Rénover la politique française

Il n’en faudrait pas beaucoup pour transformer en profondeur la classe dirigeante, la vie politique française, et sans que cela ne coûte un centime ou risque de se heurter à des obstacles constitutionnels. Sans être directement de nature à régler les grands problèmes de la société françaises, quelques mesures auraient pour objectif de provoquer un électrochoc dans le pays, d’en finir avec les castes, les chasses gardées, le règne des droits acquis et de la conservation des privilèges. Voici huit réformes de bon sens, envisageable sans à-coups,  sans révolutions,  que tout responsable politique sincère souhaitant un renouvellement et une démocratisation de la vie politique française devrait s’engager à adopter :

1/ Limitation systématique à deux mandats parlementaires pour les députés et les sénateurs. Le cumul des mandats dans le temps est un extraordinaire facteur d’immobilisme, incitant les élus de la nation à se consacrer à la pérennisation de leur carrière au détriment de l’intérêt général. Pour permettre un renouvellement, un rajeunissement, un brassage des membres du Parlement, il faut limiter les carrières parlementaires à deux mandats consécutifs, sur le même modèle que le président de la République depuis 2008.

2/ Plafonnement à 7000 euros mensuel net, tout confondu, du total des rémunérations d’un responsable politique. Le cumul de multiples mandats, parfois avec une rémunération ou une retraite, aboutit parfois à des niveaux de rémunérations invraisemblables. Or, nul n’a le droit de faire de la politique pour l’argent. Tout le sens de celle-ci est le service de l’intérêt général. Si on veut faire de l’argent, ce qui est parfaitement légitime et honorable, on fait autre chose que de la politique. Cela découragera beaucoup de fausses vocations et mettra fin à certaines pratiques détestables et confusion des genres.

3/ Délocalisation au cœur des banlieues sensibles des centres de pouvoir, de décision et de régulation : le premier ministre et les ministres régaliens, le Conseil d’Etat, le Conseil Constitutionnel. Il est scandaleux que des hauts responsables qui tiennent en main les leviers de décision et l’avenir du pays puissent vivre dans un cocon déconnectés du monde réel. La confrontation directe avec les réalités entraînera espérons-le une prise de conscience et un changement profond des mentalités.  Et ceux qui ne voudront pas y aller changeront de métier.

4/ Accès aux concours ou recrutement sur dossier de la haute fonction publique conditionné à une expérience réussie de plus de 5 ans dans l’exercice d’un métier. Il ne doit plus être possible de parvenir aux plus hautes responsabilités de la fonction publique sans une expérience réussie en entreprise et sur le terrain.

5/ Suppression , interdiction de toutes les filières relationnelles, amicales, familiale de recrutement ou de nomination dans la haute fonction publique et les postes à responsabilité. Le copinage, le népotisme familial et les réseaux envahissent la vie publique française, ce qui est parfaitement scandaleux au regard du principe d’égalité et de promotion par le mérite. Il ne doit pas y avoir d’autre voie d’accès aux responsabilités non électives que le concours ou l’examen impartial d’un dossier personnel par une commission donnant toute garantie de compétence et de neutralité.

6/ Pénalisation lourde de toute forme de passe-droit et favoritisme en particulier dans les nominations. Les nominations ou interventions de complaisance, pour obtenir une place, un poste quel qu’il soit à un ami politique ou à un membre de sa famille, doivent être sévèrement sanctionnées par la justice et se traduire par la destitution des responsables. La France doit mettre fin à certaines pratiques qui sont contraires à tout esprit démocratique.

7/ Obligation de démissionner de la fonction publique pour occuper un mandat politique. Ce devrait être une évidence. 70% des parlementaires sont fonctionnaires. La possibilité pour un fonctionnaire de conserver son statut tout en exerçant un mandat électif est une abérration typiquement française. Là aussi, une telle facilité, que rien ne justifie, favorise la confusion des genres, les chasses gardées et crée une inégalité flagrante dans l’accès aux mandats électifs entre le privé et le public. Il faut obliger les personnes concernées à choisir l’un ou l’autre.

8/ Recours fréquent au référendum, dès qu’un intérêt national est engagé dans l’objectif de combler le fossé entre le peuple et ses élites, de revivifier la vie publique, de remettre le pays en mouvement. Le pouvoir politique n’appartient à personne, à aucun parti, ni à la droite ni à la gauche, sinon à la nation. Il serait irresponsable de ne pas répondre par ce biais au besoin de renouveau démocratique et de participation chaque jour. Même si la question n’est pas encore définitivement tranchée sur le plan juridique, il faut enfin rendre effective la possibilité de recours au référendum d’initiative populaire qui représentera une avancée démocratique majeure.

