Euro, les deux erreurs

La divinisation comme la diabolisation de la monnaie européenne sont deux erreurs de la classe politique française.

Affirmer que l’euro, en tant que noyau de l’Union européenne, serait le pilier de la paix en Europe, comme l’ont fait tous les chefs de l’Etat depuis Mitterrand, me paraît difficilement soutenable. Une monnaie et des institutions communes n’ont jamais été de nature à éviter les conflits, surtout à une époque où la plupart des guerres ont un caractère civil, opposant des factions opposées d’une même entité politique (Yougoslavie, Russie, Afghanistan, Irak, Afrique des lacs, etc.) Ce sont les flambées de passion, l’exacerbation des conflits d’intérêt, les haines ethniques ou religieuse, le sentiment d’injustice dans le partage des richesses qui entraînent les dérives sanglante. Cela n’a strictement rien à voir avec l’existence d’une monnaie commune ou de structures à caractère fédéral.  La réconciliation entre la France et l’Allemagne est évidemment bien antérieure à l’euro, remontant au général de Gaulle. Elle est ancrée dans une réalité passionnelle infiniment plus solide que la monnaie unique et les institutions de Bruxelles. Elle est due à la sagesse des dirigeants de l’époque et des deux peuples, à un contexte historique et international issu de la deuxième guerre mondiale. De même, l’amitié entre la France et la Grande-Bretagne, tout aussi profonde, ne saurait avoir le moindre rapport avec la monnaie unique puisque le Royaume-Uni n’en fait pas partie.

Le dogme inverse, celui selon lequel une sortie de l’euro serait le « remède miracle » pour sortir l’économie française du marasme est tout aussi absurde et démagogique. La Grande-Bretagne est dans une situation désastreuse alors que l’économie Allemande s’en sort relativement bien. La disparition de l’euro ne dispenserait en aucun cas la France et les autres nations européennes de l’obligation d’accomplir des efforts et des réformes gigantesques, de réduire considérablement les prélèvements obligatoires, les déficits, et une dette publique monstrueuse, de libérer l’entreprise des contraintes infernales qui pèsent sur elles, bref de  cesser de vivre au-dessus de leurs moyens, de restaurer la compétitivité et de dé-soviétiser l’appareil productif ce qui suppose une véritable révolution. Voir dans la seule sortie de l’euro une sorte de poudre de perlimpinpin dispensant d’une profonde transformation de l’économie française dans le sens de l’effort relève de l’imposture totale.

La vérité, c’est que le débat est prisonnier des idéologies et d’une guerre de religion. Or, la seule chose qui compte, ce sont les réalités. La France a perdu un million d’emplois industriels en 10 ans. L’Espagne compte 24% de sa population au chômage. La Grèce et l’Italie connaissent un appauvrissement de leur pouvoir d’achat et une montée de la misère sans précédent dans l’histoire contemporaine, le taux de chômage de la « zone euro » atteint 12% et l’Europe est devenue une zone de stagnation dans un monde en plein mouvement. Les ergotages sur le degré de responsabilité de l’euro n’ont guère de sens. La politique monétaire est par définition l’un des déterminants essentiel de la situation économique. Les défenseurs inconditionnels de l’euro doivent ouvrir les yeux, sortir de l’aveuglement idéologique : à un certain stade, sauf retournement imprévu de l’évolution économique, les faits risquent d’imposer leur loi. Il sera politiquement et moralement impossible d’imposer le sacrifice de toute une génération pour  perpétuer un système qui aura fait faillite : celui d’une politique monétaire unique et rigide appliquée à des Etats dans des situations extrêmement diverses. La question de sauver l’unité politique de l’Europe, l’amitié et l’alliance entre ses peuples, en faisant le sacrifice de la monnaie unique au profit d’une solution plus souple et respectueuse de la diversité des situations peut alors se présenter de manière légitime et sans démagogie: coexistence d’une monnaie commune et de monnaies nationales ou euro à géométrie variable… J’attends le premier de ma famille politique qui aura le courage, l’audace, la lucidité de poser la question en ces termes.

