté, recevant le rapport de l’amiral Jellicoe, s’écriait avec chagrin : « il a toutes les qualités de Nelson, sauf une : il ne sait pas désobéir ! »
    Il va de soi que les succès des grands hommes impliquent des facultés multiples. Le caractère, si rien ne l’accompagne, ne donne que des téméraires ou des entêtés. Mais, inversement, les plus hautes qualités de l’esprit ne peuvent suffire. L’histoire nous présente cent personnages doués des plus rares talents, mais dont le manque de caractère frappa l’œuvre de stérilité. Servant ou trahissant à merveille, ils ne créèrent rien ; mêlés aux événements, ils n’y imprimèrent pas leur marque ; considérables, ils ne furent point illustres. Peu d’hommes ont, mieux que Sieyès, pénétré la théorie des institutions. Plein de projets, prodigue de conseils, siégeant sur les bancs des assemblées dans le temps même où la France nouvelle sortait de l’ancienne au prix d’une crise inouïe, qu’a-t-il accompli pendant les années révolutionnaires, sinon « d’avoir vécu » ? M. Henri Joly, s’arrêtant à la carrière de Talleyrand et mettant en relief « la fécondité de vues, la sûreté du coup d’œil, l’ampleur des prévisions, la connaissance des hommes », que possédait ce diplomate, observe qu’il n’a rien fait de grand à une époque pourtant bien favorable et cite à ce sujet le jugement de Thiers : « aimant à plaire, plus qu’à contredire, ayant des penchants plutôt que des opinions…, il n’avait pas le crédit d’un esprit ferme et convaincu. » Le général Trochu, renommé parmi ses contemporains pour son intelligence et son savoir, mêlé, jeune encore, aux grandes affaires dont il avait le sens et l’expérience, se trouva porté au faîte du pouvoir a un moment décisif pour la patrie. Il ne lui manquait rien pour jouer un grand rôle national, sinon, précisément, l’audace de l’entreprendre et la fermeté de s’y tenir.
    LE CHEF
    Inlassablement laborieux, il possède à la fois la volonté et le discernement. Dédaigneux de théories, il se garde de bouleverser et de détruire, mais amoureux du réel, il ne cesse de réformer et d’améliorer. Obstiné dans le dessein, il fait, pourtant, preuve de souplesse. Ardent à préparer, il sait attendre son heure. Dépourvu de scrupules quant aux moyens,
    les choisit simples et opportuns. Sévère pour les hommes sans les mépriser, lucide mais non sceptique, sans illusions mais non sans foi, il est dur aux incapables, impitoyable aux prétentieux, mais généreux à reconnaître les aptitudes qu’il soutient et encourage. Distant bien qu’accessible, s’éclairant de rapports et jugeant lui-même, provoquant le conseil mais jaloux de la décision, il a des adversaires, des partisans, et point d’amis. Ne vivant que pour son œuvre, passionné d’auet prudent, rigoureux et pratique.

    • Bernard6, très belles pages, merci beaucoup. Il faut un équilibre entre le caractère, la raison, l’humanité, vous avez entièrement raison, et c’est ce que nous dit la Bruyère…
      Maxime