Je sais ce que l’on va me répondre: jamais la caste politique n’acceptera de se faire hara-kiri! Certes, et la rénovation de la vie publique ne se fera pas justement que dans le cadre d’un référendum. Elle peut être un levier d’une transformation profonde du pays.

Maxime TANDONNET

 

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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28 commentaires pour Rénover la politique française

  1. le chouan dit :

    « Plafonnement à 7000 euros mensuel net, tout confondu, du total des rémunérations d’un responsable politique. » une des mesures simples qu’aurait pu décider la droite et qu’elle a laissé (parmi tant d’autres) sans réponse, laissant ainsi le nouveau gouvernement saisir de façon « populiste à la socialiste » de prendre les initiatives !
    sinon, d’accord à 100% !

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  2. Q. dit :

    Moi qui vous lis d’ordinaire avec plaisir, apprécie votre liberté de ton, votre refus du politiquement correct et de la bien-pensance, je vous trouve, cette fois-ci, un peu démagogue. Autant je suis d’accord, en bon gaulliste, avec votre proposition 8, et, dans une moindre mesure, avec votre proposition 1, autant je trouve les autres, pour certaines, discutables ; pour d’autres, franchement démagogiques.

    La proposition 7 met le doigt sur un vrai problème – les élus issus de la fonction publique peuvent, s’ils sont battus, retrouver automatiquement leur emploi, disposant ainsi d’une assurance que n’ont pas les élus issus du privé, favorisant de ce fait leur surreprésentation au Parlement et créant une inégalité. Néanmoins, compte tenu du statut de la fonction publique française, appliquer l’impératif de démission qui prévaut chez certains de nos voisins serait problématique : en effet, comme la fonction publique ne recrute pas à l’extérieur des corps, la quitter reviendrait à s’en exclure définitivement. Un fonctionnaire élu puis battu ne pourrait donc plus retourner dans la fonction publique. Imaginez que l’on interdise à un médecin élu l’exercice futur de la médecine… Sans parler de métiers plus spécifiques comme l’enseignement, qui relèvent aussi de la fonction publique. En somme, cette réforme ne me semble concevable que dans le cadre d’une réforme plus vaste de la fonction publique, et notamment des corps d’inspection, qui sont les plus directement concernés.

    Puisque nous parlons des corps d’inspection, cela m’amène à votre proposition 4, qui revient, en gros, à supprimer le concours externe de l’ENA et à ne plus y recruter qu’après une expérience « en entreprise ». Outre que cette obligation de passer par le privé ne me paraît faire sens que pour un petit nombre des métiers de la fonction publique (cinq ans dans une entreprise rendront-ils les conseillers d’Etat meilleurs juges ou les conseillers des affaires étrangères meilleurs diplomates?) et qu’elle priverait l’Etat de bon nombre de jeunes gens brillants, l’idée même selon laquelle la quinzaine de jeunes fonctionnaires intégrant annuellement les grands corps à la sortie de l’ENA (car c’est d’eux qu’il s’agit) constituent un problème pour la société française et notamment pour sa vie politique me laisse un peu sceptique. Pour avoir eu l’occasion de travailler dans ce milieu, je les ai au contraire trouvé très efficaces, souvent même davantage que leurs pairs plus expérimentés… On peut (c’est mon cas), trouver la logique aristocratique des grands corps, et, de manière plus générale, le privilège de l’ENA et sa logique de classement problématiques (inégalitaires, inefficaces et injustes) ; de là à voir dans leur suppression un impératif pour changer la société française…

    Proposition 2 : Comme cela a été rappelé par un de vos contributeurs, le revenu des élus est d’ores et déjà plafonné à 8000€ nets. La politique n’enrichit donc pas les élus. Certes, cela peut être cumulé avec d’autres revenus ou avec une retraite. Mais, s’agissant de la retraite, on ne voit pas bien au nom de quoi on en priverait quelqu’un qui a cotisé toute sa vie alors que tous les Français ont le droit de cumuler emploi et retraite… Le problème, en l’occurence, est l’âge de nos élus plus que cette possibilité de cumul. Quand aux rémunérations annexes, là encore, je ne vois pas au nom de quoi on pourrait interdire à un élu de toucher, par exemple, le produit de la vente de son appartement, des actions qu’il possède, d’un héritage ou des revenus d’un patrimoine accumulé dans son métier précédent… Il est indispensable que la politique n’enrichisse pas ; il serait anormal qu’elle appauvrisse. Le problème n’est pas les montants en jeu mais les conflits d’intérêts manifestes à l’exercice d’une activité tierce (ex: Jean-François Copé mettant son carnet d’adresse au service de Gide). En réalité, si l’on regarde le salaire des élus, très rares sont ceux qui gagnent beaucoup plus d’argent que le montant maximal que vous évoquez. Qui plus est, on sait bien que le salaire n’est pas le seul élément du train de vie d’un élu : le baisser conduirait sans doute, hypocritement, à renforcer les avantages annexes pour compenser. A force de s’attaquer au salaire des élus (qui est très correct, mais qu’on ne peut pas non plus qualifier de mirobolant : un député gagne 5000€ mensuels, soit moins qu’un haut fonctionnaire ou un cadre supérieur du même âge), prenons garde à ne pas favoriser la corruption (qui s’élèvera mécaniquement si les élus n’ont pas un traitement conforme à leur niveau de responsabilité) ou la confiscation de l’activité politique par des rentiers (qui seraient les seuls à pouvoir se le permettre).

