Le paradoxe français

 

Précision: ce billet est le résumé d’un ouvrage d’un universitaire et historien franco-israélien réputé. Il n’a aucune vocation sectaire ou idéologique mais rappelle, de manière scientifique, par l’étude de milliers de parcours individuels, que l’engagement dans la résistance ou la collaboration n’était pas, dans les années 1940, déterminé par les préférences idéologiques antérieures des personnes. Je ne peux hélas que déplorer sa récupération et exploitation abusives  par divers sites Internet sans mon autorisation.

Il me semble utile de remettre en tête de ce blog l’article le plus lu depuis sa création, mon résumé du livre de Simon Epstein, le paradoxe français. Il n’est pas question pour moi de sombrer dans l’excès inverse à celui que dénonce ce livre, en sous entendant que la collaboration avec l’occupant, dans les années 1940-1944, émanait pour l’essentiel de partisans de la gauche française. Non, mon unique objectif est de souligner que rien n’est simple: la bonne conscience, les beaux sentiments, les idées supposées généreuses, humanistes, anti-racistes, l’adhésion à des idéologies de gauche, n’ont pas été des facteurs déterminants d’un engagement dans la résistance, et ont même parfois joué, en fonction des personnalités, dans le sens inverse. Le pacifisme bien-pensant de l’époque fut d’ailleurs la voie idéologique la plus directe conduisant à l’approbation de l’accord de Munich puis à la collaboration. Il est de même intéressant de constater que parmi les tout premiers résistants, une poignée d’hommes et de femmes – les plus méritants car ce n’est pas la même chose d’entrer en résistance en 1940, après la Débacle, et y entrer fin 1942, après  le basculement du sort des armes, voire en août 1944 – plusieurs étaient des nationalistes de droite. Ce beau livre, méconnu, rétablit la vérité sur un moment de l’histoire particulièrement tourmenté, il balaye d’un revers de main l’idée reçue associant droite à collaboration et gauche à résistance, en montrant que la réalité était infiniment plus complexe.

Objet : Le paradoxe français – Simon Epstein – Albin Michel 2008 (624 pages)

Le paradoxe français de Simon Epstein, historien français qui réside à Jérusalem, bouscule nombre d’idées reçues et de clichés sur les années 1920,1930 et 1940, qui pèsent fortement sur les grands débats de société contemporains. L’auteur s’appuie sur des centaines de parcours individuels qu’il analyse sans parti pris tout en dénonçant les manipulations de l’histoire officielle depuis 1945.

Il montre, au rebours de croyances largement répandues, comment une partie de la gauche antiraciste des années 1920 et 1930, mobilisée autour de la LICA[1],  s’est massivement ralliée au pacifisme en 1938, avant de rejoindre le régime de Vichy ou les mouvements ultra collaborationnistes. A l’inverse, il souligne que la droite républicaine mais aussi  les partis « nationaux » – Camelots du roi ou Jeunesse patriotes – ont joué un rôle décisif  dans l’essor de la Résistance française à ses débuts.

I/ Exemples de personnalités du régime de Vichy venues de la gauche antiraciste

René Belin, numéro 2 de la CGT déclare à la revue anti-raciste « Droit de vivre » en juin 1939: « La classe ouvrière est profondément anti-raciste. Je suis entièrement d’accord avec l’action de la LICA ». Cela ne l’empêche pas de devenir ministre de la production industrielle et du travail du maréchal Pétain et de figurer parmi les signataires du statut des Juifs du 8 octobre 1940.

Gaston Bergery, membre du parti radical, écrit en 1936 « Le racisme et l’antisémitisme sont contraires à l’idée de Nation… C’est la diversion, le recherche du bouc émissaire, et c’est là une opération abominable ». Cependant, il vote les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940, devient un militant actif de la Révolution nationale et de la collaboration, avant d’être nommé ambassadeur du maréchal à Moscou puis à Ankara.