Maxime TANDONNET

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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24 commentaires pour Euro, les deux erreurs

  1. Vu du Mont dit :

    Notre problème c’est la désindustrialisation et la perte de millions d’emplois.
    Le seul axe de travail qui vaille c’est industrialiser notre pays mais avoir une capacité de vendre à un bon prix tant à l’extérieur qu’à la consommation intérieure. Or, rien n’est mis en place pour servir cet objectif.
    L’€uro n’est pas l’Alpha et l’Oméga. Nous pouvons en sortir et disposer d’une monnaie €uro/franc qui permettrait des ajustements. Actuellement ceux-ci ne sont pas possibles. Conséquence nous ne sommes pas compétitifs et donc pas d’entreprises, pas de jobs, conséquence pauvreté.
    A côté de cela, il y a lieu de réformer notre système avec mesure.

  2. Annick dit :

    Bonsoir Maxime, Bonsoir Duff,

    duff, je suis entièrement d’accord avec vous sur un point, le retrait de l’euro pour espérer pouvoir mener des politique de facilité en étant protégé par la dévaluation est une pure supercherie démagogique

    Entièrement d’accord aussi. Les réformes structurelles sont impératives, euro ou retour du franc.
    Avec la décision de Montebourg aujourd’hui, on a de quoi se faire du souci… De quoi je me mêle ! Voilà l’exemple type de ce dont l’état ne doit surtout pas se mêler.

    L’absence de taux de change, et la dette, nous coûtent des milliers d’emplois.

    Duff, l’assurance maladie, retraite, etc, il est possible dès à présent d’avoir recours au privé, et bien des chefs d’entreprise français sont en train de se débarrasser de ce monopole.

    Bien à vous,
    Le savez-vous ?

  3. Duff dit :

    @Annick

    Si vous lisez Charles Gave, nous ne pouvons qu’être d’accord!

    Les mauvaises raisons c’est de retarder les réformes du secteur public, et de la sainte trinité aussi coûteuse qu’archaïque assurances maladie, chômage, retraite.

    Le retour à une monnaie dévaluée c’est un coup de pouce temporaire mais c’est un vol de l’épargne et donc un appauvrissement in fine.

    Cordialement

  4. Annick dit :

    Bonjour Duff,

    Merci pour votre réponse.
    Il m’est arrivé une fois de poster en « Anonyme », sans doute parce que j’avais oublié de remplir les cases. Je l’ai aussitôt signalé. Ce n’est donc pas important mais votre précision indique qu’il y a 2 participants différents et que vous seul répondez.

    Quand vous dites ;
    D’ailleurs l’industrieuse Italie du Nord s’en sort très bien et je crois que l’Italie enregistre des excédents commerciaux. Le problème vient de pays qui ne sont pas en compétition industrielle avec l’Allemagne. En dehors du tourisme, de la feta et de l’huile d’olive, que produit la Grèce? Idem pour le Portugal, l’Irlande (trop spécialisée dans les services) et l’Espagne exception faite comme par hasard de la Catalogne.
    Je suis d’accord avec votre constat qui prend bien en compte la spécificité de chacun des pays.
    Italie Nord et Sud ont toujours été différentes, euro ou pas. Et oui, leur balance commerciale est positive alors que la nôtre est déficitaire depuis… l’euro !

    La question à se poser est pourquoi l’euro a-t-il fait plonger des pays qui, avant lui, n’avaient pas de telles difficultés, même si, il existait en effet, des différences de niveau de vie.
    Charles Gave, dans ses analyses, donne une réponse :
    l’euro a permis à tous les pays de sa zone d’emprunter à des taux bas.
    De fait, la Grèce, l’Italie, le Portugal, la France, l’Espagne, l’Irlande, etc, ont vu leur taux d’emprunt baisser fortement. Ce qui leur a permis de disposer, par la dette (et là est l’erreur des responsables), d’une masse de liquidités qu’ils ont distribuées pour soigner leur clientèle (dans le but d’assurer leur réélection). De là : hausse des salaires, hausse du nombre de fonctionnaires (ce qui donne plus de place et d’importance à l’état), hausse des subventions de tous poils, constructions pharaoniques et autres bêtises.
    Cet argent, non gagné, gratuit, et distribué, ceux qui l’ont reçu l’ont placé selon ce qu’il y avait en place dans chacun de ces pays.
    C’est ainsi qu’il y a trop d’immobilier en Espagne, trop d’usines en Allemagne, trop de fonctionnaires, etc.
    L’investissement n’a pas été pensé pour construire de nouvelles structures, il n’a pas servi à développer mais à financer et à dépenser à tort et à travers en créant des bulles.
    Rattraper cela aujourd’hui est impossible.