    Le problème, au fond, n’est pas le salaire des élus, et pour ma part, je ne serais pas choqué qu’un maire d’une grande ville ou qu’un président de commission à l’Assemblée gagne même davantage que les sommes actuellement allouées. Ce n’est pas en raison de leur salaire que les politiques n’ont plus la confiance des Français : c’est parce que le politique ne parvient pas à sortir notre pays de la crise, à agir pour la croissance, à baisser le chômage, à refonder l’école de la république, à favoriser l’intégration, à assurer la sécurité, etc.
    Pompidou avait fait fortune chez Rothschild et roulait en Porsche ; cela ne l’empêchait pas d’avoir – et à juste titre – la confiance des Français!

    In fine, je pense la même chose de votre proposition 3. Que le premier ministre soit à La Courneuve plutôt qu’à Matignon ne le rendra pas plus « connecté au monde réel » : il verra des barres de HLM plutôt que des hôtels particuliers par la vitre de sa voiture de fonction, point. Je ne pense pas que les PDG des sociétés du CAC40 ayant installé leur siège à Asnières ou à Clichy soient plus connectés au monde réel que les autres, tout simplement parce que la « connexion au réel » ne dépend pas de l’endroit où on travaille, mais de celui où on vit, ou, plus exactement, des gens que l’on est amenés à côtoyer. Un premier ministre installé à Aubervilliers n’en verra pas plus les habitants qu’il ne voit ceux du VIIème arrondissement de Paris : il continuera d’être entouré de hauts fonctionnaires, d’élus, de journalistes, d’agents de sécurité, etc. Les responsables politiques du niveau le plus élevé ne voient le « monde réel » (expression décidément problématique) que lors de leurs déplacements sur le terrain, et encore.

    Plus profondément, je doute que la principale qualité d’un responsable politique soit sa « connexion au monde réel », et, par ailleurs, je doute que la connexion au monde réel soit simplement fonction du fait de vivre ou non dans un quartier populaire… Je suis surpris de voir un homme qui admire un président qui vivait reclus dans un village tranquille de Haute-Marne et qui en a servi un qui était maire de la très populaire commune de Neuilly défendre une telle thèse.

    Encore une fois, je pense que vous proposez une mauvaise solution (la même que François Hollande quand il réduit de 20% le salaire du président et des ministres) au déficit de confiance envers les politiques : les Français se fichent bien que leurs responsables travaillent dans les ors de la République ; je pense même qu’ils sont plutôt fiers de ces symboles du pouvoir et du prestige de la France, qui relèvent du patrimoine national. Ce qui leur pose problème, ce sont les pratiques des politiques (clientélisme, politique de coups médiatiques, démagogie…), leur inefficacité et l’absence d’une vision mobilisatrice – liée, comme vous le soulignez régulièrement à juste titre, au refus de croire en la France et en la République. Notre classe politique dût-elle adopter les méthodes scandinaves (des ministres prenant le métro et mangeant à la cantine), que je trouve pour ma part assez insipides, cela ne changerait pas d’un iota les problèmes de notre pays.

    Vos propositions 5 et 6 relèvent du voeu pieux : qui ne serait d’accord pour pourfendre le népotisme et le copinage? Mais faute de propositions concrètes, on reste dans la pure déclaration d’intention, grand travers de notre vie politique…

    Vous allez sans doute me trouver un peu dur, mais comme le dit le proverbe, qui aime bien châtie bien, et ma déception à l’égard de ce billet que je trouve plutôt démagogique est à la mesure du plaisir que j’éprouve d’ordinaire à vous lire. Ne laissez pas votre combat contre la bien-pensance vous faire tomber dans le populisme!