Georges Bonnet, député radical-socialiste, ministre des affaires étrangères en 1938 et 1939, président d’honneur du « Deuxième congrès international du rassemblement mondial contre le racisme » déclare en 1938 « La France doit donner l’hospitalité à tous ceux dont la vie est menacée ». Pourtant, lui aussi devient un notable de Vichy et approuve la rencontre de Montoire entre Pétain et Hitler dont il salue le « caractère historique » car « marquant le début d’une organisation nouvelle de l’Europe dans laquelle la France et l’Allemagne, chacune avec son génie, doivent tenir une place… »

Gratien Candace, député de gauche de la Guadeloupe proclame en janvier 1939 que « le racisme est la plus grande honte politique et sociale du XX ème siècle ». Lui aussi vote les pleins pouvoir au régime du maréchal Pétain et entre dans le « Conseil national » de Vichy. Charles Pivert, militant à la SFIO déclare lors d’un congrès de la LICA que « le fascisme comme le racisme, est un état de régression sociale ». Pourtant, il adhère sons l’occupation à une organisation collaborationniste « France-Europe » et écrit dans la revue « Germinal ». Eugène Frot, député socialiste, plusieurs fois ministre, est membre d’honneur « du centre de liaison des comités pour le statut des immigrés » (lié à la LICA). Il vote pour Pétain en juillet 1940, intègre le Conseil national de Vichy et « l’amicale lavaliste ».

II/ Intellectuels, écrivains, journalistes

L’auteur cite divers intellectuels et écrivains, connus pour leur engagement  humaniste et antiraciste, dans les années 1920-1930 qui se sont ralliés au régime de Vichy, par pacifisme, et ont soutenu, à des degré divers, le principe de collaboration : Georges Blondel, René Laforgue, Marcelle Capy, Jean Cocteau, Jean Giono, Maurice Rostand, Marcel Aymé,  Pierre Benoit, Jacques de Lacretelle, Marcel Jouhandeau, André Thérive.

Les journalistes sont nombreux à avoir ainsi basculé de la défense des bons sentiments humanitaires et anti-racistes à un soutien inconditionnel du régime du maréchal Pétain : Emile Roche et Pierre Dominique (« La République »), Robert de Beauplan, Stéphane Lauzanne (rédacteur en chef du Matin), Léon Bailby (Le Jour), Alain Laubreaux (l’Oeuvre,  journal de gauche avant l’occupation). Certains vont même prendre des positions pro-allemandes : Pierre-Antoine Cousteau (rédacteur en chef de Paris-Soir) ; Jean Luchaire (patron des Nouveaux Temps), homme de gauche dans les années 1920 et 1930, devenu hitlérien après l’occupation.

 

III/ Personnalités de l’ultra-collaboration

Deux sont particulièrement célèbres :

Marcel Déat, député SFIO, crée l’Union socialiste républicaine en 1935 et soutien le Front populaire, membre du comité de vigilance antifasciste, chantre de l’antiracisme dans les années 1920 et 1930 : « Il n’y a pas de pays qui soit plus réfractaire que la France à la notion de race, elle qui est l’admirable résultante historique de mélanges constants et de métissages indéfinis »… Les bons sentiments de Marcel Déat le conduisent au pacifisme (« Mourir pour Dantzig, non !), puis le transforment en partisan fanatique de la collaboration avec le Reich hitlérien.

Jacques Doriot dirige les Jeunesses communistes à partir de 1923, maire de Saint Denis en 1931, haut responsable du PCF, il crée sont parti populaire français en 1936. Dans les années 1920, il est l’avocat passionné de l’antimilitarisme et de l’anticolonialisme. Contrairement au reste du Parti communiste, il est proche de la LICA, condamne avec véhémence le racisme et l’antisémitisme. A partir de 1940, il prône l’intégration de la France dans l’Europe nationale socialiste, crée la légion française des volontaires qui combat en Russie aux côtés de la Wehrmacht.