  8. Bernard06 dit :

    Cher Mr Tandonnet,
    Merci de nous faire partager ce texte.
    Je vous propose deux pages de Charles De Gaulle que j’ai toujours à portée de main et que j’ai souvent relues, en avion ou à l’hôtel.
    tâche difficile, l’effort principal, la mission décisive. Tout ce qu’il propose est pris en considération, tout ce qu’il demande, accordé. Au reste, il n’abuse pas et se montre bon prince, du moment qu’on l’invoque. A peine goûte-t-il la saveur de sa revanche car l’action l’absorbe tout entier.
    Ce recours unanime au caractère, quand l’événement l’impose, manifeste l’instinct des hommes. Tous éprouvent, au fond, la valeur suprême d’une pareille puissance. Tous ont le sentiment qu’elle constitue l’élément capital de l’action. Car enfin, s’il faut, suivant Cicéron, « étudier chaque chose dans les exemplaires les plus achevés qu’on en possède », où voit- on qu’une grande oeuvre humaine ait jamais été réalisée sans que se soit fait jour la passion d’agir par soi-même d’un homme de caractère ? Alexandre n’eût point conquis l’Asie, Galilée démontré le mouvement de la terre, ni Colomb découvert l’Amérique, ni Richelieu restauré l’autorité royale, ni Boileau posé les règles du goût classique, ni Napoléon fondé l’empire, ni Lesseps percé l’isthme, ni Bismarck réalisé l’unité allemande, ni Clemenceau sauvé la patrie, s’ils avaient cédé aux conseils d’une basse prudence ou aux suggestions d’une lâche modestie. Bien plus, ceux qui accomplirent quelque chose de grand durent souvent passer outre aux apparences d’une fausse discipline. Ainsi Pélissier à Sébastopol, empochant les dépêches comminatoires de l’Empereur, pour les lire seulement quand l’affaire serait terminée. Ainsi Lanrezac, sauvant son armée après Charleroi en rompant le combat malgré les ordres reçus. Ainsi Lyautey, conservant tout le Maroc en 1914 en dépit des instructions supérieures. Après la bataille navale du Jutland et l’occasion manquée par les Anglais de détruire la flotte allemande, Lord Fisher, premier Lord de l’Amirauté, recevant le rapport de l’amiral Jellicoe, s’écriait avec chagrin : « il a toutes les qualités de Nelson, sauf une : il ne sait pas désobéir ! »
    Il va de soi que les succès des grands hommes impliquent des facultés multiples. Le caractère, si rien ne l’accompagne, ne donne que des téméraires ou des entêtés. Mais, inversement, les plus hautes qualités de l’esprit ne peuvent suffire. L’histoire nous présente cent personnages doués des plus rares talents, mais dont le manque de caractère frappa l’ceuvre de stérilité. Servant ou trahissant à merveille, ils ne créèrent rien ; mêlés aux événements, ils n’y imprimèrent pas leur marque ; considérables, ils ne furent point illustres. Peu d’hommes ont, mieux que Sieyès, pénétré la théorie des institutions. Plein de projets, prodigue de conseils, siégeant sur les bancs des assemblées dans le temps même où la France nouvelle sortait de l’ancienne au prix d’une crise inouïe, qu’a-t-il accompli pendant les années révolutionnaires, sinon « d’avoir vécu » ? M. Henri Joly, s’arrêtant à la carrière de Talleyrand et mettant en relief « la fécondité de vues, la sûreté du coup d’oeil, l’ampleur des prévisions, la connaissance des hommes », que possédait ce diplomate, observe qu’il n’a rien fait de grand à une époque pourtant bien favorable et cite à ce sujet le jugement de Thiers : « aimant à plaire, plus qu’à contredire, ayant des penchants plutôt que des opinions…, il n’avait pas le crédit d’un esprit ferme et convaincu. » Le général Trochu, renommé parmi ses contemporains pour son intelligence et son savoir, mêlé, jeune encore, aux grandes affaires dont il avait le sens et l’expérience, se trouva porté au faîte du pouvoir a un moment décisif pour la patrie. Il ne lui manquait rien pour jouer un grand rôle national, sinon, précisément, l’audace de l’entreprendre et la fermeté de s’y tenir.
    LE CHEF
    Inlassablement laborieux, il possède à la fois la volonté et le discernement. Dédaigneux de théories, il se garde de bouleverser et de détruire, mais amoureux du réel, il ne cesse de réformer et d’améliorer. Obstiné dans le dessein, il fait, pourtant, preuve de souplesse. Ardent à préparer, il sait attendre son heure. Dépourvu de scrupules quant aux moyens,
    les choisit simples et opportuns. Sévère pour les hommes sans les mépriser, lucide mais non sceptique, sans illusions mais non sans foi, il est dur aux incapables, impitoyable aux prétentieux, mais généreux à reconnaître les aptitudes qu’il soutient et encourage. Distant bien qu’accessible, s’éclairant de rapports et jugeant lui-même, provoquant le conseil mais jaloux de la décision, il a des adversaires, des partisans, et point d’amis. Ne vivant que pour son oeuvre, passionné d’autorité, disposant du temps, – « étoffe des grandes entreprises » – à la fois hardi et patient, actif et prudent, rigoureux et pratique.