    Si l’euro doit disparaître j’espère que ce ne sera pas pour de mauvaises raisons.

    Je ne sais pas ce que vous appelez « mauvaises raisons ».
    Je pense, moi, que s’il disparaît, ce serait au contraire pour de bonnes raisons. C’est à dire que l’on aurait enfin abandonné l’économie keynésienne et repris les bonnes règles de gestion, en obligeant les états à ne plus dépasser les limites de leurs fonctions et à équilibrer leurs budgets. Qu’ils comprennent enfin que c’est la dette qui tue la croissance puisque pourvoyeuse d’impôts et taxes jusqu’au ciel.

    Bien à vous,

  5. duff dit :

    @Annick Je signe mes commentaires, donc je ne suis pas l’anonyme!

    Pour vous répondre bien que succinctement, chaque pays a ses atouts et ses faiblesses. La Norvège dispose d’une manne pétrolière par exemple, les suédois ont réformé leur état providence après la faillite de la crise du début des années 90 etc.

    Je pense que nos entreprises qui connaissent actuellement des profits historiquement bas sont accablées d’impôts et ce sont pas les mesurettes d’hier soir qui vont inverser la tendance. Des entrepreneurs vous disent qu’ils importent des pièces venant d’Allemagne parce que les fournisseurs français ont disparu. Il n’y a pas de fatalité car l’écart en coût du travail en particulier dans le secteur industriel n’est pas abyssal du tout. Plus de flexibilité, une protection santé et familiale plus à la charge des entreprises et on peut revenir dans la compétition.

    D’ailleurs l’industrieuse Italie du Nord s’en sort très bien et je crois que l’Italie enregistre des excédents commerciaux. Le problème vient de pays qui ne sont pas en compétition industrielle avec l’Allemagne. En dehors du tourisme, de la feta et de l’huile d’olive, que produit la Grèce? Idem pour le Portugal, l’Irlande (trop spécialisée dans les services) et l’Espagne exception faite comme par hasard de la Catalogne.

    Si l’euro doit disparaître j’espère que ce ne sera pas pour de mauvaises raisons.

    Cordialement

    • michel43 dit :

      certaines personnes;;font une fixations sur Marine Lepen,,dont Annick EST t »elle la seule a dire CELA? et bien NON,,a gauche et a droite,,des politiciens vont dans son sens,,voila la vérité rétablie, quand aux experts, des NULS qui se trompes tout le temps ,la FRANCE, est malade ,c »est vrais, personne n’osera appliquer l’antidote,,POURQUOI? c’est tout simple, l’état dans tout les domaines est aux mains des corporatismes, des lobby; des minorités puissantes, qui ne sont pas prêtes a lâcher le morceau et leurs avantages, Notre pays a des atout,,OUi ;;la CMU,le RSA;l »AIDE Médical d »état;le droit au logement ;les clandestins jamais inquiété;, et je ne parle pas de l »Outre -Mer et la conneries de SARKOZY sur Mayotte,un tiers de la populations sont des clandestins, le DUPONT de droite a échouer, celui de gauche va faire pire,se qui va favoriser les extrêmes,, Alors l »euros, faut vivre avec,une autre connerie; LA FRANCE d »en haut n »a toujours pas compris ,qu »il faut lâcher du lest, sur leurs avantages, la FRANCE d »en bas créve, celle du milieu souffre, et en a marre qu »on leurs vides leurs poches,,,d »ou la monter des extrêmes ,,surtout que la droite Molle est dans le floue le plus total,comme le disait :Geneviève Tabouis;::attendez vous :::a savoir,,,que le couvercle va sauter,,les irresponsables, qui voulait a tout prix voir les pays se donner la mains ,et de ce fait::une Europe forte,,PAS de chance: de l »Euros: l »euros,on n »en veut pas,chez nous,cela a amener la pauvreté ,la misère ,pas pour les multinational, les très grosses entreprises,,qui on vue,la faille,,produire dans les pays a bas coup et fermer les usines en FRANCE,ON nous matraque de puis plus de 40 ans,la plus grande entreprises de FRANCE,se sont les Artisans ,commerçants ;PME et PMI, ,Maxime doit se souvenir? une autre bêtise de SARKO :Réforme de la taxe professionnelle ,concocté pars les cerveaux de Bercy,, une fumisterie de hauts fonctionnaires qui ne savent pas quoi inventer pour emmerder ceux qui font fonctionner le pays et de ce fait assure leurs salaires,

