Sur la repentance

« Un crime commis en France par la France ». La logique de la repentance, à propos de la rafle du vel d’hiv, vient de franchir une étape supplémentaire. Ce n’est plus « l’Etat français » qui est considéré comme responsable de ce crime mais « la France » considérée globalement, en tant qu’entité historique et que Nation.

Sur le plan historique, l’affirmation est des plus hasardeuses. La France, à la suite de la débâcle militaire, est placée sous la tutelle de l’armée allemande. Les deux tiers du territoire sont occupés. L’Allemagne nationale socialiste exerce sa tutelle sur le régime de Vichy qui ne prend aucune décision stratégique, par exemple la nomination d’un haut fonctionnaire, sans l’aval des autorités d’occupation. La rafle s’inscrit à l’évidence dans la logique de la « solution finale » préconisée par le régime hitlérien.

Considérer la France, dans son ensemble, comme globalement coupable revient par ailleurs à nier d’un trait de plume tout ce qui fait notre fierté nationale : l’histoire des « Français libres », la Résistance et ses 120 000 fusillés et morts en déportation, ses millions de compatriotes qui ont pris fait et cause pour de Gaulle et la Grande-Bretagne, qui ont sauvé des juifs, et qui ont détesté le régime de Vichy et la collaboration. 

Aujourd’hui, abimer encore davantage l’image de la France aux yeux des Français, des jeunes, des étrangers,  peut avoir des conséquences dramatiques en favorisant la haine de soi et des autres, le dégoût, la désespérance, le repli. Comment s’attacher, comment s’intégrer à une nation globalement responsable d’un tel crime et comment vouloir s’y consacrer ?

Enfin, je dois avouer que la logique de la repentance m’échappe totalement. Elle revient à considérer le régime de Vichy et ses crimes comme représentatifs de la France. Le message fondamental du général de Gaulle consistait à dire exactement le contraire : le gouvernement du maréchal Pétain, soumis à l’occupant allemand et engagé dans une politique de trahison à travers la collaboration, est illégitime et ne peut pas prétendre représenter la France. Lui seul, de Gaulle, entouré des Français libres, incarne la France. La France, l’esprit de la France, est à Londres et non pas à Vichy. En abandonnant ce raisonnement, en l’éliminant de la conscience nationale, les chefs de l’Etat, Jacques Chirac en 1995 puis l’actuel président, donnent clairement raison au régime de Vichy, qui se considérait comme le seul pouvoir légitime et qualifiait de Gaulle et ses fidèles d’usurpateurs. Triste et incompréhensible victoire posthume.

Maxime TANDONNET

 

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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38 commentaires pour Sur la repentance

  1. koufra dit :

    Je tiens à vous remercier d’avoir réagi au discours du président de République concernant les événements de la rafle du vel d’hiv assimilant la France à l’état vichyste.

    Au delà de cette déclaration et de son aspect historiquement contestable, je suis agacé de voir le temps passé à s’excuser sur les heures noires de la France et d’oublier les heures glorieuses.

    Pourquoi ne pas avoir commémoré avec plus d’énergie l’anniversaire de la bataille de bir hakeim, cette dernière marqua pourtant et avec la manière, le retour de France Libre comme un acteur crédible militairement.

    Cette bataille et le prix du sang versé donnèrent au Général De Gaulle un argument politique pour permettre à la France de s’assoir dignement parmi ses alliés.

    Le sacrifice de ceux qui y combattirent et pour beaucoup y moururent, eut mérité un autre traitement de la part de ceux qui dirigent aujourd’hui notre nation.

    A force d’avoir un regard historique focalisé uniquement sur notre part d’ombre, nous allons finir par tarir l’adhésion à la source de nation.