  9. Gérard1 dit :

    Bonjour Maxime, bonjour à tous.

    Je ne fais qu’un copier-coller de phrases glanées en réponse à votre billet,
    Qui me semble très proches de la réalité et très justes.

    @Sceptique
    La Bruyère ayant posé ces vertus fondamentales comme idéales pour un monarque désigné par sa filiation et son rang dans celle-ci, on ne peut pas dire qu’elles soient toujours d’actualité.

    @Freddie
    Nous sommes une province de l’Empire Européen, habitée par des populations disparates qui n’ont pas envie de vivre ensemble, priée de renoncer à ses racines sur tous les plans (attaques constantes sur la religion historique, interdiction de débat sur l’identité nationale, renoncement forcé à notre généalogie via la loi Taubira…)

    @ Jacques de Guise
    il faudrait que le Peuple se rendre compte que son pays, notre pays, la France est au bout du gouffre a tous les niveaux.

    Et surtout

    @ Annick
    Nous sentons bien que nous sommes à une fin de cycle et que le nouveau cycle demande un changement total, et de gestion, et de raisonnement pour s’adapter au monde en marche, à la vie tout simplement qui évolue sans cesse. S’adapter, mais sans tout admettre, surtout pas la perte de souveraineté du peuple et son indépendance, non négociables, n’en déplaise aux commissaires de Bruxelles.

    Bonne journée Maxime et à tous.

  10. Freddie dit :

    @Annick. Je ne pense pas que le peuple soit, de fait, souverain. Les agissements du gouvernement à l’occasion de la loi Taubira en sont le symptôme. Qu’on soit pour ou contre cette loi, on ne peut que constater que la façon dont elle passe est inquiétante. A tout le moins si ses partisans étaient de bonne foi, et étant donné qu’ils proposent un changement majeur de morale et de société, ils devraient d’abord s’expliquer, présenter leurs arguments, essayer de convaincre. Or, nous assistons à des abus de pouvoir (affaire de la pétition au conseil économique et social), à des violences sur enfants et personnes âgées, à une diabolisation systématique des opposants, à un simulacre de vote parlementaire (le mariage Taubira est-il si essentiel qu’il vaille que le sénat se décrédibilise complètement pour le faire passer ?). Bref, le gouvernement se conduit de manière dictatoriale, et gouverne contre le peuple. On a même l’impression qu’on le gêne d’être encore là, dans notre pays, et qu’il nous évacuerait volontiers. Sur internet, c’est lisible, de plus en plus de gens se posent la question : pour qui roule le gouvernement ? Là, les vues divergent. L’un pense que c’est pour les francs-maçons, l’autre pour la finance mondiale, le troisième pour les lobbies, le quatrième pour faire carrière, le cinquième pour Bruxelles, le sixième pour Obama, le septième pour les puissances pétrolières, le huitième par esprit de revanche anti-France et certains avancent même que c’est pour le diable… mais une chose est sûre : tout le monde est d’accord, le gouvernement ne travaille pas pour nous !

  11. Très intéressant cette description.
    Je me demande comment un superman comme vous le decrivez va pouvoir bouger un peuple qui vit sur lui-même, ne voulant pas voir ailleurs et prendre le meilleur, comment cette personnalité va pouvoir bouger un Peuple qui vit sur ces acquis. Sans vouloir prôner la révolution physique, il faudrait que le Peuple se rendre compte que son pays, notre pays, la France est au bout du gouffre a tous les niveaux.