L’auteur ne se limite pas à ces deux noms et présente le parcours de nombreuses personnalités, plusieurs centaines, venues de la gauche,  dans les années 1920-1930  le plus souvent socialistes ou communistes, qui ont ainsi basculé du culte des bons sentiments humanistes à l’engagement ultra-collaborationniste, par exemple  : Marc Augier (mouvement des auberges de jeunesse), Jean-Marie Marcel Capron (maire d’Alforville, PC), Jean-Marie Clamamus (maire de Bobigny, PC), Paul Perrin (député SFIO de la Seine), André Grisoni (radical-socialiste, maire de Courbevoie), Maurice Levillain (président du conseil général de la Seine – SFIO), Barthélémy Montagnon, Paul Rives (SFIO), René Château (député radical-socialiste, membre de la ligue des droits de l’homme), Claude Jamet (proche des communistes et des socialistes), Camille Planche (SFIO), Léon Emery (ligue des droits de l’homme, comité de vigilance anti-fasciste), George Dumoulin (CGT, SFIO), Maurice Ivan Sicard (venu de l’extrême gauche anti-fasciste), Pierre Thurotte (SFIO), Pierre Bonardi (LICA), Adrien Marquet (ex-SFIO, maire de Bordeaux), etc.

IV/ Les origines nationalistes d’une partie de la Résistance

L’auteur pourfend la vision classique de la Résistance (supposée surtout de gauche) et démontre qu’elle trouve en grande partie ses origines dans la droite française, la droite républicaine mais aussi dans les mouvements nationalistes comme les Camelots du Roi, les Jeunesses Patriotes, dont de nombreux militants ont refusé de suivre Maurras lorsque celui-ci a approuvé l’accord de Munich, l’armistice et la Collaboration. Parmi ces initiateurs de la Résistance française se trouvent notamment D’Estienne d’Orves, Rémy, Pierre Fourcaud, Maurice Duclos, André Dewavrin, Loustanau-Lacau, Marie-Madeleine Fourcade, Colonel Groussard, Pierre Nord, le Colonel arnould, Henri Frenay, Pierre de Benouville,  Charles Vallin, les frères François et Henri d’Astier de la Vigerie, etc.


[1] Ligue internationale contre l’antisémitisme, ancêtre de la LICRA

Maxime TANDONNET

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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19 commentaires pour Le paradoxe français

  1. MICHAUD Alex dit :

    – Nouvelle Revue d’Histoire numéro 58. Les intellectuels et la gauche dans la Collaboration. Janvier 2012.

  2. Rodrigue Maza dit :

    Bonjour tout le monde, Merci pour cet article merci de me dire ou je peux me procurer ce livre etant aux USA actuellement.

  3. Lisa dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Les erreurs criminelles du Régime de Vichy ne sont-elles pas dues, entre autre, au manque de courage nécessaire à des politiques lorsqu’ils se veulent être dignes de diriger un pays ? Le même courage indispensable pour prendre les bonnes décisions, même si elles vont contre l’intérêt personnel immédiat des décideurs, même si elles sont difficiles ou risquent d’être impopulaires. Ce même manque de courage qui fait que tant de politiques aujourd’hui préfèrent surfer sur la vague du politiquement correct, plutôt de regarder la réalité en face, appeler les choses par leur nom et proposer, soutenir et/ou prendre les décisions qui s’imposent pour le bien de tous à terme, au-delà des clivages idéologiques et politiques traditionnels (mais je ne crois pas que cela soit presqu’impossible aujourd’hui).
    Cordialement.