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  2. Caroline dit :

    Pour ceux que cela intéresserait : http://www.causeur.fr/veldhiv,18521

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  3. georges dit :

    Cette mortifification malsaine est le fait de cette gente politiquement-correcte (tout partis confondus) qui s’est tellement compromise dans le fayotage qu’elle ne peut plus faire marche arrière-en temps d’occupation mieux vaut collaborer.
    ps:Les 70.000 (si je ne m’abuse) soldats français tués pendant la campagne de France ainsi que tous les combattants de l’ombre méritent un minimum de respect.Un officier belge de la brigade « Piron » (ceux qui ont libérés la « côte fleurie ») a déclaré dans un débât que cela a été amplement facilité par l’aide de la résistance …à gamberger mes potes…

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    • Georges, oui, et on oublie de dire que le nombre total de morts français, civils et militaires (320000, de mémoire) est équivalent à celui des Américains et des Britanniques…
      Bien cordialement
      MT

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  4. Gros dit :

    Bonjour, Monsieur Tandonnet, Un immense plaisir de pouvoir à nouveau vous lire, je me sentais un peu orpheline, par les temps qui courent… Votre texte me bouleverse car ce qui a été imprimé dans la presse m’a profondément révoltée. Je ne pensais pas les français aussi stupides pour avoir élu un président qui pour moi frise l’indignité (mensonge, mensonge, mensonge et veulerie). Je voulais aussi vous parler, rapidement, d’un livre écrit il y a plusieurs années par un très bel historien, Dominique Venner, son livre « l’ Histoire de la collaboration’ édité par les éditions « Pygmalion ». Lisant ce livre, nous savons, exactement, ce que fut vichy et qui sont les collaborateurs. Si, les français étaient plus curieux de notre Histoire, ils n’auraient jamais voté pour Mitterand, ni pour Hollande. Je vous remercie infiniment mais je me sens si triste…

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  5. drazig dit :

    Il faudrait quand même rappeler que les Allemands étaient à Hendaye. Au diable les  » y avait qu’à… », « fallait qu’on.. ».
    Comme disait Arletty:  » Il ne fallait pas les faire rentrer ».

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  6. Plume dit :

    Monsieur Tandonnet,
    La FRance n’était-elle pas alors sous la coupe du nazisme ? Si l’on suit la logique de F. Hollande, le régime de Vichy, c’était la France…Quand est-ce que la gauche arrêtera de rendre la FRance et les Français coupable de tous les maux ? L’Histoire est ce qu’elle est. On ne peut pas la refaire. Celle de chaque pays, y compris la France, a ses zones d’ombre. Il faut les accepter, mais de là à rendre les Français d’aujourd’hui responsables de ce qui s’est passé il y a plus de 50 ans…Cela confine au plaisir sadique de toujours rabaisser notre pays pour que les Français aient honte d’être français et que le cercle vicieux de la repentance et de la priorité toujours donnée à l’étranger (aux frais des citoyens précédemment cités) ne s’arrêtent jamais. C’est écoeurant.
    Et si encore F. Hollande n’avait dit que cela, mais la gauche n’a cessé d’accabler la France. Si l’on accumule tout ce qui a été dit et fait : nous sommes racistes, pas dignes d’être considérés à moins d’être habitants (de préférence jeunes délinquants) de banlieues à problèmes/étrangers (de préférence entrés illégalement en France/criminels (voir les agissements et paroles de Mme Taubira)/musulmans (voir M. Valls qui fête le ramadan ou la Nuit du ramadan de la ville de Paris ; la laïcité, c’est que pour les catho ?)/syndicalistes. J’ai conscience d’exagérer sans doute. Mais l’impression générale est quand même attérante et un peu désespérante pour l’honnête citoyen lambda et patriote.
    D’autre part, comme lors de sa campagne électorale où on le voyait imiter F. Mitterrand, comme pour la Syrie où il semble essayer de faire au moins aussi bien que N. Sarkozy en Lybie, le discours de F. Hollande a sonné comme une tentative de faire mieux que J. Chirac en son temps. Un président normal, observateur et passif (ce qu’il a d’ailleurs revendiqué lors de son discours du 14 juillet), sans charisme propre, bref, désespérant.