  12. HUIBAN dit :

    M. Tandonnet,

    Effectivement, le caractère est la qualité première des hommes et des femmes qui marquent les sociétés de leur temps en crise, dans le domaine de la politique, mais aussi des arts, des sciences, des lettres et des armes.

    Plus que jamais, étant donné la complexité de nos sociétés actuelles, cette homme ou cette femme devra savoir, effectivement, s’entourer de personnalités compétentes et loyales (la loyauté, qualité rare de nos jours…) sur la base d’un projet global et cohérent, à l’image d’un plan d’action stratégique pour la France. Si le général de Gaulle a réussi à redresser le pays après 1945, c’est aussi grâce à une administration dont les clés étaient tenues, pour une bonne part, par ceux qui avaient prouvé leur désintéressement et leur engagement au service de la Patrie dans la Résistance.

    Autre qualité très rare de nos jours, mais pourtant essentielle : la noblesse du comportement, le panache, à travers le respect spontané de la loi librement consentie. Ce point nécessite à lui seul du caractère, tant notre société porte au pinacle la réussite matérielle et le court-terme. Il en faut du caractère pour des hommes et les femmes qui, gravissant les échelons de la société, ont de plus en plus de libertés pour céder à la tentation du clinquant, voire de la luxure…

    Faisons donc en sorte d’encourager ces comportements vertueux au quotidien afin qu’émerge un homme ou une femme d’exception, mais aussi une nouvelle génération pour l’épauler, et ce afin qu’il ou elle ne suive pas le destin du Marquis de Pombal…

    Respectueusement,

    Patrice HUIBAN.

    • Patrice Huiban, merci beaucoup. Entièrement de votre avis, la grande qualité d’un homme d’Etat, d’un chef en général, est de savoir s’entourer, écouter et décider. Rien n’est possible sans ces qualités de vertu dont vous parlez si justement.
      Maxime

  13. Annick dit :

    Bonsoir Maxime,

    On ne peut que vivement approuver cette définition d’un homme d’état.
    Mais aujourd’hui notre état est mortellement malade, notre monde politique a perdu la boule, (jusqu’à Bruxelles). Ils sont corrompus, déformés par l’idéologie qui est le seul ressort et les rend inconsistants et inaptes au pouvoir tel que décrit par La Bruyère, donc inutiles, en fin de compte.

    Entre PS et UMP, on ne voit pas bien où se trouve la frontière. Ces partis sont devenus des fabriques à politiciens où l’on entre dès la sortie de l’école pour y faire carrière, c’est à dire pour durer le plus longtemps possible puisqu’on s’est formé pour ça, et uniquement ça.
    Là est le problème essentiel qui entraine toutes les démagogies, la tiédeur des opinions et la faiblesse des actes.
    Envisager ce qui doit être un engagement, un service, comme un parcours professionnel ne peut aboutir qu’à une mascarade à « fabriquer » des candidats, mascarade que nous devrions refuser énergiquement pour pouvoir reprendre notre destin en main.
    Par exemple en votant systématiquement blanc à chaque élection, jusqu’à ce que se produise un retournement complet, ou se présente un candidat qui sorte du moule.
    Car c’est ce moule, cette « matrice », qui a provoqué notre effondrement et il est vain d’attendre un quelconque changement d’un homme ou d’une femme qui en sort avec les mêmes « outils » qui ont provoqué l’effondrement.
    Et puis, pourquoi s’en remettre à une personne, ou un groupe de personnes, en espérant que, cette fois, ils sauront nous sortir du guêpier, alors que nous devrions d’abord prendre en main notre propre responsabilité et décider d’influer sur la conduite du pays en nous donnant la capacité d’agir.
    A mon sens, c’est sur cette capacité -nos moyens collectifs- qu’il nous faut réfléchir.