  6. Annick dit :

    Bonsoir Duff, et Anonyme,

    @Duff :Sortir peut être mais voyez ce que dit Marine Le Pen, elle tente de nous faire croire que la simple sortie et c’est magique, hé bien il faut le dire, ça marchera un temps, le temps de spolier l’épargne des français et après? Quelle stratégie à plus long terme?

    @Anonyme :Sortir de l’euro c’est possible, souhaitable je ne le pense pas pour une raison que François Mitterrand avait comprise mais s’était bien gardé d’expliquer à sa famille politique.

    La France souffre de sa compétitivité car l’euro signifie abolition du taux de change (excellente chose pour le commerce) et autre mesures protectionnistes et bricolages monétaires devenus impossibles.

    Vos 2 posts se ressemblent tant que je me demande s’ils ne viennent pas du même auteur.
    Qu’importe, là n’est pas l’important.

    Je ne suis pas une experte économiste, mais je vis en France et me rends bien compte que depuis l’existence de l’euro rien ne va plus. Pire, tout s’effondre et plus on insiste, moins ça va.
    Allons-nous persister dans cette voie, ou bien, plus raisonnablement, nous poser enfin les bonnes questions et accepter de faire une analyse avec justesse, dégagée des idéologies ridicules, des croyances erronées et des déclarations de politiques qui ne peuvent se déjuger tant leur responsabilité est engagée dans cette ruine imposée par leurs erreurs et leur intérêt personnel.

    Selon vous, nous n’aurions aucune autre alternative que de maintenir l’euro, cette devise dont le coût est pourtant exorbitant. Les pays tombent les uns après les autres, et sitôt l’un « sauvé » (pour combien de temps ?) c’est un autre qui appelle au secours.
    Aussi, je vous pose une question :
    pouvez-vous m’expliquer pourquoi la Suède, la Norvège, le Danemark… qui font partie de l’Europe mais qui ont conservé leur propre monnaie se portent à merveille, avec une croissance enviable, et un marché de l’emploi sain ?
    Aucun de ces pays n’a spolié l’épargne de ses citoyens.
    En revanche, l’euro l’a déjà spoliée à maintes reprises, le dernier exemple de ce vol intolérable étant Chypre.

    Pour le reste, je suis d’accord avec vos arguments sur un état trop centralisé, donc obèse et coupable de distribuer l’argent du contribuable à tort et à travers, nous en avons déjà parlé sur ce blog.
    C’est pourquoi la sortie de l’euro devra s’accompagner de réformes structurelles absolument indispensables.

    Bien à vous,

  7. duff dit :

    Bonjour M. Tandonnet,

    Je ne suis pas convaincu que la zone euro est une zone monétaire optimale comme disent les économistes. Pas plus que le fédéralisme à marche forcée mais trop lente par rapport à la vitesse de propagation de l’incendie ne puisse résoudre au fond le problème. Une étude même rapide des Etats Unis montrent que la redistribution du budget fédéral est bien plus conséquente tandis que les écarts entre états sont bien moindres qu’en Europe.