    Amicalement,
    Q.

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    • Q. Au contraire, j’apprécie beaucoup votre franchise. Sur les indemnités, je pensais au cas de la porte parole du gouvernement « Pour autant, elle n’a pas caché qu’elle entendait conserver ses fonctions de conseillère générale. Elle s’est contentée de ne pas préciser que cette fonction était la plus rémunératrice, celle qui à elle seule atteignait le plafond légal des revenus autorisés, en plus de sa rémunération de ministre (9.940 euros), soit 2.750 euros supplémentaires. Ce genre de situation, je l’avoue, me révulse un peu… Et c’est le Nouvel Obs qui le dit. Je ne pense pas que ce cas soit isolé. Quant à la question des concours, je n’ai pas dit seulement en entreprise, mais aussi sur le terrain ce qui peut inclure la fonction publique et le monde associatif. En réalité, je reste convaincu, à l’expérience, qu’avant d’être dans un bureau à préparer de grandes décisions, voire même des jurisprudences, il est indispensable de s’être confronté à la (dure) réalité…
      Merci encore.
      Amitiés
      Maxime

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    • Ce n’est pas les salaires qui me révulse un peu.. C’est d’une part le manque d’énergies de nos parlementaires, de nos ministres et d’autre part les nombreux petit a cotés. Il est normal que des ministres, et des parlementaires, aient un salaire conséquents mais c’est l’hypocrisie, le manque de transparence concernant les aides au logement, les frais de représentations, les voyages..et bien entendu les frais d’études. Lisez un peu « Chers Élus » de Vincent QUIVY.. Même si 50% n’est pas correcte, c’est l’hypocrisie autour des avantages qui me rends malade.

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    • Jacques de Guise, c’est bien ce que j’essayais de dénoncer, cette hypocrisie qui va de pair avec un moralisme insupportable…
      Bien à vous
      Maxime

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  3. JD75 dit :

    Cher Maxime…
    A qui allez-vous demander de mettre en place ces pratiques certes vertueuses, mais surtout rigoureuses?
    A ceux-là même qui profitent grassement du système actuel pour eux-mêmes et leur chère progéniture ???!!! …

    D’ailleurs, que va donc penser « le tyran » de cette idée ? Je vous invite à lire attentivement l’analyse du lien ci-dessous (si, si, jusqu’en bas de la page ! ) :

    http://ldhinfoslaseynesurmer.blogspot.fr/2010/05/un-tyran-peut-il-regner-sur-un-peuple.html

    Bien cordialement,

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    • JD75, je suis d’accord, c’est toute la limite de ma proposition! Très beau texte, l’un des plus fondamentaux de l’histoire des idées politiques, merci beaucoup de le rappeler!
      MT

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  4. Annick dit :

    Bonsoir Jacques,

    Certainement pas les parlementaires eux-mêmes c’est sur

    Évidemment, quand on est juge et partie, il est facile de privilégier les « bonnes » lois !
    Charité bien ordonnée commence par soi-même.

    Voilà encore une chose à changer : toutes les lois concernant les parlementaires doivent être soumises au referendum populaire. Il s’agit de NOTRE argent, non ?

    Si nous nous votions nous-mêmes nos lois fiscales, qu’en penseraient nos chers parlementaires qui s’occupent si bien de notre budget toujours en déficit , sans qu’aucun d’eux n’ait levé le sourcil ?
    Le peuple de France aurait été assurément plus sérieux que ses représentants quant à la tenue équilibrée du budget, sans avoir à tenir compte de la clientèle électoraliste.

    Bien à vous,

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    • Annick, les parlements ont été créés l’origine en grande partie pour contrôler les dépenses publiques et les impôts; dommage qu’ils aient oublié cette vocation!
      Maxime

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  5. Michel Berr dit :

    Je n’ai pas grand chose à ajouter puisque certaines de vos propositions vont dans le sens des miennes ou les complètent : http://hexagoneries.info/adresse-4-elus/gouvernance-fr

    Quant à la question de savoir « quelle force politique va implanter ces propositions »… mais aucune ! Seul le Peuple pourra tout faire pour l’obtenir avant de courir le risque que ce soit, un jour, la rue et tous bords confondus.

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  6. M. dit :

    Cher Maxime!

    Bravo et puis-je rajouter que certaines propositions ne relèvent pas d’une fantaisie pure, mais sont une pratique courante sous telle ou telle forme dans plusieurs pays. En ce qui concerne le non-cumul de mandats (les mandats consécutifs sans limite, le cumul de divers mandats électifs et le cumul de fonctions et de mandats) la France est unique dans son genre! Je ne sais même pas si ça existe quelque part ailleurs à ce niveau-là !