    Aujourd’hui la violence gronde et enfle parce que les Français souffrent. Ils souffrent de n’être ni entendus, ni représentés. Si les autistes de tous bords continuent -pour les uns leur cap, pour les autres leurs bagarres de chefs- la situation empirera car il n’y pas de miracle possible.

    Nous sentons bien que nous sommes à une fin de cycle et que le nouveau cycle demande un changement total, et de gestion, et de raisonnement pour s’adapter au monde en marche, à la vie tout simplement qui évolue sans cesse. S’adapter, mais sans tout admettre, surtout pas la perte de souveraineté du peuple et son indépendance, non négociables, n’en déplaise aux commissaires de Bruxelles.

    Bien à vous,

    • Bravo Annick comme d’habitude…Vous devriez avoir votre propre blog…..Je vous invite au mien…http://www.realitedeguisee.com quand vous voulez
      Vous pensez qu’un parti Beppé Grillo en France serait possible et même désirable?

    • Chère Annick, je vous réponds avec retard, excusez moi. Vous soulevez une question qui me taraude: le rapport de l’homme de caractère et des institutions. Je m’explique: nous avons un système institutionnel extrêmement lourd et paralysant, lié à Bruxelles, mais pas seulement. Le caractère et l’intelligence d’un homme d’exception peuvent ils suffire à soulever le couvercle, à rompre le carcan… Personne n’a jamais essayé au fond, Mme Thatcher peut-être… Moi, je pense que c’est le cas…D’où l’espoir en l’avenir…
      Bien amicalement
      maxime

    • Nous avons un système institutionnel extrêmement lourd et paralysant poin, et pas en raison de notre liaiason avec Bruxelles

      Il existe une nuance ici…. Nous avons donné a Bruxelles ce que nous ne pouvions pas décider par nous même. Je le vois depuis que je suis arrivé en France depuis des années. Les décisions que NOUS a Paris et en France que nous aurions du prendre on été facilement laissé a Bruxelles. C’est notre propre faute!

  14. JD75 dit :

    Cher Maxime,
    Je partage largement votre analyse.
    Je rajouterai, en contribution, une petite phrase prêtée au général Buat vers 1920, que je cite de mémoire: « En France, des gens intelligents, nous en avons beaucoup; peut-être même de trop. Des gens efficaces, nous en avons juste ce qu’il faut. Mais des gens de caractère, nous en manquons cruellement. »
    Personnellement, j’approuve.
    Bien cordialement,

  15. Bonjour Maxime,

    J’adhère à ce que vous dîtes sur les qualités nécessaires à un grand homme d’Etat.

    Néanmoins je ne pense pas qu’un homme puisse présider aux destinées d’un peuple aujourd’hui, et encore moins un homme issu du jeu démocratique traditionnel, avec son cortège d’électeurs à satisfaire.

    Si Louis XIV a fait son siècle, je pense qu’aujourd’hui c’est le contraire : ce n’est pas un homme qui changera la situation, mais un peuple dans une volonté de réforme qui portera un homme qui reflétera cette volonté.

    A moins que la démocratie ne se fissure et qu’apparaisse la figure d’un père de la Nation. Mais il faudrait un événement très grave (faut-il le souhaiter ?).

    Cordialement,

    MC

    • Michel Croz, c’est un point sur lequel je m’interroge souvent. Je suis assez d’accord avec vous, un seul homme ne peut pas tout faire. Cependant, je crois qu’une nation moderne doit s’incarner dans une figure unique, un chef, un leader… S’il n’y a pas quelqu’un au sommet pour donner un impulsion, avec son entourage évidemment, rien ne se passe et on ne sort pas de l’immobilisme.
      Maxime

  16. Freddie dit :

    Ah oui, parmi les outils de déconstruction identitaire, j’allais oublier l’école publique et ses cours d’histoire…

    • Merci Freddie pour ces trois commentaires que j’approuve entièrement, notamment le second qui correspond parfaitement à ce que je pense…
      Maxime