    Ceci dit la germanophobie du PS qui avait début fin 2011 révèle une différence considérable entre latins et allemands que l’euro était sensé gommer : En France, plutôt que se lancer dans cette compétition saine, aux règles transparentes nous avons laissé notre système fiscal diverger avec l’Allemagne ainsi que nos comptes sociaux déraper au point d’atteindre 57% du PIB absorbé soit plus de 10% de plus que le reste de la zone…

    L’économiste Jean-Marc Daniel a une explication pertinente : En France comme en Italie, la classe politique est nostalgique des dévaluations compétitives et de l’inflation. Des bricolages pour voler les épargnants de manière insidieuse et s’affranchir de réformes structurelles coûteuses électoralement. Oui mais dans la zone euro ça ne marche plus, on préfère tirer sur le bon élève plutôt que de reconnaître ses carences. L’éternel nivellement par le bas alors que l’euro était un défi pour faire le contraire. L’euro va probablement disparaître par la lâcheté des politiques qui en plus disent haro sur une austérité qui n’a même pas commencer. L’illustration de cela se trouve même dans le fameux rapport Gallois parlait aussi d’un euro à 1.15$ ce dont les allemands ne voudront jamais!

    Sortir peut être mais voyez ce que dit Marine Le Pen, elle tente de nous faire croire que la simple sortie et c’est magique, hé bien il faut le dire, ça marchera un temps, le temps de spolier l’épargne des français et après? Quelle stratégie à plus long terme?

    C’est l’absence de courage qui aura la peau de l’euro, vu la dégringolade qui s’accélère de notre secteur marchant surtout des PME et ETI, 2013 va marquer un tournant historique, en mal.

    Cordialement

    • duff, je suis entièrement d’accord avec vous sur un point, le retrait de l’euro pour espérer pouvoir mener des politique de facilité en étant protégé par la dévaluation est une pure supercherie démagogique. Cela dit, je me demande si la rigidité monétaire, l’absence de tout ajustement de taux de change, ne se traduit pas aujourd’hui par la disparition d’un million d’emplois industriels en 10 ans. Je n’ai pas de réponse définitive, j’essaye de réfléchir. Une chose dont je suis persuadé: si la situation de la zone euro continue à ce dégrader (20 millions de chômeurs) tôt ou tard, la question de l’euro tel qu’il est va se poser…
      MT

  8. Anonyme dit :

    Bonjour,

    Sortir de l’euro c’est possible, souhaitable je ne le pense pas pour une raison que François Mitterrand avait comprise mais s’était bien gardé d’expliquer à sa famille politique.

    La France souffre de sa compétitivité car l’euro signifie abolition du taux de change (excellente chose pour le commerce) et autre mesures protectionnistes et bricolages monétaires devenus impossibles. Les allemands l’ont compris et ont entamé des réformes structurelles tout en visant un positionnement haut de gamme. La France a continué à vivre au dessus de ses moyens, avec une fiscalité tueuse pour les entreprises souvent dirigées par une caste sans vision ou à courte vue puisqu’au jeu des chaises musicales, ses amis lui retrouveront un poste. Les grands groupes se sont mondialisés à temps et nos PME et ETI sont en 2013 en danger mortel.

    Je partage l’analyse de l’économiste Jean Marc Daniel : Il y a dans la germanophobie de la gauche un refus du nivellement par le haut, de la méritocratie. Ils sont méchants parce qu’ils ont le courage de faire ce que la gauche ne veut pas expliquer l’intuition de Mitterrand : En s’arrimant à l’Allemagne dans un système qui assure une concurrence saine, loyale, source de croissance, la France doit abandonner ses vieux démons : Ne pas se réformer et gagner du temps avec des dévaluations et par l’inflation, c’est à dire un vol des épargnants, des cigales, puisque les fourmis ne veulent pas de refonte de l’Etat providence.

    Cette tentation existe à droite hélas aussi : Sortir de l’Euro comme le FN le propose c’est faire croire qu’on peut s’exonérer des réformes structurelles dont nous avons besoin pour ramener dans la moyenne de la zone euro nos dépenses publiques ramenées au PIB : Il faut repasser de 58% à 40/45% afin de dégager les entreprises de cet étau fiscal. Le FN oublie de le dire, il propose un appauvrissement massif de tous y compris ceux qui ont su gérer leur budget au profit d’un faible et temporaire surcroît de compétitivité.