    C’est, en effet, une pratique très courante que de choisir tout simplement son poste, sa fonction ou son mandat dès qu’une élection est gagnée ou une nomination tombe (s’il y a lieu autre mandat ou autre poste). Si l’intéressé troque son mandat contre un autre ou un poste dans l’exécutif, il ne lègue pas son mandat à son suppléant (ce qui me paraît très douteux), mais : 1) soit une élection intermédiaire est organisée, rien d’extraordinaire, on sait faire ça en France, n’est-ce pas? 2) soit, dans les pays, où les élections se font entièrement ou partiellement sur le principe de la proportionnelle avec les listes des partis, et si le député en question a été élu ainsi, une autre personne sur la liste prend sa place. Si l’intéressé ne se décide pas en temps qui lui est donné pour ça, sa nomination ou son nouveau mandat sont considérés comme invalides.
    Bien entendu, cela incite l’exécutif à ne pas faire les remaniements ministériels à tout va, à faire les nominations ministérielles moins politiques, puisque les politiques, eux, sont prudents à accepter cette nomination (en sachant qu’ils devront attendre au moins quelques années avant de récupérer leurs mandats électifs et ça au cours des prochaines élections!), cela incite aussi à faire les nominations plus professionnelles. Les politiques, eux, sont encouragés aussi à bien penser leur stratégie, leur implantation plus locale ou plus centrale, leur utilité.

    Imaginer ça en France relève de la science-fiction et pourtant c’est ce qui se fait à peu près partout! On nous cite 8 ou 9 pays au monde (+quelques états des EU que je ne considère pas comme pays) qui ont adopté le mariage homosexuel sur deux centaines de pays qu’il y a en tout et on crie que la France a pris un retard impardonnable. Que dire alors de ce cumul de mandats et de fonctions qui n’existe plus presque nulle part ailleurs (et à cette échelle en plus!).

    P.S. Les députés cumulards avancent volontiers l’argument que le mandat local est quasi obligatoire pour un député de l’Assemblée pour garder le contact avec la population. Ce n’est pas plus au moins leur obligation de recevoir de temps en temps leurs électeurs et de réagir à leurs requêtes, détrompez-moi? Cela ne leur suffit pas pour « garder le contact »? Cela suffit pourtant dans d’autres pays.

    P.P.S C’est une grande mode que de parler mal de l’Ancien régime et de louer la République, mais ce cumul de mandats et de fonctions en tout genre ressemble étrangement au pires aspects de l’Ancien régime. On cultivait les réseaux, les copinages et on construisait les liens familiaux. Grâce à ces liens familiaux et aux relations bien placées, on courrait à accumuler au cours de sa vie le nombre maximum de fonctions et de missions, chacune payée par les deniers publics et dont le cumul apportait une vie très aisée. Le système actuel n’en est qu’une copie conforme, à mon avis. Curieux, non?

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    • M, merci beaucoup pour ce riche et intéressant commentaire. Sous l’ancien régime, les principes de courtisanerie, de caste, d’hérédité, avaient l’avantage d’être ouvertement pratiqués ! Aujourd’hui tout est dans le dissimulé et l’hypocrisie!
      Bien à vous
      Maxime

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  7. Le plafonnement des rémunérations des élus existe depuis plus de 20 ans : le plafond est une fois et demi l’indemnité parlementaire soit un maximum d’un peu plus de 8000 euros brut ce jour!

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    • Jean Louis Garnier, oui mais cette somme peut être, si j’ai bien compris, cumulée avec une rémunération, une retraite, une pension, sans parler du reste, ce qui donne des résultats délirants et surtout une confusion facheuse entre politique et argent…
      Maxime

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  8. Cyril45 dit :

    Pour la troisième proposition, j’ajouterai aussi la délocalisation dans nos campagnes. A l’heure d’Internet et de moyens rapides de déplacement, on peut aussi bien travailler dans le Cantal le Périgord ou la Lozère.

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  9. gratien dit :

    Cher Maxime Tandonnet, votre post est implacable, il est conforme aux idées qui sont les miennes, la seule difficulté est que les politiques Français tiennent trop à leurs privilèges.
    Ils sont élitistes et ont l’instinct grégaire. Ils ont massacré N. Sarkozy parce qu’il n’était pas comme eux.
    Quant à F. Hollande, que je ne considère nullement comme Président de République; Il me fait penser à Louis XVI, sa guillotine n’est pas loin.