  17. Freddie dit :

    J’ajoute que votre article me fait penser à un dicton qui court dans les entreprises (mais je ne me rappelle plus quelle en est la source), à savoir que lorsqu’il y a un problème, cherchez le chef ! Je crois que ça s’applique bien au niveau national. Nous n’avons plus de chef réel identifiable (seulement des technocrates bruxellois que nous ne connaissons pas). Il est probable que cela veuille dire que ce qui fut un pays n’existe plus vraiment. Nous sommes une province de l’Empire Européen, habitée par des populations disparates qui n’ont pas envie de vivre ensemble, priée de renoncer à ses racines sur tous les plans (attaques constantes sur la religion historique, interdiction de débat sur l’identité nationale, renoncement forcé à notre généalogie via la loi Taubira…). Alors, allons nous suivre le chemin orwellien et voir la dictature se renforcer, ou bien comme tous les empires l’ont toujours fait, les empires actuels sont-ils voués à se disloquer ?

  18. Freddie dit :

    Il est certain que ce n’est pas la grandeur qui caractérise les politiciens actuels. Mais je me demande si l’époque s’y prête. Je me souviens d’une déclaration un peu provocatrice de Zemmour sur le fait que la politique s’ouvre aux femmes parce qu’elle n’est plus un lieu de pouvoir, et qu’on reconnaît les vrais lieux de pouvoir au fait qu’ils attirent les hommes, qui aiment ça. En tant que lieu de pouvoir, il a cité la finance. Les politiciens actuels sont effectivement dépossédés : par les financiers et par les institutions européennes. De plus, ils ont peur des médias. Du coup, ce métier attire peut-être moins les personnalités charismatiques, qui préfèrent fonder Apple par exemple… A part ça, merci pour le conseil d’aller voir ce qui se passe du côté d’Union Républicaine. J’ai regardé le site et c’est intéressant. Je vais étudier la question sérieusement. Je crois que les LGBT nous ont donné une bonne leçon au moins sur un point : il faut faire du lobbying !

  19. Sceptique dit :

    La Bruyère ayant posé ces vertus fondamentales comme idéales pour un monarque désigné par sa filiation et son rang dans celle-ci, on ne peut pas dire qu’elles soient toujours d’actualité. Le caractère, c’est la surface offerte aux autres par une personnalité. Elle est sous le contrôle de ce qu’on appelle l’idéal du moi. Il va sans le dire que le caractère a vocation à échapper de temps en temps à ce contrôle.
    Comme plus personne, de nos jours, n’est préparé en particulier à la fonction de chef d’État, cette ambition germe dans l’esprit de ceux qu’un parcours politique à un bon niveau de responsabilité, avec des « retours » gratifiants ou flatteurs, permettent à un « moi » de s’imaginer Président de la République. Je précise que cette ambition ne présente d’intérêt que depuis l’instauration de la Vème République, et de l’élection du Président au suffrage universel.
    La question du caractère n’intéresse que le niveau des partisans qui vont soutenir la candidature d’un des leurs, le rejoindre dans la satisfaction de son désir. Ce sont eux qui vont essuyer les traits de caractère inavouables du candidat ou de la candidate. Ce sont eux qui vont essayer de rendre le plus présentable et le plus convaincant possible, leur héros*.
    Progressivement, l’accomplissement du parcours d’un candidat, entre le surgissement de la vocation, et l’élection proprement dite, est devenu l’oeuvre d’une équipe.
    L’électeur aura à choisir entre plusieurs candidats prêts à l’emploi. Parmi lesquels les vraiment possibles ne sont que deux ou trois.
    *cf le film « La conquête »

    • Sceptique, je crois que les grands piliers de l’humanité sont immuables, les qualités qui font un grand chef ou un grand homme sont les mêmes dans toutes les époques. La société change profondément mais l’homme et la femme restent les mêmes, avec leurs qualités et leurs défauts. (Voir les Essais de Montaigne qui en sont une extraordinaire illustration)
      Bien à vous
      maxime

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