    Le pire c’est que le camp de ceux qui veulent une pause dans l’austérité est en train de l’emporter : En réalité l’austérité n’a jamais commencé. On a juste augmenté des impôts en croyant stupidement que ça allait suffire… Quelle lâcheté!

    C’est le manque de courage et de vision qui aura la peau de l’euro.

    Cordialement

  9. georges dit :

    ANNICK
    QUEL BONHEUR DE TE LIRE
    Si la plupart des dirigeants européens adhèrent à de tels excès de rémunérations(s’en battent l’aile c’est le con- tribuable européen qui douille ) c’est que la plupart d’entre eux rejoignent,après services rendus à la patrie, le cortège des eurocrates ou toute autre instance internationale.Même sieur Van Rompuy ,séparatiste notoire dans son royaume ,à mis ses convictions de côté pour se remplir les poches.

    Les groupes d’influence (internationaux) font ,paraît-il ,des affaires juteuses au « Berlaymont ».

  10. Annick dit :

    Bonsoir Maxime,

    La réalité va, encore une fois, les mettre aux pieds du mur (et pas celui des c… idéologiques).

    Un pays qui vit de son tourisme, de ses oliviers, et quelques armateurs, peut-il avoir la même économie que celui qui dispose de grandes industries ?
    Évidemment, non !
    Dès lors ce pays ne peut avoir la même monnaie, car le prix de sa monnaie, sa valeur, n’est pas équivalente à celle du pays fortement industrialisé.

    Nous nous souvenons tous de la « politique du Franc fort » qui nous fut imposée pour que notre monnaie rejoigne le niveau du Mark (l’Allemagne n’ayant accepté l’union qu’à la condition que 1€ = 1 D.Mark). Cette politique, déjà, nous valut quelques dégâts, dont la montée du chômage.
    Cette expérience (malheureuse) aurait dû alerter.

    Mais nos « oints » ont décidé, avec leur mansuétude habituelle, qu’il fallait changer les règles simples d’économie qui ont fait leurs preuves, en fonction de la Sainte Égalité qui ne tolère pas que des pays puissent être plus riches que d’autres.
    Il fallait donc créer un nouvel ensemble de « torchons et serviettes » où les pays riches subventionneraient les pays pauvres, parce que la justice et blablabla…
    Bien entendu, pour faire fonctionner tout ça, une armada de fonctionnaires supplémentaires – 56.000 ! qui nous pondent des normes absurdes, des contraintes, des subventions, des règlements en veux-tu en voilà… et des pénalités financières.
    Fonctionnaires à la charge des peuples donc pesant encore plus sur les budgets de chacun.
    Mais la foi vaut bien quelques sacrifices, y compris de fermer les yeux sur ces inutiles de Bruxelles qui s’octroient des avantages délirants + quelques petites gâteries gaspillées pour leur plus grand plaisir.

    Exemples :

    – 100.000 euros investis dans 100 machines à café par la Commission européenne.
    – 176.456 euros pour 736 cartes postales lors du projet « 736 ideas 4 a dream » = 240€ la carte postale,
    – 2,8 milliard pour les dépenses de communication de la commission. Soit plus que le budget publicitaire de… Coca Cola !
    – 80,9 millions pour les 722 conseillers en communication du Parlement = 112.000 € par conseiller,
    – 9,1 millions pour la construction d’un complexe aquatique (jacuzzi, spa, hammam, piscine) réservé aux 736 députés = + de 12.000 € par élu,
    -5,25 millions sur 4 ans, pour véhiculer dans Bruxelles, en limousine, les députés européens = 7.130 € par député,
    – Plus de 30 millions pour le Centre des visiteurs du Parlement européen ; hors frais de fonctionnement,
    – 2,25 milliards pour favoriser l’intégration des Roms en Roumanie. Sur les 300 ONG subventionnées, seules 20 sont actives. Et on sait combien c’est efficace avec, pour nous, la double peine de les prendre en charge totale chez nous !
    – 9 millions (annuels) pour une chaine télé, « EuroperllTV », qui bat tous les records d’audience : 900 téléspectateurs en moyenne.