    • Lisa, oui, pourtant ce n’était pas uniquement la sphère politique qui était responsable mais une bonne partie de la classe dirigeante, des milieux d’influence y compris dans le monde universitaire, la presse de l’époque, la haute fonction publique, le monde judiciaire. Vous me direz, c’est facile de juger aujourd’hui… Mais cela donne une idée de la fragilité des choses. Que se passerait-il aujourd’hui dans des circonstances différentes (les catastrophes ne se reproduisent pas à l’identique) mais aussi effroyables? D’ailleurs, il faudrait remonter bien plus tôt dans le temps, sur plusieurs décennies avant 1940 pour essayer de comprendre les causes du désastre. On sait par exemple que le traité de Versailles a été l’une des sources de ce drame épouvantable. Foch, vainqueur de la pemière guerre mondiale en tant que généralissime des armées alliées, l’annonçait dès 1920, totalement accablé: « avec ce traité, une nouvelle guerre est inévitable dans les vingt ans qui viennent ». On était si content de la victoire que personne ne l’a écouté, surtout pas Clémenceau d’ailleurs… On le faisait passer pour un ringard, un oiseau de mauvais augure alors qu’il avait raison. Puis il y a eu toutes les démissions, l’aveuglement, les réticences à moderniser les stratégies militaires par les grands chefs de l’armée français, notamment le maréchal Pétain, malgré les avertissements du colonel de Gaulle, la réduction du temps de travail en 1936, à contre-temps alors que les Allemands faisaient l’inverse, les sabotages dans les usines, le climat intellectuel ultra pacifiste, l’absence de réaction lors des coups de forces de Hitler quand il en était encore temps en 1936 et en 1938. Une responsabilité donc largement partagée même si cela n’excuse en rien les trahisons de 1940…
      Bien à vous
      Maxime

  4. Anatole Defrance dit :

    Permettez-moi de commenter un commentaire.
    @ Jac: C’est quand même un monde… Dès les premières lignes de l’article, M. Tandonnet précise explicitement qu’il ne désire sombrer dans l’excès inverse!
    Par ailleurs, nulle part ici n’est fait un parallèle entre hier et aujourd’hui, nulle part il est écrit que l’on peut inférer quoi que ce soit de ce qui est un jour arrivé. Il s’agit simplement, et c’est déjà beaucoup, de remettre les pendules à l’heure.
    Je ne m’appesantirai pas plus sur votre utilisation du terme « fascistes » qui prouve s’il le fallait encore, que ce terme est plus que galvaudé et finit par perdre tout sens actuellement, insultant de ce fait les vraies victimes du vrai fascisme.

    • Cher M. Anatole deFrance, merci de votre réaction tout à fait juste, notamment sur la banalisation invraisemblable du mot fasciste et son impact insultant pour les vrais victimes de ce phénomène qui correspond à une réalité historique et géographique bien spécifique.
      MT

  5. noop dit :

    Oui, ce patriotisme là, dont on ne peut plus guère parler aujourd’hui sans éveiller des soupçons a effectivement été battu en brèche et emporter avec le mouvement de 68.
    Je fais un parallèle avec la religion, car j’ai l’impression que le positionnement des gens par rapport à la patrie était identique. A savoir que quand les cathos rentrent dans l’église ils abandonnent (encore pour un temps) toutes démarches politiques et politiciennes. Qu’ils soient de gauche ou de droite, ils regardent dans la même direction. Aujourd’hui encore, ils savent bien qu’ils prient le même dieu, quelques soient leurs paroisses. On peut critiquer cet état de fait, mais religion et politique, n’ont au fond pas grand chose à voir dans la culture occidentale sur ce plan là, de même le patriotisme n’était pas un outil de politique politicienne mais un fait partager par une très grande partie de l’échiquier politique. La gauche a été la première a s’en détacher, jusqu’à le tourner en dérision, à le « franchouillardiser ». C’est son penchant internationaliste qui lui a permis de sauter le pas, le même penchant qui lui a fait faire l’erreur funeste de l’adhésion à la mondialisation.
    En rapport avec votre article, il faut se rappeler d’un moment assez proche, de l’ère Jospin, où celui-ci osa lors d’une intervention à l’Assemblée, charger la droite de toutes les turpitudes dont il dédouannait « généreusement » la gauche évidemment. Colonisation, racisme, antisémitisme (affaire) Dreyfus, collaborationisme, etc, dans une re(dé)construction manichéenne de l’histoire.
    Le patriotisme a ceci de commun avec la religion, que planté dans des esprits faibles, et manipulé par des esprits machiavéliquesi il peut se révéler un outil redoutable.