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  7. Gillou dit :

    Un peu d’histoire ne fait pas de mal, c’est ce qui manque à l’éditorialiste Jean-Marcel Bouguereau du Nouvel Obs tellement inféodé à Hollande.
    http://www.saladelle.fr/?p=10115#comments

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    • Gillou, le document du blog saladelle que vous nous avez transmis est d’un intérêt tout à fait exceptionnel. Il mérite d’être largement diffusé. Il bat en brêche tant de lieux communs qui circulent sur la question. Je vous en remercie bien sincèrement.
      maxime

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  8. lach dit :

    Dans son discours de ce dimanche 22 juillet 2012, en commémoration de la rafle du Vél d’Hiv (16 juillet 1942), le président de la République française a commis sept erreurs d’Histoire.

    Les voici dans l’ordre d’apparition, explicitées par l’historien franco-israélien Alain Michel :

    [voir aussi : Le discours de François Hollande le blog d’Alain Michel]

    1 – François Hollande : Une directive claire avait été donnée par l’administration de Vichy : «Les enfants ne doivent pas partir dans les mêmes convois que les parents».

    AM : La manière dont François Hollande présente les faits (la séparation des enfants de leurs parents dans les camps du Loiret avant la déportation) est doublement erronée.

    Tout d’abord il ne s’agit pas d’une directive du gouvernement collaborationniste de Vichy. L’organisation de la déportation se déroule dans un dialogue et une coopération entre l’administration policière de la «zone occupée» et les autorités allemandes, plus précisément les représentants d’Eichmann à Paris. Il n’y a aucune intervention de Vichy sur cette question.

    De plus la décision de déporter les enfants vient des Allemands et la séparation des parents et des enfants découle de leur besoin de faire partir les convois alors qu’ils n’ont pas encore l’autorisation de Berlin d’envoyer les enfants. Pour résumer, la police de la «zone occupée» applique des directives allemandes.

    2 – François Hollande : Je tiens à rappeler les mots que le Grand rabbin de France Jacob Kaplan adressa au maréchal Pétain en octobre 1940, après la promulgation de l’odieux statut des Juifs : « Victimes, écrivait-il, de mesures qui nous atteignent dans notre dignité d’hommes et dans notre honneur de Français, nous exprimons notre foi profonde en l’esprit de justice de la France éternelle… »

    AM : Première précision, Jacob Kaplan n’est pas Grand rabbin de France, il ne le deviendra qu’en 1954.

    Mais surtout, la déclaration d’attachement patriotique de Jacob Kaplan n’a rien à voir avec la rafle de 1942. D’une part du fait que la Solution finale n’existe pas encore en 1940 et ce qui préoccupe alors Jacob Kaplan est l’antisémitisme français ; d’autre part, parce que, sous la pression du gouvernement de Vichy, aucun adulte français (ou d’origine algérienne) n’a été arrêté lors de la rafle de juillet 1942, alors que Jacob Kaplan, dans sa déclaration d’amour à la France, s’exprime au nom des Juifs français et d’eux seuls.

    3 – François Hollande : La vérité, c’est que la police française, sur la base des listes qu’elle avait elle-même établies, s’est chargée d’arrêter les milliers d’innocents pris au piège le 16 juillet 1942. C’est que la gendarmerie française les a escortés jusqu’aux camps d’internement. La vérité, c’est que pas un soldat allemand, pas un seul, ne fut mobilisé pour l’ensemble de l’opération.
    La vérité, c’est que ce crime fut commis en France, par la France.

    AM : Il y a une confusion dans le fait que la police française de la «zone occupée» a établi des listes en octobre 1940 sur demande allemande et non de sa propre initiative comme la phrase semble le suggérer.

    Effectivement, les soldats allemands ne seront jamais mobilisés en France pour arrêter des Juifs. La Gestapo sait bien avant la rafle qu’elle peut compter sur la police de la zone nord, qui lui obéit du fait de l’application de la convention de la Haye et de la convention d’armistice. Plus de 8.000 Juifs ont déjà été arrêtés en 1941 dans la région parisienne et les Allemands se sont toujours servis de la police française pour ces rafles.