    J’arrête là, mais la liste est interminable (voir Contribuables associés) avec des trucs aussi fous qu’un fitness canin -si! si!- qui a coûte la bagatelle de 411.000 € ; on est heureux pour les toutous des députés, ou un laboratoire de danse Hip-Hop qui engloutit 49.554 € juste pour accroître la visibilité et la reconnaissance du hip-hop en Europe.
    Ils en ont de l’imagination dans la caboche à Bruxelles, non ?
    Vous pensez bien qu’ils n’ont pas envie que la ripaille s’arrête, ils s’accrochent à tout, à n’importe quelle thèse, sans jamais faire d’antithèse, et encore moins de synthèse.

    Résultat : nous sommes tous pauvres. La France est aujourd’hui en récession et, comme elle se dope à la dette, si nous continuons ainsi, il nous reste… combien ? quelques mois ?
    Ce sera la fin de l’Euro, dans la douleur, par l’aveuglement et l’incompétence de ceux qui font tout pour que le festin dont ils se gavent dure le plus longtemps possible.

    Voilà plus de 5 ans que nous subissons « la crise » et que la situation s’aggrave.
    Si nous avions gardé la souveraineté sur notre monnaie, nous aurions pu dévaluer -seule remède connu à ce jour- et aujourd’hui nous serions sortis des difficultés. CQFD.

    Bien à vous,

  11. schwartz rémi dit :

    Bonjour cher cousin,
    je viens d’écouter l’émission sur France inter concernant ton livre.
    l’intérêt que j’y ai pris m’a amener à revenir vers ton blog.
    je constate ta sincérité, ton envie de dire ce que tu penses, ton goût pour l’écriture (ton appétit d’écrire?)
    même si je ne partage pas toutes tes opinions,
    je te souhaite de continuer ainsi le plus longtemps possible.
    amicalement,
    Rémi
    peut-être seras-tu à Lacanau début juin chez ton frère?

    • Salut Rémi, oui, je serai à Lacanau quelques jours en mai (indéterminés) sans doute avec Edouard et Anne-So. Programme: bateau sur l’étang, pêche, vélo, tennis avec le beau-frère de Benoit!
      Maxime

  12. Brice dit :

    « J’attends le premier de ma famille politique qui aura le courage, l’audace, la lucidité de poser la question en ces termes. »

    Je pense que vous le connaissez et que, sans un verrouillage médiatique digne de l’Union Soviétique, il aurait l’écoute de beaucoup de nos compatriotes. Je veux parler de Monsieur François Asselineau.

    http://www.u-p-r.fr/

    Bien à vous.

  13. koufra dit :

    L’euro met en place les conditions d’une mort lente des pays européens.

    Rester dans l’euro avec une politique monétaire différente, en sont ils seulement capable?
    La remise en cause serait telle pour les gens qui nous ont conduit là…
    Il faudrait abattre le dogme, mais ceux qui peuvent le faire sont ceux qui ont conduit cette politique catastrophique.

    La sortie de l’euro donnera a moyen long terme les pouvoirs aux pays européens de se relever.
    Par contre, cela provoquera la fin de l’union, une concurrence non contrôlée entre pays, une distorsion du niveau de richesse et de développement entre pays européen, bref la sortie de l’euro créerait probablement ce que vous rappelait être les conditions des guerres.

    L’euro ne protège pas des guerres mais sa fin entraînera certainement.un risque de guerre.

    L’amitié franco allemande? J’ai bien peur que ce ne soit plus qu’un mythe, évoqué uniquement du côté français depuis la réunification.

    Une fois réunifiée, une de ses premières actions fut de recréer son espace vital en europe centrale, notammant avec une active particiapattion dans la guerre civile yougoslave.

    Il reste une troisième voie de fuite en avant avec la mise en place d’un marché commun avec les USA et une unification monétaire, càd concrètement une mise sous tutelle. (Lunion européenne planche sérieusement sur ce sujet dans une fascinante discretion vis à vis des peuples européens).