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    • Gratien, je pense que Louis XVI avait d’énormes défauts qui l’ont perdu, notamment un certain angélisme, mais, à mon sens, il ne faut pas en faire une caricature du mauvais gouvernenant car il était fin et intelligent, on lui doit en partie l’intervention de la France dans la guerre d’indépendance américaine, l’une de nos grandes gloires historiques!
      Amitiés
      maxime

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  10. Annick dit :

    Maxime, j’ai fait une traduction d’un article de Charles Gave, sur Zero hedge, article en anglais.
    Je vous le transmets, pour info.
    Vous serez juge s’il faut la publier, ou pas sur votre blog.

    « Le rejet par les électeurs italiens du diktat économique de Bruxelles est un moment extrêmement important dans l’histoire de l’Europe,peut être la meilleure nouvelle politique depuis la chute du mur de Berlin ….
    ….il est temps de retourner aux prix du marché et à la démocratie et d’admettre que la technocratie, cela ne fonctionne pas.

    <<

    Le rejet des électeurs italiens du diktat économique imposé par Bruxelles est un moment extrêmement important dans l'histoire de l'Europe moderne – peut-être la meilleure des nouvelles politiques depuis la chute du mur de Berlin. Compte tenu de la puissance des technocrates non élus, il est facile d'oublier que la souveraineté réside toujours en Europe dans l'État-nation et qu'elle est exprimée par des élections. Le problème pour les fonctionnaires non-élus qui ont conspiré pour capturer le système politique – pensez à Jacques Delors, Jean-Claude Trichet ou Mario Monti – c'est l'échec patent de leur grand projet. Pour la première fois une majorité d'électeurs a voté résolument contre l'euro et rejeté les politiques imposées par des technocrates.

    Comme d'habitude, les partisans de la technocratie revendiquent que le vote italien ne change rien quant au fond et bientôt ce sera le statu quo. Telle est la réponse standard chaque fois que les électeurs européens expriment leur désaccord (pensez aux référendums en Irlande, en France et en Hollande ..) et bouleversent ce projet liberticide de l'euro. Or plus de la moitié des électeurs italiens ont choisi des partis ayant une manifeste attitude anti-euro , excusez du peu.

    Le projet de l'euro est un Frankenstein financier qui ne peut et n'a pas réussi (abouti), ce vote italien pourrait marquer le début de la fin ultime du système. L’Italie est différente des autres économies européennes en difficulté car elle a un excédent budgétaire primaire, un excédent du compte courant et finance la plupart de sa dette interne. Ainsi, l'Italie peut quitter l'euro dès demain et redémarrer beaucoup mieux. Les Italiens ont ouvert la voie et bientôt les Espagnols, les Portugais et les Français rejetteront cet esclavage qu'on leur fait subir au moyen de «réformes» dont le seul but est de faire fonctionner un système qui ne fonctionne pas.

    Mais arrêtons-nous et considérerons ce que ces élites technocratiques entendent par «réforme» -un terme qui est apparemment une valeur de tant de souffrances. Pour traduire leur jargon bureaucratique dans une langue communément compréhensible nous allons d'abord définir les différents groupes qui se disputent les ressources et l'influence dans le contexte européen moderne:

        Ceux qui veulent prendre soin d'eux-mêmes et se débrouiller seuls – à savoir, les entrepreneurs et ceux qui travaillent dans le secteur privé. Ces gens-là, et seulement ceux-là, créent de la croissance économique.

        Ceux qui veulent quelqu'un d'autre pour s'occuper d'eux. Ces gens-là ont tendance à travailler dans le secteur public ou sont à la retraite et peuvent être appelées les « nouveaux rentiers ". Ces gens-là aspirent à une vie stable et sans histoire.

        Les grands industriels/financiers côtés en bourse qui veulent mener leurs inférieurs à un avenir meilleur parce qu'ils sont plus intelligents et savent ce qui est mieux. A l'instar de Thomas Sowell à qui j'emprunte l'expression, je les appellerais «Oints», car ils ont très souvent une relation très particulière avec leur Dieu, une sorte d'idole qu'ils appellent d'un nom étrange: l'Etat. Ces gens-là ont un, et un seul objectif : la croissance de leur pouvoir politique.

    Les Oints de l'Europe ont décidé il y a longtemps que nous avions trop de petits dieux en Europe (L’État français, l’État italien, l'État allemand, etc) et que nous devions aller au monothéisme, créant ainsi un État européen , ou plutôt un autel où tout le monde pourrait bien adorer.
    Auparavant, chaque individu petit dieu avait son propre "argent", avec la peseta, drachme, franc français, etc, utilisé par les citoyens locaux pour payer leur impôt (cotisation) à l'échelle du dieu local. Mais comme l'a dit l'économiste libéral français, Jacques Rueff : "une monnaie est un égout où les revenus du capital sont collectés." En d'autres termes, si une indemnité (une subvention) est accordée bien qu'aucune valeur ne soit produite, ces «revenus du capital» feront dans le temps glisser vers le bas la valeur de la monnaie.