    Pour résumer, François Hollande aurait pu dire : «La vérité, c’est que ce crime fut commis en France par les nazis avec la complicité de la police et de l’administration française».

    4- François Hollande : L’honneur fut sauvé par les Justes, et au-delà par tous ceux qui surent s’élever contre la barbarie, par ces héros anonymes qui, ici, cachèrent un voisin ; qui, là, en aidèrent un autre ; qui risquèrent leurs vies pour que soient épargnées celles des innocents. Par tous ces Français qui ont permis que survivent les trois quarts des Juifs de France.

    AM : Cette affirmation est incomplète dans la mesure où ce ne sont pas seulement les Justes et les héros anonymes qui ont sauvé les trois quarts des Juifs de France, mais aussi l’action et les choix politiques du gouvernement de Vichy qui, en tentant de protéger les Juifs français (et en abandonnant à leur sort les Juifs d’origine étrangère), a considérablement ralenti la machine de destruction allemande (voir les historiens Léon Poliakov et Raul Hilberg).

    5- François Hollande : L’honneur de la France était incarné par le général de Gaulle qui s’était dressé le 18 juin 1940 pour continuer le combat.

    AM : Il ne convient pas, dans une cérémonie consacrée à la persécution des Juifs, de citer le général de Gaulle qui n’a rien dit et rien fait pendant la Seconde Guerre mondiale pour encourager les Français à sauver les Juifs.

    6 – François Hollande : L’honneur de la France était défendu par la Résistance, cette armée des ombres qui ne se résigna pas à la honte et à la défaite.

    AM : De même, la Résistance en tant qu’organisme n’a rien fait et rien dit pour sauver les Juifs ou encourager à les sauver, à l’exception de Témoignage chrétien et des Mouvements de résistance juifs (communistes et communautaires). Certes des résistants, en tant qu’individus, ont sauvé des Juifs, mais jamais sur instruction de leurs mouvements.

    7- François Hollande : L’enjeu est de lutter sans relâche contre toutes les formes de falsification de l’Histoire. Non seulement contre l’outrage du négationnisme, mais aussi contre la tentation du relativisme.

    AM : Le président de la République met sur le même plan le «négationnisme», qui consiste à nier l’évidence (la réalité de la Shoah) et se présente comme une anti-histoire, et les approches d’historiens qui remettent en cause certaines interprétations idéologiques, en relativisant ce qui s’est passé en France par rapport à ce qui s’est passé ailleurs en Europe.

    Cette confusion entre «négationnisme» et «relativisme» est de nature à indigner les citoyens épris de vérité. Elle illustre une tentative d’imposer une histoire officielle et d’empêcher la libre recherche historique.
    Alain Michel, auteur de : Vichy et la Shoah, enquête sur le paradoxe français

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  9. sourisgrise dit :

    bonjour maxime
    on ne peut que ressentir un malaise quand on lit la 1ère ligne ! en effet la France c’est nous , alors bien sûr il n’a pas dit « les français » mais si on analyse assez loin , dans des esprits qui ne veulent pas évoluer ce sera pareil …..depuis qques tps nous autres français avons toutes les tares de la terre …colonisateurs , fachos , esclavagistes …tout est bon pour nous faire raser les murs ! amitié et bonne journée .Chris .

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    • Sourisgrise, exactement, comme vous le dites si simplement, « la France, c’est nous! ». Et je me dis en vous lisant que plus elle est injustement humiliée et salie, et plus nous devons l’aimer.
      Bien cordialement
      MT

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  10. Michel49 dit :

    Cher Monsieur où suis je? Qui suis-je , J’avoue ne plus me situer , ce sont des gendarmes Français et des policiers Français qui ont bien arrêté mes grands parents le 16 juillet 1942, tous deux de nationalité Française , mon grand père engagé volontaire et décoré en 14/18. Quant-à nous où allons nous ,? Telle est la question.