    • Noop je suis d’accord avec vous, certains politiques se montrent d’autant plus sectaires et haineux envers le camp adversaire en dépit de tout bon sens historique (l’exemple que vous donnez est flagrant) qu’ils n’ont rien à proposer pour se différencier du camp adverse, sinon des mesures démagogiques aux effets dévastateurs (35 heures). Je partage aussi votre avis sur le lien entre religion et patriotisme, l’idée de quelque chose qui transcende les intérêts individuels.
      Bien à vous
      MT

  6. Lisa dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Merci pour ces rappels historiques.
    Sur LCP, un récent documentaire sur le Maréchal Pétain faisait état de la grande ambivalence qui était de mise à propos de cet homme à l’époque. Il semble que Pétain ayant été considéré comme le sauveur de la France lors de la Première Guerre Mondiale, beaucoup de Français, alors même que les Alliés commençaient à défaire Hitler et ses forces armées, étaient convaincus que la France serait encore sauvée par le Maréchal, que d’une façon ou d’une autre, tout était ‘grâce à lui’. Que l’on me corrige si je me trompe. Comme quoi, oui, l’histoire est vraiment compliquée. Et il est très facile de juger les hommes et leurs actions avec le recul de l’histoire, en oubliant bien souvent de se remettre vraiment dans le contexte historique, économique, social et émotionnel de l’époque.
    L’histoire de l’Alsace-Lorraine et des Malgré-Nous est un exemple du tourbillon dans lequel l’histoire peut embarquer les gens bien malgré eux.
    D’autre part, certains partis politiques sont toujours prompts à donner des leçons d’histoires (sélectives) ou de morale en oubliant les erreurs, voire les massacres dont l’idéologie de leur propre parti a été à l’origine au cours de l’histoire. Ce qu’on a du mal à comprendre c’est que les media semblent n’avoir rien à y redire. On a vu dans diverses émissions de débat des journalistes ou chroniqueurs se scandaliser qu’on ose rappeler que le communisme a fait autant voire plus de morts dans le monde que le nazisme.
    Cordialement.

    • Chère Lisa, ce que vous dites est juste et passionnant, souligne la difficulté de porter un regard contemporain sur une période où les consciences étaient chamboulées par un désastre militaire et un chaos dont l’ampleur dépasse tout en imagination. Cependant on peut dire que le régime de Vichy a commis des actes absolument criminels et impardonnables dès 1940 comme le statut des Juifs ou la « poignée de mains de Montoire » et avec lui, une partie de l’élite française, administrative, politique, journalistique, judiciaire qui n’a pas bronché, qu’elle fût de gauche ou de droite…
      MT

  7. Chris dit :

    Je suis née après cette guerre, et durant mon enfance, je sentais une chape de plomb sur ces souvenirs que nos parents ne voulaient pas revisiter : il ont souffert, ils ont été déportés (STO), ils ont été blessés… Ils voulaient enfin vivre ! Effectivement, la période actuelle nous fait bien penser à l’entre-deux guerres : les bons sentiments, la bien-pensance, le non-doute, le compassionnel de gauche…. Au pied du mur : que feront les Français ? Certains sont allés tellement loin dans la compromission que je ne donnerais pas cher de la France…

  8. Da Cruz dit :

    Ce sont des informations très intéressantes.
    Il faudrait que les français soit massivement informés des manipulations historiques qui se font sur leur dos pour légitimé des idéologies, dans lesquelles s’enferment les politiques, et deviennent leur unique moyen d’exister sur la scène politique, au détriment souvent des électeurs.