    Le truc qui est distribué à travers le système des eaux usées varie considérablement d'un pays à l'autre. Prenons l'exemple de l'Italie, un pays étrange (que j'aime tendrement) s'il n'y en a jamais eu. Le Nord a une grande communauté d'entrepreneurs, et le Sud, une majorité de «nouveaux rentiers". Jusqu'en 2000, l'Italie avait un moyen simple de résoudre ce problème. Des transferts massifs ont été faits à partir du nord vers le sud dans la monnaie locale, tandis que les entreprises cotées en bourse dans le nord ont été effectivement payées en deutschemark. De temps en temps, la livre a été dévaluée, ce qui garantissait aux entreprises cotées dans le nord de rester compétitives par rapport à leurs concurrents allemands. De même, les «nouveaux rentiers" ont reçu leurs revenus de retraite dans la monnaie locale, ce qui réduit au minimum les transferts qui ont lieu entre les générations.

    L'équilibre a été maintenu puisque les salaires du secteur privé ont tendance à être indexés (avec un décalage) au DM, tandis que les prestations de retraite et des salaires du secteur public ont été payés en lires. La même chose s'est produite en France, où une partie anormalement importante de la population (beaucoup plus élevée qu'en Allemagne) a voulu être "rentiers", à savoir les fonctionnaires.

    Parce que les systèmes français et italien des eaux usées de change ont eu plus de déchets à recycler que leur équivalent allemand, les taux de change furent harmonieusement ajustés à la baisse en conséquence. Comme le philosophe du 19ème siècle Ernest Renan l'a noté, une nation se définit par «une volonté de vivre ensemble" – et toutes les nations de l'Europe, pour la plupart de la période post 2000, ont trouvé un moyen de faire respecter leur contrat social local.

    Pour couper une longue histoire et faire court, c'est le droit constitutionnel de chaque pays qui est tellement malmené que la survie du contrat social liant la population est en cause. Trouver une façon de vivre ensemble est beaucoup plus important que d'être bien géré.

    Malheureusement, cette formulation de bon sens n'a jamais été prise en compte par les fanatiques européens, qui avaient l'intention de détruire les anciens dieux pour les remplacer par leur dieu nouveau et unique – un nouvel empire romain. En ce sens, la similitude avec le projet URSS est frappante.

    L'euro a été créé comme une première étape vers un nouvel Empire romain et le résultat a été que les Italiens ont dû transférer forcément les marks au sud. La France a également été contrainte de payer ses innombrables fonctionnaires en DM. Les prestations de retraite à travers la zone euro ont été effectivement réglées en DM, ce qui ravageait les jeunes générations. Le résultat a été que les entrepreneurs locaux ont perdu la compétitivité et les économies de la zone périphérique ont commencé à faire faillite. L'euro a ainsi empêché la possibilité de dévaluations salvatrices, remplacées par la certitude de la faillite nationale. Ce sort ne peut être évité par un abandon total de la souveraineté nationale des pays dits créanciers, ce qui est un exploit remarquable.

    C'est dans ce contexte terrible que les Italiens viennent de voter.

    Toutefois, le fait que l'euro est un désastre n'a absolument aucun impact sur nos "oints". Ils ne sont pas intéressés par le bien-être des citoyens de leur pays, mais sont en fait des missionnaires de leur foi. Comme ils sont nommés dans les hautes sphères, ils sont en mesure de prêcher aux pécheurs et d'exiger leur repentance, c'est à dire qu'ils doivent «réformer». Monti, par exemple, était très doué sur la prédication de la «réforme» sermon.

    Par «réforme», notre élite prosélyte signifie le démantèlement des «contrats nationaux» qui avaient réussi à unifier chaque entité politique européenne. A leur place, nous avons obtenu un nouveau contrat social par lequel les Allemands paient pour les siciliens et français, ouailles laïques (lire une «Europe fédérale»).

    Les Allemands ne sont pas exactement emballés par cette idée, et dans le but d'apaiser ses propres compagnons vertueux, Berlin a proposé d'organiser un monde meilleur où les salaires sont dévalués dans le sud de l'Europe afin de donner une leçon aux pécheurs. Pour les Européens du Sud c'est caduc, de tels effondrements de leur niveau de vie est le seul moyen de rester compétitif tant que le rétrécissement de taux de change reste fixe. Conformité implique également le démantèlement de toutes les protections sociales que les rentiers du sud de l'Europe ont réussi à obtenir depuis de nombreuses années.