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    • Michel49, bien sûr que certains fonctionnaires, policiers et gendarmes ont fait preuve d’un esprit grégaire et d’une servilité monstrueux, dont vos grands parents ont été les malheureuses victimes mais cela ne saurait sûrement pas engager la France dans son ensemble. Cet esprit grégaire et cette servilité se manifestent d’ailleurs de manière totalement différente aujourd’hui mais ils restent les fléaux de l’humanité. « Où allons nous? » Ah, comme j’aimerais être capable de vous répondre!
      Bien cordialement
      Maxime

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  11. Catalyne24 dit :

    Bonsoir, Monsieur Tandonnet.
    Depuis hier, j’ai du mal à digérer les propos de ce président si petit dans ses pensées comme dans ses actes. Je n’arrive pas à croire qu’il ait, par sa formule malheureuse « en France par la France », confondu la nation France avec l’Etat Français de 1942.
    De plus, en insistant sur le fait qu’ « aucun soldat allemand n’avait participé », il a fait de tous les Français de cette époque des collabos encore plus abjects que les nazis eux-mêmes.
    A toujours vouloir faire plus pour laisser son empreinte dans l’Histoire, des m’as-tu vu en arrivent à humilier les uns pour s’attirer les bonnes grâces des autres.
    Je rends ici hommage à tous ceux qui ont résisté et qui ont risqué leur vie pour que d’autres soient libres, à ceux qui ont subi sans oser se rebeller, à ceux qui sont morts, innocents pris dans les rafles et fusillés en représailles. Bref, à toute cette France que Monsieur Hollande a trahi par ses propos indignes d’un chef de l’Etat qui se prétend rassembleur.

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    • Catalyne24, c’est totalement incompréhensible en effet, de même que l’attitude complaisante des médias et de la presse socialiste qui semblent globalement en parfaite harmonie avec ce discours. Imaginons un instant le séisme national, le scandale monstrueux si Sarkozy avait prononcé les mêmes paroles! Que n’eût-on entendu!
      MT

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  12. daredevil2007 dit :

    A propos de cette période, voici un ouvrage qui éclaire bien les choses pour ceux qui veulent sortir de la doxa ambiante de repentance : « Un paradoxe français : Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance » Simon Epstein

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    • Dareville2007, oui, j’ai fait un résumé de ce livre extraordinaire qui à l’époque, était destiné au Président de la République, et que j’ai publié sur ce blog. Bien à vous!
      MT

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  13. morellec dit :

    Il est triste et pénible, en effet, de subir en permanence une histoire orchestrée, filtrée, sélectionnée, manipulée, morcelée, « à chargé » … et culpabilsée à la pauvre mais puissante lorgnette idéologique du politiquement correct de tous bords : esclavage, colonialisme, Algérie, Vichy, immigration, Islam… La France est coupable ! Tout est normal, vivons Halal … Carrefour (Mont St Aignan – 76) fait son rayon spécial « ramadan » … Jusqu’où faudra-t-il renoncer ?

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  14. Willy dit :

    Bonsoir Maxime,

    Assimiler la France à certains français pendant que les justes sont honorés à Lille, il fallait le faire.
    Mais non je ne suis pas surpris, L’éléphant du PS responsable mais pas coupable, j’ai nommé les ministre des affaires étrangères, était bien partis à Alger pour cirer des babouches et Manu le super flic, a bien rompu le jeûne à la grande mosquée.
    Pendant ce temps là le progrés du 20/7 nous apprend: Une française lynchée par deux filles gratuitement, dans un tramway.

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  15. Vichy et ses eaux!