    • Cher Da Cruz, merci pour votre commentaire. Et encore mon article n’est-il qu’un bref résumé d’un énorme ouvrage qui abonde d’exemples, de noms (des centaines), de citations, montrant comment une bonne partie l’intelligenzia anti-raciste et progressiste des années 20 et 30 s’est ralliée à la collaboration! A lire vraiment et en plus l’auteur qui ne fait que constater un paradoxe, n’a rien d’un historien droitisant.
      MT

  9. jac dit :

    Ce que dit Tandonnet est surement exact. Cependant, je relève un danger d’escroquerie que je soumets aux lecteurs.
    Tandonnet nous dit que la droite aussi bien que la gauche ont participé à Vichy, à la Résistance, à la France libre.
    soit.
    Mais précisément, il s’agit de la résistance.
    Or, ce qu’il semble qu’on essaie de nous faire avaler c’est que puisque la droite faut assi résistante, on peut oublier qu’elle fut d’abord collaborationiste d’une part. Les résistants furent en effet une infime partie du corps d’Etat et du capital.
    Mais surtout, on veut nous faire avaler que la droite actuelle, et la gauche donc, ne peuvent pas être ajourd’hui, pas hier: aujourd’hui, « fascistes » puisqu’ils ont été, hier par aujourd’hui, « résistants ».
    S’il s’agit d’appeler tous les français qui sont contre la liquidation actuelle de la france et à la mise en place de séquences politique fascistes (liquidation de l’ordonnance de 1945, loi de sureté signée Hitler, loi sur les bandes qui liquide le droit associatif, fichage des enfants de 3 ans), à réfléchir à l’unité de « celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas », soit.
    C’est à cet obstacle que se heurte Tandonnet.
    Cela s’appelle la question de la malhonnêteté des cadres. C’est devenu un problème politique majeur. le recouvrir du sang des martyrs n’y changera rien.
    Je ne veux pas ouvrir une polémique mais tout ceci ne nous donne pas des perspectives radieuses en matière de continuation de la résistance contre le fascisme à la tête de l’Etat.

    • Cher Monsieur Jac, libre à vous de voir un danger d’escroquerie dans mon propos mais je pense vraiment qu’il est toujours hasardeux, voire quelque peu déplacé, de mettre en parallèle les événements de 1940-1945 et la réalité présente surtout sur la base des exemples que vous évoquez (la loi sur les bandes ne fait que réprimer la participation à des bandes violentes qui agressent les personnes sur la voie publique)
      Bien à vous
      MT

  10. noop dit :

    L’histoire est effectivement complexe. Toujours plus que dans les manuels d’histoire dont on sait qu’ils sont aussi un instrument de construction d’une mémoire collective. Il n’y a qu’à observer la nouvelle mouture préparée pour la rentrée prochaine, et le grignotage, la portion congrue faite à des personnages centraux de l’histoire de France, Louis XIV et Napoléon…

    Pour revenir au sujet, il renvoie à un autre déjà traité sur votre blog, celui du patriotisme.

    Curieux de généalogie et de l’histoire de ma famille, j’ai pu a travers des archives, des courriers, des carnets, mieux comprendre les « bases culturelles » de certains de mes ascendants finalement pas si éloignés que cela, à commencer par mes grands parents. Effectivement les choses sont compexes. Des camelots du roi, des maurassiens, des lecteurs de Drumont, sont parfois devenus des résistants déterminés. Autre aspect supprenant, leur descendance c’est souvent portée au service de l’état. Le point commun de tous ses positionnements, c’est le patriotisme. D’abord servir son pays, avant même de faire de la politique. Une attitude quasi religieuse. D’ailleurs le rôle de la religion dans tous les itinéraires que vous signalez là est je crois prépondérant et insuffisament analysé.

    • Noop, je suis d’accord avec vous, l’histoire n’est plus assez enseignée, apprise, lue. Elle est la base de tout effort de compréhension du monde. On ne peut pas comprendre ou sentir grand chose sans le recul et la mise en perspective des réalités qu’elle permet. J’ai constaté tout comme vous que le patriotisme, jusqu’au milieu des années 1960 (il me semble), représentait une valeur suprême, ciment de notre communauté nationale.
      Merci beaucoup pour votre témoignage
      MT

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