    En tant que Français, en tant qu'Européen, je veux une Europe diversifiée où chaque nation est gérée par ses propres élus. Si la nation choisit d'être mal gérée, qu'il en soit ainsi, c'est ce que la démocratie implique. Je ne suis pas intéressé par une Europe où le niveau de vie chute brutalement pour une grande partie de la population, je ne suis pas intéressé pour humilier ceux qui étaient autrefois fiers de leur pays dans l'espoir qu'ils abandonnent leurs vieilles divinités pour accepter un nouveau dieu.

    Et je ne veux pas non plus être administré par des technocrates non-élus délégués par les Européens du Nord, sous le prétexte fragile que mes propres politiciens sont inutiles, ils peuvent être sans espoir, mais j'ai le droit de voir de cette façon.

    Ce que les eurocrates ont à offrir sous la bannière de la «réforme» n'est rien de tel, mais simplement une augmentation de leur pouvoir et de la destruction de l'incroyable diversité qui fait de l'Europe un lieu infiniment fascinant.

    Il est temps de revenir aux prix du marché et à la démocratie et d'admettre que la technocratie ça ne fonctionne pas.
    J’aime l’Italie de plus en plus.
    En effet, pour la première fois depuis des années, je peux envisager une situation dans laquelle je me sens optimiste pour l’Europe. »

    http://www.zerohedge.com/news/2013-03-01/down-reform

    Bonne lecture !

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  11. Annick dit :

    Hé bien ! cher Maxime, vous méritez deux bises chaleureuses et toutes fraternelles 🙂
    Je n’aurais pu dire mieux et j’approuve totalement ce billet.

    Si nous y rajoutons ça pour les économies possibles (30 à 40 milliards, tout de même) sans hausse nouvelle d’impôt :

    http://institutdeslibertes.org/la-france-des-enfants-gates/

    que nous décidions ceux qui pensent nous gouverner à changer leurs compréhension de l’économie en s’inspirant de l’analyse de C. Saint Etienne :

    http://institutdeslibertes.org/les-mauvais-signes-saccumulent-pour-leconomie-francaise/
    (première vidéo après l’article. Un peu long, mais indispensable pour comprendre la situation)

    nous pourrons, enfin, mieux respirer et retrouver confiance en l’avenir.

    Bien à vous, et bravo !

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  12. jp dit :

    Pour la proposition 3, délocalisation au coeur des banlieues sensibles des centres de pouvoir, la place est déjà prise par l’islam politique. Des milliers de mosquées se construisent un peu partout sur le territoire et surtout dans les banlieues sensibles ou plutôt les banlieues musulmanes, parlons clair et net, nous sommes sur Internet. Une mosquée n’est pas seulement un lieu de prière mais aussi une mairie, une préfecture, une caserne. Les islamistes n’accepteront jamais que l’Etat français se délocalise sur leur terre, devenue dorénavant,terre d’islam. Avant d’envoyer les hauts fonctionnaires, il faudrait opérer une reconquête de ces territoires. Vous mettez la charrue avant les boeufs Mr Tandonnet;.

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  13. Bonsoir Mr. Tandonnet!
    Vos suggestions sont excellente. Petite question cependant…quelle force politique va implanter vos recommandations particulièrement concernant la limites de rémunération, le non cumul des mandats et la limite de la rémunération? Certainement pas les parlementaires eux-mêmes c’est sur… et pas non plus les partis politiques…donc qui? Le Peuple? Un dictateur? Faut-il de la tyrannie de la rue, une révolution avec ou sans idéologie, ou d’un homme comme un empereur pour mettre de l’ordre dans cela?
    Chose qui me parait évident, nous vivons au temps semblable a ceux des Louis XV et Louis XVi.

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    • Jacques de Guise, quelle force politique? Aucune évidemment, cela peut provenir de la volonté d’un homme ou de la pression populaire…
      Bien à vous
      Maxime

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    • L’homme par sa nature ne veut pas changer et il reste cantonner dans son existence actuelle sauf quand celui-ci est poussé à bout par exemple par la faim. Il existe en effet actuellement aucune force politique qui puisse vraiment instituer vos propositions aussi nécessaires a mon sens.
      Je me permets de noter un article écrit par Roger Pol-Droit du 28 février (« Beppé Grillo et l’effritement des État »s) paru dans les Échos qui mérite réflexion.

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    • Jacques de Guise, très bonne référence, je vous en remercie beaucoup!
      Bien cordialement
      Maxime

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