    A nos amis socialistes et celui qui est à leurs têtes aujourd’hui aiment crier haut et fort leur dégout de cette france de l’occupation! Je ne peux leurs donner tort! Cette période de l’histoire est horrible, elle doit rester dans l’esprit de chacun et entrer de celles de nos enfants, comme l’exemple absolu de la folie. Personne ne souhaite un futur de cette couleur, où les crimes perpétrés seraient à peine cachés par l’obscurité ambiante; un futur qui donnerait raison à l’expérience de Milgram sur l’obéissance et l’horreur vers laquelle un pays peut aller.
    Je pense que ce Président a voulu aller plus loin que Jacques Chirac qui lui a dit «La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux.», et plus loin que son mentor. Et peut être exorciser les âmes de ceux qui ont collaboré à ces crimes.
    Hier le Président Barack Obama en parlant du massacre d’Aurora a su simplement dire qu’il n’y a pas de mot, juste l’horreur, il n’est pas rentré dans la polémique du port d’arme inscrit dans sa constitution; parfois lorsque tout a été dit, s’incliner et tout mettre en œuvre pour que cela ne se reproduise plus, reste le meilleur geste à faire!
    Sans rien oublier, et sans tomber dans un repentir de crimes réalisés par des collaborateurs qui n’étaient pas toute la France, nous pourrions laisser Vichy se laver par ses eaux et aller vers un futur où jamais personne ne laisserait cela ce renouveler!

    J’eusse aimé pour les plus jeunes qui liront peut être son discours en entier, que ce dernier termine par vive la France libérée et vive la République de liberté, de fraternité et d’égalité!

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  16. elkana dit :

    Les Français sauvèrent 75% des Juifs de France et 86% des enfants juifs de France. Ces Français-là ne sont-ils pas aussi la France?
    En 1995, Chirac cita Serge Klarsfeld:  » Ces « Justes parmi les nations » qui, au plus noir de la tourmente, en sauvant au péril de leur vie, les trois-quarts de la communauté juive résidant en France, ont donné vie à ce que la France a de meilleur. »
    En Europe continentale (hors URSS) environ 10% à 15% seulement des enfants juifs ont survécu. Ce pourcentage s’établit à 12,5% aux Pays-Bas et atteint 65% en Belgique et 86% en France. cf CHARGUERAUD Marc-André, Survivre. Français, Belges, Hollandais et Danois face à la Shoah, 1940-1945, Cerf/Labor et Fides, Paris/Genève, 2006. Voir tableau page 274.

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  17. Yves Leclercq dit :

    Je suis assez âgé pour avoir vécu cette période avec intensité. Dans leur majorité, où qu’ils soient, les français adultes ont accueilli avec soulagement l’armistice, et très peu ont entendu et suivi l’appel du 18 Juin.
    La rafle du Vel d’Hiv a eu lieu en juillet 1942, AVANT le débarquement des anglo-américains en Afrique du Nord, et sa conséquence, l’occupation totale de la France métropolitaine par les allemands, leur mainmise totale sur l’ensemble du territoire et sur le gouvernement de Vichy. Ce gouvernement est donc totalement responsable de la rafle, où les policiers parisiens ont utilisé les fichiers constitués par leurs soins. L’invocation de la pression de l’occupant ne peut être faite, ni pour « excuser » le gouvernement de Vichy, ni pour disculper le « pays réel », assez largement anti-sémite, et indifférent aux malheurs des étrangers. Ce n’est que plus tard qu’ils ont pris conscience de l’horreur et éprouvé de la honte.
    L’histoire a donné raison à De Gaulle (on le prenait pour un fou en Mai 1940), à ses ralliés, aux résistants, et aux Justes. S’ils ont racheté l’honneur de la France, ils ont toujours été en minorité.
    Il n’y a pas d’expérience semblable dans notre histoire. Notre pays l’a échappé belle au début du 15 ème siècle.