    Nous sommes donc face à un dilemne, c’est à dire un problème face auquel il n’y a pas de bonne solution. Néanmoins, mon point de vue reste que quoi qu’il arrive, il vaut mieux affronter un problème en conservant sa indépendance et de l’affronter avec un peuple uni.

    La sortie de l’Euro est la seule solution qui empêche la disparition de la France en tant que nation à moyen terme.

    Au niveau économique, nous subirions un choc suite à cette sortie mais ce serait en une fois. Rester dans l’Euro, c’est la condamnation dans industrie, de nos services…

    J’ai bien peur que l’avenir soit quand même un petit peu sombre!

    Amitiés

    Koufra

  14. Freddie dit :

    Pour l’instant on dirait que ce n’est pas pour demain. L’heure est plutôt à la construction d’une Europe politique disposant d’élus. La volonté des institutions européennes d’imposer non seulement l’euro mais la dénaturation du mariage et l’éradication de la priorité à la filiation biologique pour l’éducation des enfants, semble au contraire pointer vers le désir d’annihiler les racines des peuples et leurs différences.

    • Freddie, rien de ce qui est humain n’est jamais définitif ou éternel, vous savez… Nous vivons avec le nez sur le guidon alors que l’histoire est faite de secousses et de ruptures.
      MT
      Bien à vous
      MT

  15. michel43 dit :

    ET pour TOUT ses pays::se sont BIENS les hommes politiques qui ONT FAIT toutes ses dettes? et forcément pas responsables, puisque se sont les CON-tribuables qui vont régler la factures ,c’est irresponsables, sont conseillers ,et entourer des hauts fonctionnaires, la VERITE ,c’est 250 000 étrangers qui devienne FRANCAIS tout les ans ,alors que nous avons des millions de chômeurs et AUCUN logement, et la bêtise de la loi::droit au logement, ,CHIRAC et obligation de l » école obligatoire a 16 ans,se qui a tuer les métiers manuels, le pouvoir des syndicats, plus puissant que la volonté politique ,EX: le CE de EDF 1% sur nos factures:900 millions d’euros ,plus l’énergie augmente, plus le CE s’enrichie, ;dans quelle pays au monde :OU les syndicats et CE possède des CHATEAUX ,des trésors de guerres ,alors ,ils sont soumis a la loi de 1901, le peuple a d’autres soucis ,que l’Euro, le Dupont de droite ou de gauche sont a coté de la plaque,10 millions de gens vivent avec moins de 900 euros, 50 milliards d » intérêt t ,premier budget du pays,les retraites,31 000 euros ,chirac–Giscard, plus les avantages ,Rocard FABUIS 18 000 euros plus la tres grandes majorités des politiciens qui vont de 6000 a 10 000 euros :QUI va avoir au non de la solidarité, de plafonner le montant a 4000 euros,le PORTUGAL l »a fait, 2014,la surprise sera dans les urnes,la faute ,PS–UMP a la dérive, et voir le montant des Mammouths milliardaires socialistes ,donneur de leçons ,parlant pour les camarades, favorise le FN:une connerie de plus de HOLLANDE, qui peut croire L »UMP et ses vaseuses propositions d’arriérer qui ne colle plus a la situations actuelle,,,très peu de gens

  16. Sceptique dit :

    Je ne vois pas, au terme de votre analyse très complète, ce que pourrait être la bonne solution. Vous-même levez votre plume au moment de conclure. Ce qui laisse entendre la difficulté et le caractère aléatoire de toute solution. Il me semble qu’avant le choix de la monnaie unique, il avait été question d’une monnaie commune, abstraite, à usage purement comptable. Je me souviens, aussi, que De Gaulle aurait aimé un retour à l’étalon or, mais que le refus américain le rendait impossible.
    Dans le contexte actuel, le « la » de la cacophonie sera donné par l’Allemagne, où se développe une pensée anti-euro, libérant l’Allemagne de ses obligations de solidarité, essentiellement. Un retour aux monnaies nationales se traduirait par le rétablissement des barrières douanières. Ne serait-il pas préférable d’arracher à notre principale partenaire un protectionnisme pan-européen, dont elle semble la seule à ne pas avoir besoin?

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