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    • Yves Leclercq, merci beaucoup pour cette réaction d’une personnalité qui a connu cette période. Ce n’est bien sûr pas mon cas mais j’ai beaucoup lu et travaillé sur les archives et les témoignages pour mon petit livre sur le 11 novembre 1940. Je suis d’accord avec vous sur le soulagement du 24 juin 1940, qui s’explique par l’état dans lequel se trouve le pays après la débâcle et l’exode. Ensuite, c’est beaucoup plus discutable. De nombreux Français ont été indignés par la poignée de main de Montoire et le discours du 30 octobre sur la collaboration. Laval était profondément impopulaire dès fin 1940. Les sondages n’existant pas, le suffrage universel étant aboli, il est évidemment impossible de savoir avec certitude ce que pense la majorité des Français. Les rapports des préfets, principale source d’information sur l’état d’esprit des Français ne cessent pourtant de relever l’impopularité croissante du régime dès l’hiver 1940 et les progrès du gaullisme. L’objectif n’est évidemment pas d’excuser le gouvernement de Vichy, mais simplement de prendre acte de la réalité historique: la France est sous occupation allemande, une occupation extrêmement violente et cruelle où tout geste d’insoumission est puni de mort. Bien sûr il existe une zone non occupée, mais un représentant du pouvoir allemand est présent à Vichy. Tous les actes important du régime doivent être avalisés par les Allemands: nommer un préfet, un recteur, prendre un décret. La pression des Allemands est tellement forte que même le franchissement de la ligne de démarcation pour se rendre à Paris est soumis à un laissez passer. Le régime de Vichy (avec ses nuances internes dont il faut tenir compte, au moins jusqu’à novembre 1942) est d’autant plus inexcusable qu’il anticipe parfois sur le volonté des vainqueurs, accomplit leur volonté avant même d’avoir reçu des ordres de leur part. Un personnage clé comme Pierre Laval et comme de nombreux notables de Vichy agissent par calcul, par soumission aux Allemands, par la conviction de leur victoire finale, mais non par leur propre idéologie antisémite: avant la débâcle et l’occupation, il ne se trouve guère, sauf erreur de ma part, de déclaration antisémite de Laval (voir mpn compte rendu de lecture sur le livre de Simon Epstein). Quant à ce que vous appelez l’antisémitisme du « pays réel », je vous renvoie à l’excellent commentaire de Elkana qui dit mieux et de façon documentée tout ce que je pourrais dire sur le sujet.
      Bien à vous
      MT

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  18. Myriam dit :

    Comme vous avez raison dans votre analyse… Mais ce Président Moi-je sans envergure veut marquer de son empreinte chaque parcelle, chaque recoin de son mandat, quitte à commettre des inepties. Quelle importance, puisque ce qu’il raconte va dans le sens de ce que veulent entendre ceux qui l’ont élus ! Il est vrai aussi que la France est un tout, avec un côté pile et un côté face, différent pour chaque français ….

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    • Myriam, je pense qu’il va surtout dans le sens de ce que veulent entendre les médias, la presse, la nomenklatura bienpensante… Et puis, comme vous dites avec beaucoup de justesse, le besoin de se faire remarquer, d’occuper le terrain, de détourner l’attention des problèmes de l’heure…
      Bien à vous
      MT

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  19. MUICHKINE dit :

    M. Tandonnet,
    Apparemment, le Président socialiste aurait quand même ajouté: « Ce fut aussi un crime contre la France, une trahison de ses valeurs que la Résistance, la France libre, les Justes surent incarner dans l’honneur ».
    Le socialisme n’est plus à une contradiction près. D’ailleurs, personne ne la relèvera hormis les habituels unter-« fils de putes » cryptofascistes nostalgiques de Pétain et électeurs du Front National.

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  20. MICHEL43 dit :

    JE PEUX ME TROMPER
    PETAIN;son gouvernement était socialo -communiste et les radicaux
    LAVAL DARLAN DEAT DORIOL BOUSQUET RASSINIER et MITTERRAND décoré de la FRANCISQUE?
    bizarrement;beaucoup n »ose pas en parler;

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    • Michel43, je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous. Certains historiens ne cessent de caricaturer cette période en prétendant que Vichy, c’était la droite et les Résistant, la gauche. Ne tombons pas dans l’excès inverse qui serait tout aussi faux. Ce n’est pas tellement une affaire de droite ou de gauche, mais de caractère, d’intelligence des événements, et aussi parfois de circonstances…
      Bien à vous
      Maxime

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